Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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22 février 2005

À propos de la fusion des archives nationales du Canada et de la Bibliothèque nationale du Canada en 2004

Classé dans : Livre, Sciences, techniques — Miklos @ 16:15

J’ai retrouvé récemment – pas plus tard que ce weekend – un texte que j’avais envoyé à biblio-fr en 1999, et dans lequel j’écrivais :

[...] avec ces nouvelles technologies, qui permettent de mettre à disposition du public des archives numérisées, la distinction devient plus floue (entre « bibliothèque numérique » et « archives numériques »). [...] Sur la question des contenus, il faudrait parler alors non seulement des fonds mais des « archives » (mémoire, richesse patrimoniale), et se demander si un des apports intéressants des nouvelles technologies ne serait pas celui qui mènerait vers une plus grande convergence entre ces deux concepts [...] Seule cette convergence peut faire de cette mémoire une mémoire active, la rendant accessible et mise dans le contexte avec la création intellectuelle permanente.

Je ne peux me retenir de citer ici une des réactions que ce texte avait entraînée :

La notion de fonds est différente dans les archives et dans les bibliothèques et il n’y a pas lieu de les rapprocher, encore moins de les confondre. [...] Les archives sont d’abords établies pour des raisons d’authenticité, de preuve, de fonctionnement. Ce n’est pas l’archiviste qui les constitue : s’il le faisait celà, il serait un véritable faussaire : il fabriquerait des preuves, tout simplement. En celà, les métiers d’archivistes et de bibliothécaires sont irréductiblement opposés. [...] On n’est pas dans « Fondation » ou la confusion est partout présente au fil de chaque tome.

L’annonce venant du Canada marque bien l’évolution pragmatique d’une vision rigoriste (et idéaliste), et de la mutation des techniques, voire des métiers, qui permettent de dépasser une compartimentalisation parfois extrême, dont bien de bibliothèques font encore les frais (pour des raisons historiquement compréhensibles mais qui demandent à être revues) ; ainsi, faut-il classer enregistrements sonores et partitions musicales en des lieux distincts, qui empêchent l’écoute des uns en lisant les autres ? Et ne serait-il pas plus utile, pour le chercheur comme pour le lecteur, de réunir les archives d’un compositeur – les traces de sa vie – avec les traces de sa création ? Ce ne sont que des exemples, et bien d’autres domaines bénéficieraient de tels rapprochements, virtuels s’il le faut – et les archives ne se limitent pas à l’écrit, quid des archives sonores ?

[publié à l'origine dans Biblio-FR à la suite d’un article qui rapportait cette fusion]

30 janvier 2005

[Traçabilité]

Classé dans : Progrès, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 20:05

Dès qu’il y a connexion, il y a possibilité de traçabilité entre le poste qui se connecte et le serveur, en interne comme en externe (via des logs TCP/IP, des logs de cache, etc., pour ceux qui connaissent la techique). Le numéro IP (qui apparaît aussi dans les mails) permet de remonter souvent à l’auteur…

Pour ceux qui étudient l’évolution de la technique (et plus généralement de systèmes formels), ce qui arrive est inévitable : le développement du numérique et de la massification imposent une traçabilité accrue, et à la clé l’identification de l’individu, comme mode de contrôle de « la machine » et de ses rouages. C’est aberrant quand on pense qu’il y a 60 ans on tatouait déjà des individus…

(Texte publié originalement dans un forum et recopié ici verbatim sans les commentaires outrés qu’il a suscités).

19 novembre 2004

Ce livre s’autodetruira en 2 jours…

Classé dans : Livre, Sciences, techniques — Miklos @ 21:34

Dans un article de mai 2000 (« La numérithèque entre réalités et fantasmes », Livres Hebdo n° 381), j’écrivais, à propos des livres électroniques du futur : « Les éditeurs, profitant de cette manne, proposeront alors ces cartes à durée déterminée, à lire dans la semaine ou le mois suivant l’achat, leur contenu s’effaçant ce délai passé. »

On s’en rapproche. Le film « Noel », qui n’avait pas attiré l’intérêt des distributeurs au Festival du film de Toronto cette année malgré la présence de stars du moment (Susan Sarandon, Penelope Cruz, Robin Williams), sera vendu par Amazon à un prix assez bas (4,99$) sur des DVD jetables (format EZ-D, produit par Flexplay) : une fois exposés à l’air après ouverture de l’emballage, il reste 48 heures pour les consulter ; passé ce laps de temps, ils noircissent et deviennent illisibles.

Cette invention date de 2003, mais jusqu’ici elle n’avait pas eu un impact réel. Elle commence toutefois à attirer l’attention – une société européenne (alliance franco-helvético-allemande, semble-t-il) a annoncé cette année un autre format de DVD jettable – le DVD-D.

Question impact, cette technologie en aura certainement un – écologique.

[Publié à l’origine dans Biblio-FR. Voir aussi l’article très semblable publié plus d’un an auparavant sur le même sujet.]

28 septembre 2004

Wikipedia

Classé dans : Livre, Sciences, techniques — Miklos @ 14:27

La question non pas du volume de Wikipedia (qui est un hommage à l’infrastructure technique et à sa popularité) mais à la valeur scientifique de ses contenus (en tant qu’encyclopédie, de référence) est abordée de façon pertinente ici.

Un parallèle est aussi établi avec le développement collaboratif de Linux et ses incidences.

[Publié à l'origine dans Biblio-FR]

20 juillet 2004

What if…?

Classé dans : Environnement, Progrès, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 12:21

Odilon Redon, L’Araignée qui pleure (1881). Fusain, Pays-Bas, collection particulière.

Avec des What if…1 on referait le monde, lui qui se défait à nos yeux, que nous défaisons de nos mains…

– Et si l’électricité venait à disparaître ?

– Et si le culte de l’information se matérialiserait par l’établissement du Ministère de la Vérité (Orwell, 1984) ?

– Et si le novlang d’Orwell serait le pidgin-English de l’Internet ?

– Et si « le » réseau prenait le dessus et que nous devenions (serions devenus) des neurones d’un monstre cybernétique, comme le souhaitait Pierre Levy avec délectation ? (À ce propos, le livre récent de Céline Lafontaine : L’empire cybernétique : des machines à penser à la pensée machine)

– Et si les toiles que l’homme s’évertue à tisser autour de lui – financière, technique – allaient finalement l’étouffer, après qu’il se soit métamorphosé, tel que le décrivait Kafka, en une araignée géante et impuissante ?

Mais on peut rêver :

– Et si l’homme privilégiait le rapport à l’autre à la communication avec tout le monde ?

– Et si l’homme privilégiait le savoir à l’information ?

– Et si l’homme privilégiait le bien-être social au progrès technologique ?

J’ai trop lu Ellul, Anders et les autres…


1Réponses à l’appel à contributions Global Information Village Plaza 3, ASIS&T.

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