Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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12 janvier 1999

3D (VRML) Interface to IRCAM’s Multimedia Library Catalog

Classé dans : Livre, Sciences, techniques — Miklos @ 6:52

The public space of our Multimedia Library has been completely modelled in 3D (using VRML 2.0), showing all the stacks, cabinets, terminals, etc.

With the help of a browser and an adequate freely-available plugin (see below), one can « stroll » through the reading hall, and find the contents of the shelves and cabinets by clicking on them: each one is linked to the appropriate part of the online catalog. This in turn will show the documents that are stored in that part of the room, and provide access to the individual bibliographical records (and related databases).

What is needed:

  • a recent browser: this has been tested with Microsoft’s Internet Explorer (version ≥ 4) and Netscape ≥ 4) on a PC (it may also work on Macintoshes, SGI and other platforms, depending on the plugin).
  • a plugin for VRML (the above URL provides a link to the Cosmo plugin).
  • a relatively powerful machine: all computations are done on the client’s platform, so if it’s slow, it’s not the fault of the Internet, this time.

Happy virtual visit,

Michael Fingerhut
Director, Multimedia Library
IRCAM – Centre Georges-Pompidou
Paris (France)


Info publiée le Tue Jan 12 06:52:27 EST 1999 dans la liste de diffusion WEB4LIB.


14 décembre 1997

Grands chemins du savoir ou autoroutes pour plagiaires ?

Classé dans : Sciences, techniques, Société — Miklos @ 19:29

Dans un récent (8 décembre) article de première page, disponible sur le Web, le Chicago Tribune discute de la mise en ligne accrue de serveurs destinés aux étudiants nés fatigués, ne cherchant pas à faire l’effort de recherche nécessaire à la rédaction de rapports de fin de semestre. On y trouve de tout : politique internationale, littérature, sciences, histoire, etc.

Un de ces serveurs, situé au Danemark, « offre » (euphémisme : il faut payer) plus de 8 000 textes dans 40 catégories ; des suggestions sur les méthodes à utiliser pour tricher dans les examens… D’autres sont gratuits, et font des profits grâce à de la publicité sur leurs pages Web. Cette plaie touche même les plus grandes universités américaines, qui se voient obligées de revoir leurs méthodes d’enseignement et d’évaluation des étudiants. Un professeur interviewé pour cet article indique que les étudiants profitent aussi de la surpopulation grandissante des classes universitaires, dans lesquels il devient de plus en plus difficile de juger les devoirs sur leur contenu plutôt que sur leur longueur, et qui se voient ainsi récompensés pour des inanités au kilomètre (tiens, ce n’est donc pas uniquement vrai en France, Mr Sokal ? -ndlr).

L’article ne parle pas des autres utilisations de l’Internet – forums publics (news) et courrier électroniques, moyens par lesquels des étudiants de plus en plus nombreux demandent qu’on fasse leur recherche à leur place, et qui se répand aussi en France.

Ayant reçu des demandes de ce genre, je me suis d’ailleurs fait vertement insulter pour avoir suggéré à ces étudiants (de bonnes écoles) de tâcher de faire eux-mêmes un certain minimum avant que de lancer des demandes à tout vent.

C’est donc pire qu’une bibliothèque et ses photocopillages : là, il fallait encore retranscrire. Ici, ce n’est même plus nécessaire, on a le copiller-coller. À quand l’achat de diplômes sur le Web (par carte bleue et transactions sécurisées, évidemment) ?

Publié à l’origine sur Biblio-FR.

18 novembre 1997

De Paris à Paris via l’étranger

Classé dans : Actualité, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 12:00

Le routage sur l’Internet rappelle de plus en plus le 22 à Asnières (c’est d’ailleurs le même opérateur, à la base, non?). Là, pour aller de Paris (4e) à Paris (19e) on passe par Londres et Stockholm:

traceroute to gamelan.cite-musique.fr (194.250.19.66), 30 hops max, 40 byte packets
 1  ircam-gw-0.ircam.fr (129.102.0.32)  3 ms  9 ms  3 ms
 2  194.167.186.1 (194.167.186.1)  4 ms  4 ms  5 ms
 3  danton2.rerif.ft.net (193.48.76.81)  8 ms  8 ms  6 ms
 4  danton1.rerif.ft.net (193.48.76.249)  8 ms  9 ms  8 ms
 5  stlambert.rerif.ft.net (193.48.58.129)  8 ms  8 ms  9 ms
 6  stamand2.renater.ft.net (195.220.180.9)  9 ms  9 ms  10 ms
 7  stamand1.renater.ft.net (195.220.180.43)  9 ms  36 ms  11 ms
 8  rbs1.renater.ft.net (195.220.180.50)  241 ms  10 ms  15 ms
 9  renater.FR.ten-34.net (193.203.228.5)  11 ms  10 ms  9 ms
10  * FR.uk.ten-34.net (193.203.228.2)  51 ms *
11  195.206.64.69 (195.206.64.69)  35 ms  49 ms  55 ms
12  london5.att-unisource.net (195.206.64.49)  64 ms  34 ms  33 ms
13  stockholm5.att-unisource.net (195.206.64.37)  75 ms  103 ms  84 ms
14  stockholm1.att-unisource.net (195.206.64.82)  106 ms  64 ms  80 ms
15  gsl-segix-fddi1-0.gsl.net (194.68.128.32)  84 ms  111 ms  110 ms
16  * gip-stkh-2-ethernet0-2.gip.net (204.59.25.17)  514 ms *
17  gip-paris-1-serial2-1.gip.net (204.59.16.17)  545 ms *  479 ms
18  gip-paris-2-fddi1-0.gip.net (204.59.16.197)  501 ms *  526 ms
19  gip-raspail-2-serial5-0.gip.net (204.59.19.14)  513 ms  734 ms  786 ms
20  gip-ft-rbs.gip.net (204.59.18.196)  423 ms  371 ms  489 ms
21  * rbs4.rain.fr (194.51.0.151)  591 ms  510 ms
22  Tuileries5.rain.fr (194.250.0.14)  661 ms
23  Tuileries3.rain.fr (194.250.4.76)  60 ms  30 ms  61 ms
24  Citemusic.rain.fr (194.250.1.6)  130 ms  145 ms  48 ms
25  firewall.cite-musique.fr (194.250.19.62)  74 ms *  629 ms
26  gamelan.cite-musique.fr (194.250.19.66)  606 ms  531 ms  516 ms

Pour aller de Paris à Londres, on va à Londres (personne ne descend), puis à Stockholm, et on revient à Londres (terminus, tout le monde descend):

traceroute to uk2.imdb.com (195.173.17.13), 30 hops max, 40 byte packets
 1  ircam-gw-0.ircam.fr (129.102.0.32)  3 ms  4 ms  1 ms
 2  194.167.186.1 (194.167.186.1)  4 ms  4 ms  4 ms
 3  danton2.rerif.ft.net (193.48.76.81)  133 ms  130 ms  6 ms
 4  danton1.rerif.ft.net (193.48.76.249)  13 ms  11 ms  11 ms
 5  stlambert.rerif.ft.net (193.48.58.129)  9 ms  9 ms  8 ms
 6  stamand2.renater.ft.net (195.220.180.9)  9 ms  9 ms  9 ms
 7  stamand1.renater.ft.net (195.220.180.43)  18 ms  9 ms  16 ms
 8  rbs1.renater.ft.net (195.220.180.50)  11 ms  10 ms  10 ms
 9  renater.FR.ten-34.net (193.203.228.5)  10 ms  9 ms  11 ms
10  FR.uk.ten-34.net (193.203.228.2)  19 ms  24 ms  20 ms
11  195.206.64.69 (195.206.64.69)  108 ms  39 ms  38 ms
12  london5.att-unisource.net (195.206.64.49)  23 ms  48 ms  26 ms
13  stockholm5.att-unisource.net (195.206.64.37)  50 ms  66 ms  50 ms
14  stockholm1.att-unisource.net (195.206.64.82)  55 ms  54 ms  51 ms
15  Stockholm-DGIX.ebone.net (194.68.128.25)  51 ms  55 ms  56 ms
16  stockholm-ebs3-f1-1-0.ebone.net (192.121.154.106)  146 ms  51 ms  64 ms
17  london-ebs2-h1-0-0.ebone.net (192.121.154.157)  78 ms  99 ms  78 ms
18  london-ebs1-h4-0.ebone.net (192.121.154.162)  93 ms  104 ms  81 ms
19  192.121.154.210 (192.121.154.210)  184 ms  181 ms  178 ms
20  telehouse-1.router.demon.net (194.159.252.51)  173 ms  185 ms  189 ms
21  * * *
22  demon-gw.uk.imdb.com (195.173.17.1)  188 ms * *

De toute façon, la connectivité est nulle, les pings ne passent pas, les pages Web ne se chargent pas, telnet plante. Tout pour encourager une utilisation accrue du minitel, on dirait.

(Publié à l’origine dans le groupe Usenet fr.network.internet)

30 juin 1997

ARCOLE

Classé dans : Livre, Sciences, techniques — Miklos @ 16:25

Yannick Maignien écrit :

La bibliothèque nationale de France communiquera sur Internet, en octobre prochain, un corpus francophone du XIXe siècle de 2400 œuvres, monographies ou périodiques et d’environ 6500 images, libres de droit.

Cette opération, du nom d’ARCOLE, préfigurera les accès futurs aux 90 000 textes déjà numérisés depuis 6 ans par la Bibliothèque nationale de France.

Cette sélection du XIXe siècle vous est présentée à l’adresse suivante : http://www.liv.ac.uk/www/french/19/arcole.htm

Je n’ai pu y trouver des extraits (ou alors j’ai mal compris l’annonce originale) – mais seulement un texte parlant de l’opération.

Selon ce que j’en ai compris, les textes seront présentés en mode « image ». À mon avis, cela en rendra l’accès difficile, voire impossible, en réseau distant, vu ses lenteurs (et la taille requise d’une image pour la rendre lisible). Notre parti pris (à notre petite échelle) est non seulement de numériser les textes, mais de les transformer en HTML, ce qui permet, entre autre :

  • d’en réduire sensiblement la taille (par rapport à la version image),
  • de permettre à l’utilisateur d’en gérer la visualisation,
  • et surtout d’y offrir une recherche en texte intégral.

Pour des textes anciens/classiques, il est évidemment intéressant de pouvoir avoir accès à un fac-similé, mais l’exploitation (lecture) d’images est rarement facile.

Publié à l’origine dans Biblio-FR.

21 août 1996

Contre la banalisation du mal

Classé dans : Sciences, techniques, Société — Miklos @ 0:01

Je ne me suis pas réjoui, contrairement à d’aucuns parmi lesquels on trouve aussi bien les négationnistes les plus virulents de l’extrême droite que certains défenseurs inconditionnels de la liberté d’expression sur l’Internet et opposés à toute censure (que je ne suspecte nullement de racisme), de la décision du tribunal suite à la plainte de l’uejf1, ni n’ai appris « avec beaucoup de satisfaction la décision [du] Conseil Constitutionnel sur la loi de réglementation des télécommunications »2. En effet, ces décisions laissent le champ encore plus libre aux dérives négationnistes, néo-nazies, antisémites et racistes sur l’Internet.

L’utilisation de l’Internet par des extrémistes n’est pas récente: on pouvait lire, dans le début des années 80, des textes anti-Noirs et antisémites écrits par une poignée d’individus dans les news (forums publics de discussion). Quelques années plus tard, une organisation négationniste américaine diffuse ses textes sur l’Internet. Puis, avec le développement de http3, apparaissent des serveurs WWW néo-nazis, anti-Noirs, anti-avortement ou anti-gouvernement, installés par des individus et des groupuscules extrémistes.

Enfin, depuis un an environ, des forums généralistes de news francophones sont touchés par ce phénomène, soit à partir de l’étranger (Belgique et Canada notamment) à découvert et explicitement, soit de France, souvent anonymement (car la loi Gayssot réprime ce genre de discours) : textes négationnistes (parfois la traduction pure et simple de textes des organisations américaines), anti-islam, anti-immigration, anti-gay, promouvant la discrimination soft ou hard. Ceux qui ne peuvent ou n’osent s’exprimer de cette façon le font sur des listes de diffusion privées, par irc4 ou par http, domiciliés à l’étranger et disponibles en France.

Ils arrivent sur l’Internet français accompagnés de sectes (Moon, Rael, Scientologie), de partis ou mouvements politiques extrémistes (LaRouche avec son arsenal de propagande), violents (skins français, camp d’entraînement paramilitaire…), utilisant l’Internet comme (seul) moyen pour « s’exprimer » publiquement sans réserve aucune, au mépris des lois du pays et des modes de comportement précédemment établis sur l’Internet.

Ce phénomène encore marginal est-il un des devenirs de l’Internet ? D’un forum savant vers un outil grand public, ludique et commercial, ignorant ou défiant les lois des pays qu’il traverse ; un défouloir pour particuliers ; un outil incontrôlé pour ceux qui s’en servent pour transgresser, utilisant les tactiques de l’extrême droite – banaliser discours et action : la première fois (Carpentras) tout le monde est choqué, et puis cela devient une habitude, voire une norme. Il y a des seuils que l’on ne franchit que dans un sens…

On se dit impuissant devant ces dérives : mondialisation, raisons techniques et financières… On dit qu’il faut éduquer et que l’auto-régulation fera le reste, et on invoque liberté d’expression et démocratie – argumentation américano-libertaire de choc. Or, ça ne marche pas – d’où la nécessité de structures impartiales assurant un fonctionnement commun avec un minimum de dérives, dans le but de protéger l’individu et ses libertés et d’assurer le maintien d’un « contrat social », rôles que la Netiquette5 tant vantée ne remplit pas (Netiquette ≠ éthique…) et que la loi du marché vise à abolir (moins de limites = plus de trafic).

Ceci nécessite la mise en place de moyens techniques et humains certainement coûteux (ce qui n’est pas dans l’intérêt des opérateurs, qui veulent préserver l’illusion d’un Internet « presque gratuit ») – imaginerait-on de développer des avions sans investir dans la protection des voyageurs ? Mais bien plus, afin d’assurer que le comportement sur l’Internet respecte l’individu et la société, il faut une prise de conscience et une responsabilisation (et, à défaut, l’application des lois) :

  • des utilisateurs, responsables (et donc identifiables) de leurs écrits publics ;
  • des « sites émetteurs » (organismes privés ou publics et fournisseurs d’accès à l’Internet, là où l’utilisateur a son compte, d’où partent les articles et/où sont hébergés les pages www), qui doivent éduquer et informer leurs utilisateurs ; vérifier (sélectivement ; on ne met pas un policier à chaque feu rouge) ; corriger (annulation d’articles, fermeture de serveurs, de comptes…) ;
  • des « transmetteurs » (relais de news, opérateurs de télécom…) : opérant, s’il est nécessaire, des filtrages (sur groupes, utilisateurs, sites, etc.)

On ne pourra éviter toutes les dérives (il ne s’agit pas d’empêcher les débats) – ni sur l’Internet ni ailleurs (les lois de circulation n’ont pas empêché les chauffards d’écraser des passants) – il faut toutefois les limiter, ici et maintenant. L’enjeu en est la survie d’un Internet utile.

Publié à l’origine in Planète Internet (septembre 1996).


1 L’uejf (Union des étudiants juifs de France) avait porté plainte en mars 1996, pour incitation à la haine raciale, à l’encontre de neuf fournisseurs d’accès à l’Internet, afin de leur enjoindre d’empêcher toute connexion aux messages racistes auxquels les clients pouvaient accéder par leur biais. Le juge avait rejeté la demande, trop imprécise. Toutefois, l’ordonnance prend acte de certaines déclarations des fournisseurs : les Sociétés concernées s’engagent « à développer leurs meilleurs efforts » pour faire cesser les agissements illicites de leurs abonnés ou annonceurs, voire même à rompre leur contrat. Mais elles considèrent que leur responsabilité éventuelle devrait « être limitée aux seules pages Web et forums de discussion dont elles sont les concepteurs, les animateurs, ou qu’elles hébergent volontairement ». La responsabilité ne pouvant peser que sur l’auteur des informations et non sur le contrôleur : « Un contrôle systématique des informations disponibles sur le réseau est tout à fait exclu ». (TGI Paris, Référé, 12 Juin 1996, UEJF/Calvacom). (Note d’octobre 2005).
2 Le Conseil constitutionnel a déclaré invalides deux articles votés le 18 juin 1996 dans la loi de réglementation des télécommunications (l’amendement Fillon), qui visait à conférer à un comité supérieur de la télématique le rôle de surveiller le réseau Internet. (Décis. n° 96-378 DC, Cons. Constit., 23 juillet 1996 ; JO 27 juillet 1996, p. 11400). (Note d’octobre 2005)
3Protocole sous-jacent à l’utilisation du Web. (Note d’octobre 2005)
4Internet Relay Chat, protocole permettant de dialoguer en temps réel (clavardage, ou chat, en anglais) sur l’Internet. (Note d’octobre 2005)
5Règles consensuelles de comportement sur l’Internet. (Note d’octobre 2005)

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