Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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5 janvier 2015

La nouvelle cour de récré de Paris : la Philharmonie.

Classé dans : Actualité, Musique, Médias — Miklos @ 23:35


Un article du Parisien en ligne.

L’article du Parisien intitulé « La Philharmonie fait rêver Paris » nous informe que Violetta, qui serait la coqueluche (c’est de saison) des cours de récré, reviendrait à Paris à la fin de l’hiver ; on ne peut qu’en déduire qu’elle se produira dans cette salle, avec l’Orchestre de Paris, et en présence du président de la République.

On l’attendait depuis huit ans, peut-on lire dans le petit bout d’article accessible gratuitement. Qui ça, Violetta ? Ou cette nouvelle cour de récré de luxe ?

Mais qui est cette Violetta pour se produire à la Philharmonie ? Nul doute, diront les fans de musique classique, qu’il s’agit de l’héroïne de la Traviata, tombée amoureuse d’Alfredo, dont le rôle a été tenu par d’aussi illustres cantatrices que Nellie Melba, Rosa Ponselle, Jeanine Micheau ou… et surtout… ! Maria Callas.

Eh non.

Nul doute que les vrais fans de Violetta – l’héroïne d’une série télévisée argentine éponyme – ne s’y tromperont pas, ils iront à une autre cour de récré, là où elle sera vraiment. Conclusion : c’est le Zenith qui fait rêver Paris, nonobstant le Parisien !

11 octobre 2014

La force de conviction en tant que médecine douce pour les maux de ce monde

Classé dans : Actualité, Langue, Médias, Politique, Santé — Miklos @ 13:44


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Le secrétaire général de l’ONU est d’évidence adepte du dialogue comme stratégie de gestion de crises de tout genre, comme le montre aussi cet extrait-là :


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Ban Ki-moon peut s’approprier cette belle citation : « J’écris ces lignes avec toute la force de conviction d’un homme animé de la passion du bien de l’esprit de la lutte contre le mal, sous toutes les formes ou apparences qu’il prend pour accabler la pauvre huma­nité. » (Jean-Pierre Hureaux, Notre délivrance de toutes les maladies par la médecine naturelle préventive et curative, précédée de l’Intro­duction à la santé et à la vie, et suivie de La préservation et la curation du choléra. Paris, 1866)

6 octobre 2014

“One, two, three, four… Can I have a little more?” chantait le pitbull

Classé dans : Actualité, Médias — Miklos @ 10:14


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On peut lire dans la presse ce matin :

« Un pitbull a mordu quatre enfants dans un quartier du Havre dimanche.

[… Un pitbull s’est introduit dans la cour d’un pavillon, où jouait une petite fille de neuf ans. Il l’a saisie par le bras et « profondément mordue », rapporte le site 76 actu. […] Après la fillette, le pitbull s’est attaqué à un autre groupe de trois enfants âgés de 10 à 12 ans. Deux d’entre eux ont été blessés. […] Mais l’animal étant pucé, il devrait rapidement être convoqué à l’Hôtel de police du Havre. » (RTL)

Conclusions temporaires : un des quatre enfants a été mordu sans être blessé (le pitbull devait être fatigué) et le propriétaire pourra être retrouvé grâce à une puce.

France 3 confirme et infirme ces éléments :

« Le Havre : 4 enfants mordus par un pitbull, une fillette est gravement blessée.

Les faits se sont produits ce dimanche en milieu d’après-midi dans le quartier du Bois de Bléville, au Havre. Le chien divaguait dans les rues. Il s’en est pris à deux groupes d’enfants.

[…] Il est alors rentré dans la cour d’un pavillon, où il a mordu et blessé très grièvement une fillette de 9 ans qui jouait. La petite a été conduite aux urgences mais ses jours ne seraient pas en danger.

L’animal s’est sauvé et a attaqué trois autres enfants un peu plus loin. Les jeunes seraient moins grièvement touchés. […] Le chien ne porterait pas d’élément permettant de retrouver son propri­é­taire. » (France 3 Haute Normandie)

On remarquera d’abord que, selon la théorie des ensembles, on peut considérer la petite fille attaquée en premier comme un ensemble (qu’on appelle alors un singleton, ensemble ne possédant qu’un seul élément). Conclusions : le chien a mordu les quatre enfants, et son propriétaire ne peut être identifié (la puce que portait le chien, selon RTL, devait donc être l’insecte qu’on connaît trop bien et non pas une quelconque identification électronique).

Le site cité avait écrit, lui :

Au Havre, trois enfants blessés, mordus par un pitbull.

Un chien s’est attaqué à trois enfants, dimanche 5 octobre 2014, en milieu d’après-midi, au bois de Bléville. Il a été maîtrisé par les policiers. Trois enfants sont blessés.

Trois enfants ont été mordus, dimanche 5 octobre, en milieu d’après-midi, par un chien, dans le secteur du bois de Bléville, au Havre. L’animal, « un chien de type pitbull », serait d’abord entré dans la cour d’une habitation, où se trouvait une fillette de 9 ans. Le chien l’a saisie au bras et « l’a mordue profondément », indique une source proche de l’enquête.

L’animal s’est ensuite attaqué à un groupe de trois autres enfants âgés de 10 à 12 ans, qui se trouvaient à proximité, et en a blessé deux ! […] Le propriétaire a été identifié. (76actu)

Conclusions : il ne s’est attaqué qu’à deux des trois enfants du second groupe. Le propriétaire a été identifié.

On ne peut que souhaiter très vivement aux enfants de se remettre rapidement de leurs blessures autant physiques que psychologiques, et aux journalistes d’apprendre à compter (ou, à défaut, de se contenter d’effectuer un copié-collé de leur source souvent commune sans l’éditorialiser).

10 août 2014

Cannes, une ville qu’on aime détester, ou, Valétudinaires de tous les pays, unissez-vous !

Classé dans : Actualité, Lieux, Médias, Sciences, techniques — Miklos @ 10:11


Deux publicités juxtaposées proposées par Facebook.

Toujours à l’attention de nos préoccupations du moment et de notre intérêt à long terme, Facebook nous offre de façon toute désintéressée des publicités selon lesquelles il ressort que la ville de Cannes se trouve en seconde position dans la liste des villes les plus anti­pa­thiques au monde pour les touristes étrangers, tout en étant la quatrième des dix villes françaises préférées des touristes étrangers.

Ce n’est pas contradictoire : tout est relatif, comme on le sait sans avoir lu (ni compris) Einstein.

L’intérêt de certains visiteurs pour Cannes n’est pas récent, comme on peut le voir dans ce texte d’Élisée Reclus datant de 1870. En parcourant ce texte, on peut comprendre que la ville ne pouvant guérir tous les maux de la Terre, certains des valétudinaires des pays du nord, notamment les surexcités du système nerveux, venus y trouver un soulagement en soient repartis déçus, ce qui pourrait aussi expliquer les résultats contrastés de ces sondages.

« La ville sans cesse grandissante de Cannes est située autour d’une petite anse et sur une colline assez escarpée, qui se prolonge dans la mer par un promontoire étroit, et que couronnent les tours d’un château et d’une église.

Cannes n’est qu’un simple ch.-l. de cant. de l’arrondissement de Grasse ; mais elle n’en est pas moins la troisième ville du départ. des Alpes-Maritimes ; sa population, qui a triplé en trente ans, dépassait 9,600 h. en 1866. — La ville s’étend le long de la plage sur plus de 6 kil. de longueur, de la Bocca, à l’O., jusqu’au promontoire de la Croisette à l’E. D’après M. de Valcourt, auteur de Cannes et son climat, Cannes devrait être préférée par un grand nombre de malades aux autres villes d’hiver du littoral méditerranéen, « parce qu’elle réunit trois conditions essentielles : 1° abri contre les vents conti­nentaux, grâce à un amphithéâtre de collines et de montagnes orienté en plein midi et n’offrant aucune solution de continuité ; 2° absence de tout torrent dont le lit large et caillouteux, habituellement à sec et échauffé par le soleil, puisse être la cause d’un courant-d’air incessant ; 3° possibilité de placer les malades, suivant les indications, soit au bord même de la mer, soit assez loin du rivage pour les mettre hors des atteintes de la brise. Ce dernier point est d’une importance capitale. » [...]

La température moyenne de l’année est, à Cannes, de 16°,4, c’est-à-dire qu’elle dépasse d’un demi-degré la température de Nice, de Gênes, de Pise, de Florence, de Rome, et se trouve même légèrement supérieure à celle de Naples. Les hivers, et c’est là le point important pour les malades, sont relativement d’une très-grande douceur dans la ville provençale. […]

Il pleut en moyenne pendant 70 jours, et la tranche d’eau qui tombe annuellement est d’environ 800 millimètres. Ce sont là des chiffres peu élevés ; mais il faut remarquer en outre que les pluies, soudaines et fort abondantes, sont en général de courte durée : aussitôt après les averses, les nuages s’évanouissent et le ciel reprend toute sa sérénité. Sur les rivages de la Méditerranée, il est peu d’endroits où le ciel soit aussi pur, aussi éclatant, aussi dégagé de vapeurs qu’il l’est à Cannes. Entre Paris et Cannes, la différence est énorme. Ainsi, tandis qu’à Paris le mois de décembre offre 2 jours sans nuages, à Cannes au contraire, le soleil brille pendant 22 jours de tout son éclat (de Valcourt). À Cannes, « il n’y a jamais de brouillard. »

À ces avantages du climat de Cannes, il faut ajouter ceux que procurent la nature perméable du sol et l’inclinaison des couches de rochers. Les eaux des ruisseaux débordés n’étant pas retenues en flaques malsaines à la surface de la terre, ne dégagent point de miasmes. En outre, les forêts de pins qui croissent sur les collines répandent dans l’atmosphère leur senteur bienfaisante. Ce n’est pas tout : Cannes offre aux baigneurs une plage doucement inclinée vers la mer et des eaux dont la température moyenne est de 6 à 8° plus élevée que celle de l’Atlantique, sur les côtes occidentales et septentrionales de la France. Cannes est sans contredit l’une des villes du littoral où l’on prend les plus agréables bains de mer. En été, les médecins de Cannes ajoutent les bains de sable aux bains de mer, comme un puissant agent thérapeutique pour le traitement de certaines maladies.

Grâce à l’heureuse position de leur ville et à tous les avantages dont la nature les a comblés, les habitants de Carnes se trouvent dans d’excellentes conditions de salubrité générale. Les épidémies sont rares dans le pays, de même que le croup et les angines couenneuses si terribles à Paris. D’après le docteur Sève et les autres médecins, ce climat essentiellement tonique, mais non excitant, produit surtout d’excellents effets « dans tous les cas d’anémie, de chlorose, de débi­li­tation générale, de scrofule, de rachitisme et d’engorgements lymphatiques, dans les diverses névroses et névralgies ; mais ce sont surtout les affections chroniques de l’appareil respiratoire, l’asthme, la phtisie à tous ses degrés et les diverses affections catarrhales qui se modifient le plus avantageusement sous l’influence de cet air pur, suffisamment sec et chaud. » Cependant, il faut bien se garder de croire que le climat de Cannes convient à toutes sortes de maladies. « Évidemment, dit le docteur Whitley, là où il y a trop d’activité dans l’appareil sanguin ou trop de surexcitation dans le système nerveux, cet air tonique, cette grande clarté du jour, ce brillant reflet de la mer ne sont pas des conditions favorables. »

Quoi qu’il en soit, attirés par la renommée du beau ciel de Cannes, les valétudinaires de tous les pays du nord, suivant l’exemple qui leur a été donné, en 1851, par le chancelier Brougham, viennent, chaque année plus nombreux, demander à ce climat la guérison de leurs maux. Avec les malades arrivent les parents et les amis bien portants, les touristes valides et les simples désœuvrés qui vont où la mode les pousse. Aussi les pentes et les collines qui descendent vers Cannes ne suffisent déjà plus à la foule grossissante des visiteurs, et les vallons environnants sont graduellement envahis par les bâtisseurs de villas. Bientôt toute la côte, du promontoire de la Garroupe à l’embouchure de la Siagne, ne sera plus, comme la campagne de Gênes, qu’un immense jardin semé de palais.

L’intérieur de Cannes ne répond pas encore à l’admirable beauté des environs ; La ville ne possède guère d’autres monuments que les hôtels ; les rues de la partie haute sont étroites, tortueuses, mal pavées, souillées d’ordures ; les quais laissent à désirer aussi sous le rapport de la propreté. Le centre de la ville est formé par la promenade du Cours, que décorent des fontaines jaillissantes et des petits jardins renfermant quelques dattiers et d’autres plantes exotiques. […]

Les principales villas des environs de Cannes sont presque toutes libéralement ouvertes aux étrangers, même pendant le séjour des propriétaires ;» nombre d’entre elles méritent d’être visitées, soit à cause de leur architecture, soit à cause de leurs jardins ou du point de vue.

Élysée Reclus, Nice – Cannes – Monaco – Menton – San Remo, Paris, 1870.

7 août 2014

Sortir du cercle vicieux

Classé dans : Actualité, Histoire, Médias, Politique, Religion, Société — Miklos @ 12:16


Comprendre les origines de la guerre à Gaza en… par lemondefr

« Je ne suis pas quelqu’un de sen­ti­men­tal, je ne crois donc pas en une soudaine lune de miel entre les Juifs et les Pales­ti­niens. Je ne m’attends pas à ce que les deux parties anta­go­nistes, une fois la formule magique trouvée, s’em­brassent en larmes, dans une scène digne de Dosto­ïevski où les frères perdus se retrouvent. […] Non, je ne m’attends à rien de tout cela, et sûrement pas à une lune de miel. Si je m’attends à quelque chose, c’est plutôt à un divorce juste et équitable, entre Israël et la Pales­tine. Or un divorce n’est jamais une chose heureuse, qu’il soit juste ou plus ou moins juste. Un divorce fait mal, c’est quelque chose de dou­lou­reux. Et parti­cu­liè­rement celui-là, qui sera un drôle de divorce où les deux parties reste­ront dans le même appar­tement, pour toujours. C’est un divorce où personne ne démé­nage. Et comme l’appar­tement est tout petit, il sera indis­pensable de décider qui aura la chambre A, qui la chambre B, qui aura le salon, et de trouver, en plus, un arran­gement spécial pour la salle de bain et la cuisine. Vraiment pas très commode… Mais c’est toujours mieux que cette sorte d’enfer que nous traver­sons en ce moment, dans ce pays que nous aimons. Un pays où les Pales­tiniens sont opprimés au quotidien, harcelés menta­lement, privés, humiliés, affamés par un gouver­ne­ment mili­taire israélien cruel. Un pays où les Israéliens sont terrorisés tous les jours par des attaques terro­ristes impi­toyables, frappant indif­fé­rem­ment civils, hommes, femmes, enfants, écoliers, clients des centres commerciaux. Oui, tout est pré­fé­rable à cela ! Oui, il faut un divorce équi­table. Et, à la fin, une fois que nous aurons mené à bien ce doulou­reux et équi­table divorce en créant deux États, fondés en gros sur les réalités démo­gra­phiques […], une fois le divorce prononcé et la sépa­ra­tion opérée, les Israéliens et les Pales­tiniens se pres­seront pour passer la frontière et aller boire un café ensemble. L’heure du café aura enfin sonné. »

Amos Oz, « Un conflit entre deux causes justes », trad. Sylvie Cohen, 2003.

Cette vidéo très bien faite rééquilibre quelque peu les carences des médias qui n’avaient pas pipé mot sur le bouclage de Gaza du côté égyptien ni sur les tirs de missiles répétés vers les villes isra­éliennes depuis plusieurs années.

Il en ressort que cette radicalisation spécifique à Gaza provient du succès du Hamas aux élections. On peut évi­dem­ment s’interroger sur les raisons de ce succès : à l’époque, Gaza n’était pas coupée du monde (tout est relatif, puisque la fourniture de matériel élec­tro­nique hyper sophis­tiqué pour équiper les fameux tunnels a continué à provenir du Qatar, sans parler des fameux missiles et de leurs lanceurs).

Quelles qu’en soient les raisons histo­riques – chaque côté trouvera son compte dans sa propre histoire – sur le fond, je ne peux que regretter que les voix ayant appelé dès 1967 à accorder aux Pales­tiniens un État viable aux côtés d’Israël : Yeshayahu Leibowitch alors, puis (notamment mais pas uni­que­ment) Amos Oz, par exemple (voir ci-contre). Ou le magni­fique appel de Gilbert Sinoué, « Cher Yitzhak Rabin », publié dans le Libé du 6 août.

Est-ce que cet État mena­cerait Israël plus qu’il ne l’est mena­cé aujour­d’hui par la montée de la radi­ca­li­sation natio­na­liste et reli­gieuse des deux côtés ? Sans doute pas. Est-ce que sa création contre­car­rerait cette montée ? Pas for­cé­ment, lorsque l’on voit ce qui s’est passé dans d’autres pays arabes après qu’ils se soient débar­ras­sés d’une façon ou d’une autre de leurs dicta­teurs res­pec­tifs.

Mais il est juste que cela se fasse. Et mieux vaut tôt que tard. L’Allemagne et la France ont bien fait la paix, après tant d’années…

Il faut briser ce cercle vicieux de haine, de guerres et de morts, laisser le passé de côté et regarder vers l’avenir qui néces­site plus que jamais la colla­bo­ration accrue de tous pour faire face ensemble aux défis envi­ron­ne­mentaux qui ne manquent de monter, eux aussi.

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