Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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3 mai 2011

Life in Hell : Akbar ne chôme pas

Classé dans : Actualité, Société — Miklos @ 0:43

Akbar est presque arrivé au pôle nord et rêve de se rapprocher du pôle sud. Entre temps, il explore les deux pôles emploi entre lesquels il oscille à une fréquence qui lui assure un plein emploi.

Le 31 mars, il s’inscrit sur le site de l’organisme. Quelques jours plus tard, il reçoit une convocation accompagnée d’une liste de documents à fournir et de deux formulaires différents à remplir avec les mêmes informations.

Le 7 avril, il se rend au rendez-vous dans le 10e arrondissement de Paris. Un premier conseiller prend le premier formulaire et les documents qu’Akbar a soigneusement récoltés. Il lui dit qu’il manque un justificatif de la Cnav – qu’on ne lui avait pas demandé – et qu’en conséquence, on lui renverra le dossier qu’il vient de déposer (et qui est encore placé sur la table devant lui) accompagné d’une lettre lui précisant quel justificatif il lui faut fournir en redéposant son dossier. Un second conseiller l’accueille, il ne lui prend pas le second formulaire, et exprime son soulagement en constatant qu’Akbar sait ce qu’il veut faire et comment le faire : devenir auto-entrepreneur (non, ce n’est pas un garagiste). Une fois sorti de ce curieux rendez-vous, il file au pôle emploi du 3e arrondissement (la fusion assedic-anpe étant plutôt une confusion, il doit effectuer certaines démarches dans l’un, certaines dans l’autre, chacun ses compétences et les vaches seront bien gardées). Rentré chez lui, il dépose sur le site de l’Urssaf sa demande de création d’auto-entreprise. Le lendemain, il veut déposer au greffe du tribunal de commerce sa déclaration d’affectation de biens mais se voit rétorquer qu’il lui faut un document tamponné à la main par l’Urssaf.

Une semaine après, il n’a toujours pas reçu la lettre promise par le pôle emploi du 10e, lettre qui devait lui préciser le justificatif requis et contenir le dossier qu’il avait déposé. Il se rend au pôle emploi du 3e (heureusement qu’il s’y prend bien avant l’heure de fermeture indiquée sur leur site, elle est fausse), qui lui fournit l’intitulé précis du justificatif et l’informe qu’il pourra l’obtenir à l’antenne de la Cnav à la mairie du 3e. Il s’y rend, ils le renvoient à la Cnav du 10e. Il s’y rend, ils le renvoient à la Cnav du 19e (en lui révélant qu’elle est située au 7e étage d’un bâtiment sans aucune indication à l’entrée). Là, il dépose sa demande, on lui répond qu’elle « sera étudiée » et qu’on lui enverra par la poste le justificatif en question. « Quand ? », demande-t-il poliment. « On ne peut vous indiquer la date », répond-on péremptoirement, « il y a des centaines de dossiers à étudier avant le vôtre ». Après quelques sourires et supplications, il reçoit le papier en moins de dix minutes qu’il court porter au pôle du 10e. « Non, on ne peut pas le prendre, attendez de recevoir notre courrier avec votre dossier ». « Mais cela fait déjà une semaine et je n’ai rien reçu, quand l’avez-vous envoyé ? ». « Aujourd’hui », répond le pôle. « Hâte-toi lentement », susurre Akbar in peto.

Encore une semaine s’écoule, durant laquelle toutes sortes de courriers lui parviennent à l’exception de celui qu’il attend. Il passe à l’Urssaf faire tamponner un document qu’il dépose ensuite au tribunal de commerce. Le lendemain, il se rend au pôle emploi du 3e, « je n’ai toujours pas reçu votre courrier me renvoyant mon dossier et me demandant le justificatif de la Cnav que j’ai déjà depuis une semaine », leur explique-t-il. « Je ne sais pas quoi vous dire, on ne sait pas consulter votre dossier en ligne ici, revenez demain, il y aura un délégué du 10e, eux ils savent y faire », s’entend-il répondre. Il obtempère et revient le lendemain. « On vous a bien envoyé votre dossier, si vous ne l’avez pas reçu c’est un problème de la poste ». « Que faire ? », demande Akbar. « Je ne sais pas quoi vous dire », lui répond le conseiller. Heureusement qu’Akbar avait tout photocopié, y compris le dossier qu’il avait déposé voilà trois semaines déjà. Il y joint le fameux justificatif de la Cnav, et envoie le tout en recommandé avec accusé de réception au pôle emploi du 10e. Ce jour-là, il reçoit une lettre du tribunal du commerce : le nom de son auto-entreprise, Life in Hell, n’est pas admissible, il faut que son nom, Akbar, y figure.

Le surlendemain, il se rend à l’Urssaf pour y effectuer le changement de dénomination, puis, muni de l’attestation, au tribunal de commerce. C’était avant la disparition en pleine mer de Bin Laden, il lui faut déposer sa sacoche, contenant son bel appareil photo, sur le tapis roulant de la machine à rayons X. Celle-ci se met en marche, mais à l’envers : au lieu de s’engouffrer dans le tunnel, le sac tombe par terre. Akbar interpelle le préposé, qui lui dit que c’est normal, elle se met toujours en marche arrière avant d’aller de l’avant. « Pourquoi ne l’indiquez-vous pas ? », demande Akbar énervé. « C’est comme ça, et puis ne me parlez pas sur ce ton », lui répond l’autorité.

Quelques jours plus tard, il reçoit l’accusé de réception de son courrier au pôle, tamponné en bonne et due forme à la date du 26, suivi d’une lettre de relance du même pôle, datée elle aussi du 26, disant que sa demande est irrecevable « pour l’un des trois motifs suivants », aucun n’étant coché, et tous concernant des documents qu’il leur avait remis en mains propres, puis envoyé une copie.

Le 2 mai, il se rend au pôle du 10e, après avoir redemandé à son employeur des originaux des premières attestations. La personne qui l’accueille l’écoute, puis disparaît. Elle ne revient pas. Un quart d’heure plus tard, Akbar arrive à interpeller un autre conseiller : il a l’air stressé, et murmure tout le temps, d’un air désespéré, « Quel chaos ! quel chaos ! rien ne va plus ! », tout en faisant bravement face aux chômeurs venus chacun avec son problème, et leur répondant aimablement, avec patience et compétence. Il consulte le dossier électronique d’Akbar, et lui annonce que tout est en ordre, que son dossier est complet. « Alors pourquoi ai-je reçu cette relance ? » demande notre héros interloqué. « Ce n’est pas un conseiller qui l’a émise, c’est l’ordinateur, il le fait automatiquement, il ne faut pas faire attention », lui répond-il. « Comment je saurais, moi ? », demande Akbar rhétoriquement en s’en allant.

Il ne sait toujours pas si le tribunal du commerce a accepté le dossier qu’il y a déposé. Heureusement qu’il a la santé et l’énergie : plus d’une vingtaine de démarches en autant de jours ouvrés, ça entretient la forme.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

27 mars 2011

Life in Hell: Akbar est aux anges

Classé dans : Actualité, Photographie — Miklos @ 20:25

Akbar et Lolo ont leurs petites habitudes. Depuis des années, chaque lundi, ils déjeunent ensemble chez Lord Sandwich. Il leur arrive de faire quelques exceptions – chez Chloé ou dans un japonais du coin – mais c’est vraiment rare. La semaine dernière, Akbar était très occupé à jongler entre ses activités actuelles et futures (le futur, c’est la semaine qui vient, alors il sera encore plus occupé). Il ne lui restait que le vendredi (et encore) pour ce rituel hebdomadaire.

Ils se retrouvent à l’entrée de leur édifice de briques, traversent de concert (ils aiment tous les deux la musique) la place et entrent dans leur restaurant. Akbar se dirige vers la 24, une belle table ronde d’où on aperçoit le lac et ses étranges végétations, mais Lolo lui dit qu’aujourd’hui ils mangent à une autre table qu’il lui indique d’un geste vague.

C’est une toute petite table carrée faite pour deux personnes plutôt sveltes (ils le sont) et qui ne souhaitent manger que des petits plats sans les mettre dans les grands. Akbar est étonné, mais obtempère. Lolo lui dit, mais non, pas celle-là, l’autre derrière ! Akbar doit vraiment être miraud : il n’avait pas vu la longue table rectangulaire dressée pour dix, où les attendent en souriant silencieusement huit de leurs collègues.

Après un moment d’émotion sur lequel on vient de passer discrètement (Akbar s’était relativement bien retenu), il exprime pudiquement son plaisir et sa reconnaissance pour ce très beau cadeau qu’ils lui font : l’expression de leur sympathie dont il ne doutait d’ailleurs pas.

Mais ce n’est pas fini. La Mama s’approche tout sourire et présente à Akbar un long cylindre de papier, de la part de Lord Sandwich, dit-elle. Il regarde à l’intérieur et distingue une magnifique orchidée blanche.

Akbar lui fait la bise (à la Mama, pas à l’orchidée tout de même) de très bon cœur. Le déjeuner se passe si joyeusement (et gustativement, le pavé de chocolat fait des ravages) qu’Akbar ne voit pas le temps passer, et se retrouve arriver 1/2h en retard à son premier rendez-vous de l’après-midi, lui qui n’est jamais en retard (enfin, on parlait bien au début de quelques exceptions).

Quant à l’orchidée, il la pose dans son salon, en bonne compagnie : livres, disques, samovar, lampes à huile, lithographie. Pourvu qu’elle se porte aussi bien que lui !

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

21 mars 2011

Salon du livre 2011

Classé dans : Actualité, Littérature, Livre, Photographie — Miklos @ 4:06

Jørn Riel et moi

On partage au moins une carac­té­ristique : enfants, nous voulions partir au grand nord. Lui au Groenland et moi en Islande, d’où j’ai pu aussi arriver au Groenland. Riel y a passé 16 ans de sa vie (et moi trois jours). Et maintenant, il vit en Malaisie (et moi ici). À Josianne Savigneau du Monde qui l’interroge sur ce choix si cardinalement opposé, il répond impas­si­blement, avec cet humour détaché si caractéristique de son écriture : « Si vous avez passé vingt ans dans un congélateur, il faut employer les grands moyens ». Il y avait aussi une raison plus prosaïque : son fils voulait devenir élève pilote, et il y avait une petite école en Malaisie, qui possédait deux avions. Or le patron, qui avait une copine à Kuala Lumpur, partait chaque matin en avion et revenait le soir, et donc les élèves ne volaient pas. Écrira-t-il des racontars (ces vérités qui pourraient être des mensonges, dit-il) malaisiens ? Pour le moment, il continue, à 80 ans, à en écrire sur le Groenland.

Riel y a vécu au nord-est, dans une région s’étendant le long de 3000 km de côtes où il n’y avait qu’une douzaine de personnes. Face aux conditions extrêmes, chacun devait faire preuve de tolérance et de faculté à prendre soin les uns des autres. On ne pouvait se permettre de ne pas s’entendre, quelles qu’aient été les idiosyncrasies des uns et des autres. En Europe, ils auraient été considérés comme losers, là chacun comptait pour les autres.

Dans ses extraordinaires récits, il décrit la vie quotidienne – qui n’a rien d’ordinaire, vu les circonstances – d’une telle communauté. Ce sont des gens « simples » (à l’instar de ceux du Festin de Babette de Karen Blixen, compatriote de Jørn Riel), qui n’ont pas forcément une éducation, une culture ou un vocabulaire particulièrement développés, mais dont la variété, la richesse et la profondeur des sentiments dont ils ne sont pas forcément conscients eux-mêmes sont particulièrement attachantes, autant d’ailleurs que leurs petits et grands défauts. C’est une grande comédie humaine racontée légèrement, très finement : au fil des crises qui ponctuent leurs vies, dans cette solitude en commun, on verra toutes la panoplie des réactions humaines et cet amour – on ne peut le qualifier autrement – qu’ils se portent les uns aux autres et à leurs animaux familiers avec lesquels ils entretiennent des rapports d’égal à égal :

Fjordur avait cinq chiens. Il en aimait quatre. Il les nourrissait bien, s’en occupait avant de s’occuper de lui-même, leur parlait, les prenait affectueusement par les oreilles en les secouant et les soignait avec inquiétude quand ils étaient blessés. Quant au cinquième, ou plutôt à la cinquième, il l’adorait. Elle s’appelait Miss Dietrich parce qu’elle avait les plus adorables jambes qu’on puisse imaginer et qu’elle lui avait été offerte par Mads Madsen lors d’une fête de Nouvel An où ce dernier était plus encore qu’à l’ordinaire sous l’influence de l’alcool. (…) La nuit, elle dormait dans la salle de séjour, avait sa gamelle en propre au pied de la cuisinière, et le soir, dixit Fjordur, elle bavardait avec son maître. Il y avait entre eux une compréhension qui, semble-t-il, dépassait les limites du naturel, et les autres chasseurs de la côte eurent petit à petit l’impression que ces deux-là parlaient véritablement ensemble. Elle comprenait sa langue, et lui comprenait la sienne sans qu’ils aient pour autant une langue commune. Si Fjordur utilisait sa bouche, tonitruant comme toujours, Miss Dietrich, elle, utilisait sa queue comme moyen d’expression. Et il semble bien qu’ainsi ils arrivaient à traiter la plupart des sujets.

« Le chien qui perdit la voix », in Un safari arctique et autres racontars.

Quant à Alexandre, le coq avec lequel Herbert tombe en amitié, ou le roi Oscar, un cochon… Non, il vous faut lire les racontars en entier.

Et les femmes, dans ce monde d’homme ? Mads Madsen, encore lui, inventera Emma (la fameuse vierge froide), qu’ils se passeront les uns aux autres avec conviction : « Emma tiens, c’est comme si elle était faite rien qu’avec des beignets aux pommes. Les fesses, les seins, les joues et tout et tout. Rien que des beignets mon garçon. Et au milieu de toute cette pâtisserie, deux yeux bleu ciel et une moue rouge ». Il y aura aussi Bandita, qui a une droite qui fait mal, elle ne peut se passer des hommes mais eux ne font pas la queue pour s’occuper d’elle, dit Riel. Durant ses années au Groenland, il n’a vu, lui, qu’une femme, une journaliste qui venait faire un reportage sur la vie dans leur communauté, et que brièvement : quand elle les a vus revenir de chasse ensanglantés et recouverts de graisse de phoque, elle a fait demi-tour et est repartie aussi sec.

Des visiteurs venus d’Europe passeront de temps à autre dans la communauté. Les « normaux », à l’exemple de la journaliste que Riel a rencontré in real life, ressemblent alors à des cheveux sur la soupe, ce sont eux les marginaux. Les autres, s’ils sont aussi chtarbés que les autochtones mais autrement, enrichissent cette galerie de personnages à la Bosch, tel ce prêtre Brian (à la question de Josianne Savigneau, « un vrai ou faux prêtre ? », Riel répond : « un prêtre amateur »), qui veut s’enrichir en échangeant des prières contre des peaux de renard, puis, rencontrant une femme, il partira avec elle faire le missionnaire dans le monde, non pas de Dieu mais de l’amour, en ouvrant des bordels partout.

Une grande partie des ouvrages de Riel est disponible en français (en 10-18, ça ne vous ruinera pas) grâce au travail dévoué et de haute qualité de Susanne Juul et son mari Bernard Saint-Bonnet, qui ont traduit en excellent français cette œuvre et fondé une maison d’édition, Gaïa, qui les publie (ainsi que d’autres œuvres scandinaves).

On n’aime ou on n’aime pas Riel. Moi, j’adore.

Amélie Notomb sans moi

«Poule huppée. Les variétés qui ont un plumage frisé et les pattes emplumées doivent, malgré les éloges qu’on leur a prodigués, être proscrites d’une basse-cour utile. Les premières, parce qu’ayant la peau à nu, elles sont plus facilement affectées du froid et moins empressées à pondre ; les secondes, à cause de l’humidité qu’elles apportent au poulailler avec leurs pattes hérissées, ce qui les rend moins aptes à pondre et plus sujettes à la vermine. »

Nouveau cours complet d’agriculture théorique et pratique. Paris, 1809.

«Gobe-Mouche huppé à ventre gris, Sylvia cristata, Lath. ; Muscicapa cristata, Vieill. ; Figuier huppé, Buff., pl. eul. 381, f. 1. Parties supérieures d’un brun verdâtre ; une huppe composée de plumes hérissées, brunâtres, frangées de blanc ; parties inférieures blanchâtres, variées de gris ; bec et pieds d’un brun jaunâtre. De la Guiane. »

Bory de Saint-Vincent (éd.), Dictionnaire classique d’histoire naturelle. Paris, 1825.

Michel Serres et la musique

On aime ou on n’aime pas. Samedi, il parlait musique au stand Sciences pour tous, à l’occasion de la sortie de son nouveau livre éponyme. À 80 ans, il a du charme et il en use : il propose à une dame d’un certain âge de s’asseoir à côté de lui (elle en est toute confuse) ; il illustre son propos à plusieurs reprises par la métaphore de l’océan (qu’il transformera en rivières), sujet de l’intervention du conférencier précédent, un océanographe, auquel Serres donne du « mon ami Lancelot » à plusieurs reprises ; il rappelle Yehudi Menuhin (qu’on aime ou on n’aime pas, moi je l’ai toujours trouvé trop lisse, trop parfait, sans sens du tragique), même crinière blanche, mêmes regard et sourire ; et son accent si ensoleillé… La musique, pour Serres, est « entre le bruit et la parole » et a besoin de la parole, sans parole pas de musique (très joliment dit tout ça, mais comment cela explique-t-il que des personnes affectées de certaines lésions du cerveau – telles la maladie d’Alzheimer – sont capables encore de chanter mais pas de parler ?). Quant au bruit, avant, il n’y en avait pas, c’était un monde silencieux, maintenant avec les moteurs de tout genre c’est un brouhaha permanent (on se demande si les rues de Paris, dans lesquelles roulaient chariots et carrosses aux roues cerclées de bois ou de fer tirées par des chevaux aux sabots ferrés ou non sur des pavés inégaux, et qui résonnaient des cris des marchands ambulants, étaient si silencieuses que cela) et donc la musique d’avant écrite pour ce monde du silence et celle de maintenant ce n’est pas la même chose. C’est très beau tout ça, le public est d’ailleurs aux anges, c’est facile à comprendre, ces idées et ces images, c’est d’ailleurs si poétique, si romantique ! Je m’en vais. C’est sur Musicophilia d’Oliver Sacks (son dixième et avant-dernier ouvrage, il est vrai qu’il n’a que 78 ans), que je viens d’acheter, que je me précipiterai, pas sur celui de Michel Serres (son cinquante-et-unième livre).

Liste

1. Péter Ádám (éd.), Cure d’ennui. Écrivains hongrois autour de Sándor Ferenczi. Trad. du hongrois par Sophie Képès. NRF, 1992.

2. César Aira, La guerre des gymnases. Trad. de l’espagnol par Michel Lafon. Babel, 2008.

3. Aharon Appelfeld, L’héritage nu. Trad. de l’anglais par Michel Gribinski. Éditions de l’Olivier, 2006.

4. Patrick Bacry, Les figures de style. Belin, 2010.

5. Jorge Luis Borges, Le livre de sable. Trad. de l’espagnol par Françoise Rosset. Folio, 2010.

6. Agatha Christie, Cartes sur table. Trad. de l’anglais par Alexis Champon. Facsimilé d’une ancienne éd. des Éditions du Masque. Agatha Christie Limited, 2008.

7. Agatha Christie, A B C contre Poirot. Trad. de l’anglais par Françoise Bouillot. Facsimilé d’une ancienne éd. des Éditions du Masque. Agatha Christie Limited, 2009.

8. Agatha Christie, L’homme au complet marron. Trad. de l’anglais par Sylvie Durastanti. Facsimilé d’une ancienne éd. des Éditions du Masque. Agatha Christie Limited, 2007.

9. Agatha Christie, Cinq heures vingt-cinq. Trad. de l’anglais par Elisabeth Luc. Facsimilé d’une ancienne éd. des Éditions du Masque. Agatha Christie Limited, 2008.

10. André Corboz, Sortons enfin du labyrinthe ! Infolio éditions, Gollion (Suisse), 2009.

11. Florence Dupont et Thierry Éloi, L’Érotisme masculin dans la Rome antique. Belin, 2009.

12. Alejandro Jodorowsky, Opéra panique. Cabaret tragique. Trad. de l’espagnol (Chili) par Marianne Costa. Éditions Métailié, 2007.

13. Yitskhok Katzenelson, Le Chant du peuple juif assassiné. Trad. de l’hébreu par Batia Baum. Zulma, 2007.

14. Max Kohn (éd.), Yiddishkeyt et psychanalyse. Le transfert à une langue. MJW Fédition, Paris, 2007.

15. Dezsö Kosztolányi, Kornél Esti. Trad. du hongrois par Sophie Képès. Éditions Cambourakis, 2009.

16. Pär Lagerkvist, La mort d’Ahasverus. Trad. du suédois par Marguerite Gay et Gerd de Mautort. Stock, 2008.

17. Maurice Leblanc, Des couples. Éditions des Falaises, 2007.

18. Maurice Leblanc, Un gentleman et autres nouvelles. Éditions des Falaises, 2006.

19. Nahmanide, La Dispute de Barcelone suivi du commentaire sur Ésaïe 52-53. Trad. par Éric Smilévitch et Luc Ferrier. Verdier poche, 2008.

20. Sylvie Oussenko, Gabriel Bacquier, le génie de l’interprétation. Préf. d’Alain Malraux. MJW Fédition, 2011.

21. Christopher Priest, La fontaine pétrifiante. Trad. de l’anglais par Jacques Chambon. Folio SF, 2003.

22. Jørn Riel, Le roi Oscar. Quatre racontars extraits de La vierge froide et autres racontars et Un safari arctique et autres racontars. Trad. du danois par Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet. Accompagné d’un CD contenant les racontars lus par Dominique Pinon et des extraits de Chants de Glace de Boris Jolivet. Gaïa Éditions, 2004.

23. Jørn Riel, Les ballades de Haldur et autres racontars. Trad. du danois par Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet. 10|18, 2010.

24. Jørn Riel, Une épopée littéraire. Trad. du danois par Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet. Gaïa Editions, 2006.

25. Jørn Riel, Un gros bobard et autres racontars. Trad. du danois par Susanne Juul et Bernard Saint Bonnet. 10|18, 2010.

26. Oliver Sacks, Musicophilia. La musique, le cerveau et nous. Trad. de l’anglais par Christian Cler. Éditions du Seuil, 2009.

27. André Velter (éd.), Il pleut des étoiles dans notre lit. Cinq poètes du Grand Nord. Inger Christensen, Pentti Holappa, Tomas Tranströmer, Jan Erik Vold, Sigurdur Palsson. Trad. Janine et Karl Poulsen, Gabriel Rebourcet, Jacques Outin et Régis Boyer. NRF Poésie, 2011.

28. Nouvelles d’Islande. Sveinbjörn I. Baldvinsson, Gudrún Eva Mínervudóttir, Magnús Sigurdsson, Gyrdir Elíasson, Thórarinn Eldjárn, Einar Már Gudmundsson. Magellan & Cie, 2011.

29. Uncharted places. An anthology of contemporary Hungarian writing. Magveto Publishing House, Budapest, 2010.

21 février 2011

Life in Hell: The Next Generation

Classé dans : Actualité — Miklos @ 10:07

20 novembre 1947

29 juillet 1981

5 avril 2005

29 avril 2011

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

20 février 2011

L’ère post-Wikileaks, ou, dire tout haut ce que l’on pense tout bas

Classé dans : Actualité, Politique, Société — Miklos @ 23:56

La science diplomatique, malgré son importance, n’a pas été suffisamment cultivée; et si quelques agens politiques se sont livrés aux études qu’elle exige, d’autres se sont jetés dans la carrière, sans connaissances préalables, ou bien, se sont bornés à parcourir très-superficiellement les ouvrages qui traitent du droit des gens, et de l’histoire des négociations auxquelles les principaux événemens politiques ont donné lieu.

C’est une grande erreur de croire qu’il suffit en diplomatie, d’un simple bon sens ; ceux qui le présument, se seront fait illusion en voyant quelques affaires se traiter avec succès par des hommes qui ne se sont pas élevés au-dessus des notions vulgaires ; mais quand les matières se compliquent et que les aperçus deviennent plus fins, il ne suffit plus des simples lumières que fournit le bon sens naturel, pour trouver la solution des questions proposées. On se tromperait également, en pensant qu’on peut se former par la pratique seule. L’agent diplomatique, du moment qu’il entre en fonctions, se trouve aux prises avec les faits et les choses de forme du moment. Il n’a plus guères le temps ni d’étudier, ni de faire de longues recherches pour approfondir les questions. Les faits qui passent sous ses yeux, ne font que charger sa mémoire sans l’éclairer, s’il ignore à quel principe ils se rapportent, et quelles sont les inductions raisonnables qu’il peut en tirer. L’expérience est sans contredit le fruit de la pratique, mais pour qu’on puisse l’utiliser, il faut qu’elle soit appuyée sur la théorie. (pp. 3-4)

L’agent politique représentant au-dehors la vigilance du gouvernement qui l’envoie, sa plus constante occupation doit être d’observer tout ce qui se passe sous ses yeux, de deviner, s’il le peut, ce qu’on lui cache, et de pressentir, autant qu’il est donné à la prudence humaine de le faire, les événemens prochains. (p. 125)

Autant le besoin d’une sage réserve impose à l’agent politique le devoir d’user de discrétion et de circonspection dans tout ce qu’il peut être dans le cas de communiquer à d’autres, autant d’un autre côté la fausseté lui est défendue. Outre que, malgré toutes les précautions, elle finit toujours par être découverte, les hommes qu’elle a abusés, victimes, dans leurs intérêts et dans leur amour propre, d’une confiance trompée, ne la pardonnent jamais. On fait gloire d’ailleurs de traiter avec un homme d’honneur, tandis qu’on se tient toujours en garde contre celui dont la bonne foi est douteuse. (p. 127)

Par suite du principe d’égalité naturelle dont jouissent, les uns envers les autres, tous les états indépendans, nul d’entre eux, quelque puissant qu’il soit, n’a droit de prétendre à des hommages ni à des honneurs particuliers, quoique tous soient autorisés à considérer comme lésion, des démonstrations positives de mépris, et des actes contraires à leur dignité. (p. 184)

Charles de Martens, Guide diplomatique, t. 1. Leipsic, 1832.

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