Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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5 décembre 2011

Œil de lynx

Classé dans : Actualité, Publicité, Société, Économie — Miklos @ 1:17

En ces temps de crise, il faut être doublement vigilant, comme le montre ce dialogue sur un palier d’immeuble parisien :

- Zut, je ne trouve plus mes clés !

- C’est très ennuyeux, surtout l’hiver quand il fait froid et il pleut.

- Oh, avec la sècheresse actuelle, ce n’est pas un problème. Et puis d’ailleurs, voici une carte que je viens de trouver posée sur une pile au-dessus des boîtes à lettres. Pour 30 €, on ne va pas en faire un plat.

- Dis, as-tu remarqué l’astérisque, sur le verso ? Non ? Alors c’est astérisque et péril ! Regarde la mention qui s’y rapporte, tiens, j’ai rajouté une flèche pour que tu la trouves plus facilement.

- Tu rigoles ? Elle est plus petite qu’une patte de mouche, elle fait moins d’un millimètre de hauteur ! J’ai cru que c’était une tache.

- Ah bon, tu n’arrives pas à lire ? Tiens, voici ma loupe :

- Ah, ça y est, j’ai retrouvé mon trousseau !

7 novembre 2011

Life in Hell : fet’ la fet’

Classé dans : Actualité, Langue, Publicité — Miklos @ 2:44

En moins d’un clin d’œil et de deux plans d’austérité, Akbar voit arriver la période des fêtes, les poches plus que vides mais le cœur plein (l’inverse, il le sait, ne fait pas le bonheur). Que va-t-il donc pouvoir offrir à Jeff (qui d’ailleurs la fera ailleurs, la fête) ?

Quelle chance ! il trouve dans sa boîte à lettres une publicité pour des cartes de vœux 2012 « prix direct fabricant », des « tarifs dégressifs les plus bas du marché », 0,39 € pour « + de 1 000 ex », ça ne fait pas cher la carte, je peux me permettre, se dit Akbar, mais je me demande bien comment ils font pour vendre des cartes à 0,00039 € pièce !

Un coup d’œil et il comprend : c’est sur les lettres qu’ils rognent, comme ils le font d’ailleurs dans leur Édito.

Akbar réfléchit au message qu’il pourrait composer avec le moins de lettres possible, pour baisser encore les prix : « Cher… », non c’est trop cher. « Jef (c’est clair que c’est encore cher mais pas trop, et avec un f en moins ça se prononce de toute façon à l’identique), je te présente mes meilleurs vœux pour 2012. Akbar. ». Enfin, si c’est sur la carte, c’est clair que je les lui présente, donc je peux faire sauter trois mots d’un coup. Et puisque je signe, c’est aussi clair que ce sont mes vœux. Voyons ce que ça donne : « Jef, meilleurs vœux pour 2012. Akbar ». La qualité du papier (« couché – moi je ne le suis pas encore, marmonne Akbar – mat 300 G – ce qui fait tout de même 300 kg, si l’on multiplie par 1 000, s’inquiète-t-il – vernis UV brillant sélectif sur l’image ») démontre bien que ce sont mes meilleurs vœux jusque là, donc je laisse : « Jef, 2012. Akbar ».

Il espère avoir réduit ainsi ses coûts de communcation à l’aide de cet éditeur vraiment spécialisé. Ou vraiment très spécial.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

6 octobre 2011

Le cœur de Paris selon les annonces immobilières d’un site bien connu

Classé dans : Histoire, Lieux, Société, Économie — Miklos @ 21:41

Le visiteur ou le touriste qui cherche à se loger chez un particulier à Paris ne manquera de sauter de joie à la lecture de cette petite annonce intitulée « splendide appartement d’une chambre à coucher à louer au centre de la ville ». Il s’y verra proposer un « studio charmant au cœur de la rue Duhesme, l’une des adresses les plus recherchées au centre de Paris, à quelques pas du musée du Louvre, du Marais historique et gay et de l’Opéra. » Une autre version précise qu’il est « à cinq minutes à pied du célèbre Centre Georges Pompidou ».

Pour peu qu’il connaisse Paris, il s’imagine déjà que cet appartement de rêve se trouve soit du côté des Halles, point équidistant des trois quartiers cités dans l’annonce (mais pas si recherché que ça) ou alors dans le 6e ou le 7e arrondissement (au pire, dans le 8e), qui sont parmi les plus cotés de la capitale. Mais rue Dusheme ? Où est-ce diable ? Eh bien, justement, au diable vauvert, au fin fond du 18e arrondissement, à quelques pas de la porte de Clignancourt, qu’on ne peut vraiment qualifier de quartier particulièrement recherché, si ce n’est pour ses puces et ses drogues. Et à quelques kilomètres en vol d’oiseau des lieux précités. Laisse béton, se dit-il.

Une femelle indépendante (c’est du moins ce que l’annonce suivante affirme en anglais) propose une chambre dans un appartement, lui-même situé dans un immeuble dont l’entrée est au centre de Paris. Curieux : le quartier est indiqué comme « 19e – bassin de la Villette », est-ce à dire qu’un long tunnel relie l’entrée (située au centre de la ville) au bâtiment (dans le 19?). Claustrophobe, il préfère éviter.

Il passe à une autre annonce, celle d’une « chambre à louer dans appartement deux pièces meublé, proche du métro, du centre et de tous commerces et bars ». Le métro en question est Goncourt. Là, on est quasiment à Belleville, qui n’a été annexé à Paris qu’en 1860, en même temps d’ailleurs que le hameau de Clignancourt. On tourne autour du pot, constate-t-il.

Qui dit mieux ? Il y a bien cette grande chambre sur les Grands boulevards, « à 12 minutes à pied de la Seine », mais il faut être champion du 400m pour tenir ce temps et de plus c’est pour « une jeune fille sérieuse et agréable », conditions que notre touriste ne remplit pas ; ou celle du côté Oberkampf, toujours « au centre de Paris ».

J’essaie sur la rive gauche, se lance-t-il. Il y a une colocation avec des étudiants anglais dans le 15e, du côté Montparnasse, « au centre de Paris et à 7 minutes à pied d’une belle vue de la Tour Eiffel ». Il doit s’agir du temps pour arriver de l’appartement au sommet de la Tour Montparnasse (à pied, s’il vous plaît) d’où la vue est (paraît-il) splendide. Mais il n’aime pas le béton de cette tour-là (ni d’ailleurs son amiante).

Plus classe, cette « chambre ensoleillée au centre même de Paris » ; l’immeuble se trouve dans le 6e « à deux minutes du Luxembourg et de l’Alliance française ». C’est donc le quartier de Notre-Dame-des-Champs, en déduit-il. Pas très commode pour arriver au vrai-centre-même de Paris, la ligne 12 le contournant.

La vie est un oignon qu’on épluche en pleurant, dit le dicton. Les petites annonces aussi, se dit-il en continuant à les éplucher en soupirant.

Pour consoler notre touriste, on citera ce qu’Évelyne Cohen écrit à propos du centre de Paris (in Imaginaires urbains du Paris romantique à nos jours, publié sous la direction de Myriam Tsikounas en 2011) :

De 1830 à nos jours, le mythe de Paris capitale de la France, métropole des temps modernes, connaît des phases de développement puis de déclin. Dans l’ordre imaginaire, qui est ici le nôtre, le centre de Paris revêt une importance d’autant plus grande que Paris-la-capitale est présentée comme « ville centre », « métropole », « ville monde », « ville Lumière », « ville tentaculaire ».

Les représentations qui s’attachent au « centre de Paris » sont corrélées à celle de « Paris comme centre ». (…)

Comme l’explique Karlheinz Stierle dans La Capitale des signes, le XIXe siècle a donné un « centre imaginaire à la ville » :

C’est le propre du mythe de Paris tel qu’il s’élabore au XIXe siècle que de donner un centre imaginaire à la ville, de s’avancer vers un centre de forces caché. Dans Notre-Dame de Paris, Hugo a ainsi rendu la ville, avec sa cathédrale médiévale, son centre oublié, et à la capitale mondiale imaginaire, avec l’Arc de Triomphe, son emblème qui paraît sur le fond d’un horizon « sublime » parce que surélevé et devient le centre spirituel d’une nouvelle conscience de la ville. Quand le mythe urbain réussit à mettre au jour de tels centres comme points névralgiques d’une vision de la ville, il reconquiert souvent l’authenticité d’un mythe collectif dont les images se fondent totalement avec l’expérience réelle de la ville, donne à la ville la profondeur de l’« imaginaire concret ».

(…) Dans une vision anthropomorphique, la croissance historique de la capitale s’effectue autour de son « berceau », l’Île de la Cité. Tout au long des XIXe et XXe siècles, les guides cartographient couramment le développement de la capitale qui s’étend d’enceinte en enceinte par cercles concentriques successifs. Sa forme est assimilée à celle d’une « circonférence ».

(…) Au XIXe comme au XXe siècle, les contemporaine s’interrogent sur ce qui « fait centre » du point de vue des qualités et des localisations. Selon les guides et leur finalité, le centre peut être le centre historique, le centre géographique, le centre politique, le centre des affaires.

(…) Si elle semble évidente, la place du centre de Paris n’est pas consacrée de façon définitive. Le centre désigne des lieux à forte charge symbolique, politique, pratique. Aussi est-il logique qu’il se déplace dans la capitale conformément aux orientations du pouvoir, en direction de l’ouest.

Ce centre tout à la fois imaginaire et symbolique a bougé au fil du temps, de l’Île de la Cité au Palais Royal, puis vers Les Halles (le ventre de Paris, donc pas si loin du cœur, anatomiquement parlant), Notre-Dame ou le Châtelet. Voire les Champs-Élysées (quand ça n’est pas Disneyland), surtout pour les touristes japonais. Qu’en sera-t-il du Grand Paris ?

Qu’en sera-t-il pour chacun de nous ? On laissera le poète et traducteur Dominique Buisset conclure (in Paris par écrit : vingt écrivains parlent de leur arrondissement, 2002) :

Pourtant, la chose est connue : le centre est partout dans la mesure même où la circonférence est nulle part. Le centre de Paris est sur le parvis Notre-Dame ; le centre de la France à Saint-Amand-Montrond (avec ou sans la Corse ? la Réunion, les Antilles ?) (…)

Or, sauf la révérence que je porte à Notre-Dame, le centre de Paris est du côté du square Painlevé, entre la Sorbonne et l’Hôtel de Cluny, sous les grands arbres, entre une louve et un Montaigne de bronze, l’un parlant latin, l’autre français… Au printemps, le centre de légèreté de Paris, dans l’espace et le temps, est là quelque part, sur la pelouse où les étourneaux, toge moirée, docteurs d’État en picorologie, exercent leur industrie parmi l’herbe.


Le centre de Paris en 1678 : le palais de justice


Le centre de Paris en 1784 : le Grand Châtelet


Le centre de Paris en 1840 : entre le Palais Royal et le boulevard


Le centre de Paris selon le Petit futé 2008 : Gare Montparnasse, Saint-Michel, Châtelet-les-Halles…

20 juillet 2011

Le faux ami du bibliophile

Classé dans : Langue, Littérature, Livre, Progrès, Économie — Miklos @ 8:34

Non, il ne s’agit pas du livre numérique, mais de l’un de ceux qu’ont débusqués Koessler et Derocquigny :

Ils sont à la mode, ils sont justement à la mode. La défiance à l’égard du mot étranger qui a le faux air de vouloir dire la même chose que le mot de la langue maternelle auquel il ressemble, ou dont il n’est qu’une transformation, ou même qu’il se contente de reproduire littéralement, a toujours été une des attitudes particulières de l’expert véritable en ces matières ; tomber dans les « traquenards » innombrables qui s’ouvrent sous les pas de ceux qui se promènent sur les terrains linguistiques de l’Europe occidentale, en particulier, a toujours été la marque nette de l’insuffisance, chez quiconque se mêle de ces choses ; les éviter avec sûreté fut toujours un des signes de la maîtrise, un des signes sans lesquels il n’est point de maîtrise. Or dans le cas — car ce n’est qu’un cas — du français et de l’anglais, ce danger si redoutable par son omniprésence vient d’être dénoncé, et donc, pourrait-on croire, conjuré avec un éclat et une précision durables, par l’œuvre capitale de MM. Koessler et Derocquigny1.

Revue anglo-américaine vol. 6:6, 1929.

Bibliophile affligé de bilinguisme, il nous arrive de trébucher sous l’emprise de la fatigue en confondant library et librairie, ce qui est (avouons-le) particulièrement frustrant, surtout lorsque ce lapsus concerne l’objet de notre désir. « L’une des fonctions, l’un des attributs de l’homme, a été de nommer. Une de ses misères, ou l’un des caractères de sa misère, est de mal nommer. »2

On comprendra alors notre ravissement à la lecture du passage suivant :

Nos Anciens disaient toujours Librairie et jamais Bibliothèque. Villon en son Grand Testament :

Je lui donne ma Librairie,
Et le Roman du Pet au Diable, &c.

Budé en son Testament : Guillaume Budé, conseiller du roi, maître des requêtes ordinaire de son hôtel, & maître de sa librairie. Rabelais, livre 2, chap. 7, Comment Pantagruel vint à Paris, & des beaux livres de sa librairie de S. Victor. Sous le règne de Charles IX, on commença à dire bibliothèque, comme il paraît par le livre de la Croix du Maine, imprimé en 1584, & intitulé Bibliothèque. Et c’est comme on parle aujourd’hui. Librairie pour bibliothèque n’est plus en usage que parmi quelques religieux. Mais on dit toujours librairie pour le trafic des livres. La librairie va bien ; la librairie est bonne cette année.

Gilles Ménage, Observations de Monsieur Ménage sur la langue française. Paris, 1572.

La dernière observation de Monsieur Ménage est malheureusement fausse : la librairie va mal, la librairie est mauvaise cette année. Et pourquoi ? À cause de cet autre mauvais ami du bibliophile que nous écartions plus haut.


1 Maxime Koessler et Jules Derocquigny : Les faux amis, ou, Les trahisons du vocabulaire anglais (conseils aux traducteurs), 1928.

2 A. Vinet, Littérature de l’adolescence. Bâle, 1836.

19 mai 2011

Life in Hell : Akbar s’en va-t-en guerre

Classé dans : Actualité, Économie — Miklos @ 21:12

Qu’où les banquiers seront trouvés avoir failli en ce que dessus, ou autrement avoir fait faute en leur charge et registre, sera procédé contre eux par empri­son­nement de leur personnes, jusques à pleine satis­faction des dommages et intérêts desdites parties, et de punition corporelle, si elle échet. — Henry II, Réfor­mation des abus en l’obtien des bénéfices ecclésiastiques, 1550.

La carte de crédit d’Akbar, bien que non biodégradable, se dégrade rapidement : elle expire à la fin du mois et sa fin de vie n’est pas des plus agréables, elle se fendille de partout ; en plus, à son âge avancé elle est la cible potentielle d’arnaqueurs sans scrupule. C’est triste, d’autant plus que sa vie a été émaillée d’incidents plus ou moins dramatiques (tel cette longue amnésie). Il la traite donc avec encore plus d’égards, et espère que sa réincarnation se matérialisera rapidement.

Quelle surprise ! Akbar trouve ce matin une lettre de sa banque, Haches Baissées (celle d’Akbar est levée), dans lequel se dévoile cette réincarnation : scintillante, jeune et belle, telle Vénus sortant de l’eau. C’est une surprise à deux égards : elle arrive à temps (ce qui n’est pas dans les habitudes de sa banque qui se hâte lentement sauf quand il s’agit d’agios) mais elle arrive non recommandée (contrairement aux fois précédentes). Akbar frémit : depuis deux mois, il constate que les courriers sont déposés au hasard dans les boîtes à lettres, on se croirait à la loterie, sa carte aurait pu se glisser chez sa voisine, dieu préserve !

La lettre qui l’accompagne l’enjoint d’abord de détruire (en gras dans le texte) la précédente, puis l’informe qu’en fait la nouvelle est inactive : il lui faut se rendre à un distributeur pour y effectuer un premier retrait, ce qui aura pour effet de lui insuffler la vie.

Ni une ni deux, Akbar se précipite à l’agence la plus proche. Il glisse avec un plaisir non dissimulé la carte dans la fente, compose le code, et voit s’afficher un menu lui proposant de déposer des espèces ou des chèques, de voir la position de son compte, voire d’imprimer un relevé d’identité bancaire… mais comment retirer des espèces ??? Ai-je la berlue ?, se demande-t-il en retirant l’impétrante et réessayant dans un distributeur voisin. Chou blanc. Il réessaie avec son ancienne carte, et voici qu’apparaît l’option « retrait d’espèces ». J’ai bien fait de ne pas la détruire, soupire-t-il avec soulagement.

Il s’adresse à l’agente d’accueil qui fait d’abord la moue (une petite moue gracieuse) parce qu’il n’est pas de leur agence et lui raconte ses mésaventures. Elle se rend avec lui devant un troisième distributeur et constate les faits. Je n’ai jamais, mais jamais vu ce cas, s’exclame-t-elle, ils ont dû oublier de mentionner la possibilité de retrait en vous renouvelant la carte. Elle vérifie tout de même sur l’ordinateur et s’étonne, Mais non, ils l’ont bien fait ! Long silence. Eh bien rendez vous à votre agence pour essayer là-bas.

Tout en la remerciant poliment malgré la moutarde qui commence à lui monter au nez, Akbar se dit que c’est un comble, on revient à l’âge de pierre, si ça ne marche pas ici, ça ne marchera pas là-bas ! Il appelle Mr Massenet, son conseiller (celui qui avait « oublié » de lui commander une carte et était parti en vacances sur le champ). Je ne sais quoi vous dire, Monsieur Akbar. Je ne peux que vous commander une toute nouvelle carte, avec un nouveau numéro. Il porte bien mal ce titre de conseiller, se dit Akbar, qui lui répond : Mais j’ai des abonnements qui sont mensuellement débités de cette carte – téléphone, internet… – si vous me l’annulez toutes les factures seront rejetées et moi je fais quoi ? Je ne pourrai même plus vous appeler pour râler ! Le conseiller met un temps pour comprendre le problème, puis propose de recommander la même carte en espérant que ce problème disparaîtra.

La moutarde, continuant sa progression, atteint le cerveau d’Akbar : il lui est évident que ce n’est pas un problème de fabrication de carte. Mais à quoi bon discuter… Il remercie froidement mais poliment et raccroche.

Quelques instants plus tard, le téléphone sonne. Monsieur Massenet à l’appareil. En fait, il n’y a pas de problème : vous pourrez faire cette opération à partir du 20 mai, demain. Vous l’avez fait trop tôt. Akbar ne s’étonne plus et ne répond que pour la forme : Rien ne l’indiquait dans la lettre qui était d’ailleurs datée d’il y a un mois ! Monsieur Massenet, philosophe, impertinent ou plus simplement… simplet, rétorque : Il n’y que vous à qui ce genre de problème arrive. Akbar se dit qu’il y a une autre conclusion, plus scientifique : il n’y a que lui qui doit se plaindre, les autres sont résignés.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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