Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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23 août 2012

Life in Hell: foutre, quel foudre ! ou, Vous prendrez bien une p’tite bière ?

Classé dans : Lieux, Photographie — Miklos @ 8:04

Grand tonneau (221 726 litres) du château de Heidelberg. © Miklos 2002
Grand tonneau (221 726 litres) du château de Heidelberg

Gott Lieben macht selig
Wein trinken macht fröhlich
Liebe Gott und trinke Wein
Kannst du froh und selig sein.

(Inscription – à suivre avec modération, natürlich – sur un autre tonneau, bien plus petit – c’est normal, il est destiné au vin – qui se trouve dans la même cave)

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

22 août 2012

Voyage en Allemagne : préparatifs.

Classé dans : Langue, Lieux, Peinture, dessin — Miklos @ 17:54

14 juin 2012

Dans la boule

Classé dans : Lieux, Photographie — Miklos @ 7:50

 


Coin de rue à Louvain

« Cela posé, j’ai répété exactement l’expérience précédente, après avoir fait passer le moût de bière contenu dans la boule D dans la boule K, qui contenait une solution de potasse. était ainsi, en quelques heures, absorbée par le mélange de moût et de potasse. Cet air ne servait pas à la régénération de la semence, et aucun développement n’eut lieu dans la boule C. Toutes ces expériences, nous l’avons vu, doivent être exécutées en un temps assez court. En effet, jeunes ou vieilles, nées en présence ou en l’absence de l’air, les cellules ont besoin, pour vivre, soit de l’air, soit du sucre. Des deux éléments, l’un au moins leur est indispensable. » — Annales de chimie et de physique, 1880.

20 mars 2012

Il est un air pour qui je donnerai tout Rossini, tout Mozart et tout Weber…

Classé dans : Humour, Lieux, Littérature, Musique, Nature — Miklos @ 13:37

Au fâcheux qui nous reprendrait pour cet usage de « qui », on demandera de bien vouloir signaler sa demande d’erratum à Gérard de Nerval (au passage, on lui précisera qu’ici « Weber » se prononce « Vèbre »). Chaque fois qu’il vient à l’entendre, rajoute le poète, l’air en question fait rajeunir son âme de deux cents ans. Ô vertus éternelles de la musique !

Quant à cet air que nous venons de noter (en y doublant deux notes, pour faciliter la lecture des paroles), à défaut de posséder une grande qualité mélodique (mais tous les goûts sont dans la nature), c’est un calembour musical : il n’est pas nécessaire de connaître le solfège pour identifier les noms des notes : le texte en est la parfaite homonymie. Lisez donc :

La, fa, mi, do, ré, la, mi,
La, do, ré, la, sol, do, si.

C’est grâce à Gallica que nous avons pu retrouver cette petite perle dont les paroles nous trottaient dans la tête depuis notre enfance. Il est l’objet des deux derniers couplets du « Chant bucolique », lui-même sixième des dix chants que constitue La Grande Complainte de Fontainebleau, par une Société de Savants et de Poètes, et signée « Pour la Société de savants et de poètes : Amédée Métivié ».

Publiée en 1855 à Fontainebleau, cette amusante parodie du genre, écrite par une « docte compagnie d’artistes, de gens de lettres, d’amateurs et de gais camaradesSelon G. de La Landelle, Dettes de cœur : la semaine des bonnes gens. 1882. », potaches maîtrisant aussi bien la plume que la langue et connaissant les chansons populaires de l’époque, est tout à l’honneur de… Fontainebleau, évidemment. Bien plus poétiquement que le Guide Michelin, elle en relate l’histoire en remontant jusqu’à Attila et en n’oubliant pas de s’attarder sur l’« assez mauvais moment » que la reine Christine y fit passer à son amant qui l’avait trahi pour une italienne, le 6 novembre 1657, la renaissance du lieu sous Napoléon.

Ensuite, quelques considérations météorologiques nous apprennent que, s’il y pleut c’est qu’il y tombe de l’eau, mais que jamais il n’y neige au milieu de l’été, c’est toujours ça de gagné pour le voyageur errant, Juif ou croyant de l’Évangile, imberbe ou barbu, chauve ou chevelu : il y trouvera cafés, auberges, guinguettes, restaurants et cabarets. La joyeuse complainte va jusqu’à y préciser les enseignes, comme le fait tout honorable guide. Mais pour les amoureux qui voudraient se réfugier dans la forêt, qu’ils se rassurent : on n’y voit ni éléphant ni baleine. « Sans crainte », poursuit le texte, « et sous nos ombrages allez donc, et, deux à deux, errez, jeunes amoureux. Les ramiers dans les feuillages répondront à vos discours en roucoulant leurs amours ». Et s’il faut vraiment chaud,

La bière, la limonade
Et des fruits plus ou moins verts
Plusieurs fois vous sont offerts
Durant votre promenade ;
Fleurettes, mousse et gazon
Sont les tapis de saison.
 
Acceptez, femme charmante,
Et vous, cavalier galant,
Payez ! allons-y gaîment,
Pour que le rossignol chante :
« La, fa, mi, do, ré, la, mi,
La, do, ré, la, sol, do, si. »
 
Ce que l’on pourrait traduire :
« La femme y dort, et l’ami,
L’adoré, là, solde aussi ; »
Mais la belle d’un sourire
Va le payer à son tour :
Vive l’herbette et l’amour !

On vous laissera découvrir ce panégyrique, et l’on espère qu’il vous incitera à vous y rendre sans tarder par ce beau premier jour du printemps. À toutes fins utiles, on vous signale que c’est direct depuis la gare de Lyon.

30 janvier 2012

Life in Hell: les tribulations de Jeff et Akbar en Indochine

Classé dans : Lieux — Miklos @ 8:26

Suivant de très loin le célèbre exemple du jeune, riche et généreux Kin-Fo et de son maître le philosophe Wang, Jeff et Akbar se décident à parcourir l’Indochine, non pas l’un à la poursuite de l’autre, mais ensemble. Ils n’en font pas le tour en ballon en 80 jours, mais la parcourent du nord au sud et à l’ouest en avion, en voiture, en jonque, à dos de scooter, en tuk-tuk et à pied.

Dans les rues de Hanoï se déverse un torrent dense et tumultueux de scooters, qui, à l’instar d’une nuée de sauterelles stridu­lantes, semble se diriger uniformément dans une même direction mais où, lorsqu’on s’en rapproche, on distingue des individus filant à droite ou à gauche, à contresens de la circu­lation ou perpen­di­cu­lairement que les feux soient au vert ou au rouge, sur la chaussée comme sur les trottoirs, se glissant dans le moindre interstice, même entre Jeff et Akbar, dans le but unique d’avancer en évitant les obstacles tout en klaxonnant à tout bout de champ, tandis que les marchandes ambulantes – à bicyclettes surchargées au point de ressembler à un éléphant ou portant avec une démarche déhanchée bien particulière leurs marchandises sur deux lourds plateaux accrochés en balancier aux deux extrémités d’une barre de bois posée en équilibre sur leurs épaules – et les autres piétons traversent imperturbablement ce flot qui les contourne en les frôlant, à défaut de négocier les trottoirs occupés par les cuisines de rue et leurs clients assis à croupetons sur de minuscules tabourets, aspirant bruyamment les nouilles qu’ils extraient avec des baguettes d’un bol fumant, cernés de scooters garés en rangs d’oignon serrés.

La myriade d’îles de la baie d’Along plongée dans une épaisse brume sont colorées d’une infinie palette de gris et leurs silhouettes aux formes fantasmagoriques, dolichocéphales pour certaines dont une coiffée d’une petite pagode, dentelées comme les Dolomites et aux profils parfois curieusement humains pour d’autres, roches sombres nues ou couvertes de végé­tation, inhabitées à part par quelques singes guettant les bananes que leur lance Akbar, falaises tombant à pic dans l’eau ou rivages bordés d’une plage de sable fin, rochers plantés sur la mer tels des châssis de décors de théâtre les uns derrière les autres et entre lesquels évoluent tels des vaisseaux fantômes les innombrables jonques de touristes, les barques des pêcheurs lançant leurs filets et celles des magasins flottants aussi bien achalandés qu’une petite épicerie de quartier partis à l’abordage des navires ancrés dans la baie pour s’en détacher une fois l’affaire conclue, tandis qu’un large rapace noir plane silen­cieu­sement dans les airs à l’affût d’un quelconque poisson.

(À suivre)

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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