Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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7 juillet 2009

Dans le port d’Amsterdam

Classé dans : Amsterdam, Lieux, Photographie — Miklos @ 6:19

«Des bords septentrionaux du golfe de l’Y, la traversée n’est que d’une demi-lieue pour entrer dans le port d’Amsterdam. D’immenses prairies parsemées de villages et d’habitations entourent la capitale de la Hollande; le cours tranquille de l’Amstel, petite rivière qui la traverse et dont les bords sont couverts, pendant la belle saison, de prés fleuris et d’arbres chargés d’un beau feuillage, complète le brillant tableau qu’offrent ses environs.

Cette ville, ceinte de fossés et de remparts convertis en boulevards, ne craint point l’approche de l’ennemi : elle peut au moyen de ses écluses inonder tout le pays qui l’entoure. Une foule de canaux, la plupart bordés de rangées d’arbres, la traversent en formant 90 îles qui communiquent par 280 ponts dont le plus beau est celui de l’Amstel : il a 660 pieds de longueur, 70 de largeur, et se compose de 35 arches.

L’eau saumâtre et fangeuse qu’ils renferment, quoique souvent agitée par le mouvement des écluses, répand dans cette vaste cité des miasmes dangereux qui se joignent à l’humidité de l’atmosphère et du sol pour rendre son séjour malsain. L’un des inconvéniens qu’elle offre est le défaut d’eau douce ;» celle de l’Amstel est mauvaise : on se sert de celle de la petite rivière du Vecht, que l’on va puiser à quelques lieues de la ville; mais la meilleure est celle que l’on fait venir d’Utrecht à grands frais.

Conrad Malte-Brun, Précis de la géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau, d’après les grandes divisions naturelles du globe : précédée de l’histoire de la géographie chez les peuples anciens et modernes, et d’une théorie générale de la géographie mathématique…. 1829.

5 juillet 2009

The weather in Amsterdam right now

Classé dans : Amsterdam, Lieux, Photographie — Miklos @ 17:05


It’s raining cats and dogs

24 juin 2009

Dedans-dehors

Classé dans : Architecture, Lieux, Photographie, Société — Miklos @ 0:57


Passe-muraille
 


Sans titre

«La différence dedans-dehors est originaire. Le dedans et le dehors sont relatifs, ce qui veut dire qu’il n’est aucun dedans qui ne puisse être (c’est-à-dire ne soit comme) un dehors et inversement.(…) Ce qui importe, c’est la ligne de partage, opérante, qui fait repasser la différence en tout « dedans » et en tout « dehors » : la relativité ne réduit pas du tout la différence à l’insignifiance mais fait venir en avant l’ouverture même de la relation, le chiasme ou échange premier, c’est-à-dire toujours présupposé, des deux de la différence (ici : dedans/dehors) de telle sorte que le dedans est un dehors retourné, le dehors un dedans renversé ; que d’origine – ce qui veut dire» à titre de condition incontournable pour la pensée de quoi que ce soit – un dehors est comme un dedans et un dedans comme un dehors parce qu’un dehors est aussi comme un dehors, et un dedans comme un dedans..

Michel Deguy, « Du dedans au dehors », in L’enfermement. Actes du colloque franco-néerlandais de novembre 1979 à Amsterdam. Travaux et mémoires de la maison Descartes Amsterdam n° 3. Presses universitaires de Lille, 1981.

«François Dagognet a montré dans son ouvrage consacré à la peau1 que l’interface n’est pas seulement le lieu où l’extérieur pénètre l’intérieur et où l’intérieur s’extériorise, mais que véritablement elle met le dedans dehors constituant ainsi l’un par l’autre et réciproquement. Car il n’y a pas d’interne sans externe, pas d’extériorité sans intériorité. Si l’un des deux termes envahit l’autre jusqu’à l’anéantir ou simplement trop le réduire, l’interface ne fonctionne plus. (…) Qu’un bâtiment referme trop son intériorité la coupant de ce qui l’entoure (l’église romane) » ou qu’il la vide complètement au profit d’une exposition purement externe (Beaubourg) et sa fonction d’interface échoue ; on aura même affaire ici ou là à quelques cas pathologiques. Cependant de quel intérieur et de quel extérieur peut-il s’agir quant à Internet ?

Gérard Chazal, « Internet : interface baroque », in Penser les réseaux, Daniel Parrochia (éd.).Éd. Champ Vallon, 2001.


1 François Dagognet, « Les leçons du corps vivant », in Poïesis, n° 8, 1998, pp. 105-128.

30 mai 2009

Nos amis les bêtes

Classé dans : Lieux, Nature, Photographie, Sculpture — Miklos @ 21:44


Entrée du cimetière animalier (dit “des chiens”) d’Asnières
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Comme le remarquait déjà Elzéar Blaze en 1846, le chien « a été, est encore le type des choses les plus abjectes ; on dit tous les jours : vilain chien, sale comme un chien, méchant comme un chien, puant comme un chien »1. Gringo, le communiste endoctriné, hurle : « Sale juif ! sale chien ! je t’apprendrai qu’un révolutionnaire ne doit désespérer de personne ! »2 Ingrid Fogel, la terroriste en déroute de Volodine, lance au policier chargé de l’arrêter : « Sale connard de flic, sale dogue, tu n’as en tête que ta mission de tueur, fils pourri de la flicaille et de l’impérialisme, valet des Américains, sale garde-chiourme des esclaves bedonnants, sale chien, tueur à gage des sociaux-traîtres, social-vendu toi-même, sale dogue, mon dogue. »3

Et pourtant, affirme Blaze, « le chien a été le symbole de l’intelligence, de la fidélité, de la vigilance, de la bonté, ce qui est juste. » Ce qui n’est pas forcément exclusif de l’autre vision, en tout cas pour certains ; ailleurs dans son ouvrage, Blaze relate cette petite anecdote qui ne manque pas de saveur et d’intelligence :

Scarron dédia ses poésies à une chienne. Voici le titre de cette dédicace : A très honeste et très divertissante chienne dame Guillemette, petite levrette de ma sœur. Plus tard s’étant brouillé avec sa sœur, il mit dans l’errata d’une édition nouvelle : « Au lieu de chienne de ma sœur, lisez : à ma chienne de sœur. »

On ne peut douter des qualités de l’animal – et des animaux domestiques en général – à la lecture des épitaphes du cimetière animalier d’Asnières (plus connu sous le nom de cimetière des chiens) : mélancoliques ou désespérées, poétiques, sobres ou factuelles, elles reflètent toutes la disparition d’un être qui avait souvent accompagné fidèlement une solitude profonde et comblé le besoin d’amour de l’être humain, celui de l’éprouver pour autrui et celui d’en être l’objet. On y retrouve aussi quelques stars – tel Rintintin, la mascotte d’un régiment dans une série télévisée – mais aussi des petits héros bien réels. À leurs côtés reposent bien d’autres animaux – chats, moutons, lapins… mais aussi chevaux – dont le titre de gloire aura été, au moins, celui de sauver leur maître d’une isolation affective totale.

Alors si l’on sourit aux épitaphes parfois équivoques – est-ce vraiment un animal qui est enterré ici ou un être humain ? – mais souvent pathétiques et émouvantes (« À la mémoire de ma chère Emma fidèle compagne et seule amie de ma vie errante et désolée » ou « Sophie mon bébé nous avons eu 17 ans d’amour toi et tes petites sœurs vous avez remplacé l’enfant que je n’ai pas eu. Je t’aime à jamais. Ta petite mère », ou encore « décue par les humains, jamais par mon chien »), à certains monuments kitsch, aux chats errants silencieusement entre les tombes tels des âmes en peine, on lira pour finir ce beau petit texte de Beaudelaire :

«J’invoque la muse familière, la citadine, la vivante, pour qu’elle m’aide à chanter les bons chiens, les pauvres chiens, les chiens crottés, ceux-là que chacun écarte, comme pestiférés et pouilleux, excepté le pauvre dont ils sont les associés, et le poëte qui les regarde d’un œil fraternel.

Fi du chien bellâtre, de ce fat quadrupède, danois, king-charles, carlin ou gredin, si enchanté de lui-même qu’il s’élance indiscrètement dans les jambes ou sur les genoux du visiteur, comme s’il était sûr de plaire, turbulent comme un enfant, sot comme une lorette, à moins qu’il ne soit insolent et hargneux comme un domestique ! — Fi surtout de ces serpents à quatre pattes, frissonnants et désœuvrés, qu’on nomme levrettes, et qui ne logent même pas dans leur museau pointu assez de flair pour suivre la piste d’un ami, ni dans leur tête aplatie assez d’intelligence pour jouer aux dominos !

A la niche, tous ces fatigants parasites ! Qu’ils retournent à leur niche soyeuse et capitonnée ! Je chante le chien crotté, le chien pauvre, le chien sans domicile, le chien flâneur, le chien saltimbanque, le chien dont l’instinct, comme celui du pauvre, du bohémien et de l’histrion, est merveilleusement aiguillonné par la nécessité, cette si bonne mère, cette vraie patronne des intelligences !

Je chante les chiens calamiteux, soit ceux qui errent solitaires dans les ravines sinueuses des immenses villes, soit ceux qui ont dit à l’homme abandonné, avec des yeux clignotants et spirituels : « Prends-moi avec toi, et de nos deux misères nous ferons une espèce de bonheur ! ». . .

Il y en a qui couchent dans une ruine de la banlieue et qui viennent chaque jour, à heure fixe, réclamer la sportule à la porte d’une cuisine du Palais-Royal ; d’autres qui accourent de plus de cinq lieues pour partager le repas que leur a préparé la charité de certaines vierges sexagénaires, dont le cœur inoccupé s’est donné aux bêtes, parce que les hommes imbéciles n’en veulent plus. . .

Que de fois j’ai contemplé, riant et attendri, tous ces philosophes à quatre pattes, esclaves complaisants, soumis ou dévoués, que le dictionnaire pourrait aussi bien qualifier d’officieux, si l’homme trop occupé de son bonheur avait le temps de ménager l’honneur des chiens.

Et que de fois j’ai pensé qu’il y avait peut-être quelque part» (qui sait, après tout ?) pour récompenser tant de courage, tant de patience et de labeur, un paradis spécial pour les bons chiens, les pauvres chiens, les chiens crottés et désolés ? Swendenborg affirme bien qu’il y en a un pour les Chinois et un pour les Turcs. . .

Charles Baudelaire, « Les bons chiens », Revue nationale et étrangère, 1867.


1  Histoire du chien, Paris, 1846.
2 Marguerite Duras, Abahn Sabana David, 1870.
3 Antoine Volodine, Lisbonne dernière marge, 1990. Cité par Chloé Conant, « “Ni départ ni bateau” : la Lisbonne sans issue d’Antoine Volodine », in Lisbonne. Géocritique d’une ville, Alain Montandon (éd.), 2006.

23 mai 2009

Vue panoramique de Grand Central Terminal (New York City)

Classé dans : Architecture, Lieux, Photographie — Miklos @ 14:09

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Autres photos :
• de Grand Central Terminal 
• du musée des Cloisters (art médiéval) 
• du MoMA (art contemporain).

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