La tête des autres
« Votre histoire se passait où ?
Chez les Zoulous ? Les Andalous ?
Ou dans la cabane bambou ?
À Moscou ? Ou à Tombouctou ?
En Anjou ou dans le Poitou ?
Au Pérou ou chez les Mandchous ?
Hou ! Hou !
Pas du tout, c’était chez les fous. »
— Robert Desnos, Les Hiboux
«La présente affaire contient tous les éléments d’une fraude. Le fait que le défendeur ait été trouvé coupable d’infractions réglementaires plutôt que criminelles ne change rien lorsque la culpabilité morale se situe à un niveau élevé, comme dans le présent cas. Les attentes du public investisseur dans le marché des valeurs mobilières sont très élevées. Cela est tout à fait compréhensible surtout quand on pense que souvent, ce sont les économies de toute une vie qui sont confiées à des gens autorisés à transiger dans ce domaine d’activité. Le public a alors le droit de s’attendre au plus haut niveau de professionnalisme et d’éthique de ces professionnels autorisés à transiger dans ce secteur. La confiance est au cœur de cette activité. Non seulement le défendeur a-t-il floué ces petits investisseurs, mais il les a manipulés par la suite en leur faisant miroiter qu’ils recouvreraient leur argent. Il a de plus manipulé l’Autorité des marchés financiers par l’envoi de faux documents qui camouflaient sa fraude. Il a aussi manipulé le public en général en déposant publiquement de faux documents qui cachaient ses malversations. L’analyse de l’ensemble du dossier ne permet pas de conclure que le défendeur peut bénéficier de facteurs atténuants. Le public est en droit de s’attendre à la plus grande rigueur possible de la part de ces professionnels dans les devoirs et obligations que la Loi sur les valeurs mobilières leur impose. Ce n’est qu’en mettant l’éthique au premier plan que ceux-ci auront la confiance du public investisseur. C’est dans ce sens qu’il y a une urgence à démontrer la réprobation sociale des comportements adoptés par le défendeur.» À la lumière des faits de la présente affaire, une sentence maximale est le seul moyen d’atteindre les différents objectifs de détermination de la peine que nous avons mentionnés.
— Extraits des attendus de la condamnation de Vincent Lacroix,
ex PDG du groupe Norbourg, entreprise de gestion
de fonds de placements, à 12 ans moins un jour de prison
par le juge Claude Leblond de la Cour du Québec, hier.
Il ne s’agit pas, en cette saison de frimas, du Paris-plage qui se construit, éphémère et estival, le long de la Seine, mais d’un phénomène parti pour être durable et qui s’étend sur toute la capitale, et sans doute la France entière. On aurait pu croire que l’application de la loi sur le tabac en aurait définitivement dispersé les volutes des cafés et des restaurants. Que nenni ! Ces établissements, dont les terrasses, auparavant, répondaient à la définition du dictionnaire, les ont vu se couvrir et se fermer de parois, être aménagées comme à l’intérieur (chauffage y compris) et équipées de cendriers en sus. Non contents d’avoir trouvé comment contourner la loi – sport français bien connu – leurs patrons ont encore agrandi ces annexes, qui dépassent parfois en surface celle du bâtiment d’origine. Quant à ces quelques non-fumeurs qui veulent se désaltérer ou se restaurer dans l’espace qui leur est réservé, ils doivent traverser la vastitude1 de ces nouvelles paillotes et se frayer un passage à travers les denses volutes qui ne s’évacuent pas, du fait que ces terrasses ne sont pas aérées, mais qui sont aspirées vers l’intérieur, la porte séparant ces deux espaces étant souvent ouverte. Et voici comment une loi est mort-née. C.Q.F.D. et R.I.P.