Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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18 août 2009

Alla breve. I.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 1:13

[1] Musiques inédites de Mozart (1756-1791) et de Schumann (1810-1856). Deux nouvelles partitions inédites du jeune Mozart ont été découvertes récemment et jouées pour la première fois le 2 août à Salzbourg. (Source, avec écoute et facsimile du manuscrit)

Une esquisse d’un fragment d’une quatrième sonate pour piano de Robert Schumann a été découverte à la bibliothèque de l’Université Stanford. (Source)

[2] De quoi est donc mort Mozart ? Selon une récente étude, il n’aurait pas été empoisonné comme l’affirmaient des rumeurs tenaces, mais serait décédé d’une infection aux streptocoques lors d’une épidémie. (Source)

[3] Michel Faul : Nicolas Bochsa (1789-1856), harpiste de la Chapelle impériale, compositeur, escroc. Une biographie parue à l’occasion du 220e anniversaire de la mort de ce célèbre harpiste permet de découvrir aussi les aspects romanesques de sa vie et ses aventures. (Source)

[4] Découverte d’un film sur Gustav Holst (1874-1934). Ce film, réalisé dans les années 1970, comprend des entretiens avec la fille du compositeur et avec deux de ses collègues, eux-mêmes compositeurs. (Source)

[5] Partitions inédites de Villa-Lobos (1887-1959). Ces manuscrits du compositeur brésilien datent de 1921 et comprennent quatre orchestrations de mélodies de Guy Ropartz. Ils ont été découverts dans les archives de la bibliothèque de l’École de musique de Rio de Janeiro. (Source)

[6] 90e anniversaire de la naissance de Benny Moré. Considéré par certains comme le plus grand chanteur cubain de tous temps et tous genres confondus, il est né le 24 août 1919 et décédé en 1963. Cette commémoration comprendra concerts et projection de films documentaires. (Source)

[7] Entretien (audio) avec George Benjamin. Dans cet entretien, le compositeur britannique discute de sa carrière de compositeur et de chef d’orchestre, de sa relation à son maître Messiaen, et de son rapport – de méfiance – à l’égard de l’informatique musicale.

16 août 2009

Petits meurtres entre amis, ou Craigslist comme épiphénomène de l’Internet

Classé dans : Actualité, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 21:36

Une annonce de recherche de stupéfiants dans la rubrique rencontres de Craigslist, restée en ligne malgré les filtrages et les signalements.

Craigslist est un site international de petites annonces. On y trouve de tout (slogan de la défunte et regrettée Samaritaine) : emploi, logement, rencontres, ventes, ser­vices… Vous avez besoin d’un lit évolutif pour votre bébé ? La rubrique À vendre : enfant+bébé à l’intitulé invo­lon­tairement cocasse vous en proposera peut-être. Vous n’avez pas de bébé et aimeriez acheter un chiot ou un chaton : consultez Commu­nauté : animaux. Vous partez en vacances à Londres ? Cherchez-y une location ou un b&b. Deux rubriques sont destinées à regrouper des annonces un peu plus sulfu­reuses : Services : éro­tiques (« massages non théra­peu­tiques », par euphé­misme) et Petits boulots : adultes (en général, tournages osés). Cherchez et vous trouverez. Mais ce service a aussi une autre face, et pas si cachée que cela.

Créée en 1995 par Craig Newmark, Craigslist était alors une liste de diffusion (d’où son nom) consacrée à l’évé­ne­mentiel à San Francisco : les petites annonces y étaient envoyées par courriel et reçues ainsi par ses abonnés. Son succès croissant, elle migre natu­rel­lement vers le Web (ce que n’a su encore faire la liste biblio-fr qui vient d’imploser), et s’organise par pays (une soixantaine à ce jour) puis par villes ou régions, pour tenter d’en préserver le carac­tère local et commu­nau­taire. Son inter­face sobre – rustique, diront certains – se décline dans plusieurs langues.

Pour y publier une petite annonce, il n’est même pas néces­saire d’y ouvrir un compte ; même quand on le fait, il suffit de fournir une adresse élec­tro­nique valable. On choisit d’abord la ville, puis la rubrique adéquate ; l’annonce publiée comprend une adresse élec­tro­nique fournie par le système, qui se chargera de trans­mettre auto­ma­tiquement les réponses éven­tuelles à l’annonceur sans révéler sa réelle adresse. Simple, efficace, anonyme.

Il est évident qu’avec plus de 120 millions d’annonces et 20 milliards de consul­tations par mois il est humai­nement impos­sible de contrôler le contenu des annonces et leur adé­quation avec les conditions d’usage du service (dispo­nibles uni­quement en anglais, et correspondant à la législation américaine…). Craigslist a donc mis en place un filtrage auto­ma­tique qui est censé détecter des annonces problé­matiques, et un système de signa­lement manuel, qui permet aux lecteurs de marquer une annonce comme mal classée ou interdite. Mais ces indicateurs ne semblent pas être lus par des humains, et ce ne serait qu’à la suite d’un certain nombre de signa­lements que le système suppri­merait automa­tiquement une telle annonce. C’est donc essen­tiel­lement un système autogéré par sa commu­nauté d’uti­li­sateurs et par sa program­mation informatique (ce qui n’est pas loin de rappeler la Wikipedia).

La popularité de Craigslist est élevée dans le monde anglo-saxon (à tel titre qu’une grande partie des annonces publiées dans les sites inter­na­tionaux, France y compris, le sont en anglais plutôt que dans la langue locale), et princi­pa­lement aux US. Mais il acquiert une noto­riété de plus en plus sulfu­reuse, du fait des abus croissants. Arnaques (à distance) et vols (lors de rencontres) s’y multiplient (bien que proba­blement mino­ri­taires) : une récente petite annonce qui vantait les mérites d’un b&b à Paris, photos à l’appui, a permis à son annonceur de rafler des milliers d’euros sous forme d’une avance non rembour­sable, pour lesquels il envoyait un coupon falsifié. Nous-même sommes récemment tombé ainsi sur un b&b problé­matique à New York, lors de notre recherche en vue d’un séjour : l’annonce et les infor­mations envoyées ulté­rieu­rement ne corres­pondaient pas du tout ; d’autres annonceurs ne répondaient pas, ou changeaient leurs conditions. Nous avons fina­lement utilisé à profit un site spécia­lisé et sécu­risé.

Les menaces de poursuites à l’encontre de Craigslist aux US pour faits de prosti­tution se précisent, et les auto­rités dans divers États amé­ricains piègent ceux qui uti­lisent ce site pour proposer de tels services ou pour trouver des « masseuses » (et masseurs), des « escorts » et autres profes­sionnels ou amateurs de cet ancien métier (mais aussi des pédophiles). Craigslist assure avoir pris des mesures – aux US, pas ailleurs, comme on le verra plus loin – mais cela ne semble pas satisfaire les autorités.

Le pire arrive aussi : un homme de 34 ans vient d’être arrêté pour avoir violé deux femmes qui propo­saient leurs services via Craigslist. Quelques mois plus tôt, un étudiant de l’école de médecine de l’Université de Boston, un jeune homme de bonne famille de 23 ans et présentant bien, a été arrêté pour l’assas­sinat d’une jeune femme et l’agression de deux autres, toutes trois contactées via Craigslist.

La version française de Craigslist – qui, comme le reste du service, n’est pas hébergée en France (ce qui ne devrait pas l’exonérer du respect des lois françaises) – reflète les travers les plus communs du service.

Des rubriques tout à fait sérieuses – telles Offres de services : auto (achat, vente, réparation de voitures) ou Offres de services : rédac­tion/édi­tion/tra­duc­tion – sont pério­di­quement litté­ra­lement inondées de publi­cité pour l’achat (par internet, évidemment et sans ordon­nance) de médi­caments de tous genres (sans aucune garantie qu’ils ne sont pas falsifiés), provenant princi­pa­lement d’un site hébergé au Royaume Uni (et inscrit au nom d’un individu – proba­blement un infor­ma­ticien – fournissant une adresse en Russie), ou en Argentine. Parfois, des dizaines de petites annonces proposant des vidéos aux titres porno­gra­phiques et parfois pédo­philes font une appa­rition simul­tanée dans ce type de rubriques.

Drogue et prosti­tution y ont aussi leur place. Bien évi­demment dans la rubrique Offres de services : services éro­tiques qui regorge d’annonces de massage suggérant avec des euphé­mismes à peine voilés ou parfois expli­ci­tement le caractère sexuel du service proposé pour finances (ce n’est pas illégal en France). Mais ces annonceurs débordent aussi sans vergogne et régu­liè­rement – et au mépris des règles d’usage écrites de Craigslist – dans la rubrique Offres de services : services théra­peu­tiques (destinée aux masseurs diplômés), et surtout dans les rubriques Rencontres (destinées aux annonces non « commerciales »), où elles sont sans ambiguïté : « Un peu en panne de thunes là, si quelqu’un se sent une âme altruiste et voulait m’offrir des ‘roses’ ». En argot de l’internet, les roses sont des espèces sonnantes et trébu­chantes. Un autre terme que l’on y trouve de façon accrue est 420 (« herbe »).

Dans la rubrique Coups de cœur/de gueule on peut trouver par exemple le témoignage d’un indi­vidu qui ne cherchait qu’un massage de rela­xation – ni éro­tique, ni théra­peu­tique. Il signale les possibles effets nocifs de leurs mani­pu­lations (des vertèbres, du système lympha­tique) par mécon­naissance patente du corps. Dans cette rubrique qui est un vrai fourre-tout on trouve aussi des textes qui sont des copiés-collés intégraux d’articles de journaux (français et autres) en violation des lois de propriété intellectuelle.

On est en droit de s’inter­roger sur les moyens que Craigslist met en œuvre pour tenter de limiter ces phéno­mènes : certains débor­dements pourraient être détectés auto­ma­tiquement – notamment le spam répété (vocabulaire, sites, numéros de téléphone, personnes…) – et donc effacés dès leur appa­rition puis leur source bloquée : c’est ce qui se fait dans nombre de sites et de blogs. Or ces annonces se retrouvent quoti­dien­nement dans Craigslist et y perdurent malgré les signalements manuels.

Tout système humain – qu’il soit technique, social, politique – peut être détourné de sa finalité aussi altruiste soit-elle par des humains et exploité par des indé­licats, des désé­qui­librés ou des criminels. Plus il est complexe, plus il se prête faci­lement à ce genre de débor­dements. Incon­trôlées, les dérives peuvent s’avérer parfois tragiques. C’est le délicat équi­libre entre la liberté des indi­vidus et la protection de tous qui est constamment remis en jeu.

Life in Hell: un musée qui se mérite

Jeff, Akbar et Sophie partent revisiter le mu­sée de la Renaissance au château d’Écouen par une très belle et très calo­ri­fique journée d’été. Le ciel est d’un bleu sans tache, les mûres sauvages succu­lentes, et l’épais ombrage des arbres frais et accueillant. Il n’y manque qu’un pépie­ment joyeux ; mais même s’il y en avait, il serait couvert par le vrom­bis­sement assour­dissant des oiseaux de fer, ces avions qui se succèdent sans relâche au-dessus de leurs têtes.


Nos compères arrivent à destination vers midi – la route étant en travaux sur toute sa longueur et la vitesse limitée à 30km/h –, pour s’entendre dire que le musée ferme à 12h45. Ce n’est pas la première fois qu’on leur fait ce coup-là : c’était aussi le cas à l’abbaye de Hambye qu’ils n’ont eu que huit minutes pour visiter. C’est tout de même curieux qu’en période estivale, et donc d’affluence touristique, des musées nationaux ou régionaux d’accès plutôt difficile pour qui ne possède pas de voiture et qui ne peut se lever aux aurores pour y arriver à 9h30, ferment à l’heure du repas. Et d’autant plus désagréable s’il n’y a rien à faire ni à manger dans les parages, dans l’hypothèse où l’on voudrait en attendre la réouverture.

Ils se précipitent pour visiter la petite exposition temporaire, Le Bain et le miroir, consacrée aux soins du corps et cosmétiques à la Renaissance. Les tableaux, les gravures, les livres et les objets – quelques-uns particulièrement intéressants ou beaux – y sont disposés d’une façon agréable. À première vue. Car lorsque l’on veut en voir certains de près, on ne peut le faire qu’en se plaçant entre le spot qui les éclaire de façon dramatique et ces objets, qui, du coup, en deviennent invisibles. D’autre part, là comme ailleurs, lorsqu’il y a plusieurs petits objets dans une même vitrine, quand les légendes les décrivant sont numérotées (ce qui est loin d’être toujours le cas), les objets eux-mêmes ne le sont pas en général…

À 12h35, dix minutes avant l’heure annoncée, ils sont éconduits de l’exposition. Le caissier, prévenant, leur indique la présence d’un restaurant dans le château. Ils s’y rendent, et constatent qu’il est loin d’être plein. Mais le personnel leur dit qu’il n’y aura des places pour eux qu’une heure plus tard… Le trio, déçu mais qui tient vraiment à reprendre sa visite, se rend à Écouen le bourg puis à Villiers-le-Bel, mais ne trouve ni ici ni là aucun restaurant. Ils finissent par s’acheter des sandwiches dans une boulangerie (serait-ce la seule de la région ?) et une bouteille d’eau dans une superette pour tromper leur faim. Sophie, elle, a toujours soif.

Revenus à 14h au château enfin rouvert, ils peuvent enfin parcourir à leur aise la chapelle, les appartements, des salles et une impressionnante galerie, tous fort bien conservés ou restaurés. Tandis que Sophie bavarde avec ses voisines, Akbar mitraille et Jeff s’efforce de lire la documentation disponible à l’entrée des espaces : elle est instructive, mais nécessite souvent une boussole pour s’y retrouver (« sur le mur nord », « côté ouest »…) ou de deviner quel est le côté cour ou jardin (« à gauche en entrant » quand il y a deux entrées opposées…).

Malgré les surprises récurrentes, ils admirent avec un plaisir non mitigé des pièces vraiment remarquables d’art essentiellement profane de la Renaissance, à l’instar de vitraux en excellent état ; les splendides tapisseries de David et Bethsabée, foisonnantes de personnages et d’animaux, qui relatent la turpitude du grand roi et ce nonobstant coureur de jupons, et la punition divine qui le frappe ; les peintures de cheminées fort bien restaurées et de très beaux tableaux ; du mobilier en bois merveilleusement sculpté ou décoré de marqueterie, quelques bronzes dont deux bustes très vivants d’Antinoüs et de Hadrien fourrés dans un recoin assez obscur, une multitude d’ouvrages en céramique et d’émaux, des pièces d’orfèvrerie d’une époustouflante richesse de détails…

Ils ne peuvent malheureusement voir tout ce qui est exposé, et notamment les tentures de cuir peintes : jusqu’à 80% des ampoules qui éclairent certaines salles sont éteintes, plongeant ainsi ces pièces dans une pénombre fort profonde. Une préposée à laquelle ils s’adressent explique qu’elles ont effectivement grillé, et que la personne qui en est chargée est en vacances. Difficile de savoir si ses vacances sont longues ou la durée de vie de ces ampoules courte, mais le résultat est là…

Sophie partie, ils vont dîner chez Martine, qui, mettant les petits plats dans les grands, les régale avec du saumon fumé de Patagonie (Akbar adore), de Laponie (Jeff et Martine préfèrent) et d’Irlande (qui se laisse aussi manger).

C’est une belle journée d’été.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

14 août 2009

Life in Hell: La Mama pimente la vie d’Akbar

Classé dans : Cuisine, Photographie — Miklos @ 15:08

« On auroit cru qu’il manquoit quelque chose à un festin, si l’on n’y avoir pas servi du piment. Les anciens pouillés de l’église cathédrale de Paris, prouvent qu’au treizième et au quatorzième siècle, les Prières du Doyenné de Châteaufort étoient tenus de fournir, le jour de l’Assomption, chacun à leur tour, du piment aux Chanoines. On en donnoit aux Moines mêmes dans les Couvents, à certains jours de l’année. » — Le Grand d’Aussy, Histoire de la vie privée des François, depuis l’origine de la Nation jusqu’à nos jours. 1815.

Akbar s’invite à déjeuner chez Lord Sandwich. S’il avait pris du vin, il aurait pu affirmer, à l’instar d’Alfred de Musset, « Je tâche d’y voir double, afin de me servir à moi-même de compagnie. » Mais c’est pain sec et eau, et, puisque c’est vendredi, poisson sous forme de tartare de saumon à la sauce au gingembre (il est vrai qu’il en mange aussi tous les autres jours de la semaine, mais en prendre un vendredi ça doit compter double). Il lance à la Danseuse, d’un air faussement contrit : « Mon régime, comme d’habitude… » et s’installe au bord de la rivière. La Mama apparaît alors comme d’un coup de baguette magique. Au lieu du plat tant attendu, elle tend à Akbar un pot de piments, qu’elle lui enjoint de bien arroser.

Les piments, c’est comme les roses : c’est beau, mais ça pique. On aime ou on n’aime pas. Akbar aime, c’est son atavisme. La Mama et le Cowboy aiment les roses, elles : elles en tiennent chacune une à la main, assises au bord de la rivière à discuter d’un futur proche, rose lui aussi.


À la terrasse, un homme – on dirait un marin en escale à Paris – regarde pensivement vers le grand large. À son côté, une enfant – sa fille, sans doute – écrit avec concentration le récit de sa matinée. Elle tient son stylo de la main gauche, et a glissé son capuchon sur l’auriculaire de la main droite.


Le pain sec et l’eau, c’est nourrissant mais Akbar préfère le saumon, délicieux. Et comme il déteste gâcher la nourriture, il partage avec les moineaux, et leur donne ce qu’ils préfèrent, eux : il trempe brièvement la tranche dans le verre, en détache un petit morceau qu’il lance à proximité. Un moineau se rapproche, puis un autre, puis toute une nuée. Les plus hardis se jettent directement sur la manne, les effrontés essaient de la leur arracher du bec, les timides se font toujours doubler par les uns ou par les autres et assistent, l’air un peu perdu, à la curée. Puis un ennemi provient : c’est le pigeon. Gros, lourd et bête, il arrive toujours trop tard, un moineau plus rapide aura piqué le bout de pain qu’il convoitait ; il essaie parfois de s’attaquer aux plus petits que lui, mais n’y arrive pas. Akbar lui signifie clairement qu’il n’est pas invité, lui. La Danseuse opine.


Plus loin, un chien joue avec une balle rouge. On dirait une tomate ou une pomme d’api qu’il voudrait croquer et sur laquelle il s’acharne gaiement : elle lui résiste, il adore. Il n’a de cesse de la lâcher puis de tenter de s’en saisir. Finalement, c’est le maître qui se saisit de son toutou. Il est temps de rentrer.


Akbar s’en va, emportant son cadeau. Heureusement que la Mama le lui a donné dans un pot plus petit que celui qui se trouve à proximité et qui, lui, possède un système d’arrosage automatique, comme on le voit ci-dessus. Rentré chez lui, il replante les piments à côté de ses pommes de terre et de ses oignons, tous ingré­dients néces­saires à une bonne frittata.

C’est une belle journée d’été.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

12 août 2009

Life in Hell: Jeff’s dreams come true

Classé dans : Actualité, Société, Économie — Miklos @ 22:38

Extraits du journal de Jeff.

Lundi soir. Demain c’est le grand jour : ils doivent enfin me livrer le matelas et le sommier de mes rêves. Déjà que c’était si dur de le trouver, puis de l’acheter. J’espère qu’ils ne viendront pas trop tard, ils m’ont dit qu’ils passeraient entre l’aube et le déjeuner.

Mardi matin. J’ai appelé, ils ont dit qu’ils passeraient vers 8h30. Pas trop tôt, j’ai encore fait plein de cauchemars cette nuit. Vivement que je change de lit ! Plus tard. La cata. Ils sont venus, mais uniquement avec le sommier ! Ils prétendent que c’est la faute à la vendeuse du BHV qui aurait dû préciser de livrer le matelas et le sommier ensemble. C’est idiot, qui voudrait les recevoir séparément ? Moi je crois que c’est la faute à Cofinoga : ils se vengent de ce que je n’ai pas pris leur carte. Du coup, les livreurs ont laissé le nouveau sommier dans la chambre debout contre l’armoire. Maintenant, elle est bloquée, je ne pourrai y prendre des vêtements propres pour demain. Églantine est furieuse. Encore plus tard. J’ai rappelé le centre de livraisons. Ils m’ont répondu que, comme le matelas ne leur a pas été commandé, ils n’en ont donc pas en réserve (de matelas ou de livreurs, je ne suis pas sûr d’avoir compris), et c’est donc une affaire de plusieurs semaines. Je sens que je vais craquer, je sens que je vais craquer… J’ai supplié, menacé, cajolé, insisté. Épuisés, ils ont accepté de me livrer demain. Ils en ont donc en réserve, ces menteurs.

Mercredi matin. Houra, ils ont apporté le matelas tôt ce matin, et pris les anciens sommier et matelas qui commençaient à se transformer en futon ! L’armoire est dégagée, je peux enfin me changer. Mais maintenant, c’est de lit qu’il faudrait que je change, le nouveau couchage est si haut qu’il me faut un marchepied pour y accéder. Et je sens que je vais rêver que je tombe ! Cauchemar pour cauchemar… Je devrais peut-être revenir à l’ancien lit ? On verra bien demain…

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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