Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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14 juin 1996

Nouvelle médiathèque de l’Ircam et portes ouvertes

Classé dans : Livre, Musique, Sciences, techniques — Miklos @ 15:27

L’Ircam a inauguré hier la nouvelle aile (reprise d’anciens bâtiments), dans laquelle se trouve le département de pédagogie et la médiathèque.

Celle-ci héberge un fonds de 15.000 livres et 8.000 partitions, ainsi qu’un fonds multimédia comprenant les archives de 20 années de concerts Ircam/Ensemble Intercontemporain, des CD audio, des vidéos et des CD-Rom, ainsi que près de 1000 dossiers biographiques et musicologiques sur un choix de compositeurs contemporains et leurs oeuvres, des articles tirés des revues et livres de l’Ircam, des publications scientifiques, etc.

Le catalogue des fonds, ainsi que le fonds multimédia lui-même sont accessibles en réseau : le visiteur n’a pas à charger manuellement un CD dans un lecteur de CD ou une bande dans un magnétoscope, tout se fait à partir de l’écran du poste de consultation, équipé d’un casque d’écoute.

Toutefois, pour des raisons de propriété intellectuelle, les contenus des fonds ne sont pas accessibles hors murs (exception faite des articles de Résonance, la revue gratuite de l’Ircam). L’accès en réseau des catalogues et de la revue : http://varese.ircam.fr.

Des portes ouvertes se tiendront samedi 15 et dimanche 16 juin de 14h à 21h : tout l’Ircam sera accessible, et y seront donnés concerts, présentations et conférences (gratuites).

Vous y êtes cordialement invités.

Ircam
1 place Igor Stravinsky
75004 Paris
M° : Châtelet, Hôtel de Ville, Rambuteau

Michel Fingerhut
Chef du projet médiathèque

[Texte publié à l’origine dans la liste de diffusion Biblio-FR à cette date.]

7 février 1995

Les faux et vrais serveurs du Vatican, ou : vérifiez vos sources

Classé dans : Livre, Sciences, techniques — Miklos @ 12:17

Prof. Luc Borot écrit :

Le Vatican s’est créé un serveur, baptisé (c’est le moment de le dire) christusrex, où l’on peut visiter les Raphaels du Vatican et la Sixtine.

Ce genre d’affirmations, que l’on voit de plus en plus souvent dans les forums de discussions publics, et ayant surtout trait aux services WWW, montrent une confusion totale entre l’objet et sa représentation, parfois sciemment encouragée par l’ambiguïté des noms portés par ces serveurs, (mais non dans le cas de Christus Rex, qui n’utilise pas le nom du Vatican dans son en-tête et explique bien qui il est, lui), et qui met donc en cause une certaine responsabilité (artistique dans ce cas) de l’organisme supposé être l’auteur (direct ou non) de ces serveurs (et explique leur désir d’éliminer toute confusion possible).

Elle me rappelle aussi une autre affirmation lors d’une émission à la télévision à propos de l’Internet, où l’on montrait quelques reproductions de documents du Vatican, accompagnés du commentaire « nous sommes au Vatican » (ou quelque phrase dans le genre qui laissait à penser que c’était un serveur du Vatican, au Vatican).

Eh bien, ni dans un cas ni dans l’autre ce n’est vrai, et je suis étonné que des personnes ayant des titres universitaires, faisant donc de la recherche, ne vérifient pas mieux leurs sources, et participent à cette confusion, nuisible à mon avis, pour des raisons évidentes.

Dans le premier cas, c’est un serveur de

Christus Rex, Inc. (NET-CHRISTUSREX)
121 Roundhill Court
Vallejo, CA 94591
USA

CHRISTUS REX is a a private, non-profit organization dedicated to the dissemination of information on works of art preserved in churches, cathedrals and monasteries all over the world. We intend to assemble a collection of images that will constitute a visual representation of the Bible, ad maiorem gloriam Dei! (for the greater glory of God!)

et la personne qui a fait ce serveur :

Michael Olteanu received an M.S. in Computer Engineering in 1970 and has been designing and engineering data networks for 25 years. He is a lay member of Movimento Sacerdotale Mariano – The Marian Movement of Priests.

Alors, à moins que cette association soit une branche secrète du Vatican aux USA…

Dans l’autre cas, il s’agissait du catalogue (fort bien fait) d’une exposition qui s’était tenue à la Library of Congress, et qui comprenait quelque 200 documents. C’était écrit dans le corps même de cette présentation, mais le fait que l’on continue a dire que « c’est un serveur du Vatican » ou que « c’est le Vatican », montre que ces mises au point ne servent à rien. Le serveur sur lequel se trouve ce catalogue est aux USA et ne dépend pas, lui non plus, du Vatican.

Un seul serveur, à ma connaissance, est fait avec la collaboration de l’Université Grégorienne à Rome, par Xerox (et Ernst & Young) pour l’automatisation et la numérisation des bibliothèques pontificales.

Il vaut la peine d’être consulté par toute personne intéressée par les technologies de l’information dans les bibliothèques même s’il ne comprend encore que 3 œuvres donc une de Cicéron (mais 688 pages, 138 pages et 202 pages de fac-similés), car il s’agit d’un projet de « documents à la demande », dans une base de données en réseau, et à la base des bibliothèques du futur.

C’est là qu’apparaît l’importance de bien distinguer qui fait quoi, quelles ressources sont mises derrière, ce qui est fiable, sérieux, riche, fait pour le long terme.


[Publié à l’origine dans Biblio-FR. Voir, à ce sujet, Le Titre d’un livre n’est pas le livre]

27 octobre 1994

L’Internet à La Marche du Siècle, ou le virtuel du virtuel

Classé dans : Progrès, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 18:18

Les démonstrations des capacités du réseau Internet lors de l’émission La Marche du Siècle sur FR3 avaient de quoi laisser tout le monde pantois, mais pour des raisons pour le moins différentes. Pour ma part, je trouve qu’elles illustrent de façon frappante le propos de Michel Serres sur le virtuel se substituant au vrai : la plupart (toutes ?) les images montrées à l’écran des ordinateurs sur le plateau, s’affichant instantanément, étaient en fait préenregistrées et ne provenaient pas, du moins au moment de l’émission, de divers serveurs situés États-Unis. La fameuse souris était placée sur le bouton back, permettant de réafficher à l’écran des images précédemment récupérées aux États-Unis (ou ailleurs). Ce n’était que du playback.

La rapidité même de leur affichage aurait pu donner le sentiment que l’Internet est vraiment aussi rapide que le suggère l’expression « autoroute de l’Information ». Mais si autoroute il y a, c’est plutôt le périphérique aux heures de pointe, et les liaisons a 5.000 Frs/mois, mentionnées dans l’émission, ne donnent pas un accès direct a cette autoroute, mais à peine a une nationale menant vers l’autoroute. À ce prix, il faut attendre très longtemps entre le moment où l’on demande la récupération d’une vidéo et le moment où elle s’affiche à l’écran.1

D’autres virtualités dans la présentation : « La Bibliothèque du Vatican » n’est pas au Vatican, ni même une représentation de cette bibliothèque (dans sa totalité) : il s’agit d’une exposition qui s’était tenue en 1993 à la Library of Congress (la BN américaine) sur quelque 200 documents du Vatican… L’ordinateur (américain) présente une sorte de catalogue informatisé (très bien fait) de cette exposition. Cette confusion entre le réel et sa reproduction (très partielle, aussi bien en qualité qu’en quantité) fait penser plutôt à Disney World (ou au Ceci n’est pas une pipe de Magritte) .2

« Les Manuscrits de la Mer Morte », autre exposition à la Library of Congress : elle comprenait quelque 100 objets retrouvés à Qumran, ainsi que des livres et des illustrations. Le catalogue informatisé offre des images de 12 manuscrits et de 29 objets (avec des textes informatifs). Le temps réellement nécessaire à la « récupération » d’une image (le manuscrit du sacrifice du Shabbat), sur une liaison « à 5.000 Frs », a été, lors d’un essai, de l’ordre de trois minutes. Ce qui est, pour un travail interactif, lent : que faire en attendant l’image ? Ce délai devient rédhibitoire pour une démonstration, d’où la nécessite de préenregistrer les images.

Quant à la Library of Congress, c’est son catalogue qui est accessible par réseau – outil extrêmement important pour la recherche, par ailleurs – mais non pas les millions de livres qui s’y trouvent. À ce propos, les problèmes de droits d’auteur (de textes, d’image et de son) liés à la mise à disponibilité de matériau numérisé (et donc réutilisable sur ordinateur, sur disque, sur CD) au travers d’un réseau tel que l’Internet (des millions de lecteurs potentiels) sont loin d’être résolus.

Contrairement à ce qui aurait pu être compris des propos tenus lors de l’émission, la France n’est pas totalement absente de ce paysage si américain d’apparence3 : on aurait pu mentionner, par exemple, l’Institut Pasteur ou le Généthon ; les multiples universités françaises ou le Cnam (Conservatoire national des arts et métiers) ; l’Inria (l’Institut national de recherche en informatique et en automatique) et les unités du CNRS ; et l’Ircam (Institut de recherche et coordination en acoustique/musique)… tous offrant une panoplie d’informations utilisables par novices ou chercheurs dans leurs domaines de compétence.

Quant aux réseaux d’échange de compétence et de solidarité, on aurait pu les montrer, car ils existent sur l’Internet : outils informatiques et documents de vulgarisation, d’information, d’explication, sur une panoplie de thèmes aussi bien techniques et scientifiques que littéraires, musicaux ou sportifs, composés par des volontaires experts dans ces domaines et disponibles librement ; groupes de discussion, serveurs et bases de données specialisés dans des domaines médicaux (et notamment le Sida) ; etc. Et même l’Institut (français) de recherche pluridisciplinaire sur les environnements d’apprentissage et de communication de savoirs.

J’espère que l’Internet ne remplacera pas les livres, il déplacera peut-être les encyclopédies, en présentant le savoir réactualisé en permanence. Mais si Ullman a raison (ce que je ne souhaite pas), les « communautés virtuelles »4 remplaceront la Cité : on se verra et parlera par écran interposé, se touchera par robots manipulés de loin ; le « télémarketing » (la télémercatique ?) y sera roi : on ne touchera plus un fruit avant de l’acheter, on le commandera sur catalogue informatisé. Peut-être un jour l’odeur sera aussi à ce catalogue. De là à fournir une pilule qui ait le goût, l’odeur et les vitamines du fruit…


1 Une video de 10 secondes, d’une taille d’un quart d’écran de PC, comprend environ 23 mégabits (si elle n’est pas compressée). Une liaison Internet à 64 kilobits/seconde permet donc de la récupérer au mieux en 6 minutes. Ce temps peut passer au double ou au triple selon l’encombrement sur les réseaux, leur disponibilité (qui n’est pas garantie), etc.
2 Il est fort dommage de ne pas avoir eu dans l’émission l’opinion de Paul Virilio, très critique de ces phénomènes d’abolition du temps et de l’espace…
3 À tel point que certaines communications franco-françaises sur l’Internet, au sein d’une même ville, doivent passer par les USA… Le 22 à Asnières derechef.
4 On en voit quelques-unes sur l’Internet, mais elles sont marginales.

10 août 1994

Le 22 Asnières derechef en réseaux

Classé dans : Actualité, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 12:00

Pour aller de l’Ircam (Paris) au Ministère de la Culture et de la Francophonie (Région Parisienne) on passe par les USA et les Pays Bas… Je ne comprends toujours pas pourquoi ft.net (ft = France Telecom) ne peut communiquer avec une autre Administration francaise qu’en passant par l’étranger! En d’autres termes, pourquoi les routages entre les divers serveurs de connexion Internet en France ne se font-ils pas en France?

traceroute to cyr.culture.fr (143.126.201.251), 30 hops max, 40 byte packets
 1  ircam-gw1.ircam.fr (129.102.0.32)  20 ms  10 ms  10 ms
 2  some-gw.cnam.fr (192.70.24.5)  180 ms  140 ms  120 ms
 3  renater-gw.cnam.fr (192.33.159.1)  130 ms  120 ms  120 ms
 4  danton1.rerif.ft.net (193.48.58.113)  120 ms  140 ms  130 ms
 5  stlamb3.rerif.ft.net (193.48.53.49)  150 ms  150 ms  140 ms
 6  192.93.43.115 (192.93.43.115)  130 ms  130 ms  130 ms
 7  192.93.43.17 (192.93.43.17)  130 ms  130 ms  140 ms
 8  192.93.43.121 (192.93.43.121)  230 ms  210 ms  240 ms
 9  Paris-EBS2.Ebone.NET (192.121.156.226)  160 ms  180 ms  140 ms
10  icm-dc-1-S2/4-1984k.icp.net (192.157.65.129)  400 ms  250 ms *
11  Falls-Church1.VA.Alter.Net (192.41.177.249)  280 ms  260 ms  260 ms
12  Falls-Church1.VA.ALTER.NET (137.39.8.2)  250 ms  290 ms *
13  * Amsterdam2.NL.EU.net (134.222.5.1)  380 ms  310 ms
14  Amsterdam1.NL.EU.net (193.242.84.1)  380 ms  460 ms  410 ms
15  Etoile.FR.EU.net (134.222.30.2)  470 ms  360 ms  410 ms
16  Rocquencourt.FR.EU.net (193.107.192.18)  270 ms  710 ms  270 ms
17  143.126.200.203 (143.126.200.203)  360 ms *  360 ms
18  cyr.culture.fr (143.126.201.251)  370 ms  370 ms  530 ms

PS: Bravo, enfin quelques noms dans le DNS pour France-Telecom! Un nouveau domaine s’y trouve:

France Telecom (FT-DOM)
   DRN/DPS
   CPRI St Amand
   CSC Transrel
   9, rue de NANTEUIL
   75731 PARIS  Cedex 15
   France

   Domain Name: FT.NET

   Administrative Contact:
      Gava, Bruno  (BG68)  c...@CEDRE.FRANCE-TELECOM.FR
      33 1 40 45 56 26
   Technical Contact, Zone Contact:
      Chaillot, Christophe  (CC102)  chai...@CEDRE.FRANCE-TELECOM.FR
      33 1 40 45 53 34

   Record last updated on 08-Aug-94.

   Domain servers in listed order:

   TARZAN.FT.NET                193.48.69.3
   JANE.FT.NET                  193.54.137.9

(Publié à l’origine dans le groupe Usenet fnet.general)

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