Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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23 octobre 2015

Si vous ressentez une différence fondamentale…

Classé dans : Actualité, Religion, Société — Miklos @ 15:19

…à la vue de ces paires de photos, regardez plutôt en vous-même.


La barbe et le couvre-chef chez un chrétien orthodoxe
et chez un juif pratiquant.


La calotte chez un religieux catholique et chez un juif religieux.


Le voile chez une musulmane pratiquante et chez une religieuse catholique.


Visages masqués chez des musulmanes et chez des Japonaises.

22 octobre 2015

« L’identité juive génère des fantasmes »

Classé dans : Histoire, Religion, Shoah, Société, antisémitisme, racisme — Miklos @ 17:04


L’écrivain israélien A. B. Yehoshoua lors de son exposé en septembre 2015.
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C’est le titre d’une passionnante communication (en excellent français) de l’écrivain israélien A. B. Yehoshoua – grand par ses qualités non seulement littéraires mais aussi éthiques et morales –, tenue dans le cadre d’une conférence organisée par l’association lacanienne internationale en septembre 2015.

La source de la peur dont il parle ici ne serait-elle pas en fait dans ces prémices (d’il y a 2000 ans ! cf. ses citations des philosophes grecs) de la modernité contemporaine induite de nos jours entre autres par les moyens de transport de plus en plus rapides, et qui s’exprime, alors comme maintenant, par une identité unique et multiple, fragmentée et cohérente tout à la fois ? Sauf qu’alors, avant toutes les évolutions techniques qui n’ont de cesse de bouleverser le monde, il y avait la nécessité de développer l’imaginaire – et donc la créativité – pour y situer, pour y ancrer cette identité qui ne pouvait se loger facilement dans le monde d’alors du fait de la dispersion du peuple juif, ce qui la rendait d’autant moins saisissable. Or, comme le montre Yehoshoua, c’est aussi le cas de nos jours.

D’autre part, la transmission orale des textes talmudiques (« la loi orale ») qui définissent la partie religieuse de l’identité juive anticipait en quelque sorte de deux millénaires les moyens de communication dématérialisés et quasi oraux actuels ; elle avait de quoi faire d’autant plus peur à ceux qui y voyaient des règles secrètes d’un peuple diffus et quasi extra terrestre menaçant la société bien établie dans sa matérialité.

Soit dit en passant, cette peur (voire cette révulsion) de la modernité est aussi visible par exemple dans un tout autre domaine – celui de l’art contemporain (ou des arts contemporains – que ce soit l’écriture, la musique, la peinture, la sculpture…) – qui « explose » aussi l’identité structurée et claire de l’œuvre d’art, et donc la facilité à définir, à cerner, à comprendre rapidement, sans prendre la peine de « faire connaissance », ce qui prend forcément du temps.

Il y a donc bien de quoi faire peur à l’homme unidimensionnel d’alors comme à celui d’aujourd’hui : « le Juif » est irréductible, autant par son physique que par sa pensée, par son statut social ou politique, par ses langues et par ses cultures, à une définition simple, sans ambiguïté. Or lors de la rencontre de l’« autre », de l’inconnu, s’impose le besoin animal de savoir rapidement si c’est un ami ou ennemi, et donc si l’aspect est en trop différent (couleur, traits réels ou imaginés…) ou à l’inverse indiscernable (« ils sont partout »), c’est forcément un ennemi, que ses caractéristiques de caméléon social rendent d’autant plus dangereux.

Il s’agirait finalement de cet imaginaire commun qui forge l’identité des Juifs aux destins multiples et souvent incomparables qui serait à la source de la révulsion fantasmatique suscitée chez la majorité des individus et des sociétés ancrées dans des référentiels purement matériels.

11 octobre 2015

Têtes

Classé dans : Peinture, dessin, Photographie — Miklos @ 21:23


Diane, dite La Zingarella ou Petite Bohémienne. Copie romaine d’une Artémis du IVe siècle avant J.-C., fin du XVIe ou début du XVIIe siècle. Italie.


Minerve, dite Alexandre Mazarin.
IIe siècle après J.-C. ou début du XVIIe siècle (?).


Vieux pêcheur, dit Sénèque mourant. IIe siècle après J.-C. Rome.


Buste de divinité fluviale, dite « l’Arno ».
Fin XVIe – début XVIIe siècle. Rome.


Buste de Sérapis. Origine inconnue, IIe siècle après J.-C. (?).


La Victoire de Samothrace. Vers 190 avant J.-C.

Plus de photos ici.


Recueil de Testes de caractere et de Charges dessinées
Par Leonard de Vinci Florentin
& gravées par M. le C. de C°.

MDCCXXX. (Source)

3 octobre 2015

Cruelle ironie de l’actualité

Classé dans : Actualité, Médias, Politique — Miklos @ 9:41


Les trois premiers items du courrier À la une du Monde du 3 octobre.
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24 septembre 2015

« Un seul poisson pourri souille le panier en entier » (adage marocain [source])

Classé dans : Langue, Sciences, techniques — Miklos @ 19:39


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« הדג מסריח מהראש » (« C’est de la tête que le poisson pue », adage hébreu)

«Madame, Monsieur,

Le Dauphin est le roi des poissons et les poisssardes voient avec plaisir une belle Dauphine destinée à être un jour leur reine. Tous les bons Français sont joyeux qu’étant fille du puissant Sire d’Espagne et originaire de ce royaume, vous y reveniez à propos comme Mars en Carême.

Votre présence ici procure un spectacle bien agréable et nous fait espérer une nombreuse lignée, si vous êtes aussi bien oeuvrée que notre prince est laité, car nos Bourbons sont des héros qui ne sont point pétris de sang de macreuse et dont les exploits ne sont point des coups d’épée dans l’eau.

Votre illustre époux, charmé de voir vos appas s’y attacher, car c’est la sauce qui fait manger le poisson ; d’ailleurs vos vertus lui feront connaître que ceux qui vous ont choisie pour sa femme, n’ont point pêché en eau trouble. Tous deux contents, vous arrivez comme le poisson dans l’eau, sans risquer comme lui d’avaler le goujon.

Notre qualité d’harengères ne nous permet pas de vous haranguer mieux et plus longtemps ; d’un côté la caque sent toujours le hareng, et de plus les gens de justice attendent pour vous complimenter à leur tour. Or l’on dit ici que le gros poissons mangent les petits ; mais quoiqu’on nous regarde comme du fretin,» notre qualité a son prix, et notre joie sincère vous répond de notre amour, qui sera toujours le même, contre vent et marée.

Compliment des vendeuses de poisson de Bordeaux à Madame la Dauphine, fait le 21 janvier 1745, par la mère Torquette, une des anciennes.

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