En 1952, Charlie Chaplin se fait tirer le portrait par Richard Avedon. Quelques heures plus tard, il quitte les États-Unis pour assister à la première des Feux de la rampe à Londres. Edgar Hoover en profite pour faire révoquer son visa : on était en plein maccarthisme et Chaplin en est l’une de ses nombreuses cibles autant pour ses opinions de gauche (anathème aux US) que pour certaines de ses attirances (qui ne sont pas sans rappeler celles de Polanski). Charlot ira donc s’installer définitivement à Vevey, non loin d’Évian (Polanski, lui, vit à Gstaad).
Il ne remet les pieds aux Etats-Unis que vingt ans plus tard, et y est reçu de façon spectaculaire. Au Lincoln Center de New-York, par exemple, une réception est organisée en son honneur, à laquelle assiste la jet set de l’époque : Ethel Kennedy (veuve de Robert F. Kennedy), Paul Newman (mister ice-blue eyes), Gloria Vanderbilt (dans le rayon blue, vous connaissez sans doute ses blue jeans), Oona O’Neill (fille du poète Eugene O’Neill et quatrième et dernière femme de Charlie Chaplin), Candice Bergen (épouse de Louis Malle, et la Catherine Deneuve américaine – bien plus belle et sympathique à notre avis que notre ice cold actrice), Norman Mailer (qui n’en était alors qu’à la première de ses six femmes, un record se rapprochant de celui de Barbe Bleue, curieux comme cette couleur baigne cette soirée), Leopold Stokowski (il n’a alors que 70 ans, il continuera à diriger jusqu’à l’âge de 95 ans), Otto Preminger (qu’on avait vu tourner une scène de Rosebud – on se demande si on n’y figure pas d’ailleurs –, quel sale caractère… !), Paulette Goddard (qui avait été précédemment mariée à Chaplin, c’était la n° 3)… et on en passe.
Richard Avedon en est. Après coup, la pose de Charlie Chaplin dans cette photo de 1952 est une sorte de pied-de-nez qu’il fait à l’Amérique. L’année de son retour, 1972, est aussi celle du succès de Bye bye, Miss American Pie de Don McLean, chanson élégiaque et mystérieuse qui marque la fin d’une époque et qui n’a cessé d’interpeller ceux qui l’ont entendue, puis écoutée.
Les amateurs du genre auront reconnu le titre d’un single de 1984 des Misfits, groupe américain de rock et inventeur du genre si bien nommé horror punk. La chanson éponyme, reprise par Metallica (groupe de la mouvance heavy metal ou tout simplement metal) en 1998, reprend elle-même le titre américain d’un film d’horreur britannique, Fanatic, sorti en 1965.
La belle Tallulah Bankhead, bien plus prolifique au théâtre qu’à l’écran (c’était son premier film après un hiatus de douze années) et notoirement connue pour ses frasques, y tient le rôle d’une mère ayant sombré dans la folie et dans le fanatisme religieux et qui essaie d’assassiner l’ex fiancée de son fils, mort dans un accident de voiture : la jeune femme (un peu bête de sa part, non ?) venait de lui apprendre qu’elle n’avait pas eu l’intention d’épouser son fils et qu’en fait il s’était suicidé. La mère n’arrivera qu’à poignarder son propre domestique et finira elle-même un couteau dans le dos. C’était la grande époque des films d’horreur à héroïnes féminines complètement chtarbées, qui avait démarré en grande pompe avec Joan Crawford et Bette Davis dans Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?
Si le réalisateur de Die, Die, My Darling (Donald Sutherland, à ses débuts, y joue un rôle mineur, celui d’un jardinier fou) – Silvio Narizzano – n’est pas particulièrement connu –, on doit le script au célèbre et très prolifique scénariste et auteur de romans et de nouvelles de science fiction, de fantaisie et d’horreur Richard Matheson. Il a adapté ici Nightmare, une nouvelle d’Anne Blaisdell (un des pseudonymes d’Elizabeth Linington), elle-même auteur de polars.
On trouvera ici une intéressante analyse du film (en anglais) à l’occasion de sa sortie en DVD.
C’est le titre d’un documentaire sur Alice Herz-Sommer, réalisé par alcolm Clarke, qui ne peut laisser indifférent. Née en 1903 à Prague, elle y devient pianiste. En 1943, elle est déportée avec son fils Rafael à Terezín (où son frère, le violoniste Pavel Herz, sera déporté plus tard, tandis que son mari, Leo Sommer, violoniste lui aussi, mourra à Dachau peu avant la fin de la guerre). Ses parents avaient, eux, été déportés plus tôt. “Sometimes it happens that I am thankful to have been there. Because this gave me a… I am richer than other people. My reaction on life is quite another one. All the complaints, ‘This is terrible!’, it’s not so terrible.” Elle dit aussi : “I never hate and I will never hate, dit-elle. Hatred brings only hatred!”
Pas si terrible que ça ? Effectivement : la ville-forteresse de Terezín, transformée en camp-ghetto modèle pour les besoins de la propagande nazie à l’intention du monde libre, était bien moins pire que les destinations finales des quelque 90 000 de ses malheureux internés : Auschwitz, Treblinka, Sobibor… Ce n’était qu’une façade superficielle, qu’un décor du sinistre spectacle que la Croix rouge a gobé si volontiers : banque, magasins, café, jardins d’enfants, plates-bandes fleuries… Tout était faux, jusqu’aux robinets des bains publics, accrochés aux murs sans aucune tuyauterie derrière. Il aurait suffi d’essayer d’en ouvrir un pour le constater.
Elle y donnera plus d’une centaine de concerts et de récitals : Beethoven (un de ses compositeurs favoris), Chopin, Schumann, Brahms, Smetana, Debussy… “Beethoven: he is a miracle. His music is not only melody, what is inside! How it is filled, how it is full, it is intensive!”
Son intérêt pour la musique contemporaine de son époque – Viktor Ullmann (lui-même emprisonné à Terezín, où il composera entre autres l’opéra L’Empereur de l’Atlantide, et sera ensuite transféré puis gazé à Auschwitz), mais aussi par exemple celle de Pavel Haas, élève de Leoš Janácek, et lui-même déporté en 1941 à Terezín (où une de ses œuvres fut créée sous la direction de Karel Ancerl) puis assassiné à Auschwitz – lui venait entre autres l’un de ses maîtres, Eduard Steuermann, qui avait été élève de Schoenberg. Rafael, le jeune fils d’Alice (qui survivra, lui aussi), chantera dans l’opéra pour enfants Brundibár de Hans Krása, qui finira lui aussi assassiné en 1944. “I felt that this is the only thing which helps me to have hope, it is sort of religion actually. Music is… music is God. In difficult times you feel it especially, in suffering.”
Le 7 février 1945, elle y donne un récital consacré entièrement à des œuvres de Chopin. Un critique musical anonyme, qui s’attendait à rentrer chez lui à Munich sous peu, écrit :
The art-loving Theresienstadt stood last night, February 1945, under the sign of a great Chopin-evening by Mrs. Herz Sommer. I have heard Raoul Koschalski, student of [Anton] Rubinstein, whose Master was Chopin himself, and still I dare to make a comparison. When France calls her great tragedienne, Sarah Bernhardt, the “Divine Sarah”, why shouldn’t we call the great interpreter of Chopin, Mrs. Herz Sommer, Chopin’s “Divine Mirror.” Obiously, one speaks of heavy and delicate ways of playing Chopin’s works; however, these two types so intertwined in one person have never reached my inner ear in the manner of the powerful interpretation by Mrs. Herz Sommer. (…)
The unusual large format of her playing, which grabs powerfully the soul of the listener, lies, first of all, in the diction of her musical language, which rouses every soul and thrusts upon it her own individual understanding. Her wonderful playing pulls out the registers of melancholy, passion, and powerful happening like the captivating charm of the French temperament, precisely those qualities which are embodied most significantly in the ailing nature of the composer.
Cité par Joža Karas, Music in Terezín 1941-1945. Pendragon Press, 1990.
“It was moral support, it was not entertainment, as most people think that we were having fun, it had much bigger value”, dit une de ses amies violoncelliste et compagne d’infortune.
Elle joue chaque jour au piano, matin et après-midi, dans son petit appartement au nord de Londres. Il arrive que des gens s’arrêtent dans la rue, sous ses fenêtres, pour l’écouter. “My world is music. I am not interested in anything else.”
Mais elle ajoute : “I love people, I love everyone. I love people! I love to speak with them, I am interested in the life of other people.” Elle est entourée d’amis fidèles qui s’intéressent à sa vie à elle, si intense, si remplie, si pleine – pour reprendre les qualificatifs qu’elle attribue à Beethoven et l’on comprend alors la profonde affinité qu’elle ressent avec sa musique – “Phenomenal!”
Elle a un visage lumineux. Elle rayonne. Elle rit. “I was always laughing, even there I was laughing.” Puis : “I was born with a very, very good optimism. This helps you. When you are an optimist, when you are not complaining, when you look at the good side of our life, everybody loves you.”
Elle a 106 ans. “Only when we are so old, only, we are aware of the beauty of life.”
Ce documentaire sera achevé l’année prochaine. Entre temps, on peut lire avec intérêt un entretien qu’Alice Herz-Sommer avait accordé il y a quatre ans au Guardian, où l’on en apprendra un peu plus sur sa jeunesse et sur sa vie après la guerre.
Le 25 février 2014. – On vient d’apprendre le décès d’Alice Herz-Sommer à Londres, le 23 février 2014. Elle était âgée de 110 ans.
Prendre l’avion était une aventure et un luxe que seuls les nantis pouvaient s’offrir ; il en allait aussi d’ailleurs du saumon fumé, des robes de grands couturiers ou des meubles de design. Puis apparurent les low-cost (dans les années 1970), les grandes surfaces, le prêt-à-porter et Ikea : tout le monde peut dorénavant paraître aussi bien transporté, nourri, habillé et logé que ceux qui illustrent les pages glacées des magazines qui font rêver (et vendre). Mais y gagne-t-on vraiment, tous comptes faits ?
Fascinating Aïda est un trio de chansonnières very English :humour décalé, dent aiguisée, langue épicée, le tout interprété avec une classe digne de Buckingham. Jugez-en : dans leur récent spectacle, les trois gentilles sorcières dont la solide formation musicale classique est mise à profit d’une façon qui ne décevrait pas les grands de l’opérette qu’étaient Gilbert et Sullivan (les Offenbach anglais) s’en prennent aux vols dégriffés : ceux-ci, comme on l’a tous sans doute vécu, s’avèrent parfois être un gouffre financier pour les gogos qui, par la pub alléchés, leur tendent leur carte de crédit (en d’autres mots, ils méritent bien leurs dénominations de « vol » et de « coups bas »). Quant à partir et arriver à l’heure, voire à la bonne destination (non, pas au Paradis, pas encore), c’est un coup de poker souvent menteur.
Le texte (retranscrit sous la vidéo), émaillé d’expressions (très) couleur locale collant parfaitement au rythme endiablé de la musique façon irlandaise (la soliste, Dillie Keane, est originaire de Dublin et son accent en témoigne joliment), est intraduisible sans en altérer la saveur ou le surcharger d’explications oiseuses, on se contentera d’en donner l’idée générale.
We received an invitation in the post one Monday morn’
To attend our cousins wedding in the town where we were born
The do was back in Kerry; so wishing to be frugal
We trawled the ‘net to find some decent travel deals on Google
Un lundi matin, nous reçumes par la poste une invitation au mariage de nos cousins dans notre ville natale du Kerry.
Voulant économiser, nous décidâmes d’écumer le net afin de trouver sur Google un vol à prix raisonnable.
Cheap flights, cheap flights, cheap as they can be,
Bedad we found an airline selling flights for 50p,
(Diddly aiden daidin daidin dai)
Ah, ces vols bon marché…
Par Dieu ! on a trouvé une compagnie qui vend des vols pour 50 pence (0,58 €).
Well we clicked on to the website and were mightily surprised,
To find the actual cost wasn’t quite as advertised,
We’d forgotten airport taxes, that also’d to be billed,
But a bargain is a bargain and begorrah we were thrilled,
En cliquant sur son site, nous avons été ahuries de constater que le coût réel n’était pas tel qu’annoncé.
Nous avions oublié les taxes d’aéroport, mais une bonne affaire c’est une bonne affaire, et crénom ! on était toutes excitées.
Cheap flights, cheap flights, Stanstead to Tralee,
It isn’t every airline offers flights for 50p,
(Diddly aiden daidin daidin dai (x3))
Ah, ces vols bon marché… De Stanstead à Tralee*, on ne trouve pas de vols à 50 pence chez la plupart des compagnies.
After studying the website we decided it was best,
To pay priority boarding so that we’d sit three abreast,
(Three abreast, that’s the best)
And of course we’d all have luggage, so that’s an extra cost,
And then we paid insurance in case our cases might get lost,
Après avoir consulté attentivement le site, on se décide à payer pour l’embarquement prioritaire qui nous permettrait d’être assises toutes les trois ensemble.
En plus, comme on avait toutes des bagages, il y avait un surcoût. Et en plus on a payé l’assurance en cas de perte de nos valises.
Our cheap flights, cheap flights, it’s obvious to see,
There must be extra charges when the flights are 50p,
(Minya, minya, minya, key change)
Ah, ces vols bon marché… C’est évident qu’il doit y avoir un surcoût si leur prix est 50 pence.
(minya, minya, minya, modulation)
At last the flight was booked, with all of the additions,
We’d read the realms of medium print, of terms and conditions,
And then picked up the charge for using VISA which was drastic,
‘Cause how the feck are you supposed to pay if not with fecking plastic?
Finalement on a réservé le vol avec tous les extras, on a lu toutes les mentions et conditions écrites en tout petit, et payé les frais supplémentaires assez salés pour l’utilisation d’une carte Visa. Mais putain ! comment peut-on payer autrement qu’avec une putain de carte?
Cheap flights, cheap flights, we paid the fecking fee,
Because by now we were committed to the flights for 50p,
(Diddly aiden daidin daidin dai (x3))
(Someone’s being diddled and it’s us, so it is)
(a-hmm, a-hmm, a-a-a-a-a-a-a-a-hmm)
Ah, ces vols bon marché… On a payé les putains de frais puisqu’on s’était engage à prendre ce vol à 50 pence. Si quelqu’un s’est fait eu, c’est nous.
Now I don’t know if you’ve tried looking at Stanstead on a map,
But checking in at 5am is a fecking load of crap,
It’s packed if you try to catch a train or underground,
So a taxi to the arse in the world was more than 100 pounds,
Je ne sais pas si vous avez jamais cherché Stanstead sur une carte, mais s’embarquer là-bas à 5 heures du matin c’est vraiment merdique. Si on essaie de prendre un train ou le métro, ils sont bondés. Le taxi que nous prîmes pour ce trou du cul du monde nous a coûté plus que 100 £ (116 €).
Cheap flights, cheap flights, we should have gone by sea,
There’s no such fecking thing as a fecking flight for 50p,
(Feckity feckity feckity feckity feck, feck, feck (x2))
Ah, ces vols bon marché… On aurait dû partir en bateau. Les putains de vols à ces putains de 50 pence ça n’existe pas.
(Fuck, fuck, fuck…)
Then at last we reached the airport where we had to pay a fine,
The fecking feckers charged us ’cause we hadn’t checked in online,
And finally aboard the flight there’s an extra class of tax,
‘Cause the fecking fecking feckers fecking charge to use the jacks,
On arrive finalement à l’aéroport où l’on a dû payer une amende, ces putains de mecs nous l’ont imposée parce qu’on ne s’était pas enregistrées en ligne. Et à bord, une putain de putain de taxe de plus pour utiliser les toilettes*.
Cheap flights, cheap flights, I think you must agree,
That only fecking gobshites think there’s flights for 50p,
(Feck, shite, feck, shite, feck, shite, arse)
(Feck, shite, shite, feck, feck, shite, arse)
Ah, ces vols bon marché… Vous êtes d’accord qu’il n’y a que des putains de gogos qui croient qu’il y a des vols à 50 pence.
(Fuck, merde, cul)
Sad verse
Well finally we landed and tried to shuffle up the aisle
But the steward sent us down to the back with never a hint of a smile
And as we heard his annoucement our hearts gave a terrible thump
If you havent prepaid to use the steps you’ll have to feckin jump
Couplet triste.
On a finalement atterri, et on essaie d’avancer vers l’avant, mais le steward, sans l’ombre d’un sourire, nous renvoie vers l’arrière, et on a eu un choc terrible au cœur (boum !) quand on a entendu son annonce, comme quoi si on n’avait pas prépayé pour utiliser l’escalier, il fallait sauter.
Cheap flights, cheap flights you’re harking on to me
you’re an idiot if you think a fecking flight is 50p
Feck!
Ah, ces vols bon marché… écoutez-moi bien : vous êtes un sacré con si vous croyez qu’un putain de vol coûte 50 pence. Merde !
* On ne sera pas si étonné que ça d’apprendre quel est l’opérateur du vol Stansted-Tralee (si connu pour les surprises qui émaillent ses tarifs et ses vols, et qui annonçaitvouloir faire voyager ses passagers debout et faire payer pour l’utilisation de ses toilettes), ni le nom du site où se trouve cette information :
… Callot, Molière, Aramis, Louis XIV, le duc de Vallombreuse, Eugène Delacroix, Conrad Nagel, Henry de Jouvenel, Max Linder, Dario Moreno, Alcide Jolivet, Riccioto Canudo, Jacques Dumesnil, Clark Gable, Melvyn Douglas, Errol Flynn, Charles Bronson, Jean Rochefort, Jude Law, Brad Pitt… ?
« C’était un gentilhomme de bon ton, de bonne mine, portant avec grâce une fine moustache… ». — Pope, « Callot », Le Magasin pittoresque, 1833.
« Vallombreuse, suivi de son ami Vidalinc, n’avait eu garde de manquer cette occasion de voir Isabelle. (…) Ce jeune duc s’était adonisé pour la circonstance, et de fait il était admirablement beau. (…) Ses cheveux noirs et longs, frisés en minces boucles, se contournaient le long de ses joues d’un ovale parfait et en faisaient valoir la chaude pâleur. Sous sa fine moustache ses lèvres brillaient rouges comme des grenades et ses yeux étincelaient entre deux épaisses franges de cils. » — Théophile Gautier, Capitane Fracasse.
« Ça a commencé comme ça, en mettant un peu d’ordre dans ma bibliothèque. La tâche était d’ampleur, et je m’y attelai sans tarder, avec systématisme, et donc alphabétisme. (…) Je remarquai alors, sur l’étagère inférieure, un énorme Dumas, Les quatre mousquetaires ! Là encore, il ne pouvait s’agir de l’œuvre d’un faussaire : le quatre s’imprimait bien en défonce sur l’illustration de la couverture, sans bavure, sous le pelliculage brillant qui s’effilochait un peu. (…) Le livre avait quasiment doublé de volume, et d’Artagnan avait désormais pour compagnons Athos, Porthos, Aramis et Golias. Ce dernier portait fine moustache, comme il se doit, n’était pas moins fin bretteur ou bon vivant, et ses appétences sexuelles le portaient plutôt vers les jeunes garçons. » — Hervé Le Tellier, « Quelques mousquetaires », in Formules, revue des littératures à contraintes, n° 3, 1999-2000, L’Âge d’homme.
« Une tête énergique, aquiline, couleur de vieux buis, éclairée de deux yeux d’aigle, un nez busqué aux arrêtes aiguës, et sous une fine moustache noire retroussée, une bouche impérieuse aux lèvres minces, d’un très noble dessin. — Jean Lorrain, à propos de Barbey d’Aurevilly.