Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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21 novembre 2020

Apéro virtuel II.20 – samedi 21 novembre 2020

Classé dans : Histoire, Langue, Lieux, Musique, Politique — Miklos @ 23:59

Foulques macroules dans le port d’Amsterdam

Les arrivants – Léo, Françoise (C.), Jean-Philippe – essaient de deviner ce que sont ces oiseaux dans la photo d’arrière-plan de Michel. Léo dit en avoir vus au bois de Boulogne ou sur des lacs ; puis, quand Michel montre d’autres photos qu’il avait prises dans le port d’Amsterdam (n° 1 à 10 dans cet album), Jean-Philippe émet l’opinion que ce sont des poules d’eau. Il s’avère qu’en fait ce sont des foulques macroules, et pour ne pas confondre les deux espèces, il existe quelques signes distinctifs. À première vue, il y en a cinq autour de ces brindilles – qui doivent constituer un nid –, mais en y regardant bien, les deux foulques à gauche en avant sont des reflets dans l’eau…

Michel poursuit en montrant quelques orgues d’églises à Haarlem (photos 26 à 33), puis des orgues de Barbarie (merci à Jean-Philippe de lui avoir rappelé l’expression) et électroniques (photos 34 à 54) qu’il avait vus dans le Draai­orgel­museum (musée des orgues de Barbarie) de la même ville ; en passant, il évoque le musée des instruments de musique mécanique qui se trouvait impasse Berthaud, hélas disparu. Il explique en quelques mots le système des registres (ces boutons des deux côtés des claviers) et des touches des claviers qui permet de sélectionner des tuyaux d’orgue d’une famille ou d’une autre, et évoque les différences de son entre des tuyaux de types différents. À propos d’orgues de Barbarie, Michel avait mentionné lors d’un apéro en avril l’épisode de « la chanson qui tue », jouée par un orgue de Barbarie dans Le Fauteuil hanté (1909) de Gaston Leroux, passage où l’on évoque en passant « ce pauvre Monsieur Fualdès » : il s’agit de l’ancien procureur impérial du département de l’Aveyron, découvert égorgé en 1817 ; il a été assassiné dans la nuit, à l’autre bout de la ville, un orgue de Barbarie et une vielle étant censés avoir couvert ses cris.

Françoise (P.) arrive sur ces entrefaites.

Françoise (C.) présente alors quelques photos qu’elle avait prises sur le site archéologique de l’antique Paestum (appelée à l’origine Poseidonia), située sur la côte, à une centaine de kilomètres au sud de Naples en Italie. Elle montre d’abord les trois temples – de Cérès, de Poséidon et d’Héra. Ensuite elle montre des photos prises au musée archéologique de Paestum des magnifiques dalles peintes de la Tomba del Tuffatore (Tombe du Plongeur) – quatre faces représentant cinq amis participant à un symposium, certains faisant de la musique, d’autres s’adonnant au jeu du cottabe ou encore se papouillant, ou un éphèbe portant une coupe, ou encore un cortège de trois générations – et la dalle de couverture, qui représente le défunt au moment de la plongée en mer, d’où le nom de cette tombe, ou le nombre 7 est récurrent (branches des arbres, séparations horizontales des blocs des trois colonnes).

Françoise (P.) demande alors si les présents ont entendu parler des Fatimides d’Égypte. Vu le peu de réponses, elle lit un texte qui en parle dans un ouvrage de poids, Un kilo de culture générale de Florence Braunstein (tiens tiens !). À la question de Michel sur ce qui lui a fait les évoquer maintenant, elle répond qu’on avait récemment parlé de l’Égypte et de religions.

Dans les échanges qui s’ensuivent, on évoque les religions et la séparation nécessaire entre elles et les États (ce qui n’est hélas pas le cas en Israël), puis Michel raconte une blague récente à propos de Trump (cf. ci-contre, cliquer pour agrandir), Léo évoquant alors la situation si confuse aux États-Unis, ajoutant que, puisqu’on a un retard de quelques années sur ce pays-là sur les techniques de vote à distance, il pourrait bientôt se passer chez nous ce qui a actuellement lieu là-bas.

Jean-Philippe raconte que les grands réseaux sociaux ont décidé de commun accord d’accorder les droits au compte « POTUS » (President Of The United States) à Biden, dès janvier (et alors, dit Michel, Trump devra choisir le compte « MOTUS » et bouche cousue). Mais quoi qu’il en soit, il faudra attendre le vote des « grands électeurs » pour savoir qui sera le Président élu – qui peut, soit dit en passant, être un troisième homme : ces électeurs n’ont aucune obligation de voter pour celui qu’ils représentaient lors du vote populaire. Léo ajoute que, pour comprendre comment cela se passe vraiment – le Président, ses conseillers, les lobbyistes… –, il recommande vivement de regarder la série télévisée The West Wing (en français : À la Maison-Blanche). Bien que diffusée il y a 21 ans, elle est toujours d’actualité.

Pour faire suite à la discussion d’hier autour le langage et contrer la prestation de Pierre Repp qu’il n’apprécie pas vraiment, Léo fait entendre un épisode du premier livre de la série télévisée Kaamelott, diffusée entre 2005 et 2009 sur M6. L’argument : « Légèrement vexé par une insulte de Léodagan concernant ses compétences de chef militaire, Perceval se confie à Karadoc, qui lui recommande de ne pas se laisser faire, d’être un chevalier et de se faire considérer “en tant que tel”. Mais quand Perceval va se plaindre à Arthur, il déforme les propos de Karadoc, ce qui a pour conséquence de créer un énorme quiproquo. »

20 novembre 2020

Apéro virtuel II.19 – vendredi 20 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Cinéma, vidéo, Histoire, Musique, Théâtre — Miklos @ 23:59

Cette fois-ci, c’est Françoise (C.) qui arrive la première à l’apéro, suivie de Léo – que Françoise reconnaît, l’ayant aperçu à une soirée chez François – auquel se joint Chantal, faisant leur première apparition ici. Les présentations consistant en un échange de prénoms, et Michel informant Léo de la multiplicité des Françoises (pas comme dans Les Sabines de Marcel Aymé, précédemment évoquées) et d’un François (ex Didier), Léo mentionne la « créativité » de ses parents, qui lui ont donné, à sa naissance, le prénom « Léopold », suivi du prénom « Léo ». Michel s’en étonne : avant la loi du 9 janvier 1993 (et Léo est né un peu avant), « la législation française était particulièrement stricte sur la question, autorisant uniquement les prénoms tirés du calendrier ainsi que quelques autres, inspirés de la mythologie grecque, des usages régionaux ou de diminutifs notamment. Les officiers d’état civil restaient seuls décideurs de la validité d’un prénom, ce qui pouvaient donner lieu à des différences d’appréciation selon les lieux… » (source). Or à sa connaissance, il n’y a pas de Saint Léo… Il ne savait en fait pas que ce prénom existe en France depuis le XIXe siècle (source). Quant à lui, ses parents lui ont raconté qu’ils avaient eu du mal à le faire inscrire sous le prénom de « Michael », mais ils ont réussi.

Sur ces entrefaites, Jean-Philippe, puis Sylvie arrivent, cette dernière connaissant Léo (et réciproquement).

Avant que de passer à l’explication de la partition musicale qui s’affiche derrière lui et qu’on voit ci-dessus), Michel fait entendre et voir une interprétation magnifique d’un bref extrait de l’opéra Norma de Vincenzo Bellini, « Squilla il bronzo del Dio » (« Le bronze de Dieu résonne »), interprété par la grande soprano Joan Sutherland (voix splendide mais élocution souvent incompréhensible) et l’orchestre de l’opéra national du Pays de Galles dirigé par Richard Bonynge (incidemment, époux de Joan Sutherland).

Ensuite, il révèle que la partition en question n’est pas celle de 4’33″ de John Cage (dont on peut voir ici une excellente interprétation), mais une œuvre d’Alphonse Allais, qui se présentait au salon des Incohérents en 1884 comme « Artiste monochroïdal. Élève des maîtres du XXe siècle » – et dire que c’est lui qui a devancé les Malevitch, Klein (dont lui et ses contemporains sont le sujet d’une exposition actuelle au Centre Pompidou-Metz), Soulages ou Cage (à propos desquels Michel a parlé dans un article de son blog)… mais aussi Carelman, dont il est en train de numériser le premier volume de son Catalogue des objets introuvables et dont il a montré quelques autres images, notamment la machine à écrire pour égyptologues à l’intention de Françoise (C.) vu sa pratique des hiéroglyphes, et la bouteille pour alcoolique en voie de désintoxication pour ceux qui lèveraient trop souvent le coude durant nos apéros.

Jean-Philippe ayant signalé hier que le 20 novembre – aujourd’hui – était la journée mondiale des droits de l’enfant, Michel recommande la lecture d’un article dans le (très bon) quotidien de langue anglaise The Guardian, selon lequel des études laissent à penser que le confinement peut servir à améliorer la paternité du fait de la présence accrue des pères auprès de leurs enfants à domicile (télétravail et/ou chômage partiel…).

Enfin, Michel signale aussi que l’exposition Marc Chagall, le passeur de lumière, devait s’ouvrir demain samedi au Centre Pompidou-Metz. Du fait du confinement, cet organisme en propose une visite virtuelle avec Elia Biezunski, commissaire de l’exposition, ce même jour à partir de 11 heures, qui dévoile à cette occasion les coulisses de l’exposition et ses secrets, accompagnée de Meret Meyer, petite-fille de Marc Chagall et de Benoît Marq, maître-verrier, fils de Charles Marq et Brigitte Simon, maîtres-verriers de l’Atelier Simon Marq.

Sylvie présente alors cette performance du célèbre bafouilleur Pierre Repp (1909-1986), qui joue avec beaucoup de maestria avec les mots – prestation qui ne convainc pas vraiment Léo, qui dit en voir toutes les ficelles. La vidéo terminée, Sylvie précise que celle de ses performances qu’elle préfère est La recette des crêpes. Michel remarque que lors de son bref passage à l’anglais il y a fait aussi des jeux de mots, notamment un où il bafouille « nipples » (tétons) à la place de « people » (personnes).

Quant à Jean-Philippe, il fait un glissement osé vers l’actualité : les difficultés d’apprentissage correct de l’élocution chez les enfants, du fait qu’ils sont masqués en classe, ainsi que leur instituteur (quoiqu’on parle de leur fournir des masques transparents) : les mimiques, composantes essentielles dans la compréhension et l’apprentissage, sont dissimulées. Il rajoute qu’il parle d’expérience : ses parents étant sourds et muets, sa première langue fut la langue des signes, et ce n’est que peu après qu’il a appris le français parlé.

Léo évoque l’article « L’œil écoute BABA + GAGA = DADA » de Jean-Louis Lavallard, publié dans Le Monde le 26 janvier 1977 : il rapportait des expériences où l’on prononçait un son (par exemple « ga ») tandis que les mouvement des lèvres suggéraient un autre son (par exemple « ba ») ; eh bien ce qui était perçu par l’auditeur était ce que les lèvres semblaient prononcer.

Michel raconte qu’à son arrivée aux USA il avait plus de mal de comprendre ce que ses interlocuteurs lui disaient au téléphone que face-à-face : en face-à-face, si on avale des syllabes, les lèvres « complètent », mais au téléphone ? Françoise (C.) confirme ce constat pour ses interactions actuelles en Italie : en face-à-face, elle comprend presque tout, mais quasiment rien au téléphone (Michel rajoutant que c’est parce qu’en Italie ils parlent aussi avec les mains).

Léo mentionne Un mot pour un autre, saynette de Jean Tardieu qu’il avait jouée à 25 ans à Medem, dans laquelle des mots étaient remplacés par d’autres, et pourtant on comprenait l’intention initiale : « Dans le commerce des humains, bien souvent les mouvements du corps, les intonations de la voix et les expressions du visage en disent beaucoup plus que les paroles, et aussi, que les mots n’ont par eux-mêmes d’autre sens que ce qui nous plaît de leur attribuer ».

Sylvie se lance alors dans un discours, dans lequel elle annonce de but en blanc : « Je vous signale tout de suite que je vais parler pour ne rien dire. Je sais, vous pensez qu’elle n’a rien à dire – elle ferait mieux de se taire… » Françoise (C.) s’exclame alors : « Raymond Devos ! », eh oui. Sylvie poursuit et achève ce discours, qui curieusement, tout en étant dans le non-sens, lorsqu’il parle de « catastrophe », peut faire écho à la crise actuelle que nous vivons (ou à toute autre crise).

Ce discours rappelle à Michel un autre article (en anglais) qu’il a lu plus tôt aujourd’hui, sur l’impossibilité inhérente de faire des prédictions/prévisions exactes (et encore moins : parfaites), la plupart s’avérant après coup erronées, ou, comme le disait Dénes Gábor, « Le futur est imprévisible », parce que le présent est chaotique, impossible à saisir dans sa totalité infiniment complexe et notre compréhension du présent est extrêmement lacunaire. L’article mentionne un ouvrage très récent de John Kay et Mervyn King, Radical Unvertainty: Decision-making for an Unknowable Future, qui affirme que la plupart des outils que les analystes utilisent pour prédire le futur sont faux et donnent un sentiment de sécurité et des certitudes erronées. Mais alors, comment décider, faire des choix et agir ?

La mention de la catastrophe dans le discours de Devos rappelle à Léo une citation : « Nous étions au bord d’un gouffre, nous avons fait un grand pas en avant », dont il ne se souvient pas de l’auteur. Quelques brèves recherches n’ont pas permis encore de l’identifier avec certitude, entre « Un homme d’État étranger », « Presque tous les chefs d’États africains » (Sylvie pense qu’il s’agit d’un politicien algérien), Léopold (tiens !) Sédar Senghor, Félix Houphouët-Boigny, Guy Mollet et d’autres.

Jean-Philippe souhaite évoquer la mémoire d’une personnalité extraordinaire décédée aujourd’hui même à l’âge de 100 ans : il s’agit de Daniel Cordier. Révolté en juin 1940 à l’écoute à la radio du maréchal Pétain demandant l’armistice, il rejoint dès juin 1940 de Gaulle à Londres, et malgré ses opinions de droite voire d’extrême-droite devient le secrétaire personnel de Jean Moulin. Après la Libération dont il était l’avant-dernier Compagnon, il ouvre une importante galerie d’art à Paris – il avait été initié à l’art par Jean Moulin… On pourra lire ici un récent article sur le parcours extraordinaire de ce personnage hors du commun, et écouter l’émission À voix nue de France Culture dans laquelle il se confiait, en 2013, au micro de Jérôme Clément.

L’évocation de l’histoire de Cordier rappelle à Michel celle de Georges Loinger – collègue puis ami du père de Michel (qui l’a donc connu) dans les années 1956-1964 –, qui, pendant la guerre, avec l’assistance de son cousin Marcel Mangel, plus connu sous le nom de Mime Marceau, a fait passer des enfants juifs clandestinement de France en Suisse>. Il est décédé fin 2018 à 108 ans. Michel l’avait revu – après un hiatus d’un demi-siècle – à la veille de ses 100 ans, et été frappé par sa forme physique et mentale inchangée… Léo l’avait rencontré sans avoir été un de ses familiers.

Sylvie se demande si Daniel Cordier avait connu Pierre Dac qui, durant la Seconde Guerre mondiale, avait été dans la Résistance et était arrivé à Londres en octobre 1943, après plusieurs arrestations. Or Daniel Cordier aurait quitté Londres pour être parachuté en France en 1942, il est possible qu’ils ne se soient pas croisés.

À propos de Pierre Dac, Léo mentionne Bagatelle pour un tombeau, réponse de Dac à l’attaque de Philippe Henriot à son encontre sur Radio-Paris.

Sur ces entrefaites, Françoise (P.) fait son apparition.

Avant que de se séparer, Jean-Philippe rappelle que lors d’un des apéros virtuels du premier confinement, on avait joué un spectacle à plusieurs voix (après répétitions hors apéro !). C’était en avril, il s’agissait de Jonas ou l’amour en baleine de Cami, saynette en deux actes et cinq personnages dans la distribution qu’on peut voir ci-contre. Il demande si l’on pourrait renouveler l’expérience mais autrement, peut-être une sorte d’atelier-théâtre à mi-chemin entre impro et texte écrit. L’idée plaisant à tous, Michel charge Sylvie de la réalisation et de la mise en scène future. Dans la brève discussion qui s’ensuit, Michel rappelle que deux personnes ne peuvent parler (ni chanter) ensemble sur Zoom, à quoi Sylvie répond qu’on peut tout à fait avoir des dialogues (ce qu’on avait d’ailleurs eu dans Jonas) où l’un parle (ou chante) tandis que l’autre se tait, et quand le premier a fini, le second répond, genre Le Duo des chats de Rossini que l’on peut écouter ci-dessus dans un amusant montage effectué par Sylvie pour un apéro en avril, où l’on peut lire que le compositeur est probablement autre que Rossini…

Quel qu’en soit l’auteur, on pourra aussi écouter ce génial duet avec deux sublimes (opinion toute personnelle de Michel) cantatrices).

Pour finir, Michel raconte à Chantal et à Léo que, durant le premier confinement, on avait tenu plus de 50 apéros virtuels, chaque soir (les comptes-rendus de plus d’une vingtaine sont en ligne sur ce site). Françoise (C.) exprime alors le souhait que le confinement actuel se poursuive au moins aussi longtemps…

19 novembre 2020

Apéro virtuel II.17 – mercredi 18 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Langue, Lieux, Littérature, Peinture, dessin, Sculpture — Miklos @ 3:55

Bureau de Nikos Kazantsakis (détaii). Musée historique. Héraklion (Crète).
Cliquer pour agrandir.

Après les arrivées successives de Jean-Philippe, Sylvie et Françoise (C.), avec lesquels s’instaure un échange sur les coiffeurs et la disparition de ce métier des trains (avez-vous entendu parler de Tresse Express ?), Françoise (P.) apparaît et nous lit un texte très joli­ment tourné, si joliment qu’on vous le donne à lire ici. De qui est-ce ? Devinez… Jean d’Ormesson ? Eh non, essayez encore… Si vous renoncez, Enfin, là1, c’est-à-dire en bas de page. Trop facile de cliquer… !la réponse est ici.

Sylvie et Michel évoquent alors ce grand écrivain de petite taille ; Sylvie, ayant reçu son numéro de téléphone d’un proche, l’avait appelé pour lui demander de préfacer son ouvrage La vie à la retraite : mode d’emploi. Petit manuel à l’usage des jeunes retraités déboussolés (2015). Il répond, lui demande comment elle a eu son numéro personnel ; elle bredouille « Un ami d’ami » afin d’éviter à avoir à identifier le coupable, il lance « Eh bien, il a eu tort, mes hommââââges, Mâdâmeu ! » et raccroche. C’est Pierre Bellemare qui en fera la préface : « Je suis dans ma 86ème année et je n’ai toujours pas l’im­pres­sion d’avoir pris ma retraite. Pourquoi ? […]. » Michel, et François, eux, avaient dîné avec lui – enfin, à des tables pas si éloignées l’une de l’autre – au Grand Colbert, où il était en compagnie d’une très jeune (quelques générations après la sienne) femme, et il était évident (à leurs expressions respectives) qu’ils n’étaient pas apparentés. Françoise (P.) dit alors qu’il était très machiste et qu’elle ne l’aimait pas à cause de ce machisme, mais comme son mari l’adorait, ils avaient tous ses livres chez eux.

Pour continuer sur le thème de la littérature, Michel montre une brève vidéo (moins de deux minutes) dans la série La p’tite librairie qu’il avait vue sur La Cinq, dans laquelle François Busnel présente de façon simple, claire et synthétique l’essai Effondrement : comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie de Jared Diamond. Ce n’est pas un livre récent récent, puisqu’il a été publié en France en 2006, mais il est encore plus d’actualité en ces temps de discours sur la collapsologie. Cela donne vraiment l’envie de l’acheter (sans forcément passer par Amazon pour ce faire) et de le lire (on connaît trop bien ces livres qu’on achète et empile pour « plus tard »…).

Ensuite, Michel montre quelques photos (dans cet album, à partir du n° 43) d’œuvres – extra­or­dinaires à son avis – du lointain passé (plus de 6800 ans pour celle ci-contre) et pourtant si « modernes » ! et pour certaines assez drôles (telle ce vase en forme d’oiseau réalisé il y a quelque 4500 ans), qui se trouvent au musée archéologique d’Héraklion en Crète, où il avait été invité en 2011 pour une réunion profes­sionnelle.

À propos d’une photo où l’on aperçoit le bout d’un pied émergeant de dessous des plis d’une toge – il s’agit d’une statue de marbre du temple des dieux égyptiens, datant de la fin du IIe siècle –, Françoise (C.) dit qu’elle a constaté qu’il a la forme de ce qu’on appelle « le pied grec », où le second orteil est plus long que le gros orteil, et se demandait si c’était une coïncidence ou avait un sens particulier, à quoi Michel n’a pas de réponse. À ce propos, Sylvie révèle qu’elle a le pied grec, ce qui est déplaisant, le second orteil frottant le bout des chaussures… Celui de Françoise (P.) s’avère l’être aussi, et, paraît-il, cette forme de pied est bien plus belle que celle du pied « normal ».

Autre révélation, celle de Jean-Philippe, aucun rapport avec le pied, si ce n’est qu’il a dû prendre le sien avec une boisson verte qui avait intrigué Françoise (P.) : c’est une boisson sans alcool, qu’il a réalisée en mixant radis, épinards et cornichons en quantités égales.

Ayant pris la parole, il poursuit avec une lecture d’un texte concernant l’eau et le feu. De qui est-ce ? Devinez… Bon, si vous renoncez, vous savez où se trouve la réponse. Jean-Philippe ayant mentionné Edgar Allan Poe dans son survol du contenu de cet ouvrage, Michel dit alors qu’ayant lu Poe très tôt et assez extensivement, la nouvelle qui l’a le plus impressionné alors et dont le souvenir est toujours aussi fort est Le Puits et le Pendule (dans l’original : The Pit and The Pendulum) datant de 1942 et publiée (dans son édition française) dans le recueil Nouvelles histoires extra­or­dinaires. Suspense quasi intenable – il est vivement déconseillé de lire l’argument de Wikipedia si l’on souhaite lire la nouvelle – , haletant, et bien que parlant du passé (bien avant Poe) il fait appel à ce qu’on qualifierait aujourd’hui de science fiction. On pourra le lire ici dans la traduction de Charles Baudelaire. Françoise (P.) se souvient d’avoir eu peur en lisant du Poe, ce qui n’est pas le cas de Sylvie.

Sylvie nous présente un livre qu’elle vient de finir de lire, Terre Ceinte (2015), du jeune romancier sénégalais d’expression française Mohamed Mbougar Sarr : c’est un roman qui se passe quelque part en Afrique, dans un territoire conquis par des islamistes. Malgré la difficulté de passer le cap des dix premières pages quelque peu étranges, Sylvie a trouvé cet ouvrage extrêmement bien écrit et un peu oppressant ; il décrit fort bien la logique – qui nous est étrangère –, le compor­tement cohérent et la jouissance de la violence du chef de la police, un fou de Dieu. Ce livre lui a été recommandé par sa cousine, qui parle non seulement le français, mais aussi l’anglais, le yiddish et le wolof (une des langues du Sénégal, pays où elle habite et dont elle détient la nationalité). Elle a fait des documentaires et écrit des livres, dont la trilogie Boy Dakar, Hivernage et Fouta Street. Sylvie conseille particulièrement la lecture de ce dernier ouvrage, écrit comme un roman policier sans l’être et qui se passe entre le Sénégal et New York et qui montre la confrontation des cultures.

Ce polyglottisme fait penser Michel à Claude Hagège qui, apparemment, connaît un grand nombre de langues sur le plan scientifique, mais sait-il en parler ? D’autre part, il faut dire qu’il n’apprécie pas vraiment ni l’œuvre – écrite dans un style parlé, comme s’il l’avait dictée sans même se corriger – ni le personnage, fort maniéré à son goût. Sylvie opine, disant son étonnement à la difficulté qu’elle a de le comprendre quand il parle de ces sujets…

Michel parle alors des discours de certains experts (non, pas la majorité) dont il lui arrive de détecter des erreurs – pour ceux des domaines qu’il lui arrive de connaître – dues à leur méconnaissance « profonde » de ces domaines ; c’est le cas de George Steiner, essayiste et critique fameux qu’il avait admiré après l’avoir découvert, et auquel il avait demandé (et reçu) l’autorisation de republier la version anglaise de son essai Dans le château de Barbe-Bleue. Notes pour une redéfinition de la culture dans son site anti-négationniste. Puis ce furent des erreurs factuelles ou des omissions dans ses écrits concernant le judaïsme (cf. une critique de Michel à ce propos), un roman, Le Transport de A.H. (il s’agit de Hitler) mal ficelé, et surtout, comme le remarquait l’historien Jacques Le Goff lors de l’émission Apostrophes en 1981 où Steiner présentait son roman, on ne pouvait qu’être « très gêné par la fascination face à Hitler que George Steiner vient d’exprimer », fascination qu’il n’a d’ailleurs eu de cesse d’éprouver pour la force et le mal absolus et leur manifestation dans de tels plumes que le maurrassien et royaliste Pierre Boutang ou les antisémites et collaborationnistes Louis-Ferdinand Céline et Lucien Rebatet. Pour conclure, en écoutant des discours d’experts, il faut être en mesure de se demander sur quoi ils sont « assis ». Françoise (P.) dit alors que ce n’est pas donné à tous, c’est la culture qui permet tout ça, d’où la nécessité d’apprendre.

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1. Texte tiré de La Tête en vrac (2014) de Patrice Métayer.

2. Texte tiré du Miroir des idées (1996) de Michel Tournier, com­pre­nant de petits articles où « les idées s’éclairent en s’opposant deux à deux », comme l’écrit l’auteur lui-même.

18 novembre 2020

Apéro virtuel II.16 – mardi 17 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Humour, Lieux — Miklos @ 2:49

Le mur des lamentations, Jérusalem (1967-1968)

Jean-Philippe, premier arrivé, reconnaît immédiatement l’arrière-plan de Michel (ci-dessous), et s’écrie, bras levés, « Nous sommes à Jérusalem ! », à quoi Michel répond : « Nous étions à Jérusalem, c’était en 1967-8 », et Jean-Philippe de rétorquer : « L’an prochain à Jérusalem ! », ce qui rappelle à Michel une anecdote : peu après 1967, se trouvant à Londres en vacances dans une auberge de jeunesse, il conversait avec un autre occupant originaire d’Asie du sud-est. Ce dernier, apprenant que Michel habitait en Israël, lui demande quelle en est la capitale, et s’exclame stupéfait en entendant la réponse : « Comment, Jérusalem n’est pas une ville céleste ??? » Michel se dit alors in peto que tout aurait été plus simple si elle l’avait effec­ti­vement été…

Sur ces entrefaites, Sylvie apparaît, puis Françoise (C.) masquée, se trou­vant dans un train qui la ramène à Paris. Si l’on avait eu par le passé quelques zoomistes se trouvant ailleurs en France ou à l’étranger – Françoise (M.) à Montpellier, Françoise (C.) elle-même en Italie, Elsa à Beyrouth… – c’est bien la première fois qu’un(e) participant(e) est présent en cours de déplacement (à part les quelques apparitions de François marchant dans les rues de Paris).

Sylvie souhaite montrer les premières minutes d’une vidéo consacrée à l’expo­si­tion Raphaël au Domaine de Chantilly, organisée à l’occasion du 500e anni­versaire de sa mort. Cette vidéo est le fruit de la réalisation d’Olivier Magnan, blogueur Arts et Culture « Scribe Accroupi1 », et qui a produit des dizaines d’autres vidéos disponibles sur sa chaîne YouTube. Avant même le visionnage de la vidéo, Jean-Philippe interjette que cela lui rappelle un biopic qu’il a récemment vu, Michel-Ange, réalisé par Andrey Konchalovsky, et continue avec un développement sur les relations souvent difficiles entre Michel-Ange et Raphaël (qui y fait une brève apparition) qui avaient des tempéraments particulièrement opposés. Sur ces entrefaites, Françoise (P.) venant d’apparaître, on regarde le début de la vidéo en question.

Ensuite, Sylvie déclame à la Malraux un discours à l’occasion de l’avènement de Joe Biden, discours qui convient aussi au fait que le (second) pic de l’épidémie du coronavirus semble être passé. Le texte en a été écrit par André Isaac Pierre Dac en 1972 à l’occasion de l’inauguration du square qui porte son nom à Meulan. Après les applau­dis­sements des spectacteurs, Françoise (P.) évoque la couverture des Pensées de Pierre Dac (que l’on peut voir ci-contre), qui parodie les petits fascicules Larousse de l’époque. Elle mentionne aussi L’Os à moelle (dont une antho­logie vient d’être publiée), Signé Furax, dont la première saison s’intitulait Malheur aux barbus, Pierre Dac à la manière d’Hitchcock… Elle précise l’avoir découvert grâce à Francis Blanche, qui avait écrit des chansons ravissantes, à l’instar du Prisonnier de la tour.

flourish

Michel montre alors la photo du Mur des Lamentations et quelques trans­for­mations qu’il en a faites (les deux dernières photos de l’album dénotant bien l’instabilité croissante de la situ­ation dans cette ville et d’ailleurs dans toute la région). En ce qui concerne la photo elle-même, ce lieu était encore relativement dans son jus, même si la ruelle dans laquelle il se trouvait avait d’évidence disparu pour faire place à cette esplanade ; depuis s’y sont rajoutés toutes sortes d’objets et de meubles servant au culte qui s’y concentre.

Françoise (P.), catholique pratiquante, raconte être allée glisser un petit papier entre deux des blocs du Mur, sa mère étant très malade à l’époque, pratique destinée à exprimer un vœu (sorte d’ex voto transposé à ce contexte…). Son mari, qui voulait l’accompagner jusqu’au Mur, a dû mettre sur la tête une calotte (kippah, en hébreu) qu’on lui tendait ; puis, Françoise (P.) voulant le prendre en photo, des hommes en arme se sont approché d’elle, exigeant qu’elle leur remette la pellicule de son appareilAucun rapport avec les cheveux ; c’est ce sur quoi s’enregistraient les photos avant l’ère du numérique., il a dû s’exécuter… dommage pour les autres photos qui s’y trouvaient déjà.

Michel ayant demandé à Françoise (P.) si la lapidation dont la voiture dans laquelle elle se trouvait en entrant à Mea Shearim avait été la cible comme elle l’avait relaté hier – le fait de conduire une voiture étant interdit le Shabbat pour les pratiquants juifs, ils voulaient sans doute l’empêcher d’entrer dans leur quartier –, une discussion fournie s’engage entre Jean-Philippe et Sylvie sur l’histoire des pres­crip­tions religieuses du judaïsme.

L’apéro se termine par une évocation de prénoms (à l’instar de Barthélémy et d’Adolphe) et des noms (Connard/Cosnard, Cocu…) lourds à porter du fait de leur sens ou de leur histoire.

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1. Le Scribe accroupi est une merveilleuse œuvre se trouvant dans le département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre.

16 novembre 2020

Apéro virtuel II.15 – lundi 16 novembre 2020

Classé dans : Lieux, Musique — Miklos @ 23:59

Vue de Jérusalem. Die Heylighe Bevarden tot dat heylighe grafft in Iherusalem
(Le Saint Pèlerinage au Saint Sépuchre), de Bernhardt van Breydenbach (1440?-1497),
imprimé en 1488. (source). Cliquer pour agrandir.

À l’apéro de ce soir arrivent gradu­el­lement Jean-Philippe, Betty en compa­gnie de Charlot et de l’enfant (The Kid, 1921) assis sagement derrière elle, puis Françoise (C.). En attendant d’autres participants, on lève le coude allè­grement après qu’elle ait renversé donné à boire du vin à son télé­phone portable, vin qu’elle tire de cubitainersRécipient cubique, généralement en matière plastique, servant au stockage et au transport de liquides. (Larousse) de 2 litres, en carton, ce qui lui évite d’avoir à jeter des bouteilles en verre.

Sur ces entrefaites, Sylvie apparaît à l’écran alors que Michel explique à Françoise que Betty et lui ont fait connaissance, comme Sylvie et lui, sur les bancs d’une école (mais pas la même). Françoise dit alors être curieuse de savoir pourquoi ceux des présents qui avaient vécu longtemps en Israël avaient décidé de revenir en France.

Michel raconte ses tribulations entre la France (où il est né) et Israël du fait du métier de son père, puis son départ aux US pour ses études de doctorat et enfin la découverte fortuite d’un poste à l’Ircam à Paris qui lui fait abandonner ses études et partir à Paris, au lieu de revenir en Israël comme il pensait le faire.

Sylvie prend le relais avec ses tribulations en France (où elle est aussi née) – Paris, Châtellerault, La Rochelle, Paris –, puis son départ pour quelques mois en Israël en 1967 (année de la Guerre des Six jours) en tant que volontaire au kibboutz de Houlda (où le célèbre écrivain israélien Amos Oz avait vécu un temps), et enfin derechef en 1968 après les événements de mai, à la recherche d’indépendance (la sienne) et de nouveaux horizons. Elle obtient la nationalité israélienne à son arrivée en vertu de la Loi du retourLoi qui garantit à tout Juif le droit d’immigrer en Israël. et commence par y étudier les bases de l’hébreu dans un oulpanOrganisme d’enseignement intensif de l’hébreu en Israël., puis entre au Technion, l’institut technologique d’Israël, en deuxième année de mathématiques (après quelques errances dans d’autres départements) où elle fait connaissance de Michel. Quant au service militaire (obligatoire pour hommes et femmes), elle en a été dispensée : trop vieille (elle avait 20 ans…). Elle se marie en Israël et a deux filles. Quelques années plus tard, elle décide de rentrer en France « deux enfants sous un bras, deux valises sous l’autre ».

Les chemins de Sylvie et Michel se séparent à la fin de leurs études, et ce n’est que quelque 45 ans plus tard que Sylvie tombe fortuitement sur le profil de Michel dans LinkedIn qui le lui suggère comme ami (sans doute au vu de leur parcours technionesque commun). N’ayant pas de compte payant sur le site, elle ne peut l’y contacter, mais arrive finalement à le faire par un autre moyen, et c’est ainsi qu’ils se sont retrouvés.

À propos du service militaire en Israël, Jean-Philippe raconte que, lors de sa visite dans ce pays l’année dernière, il avait remarqué avec beaucoup d’étonnement qu’il y avait des soldats partout – non pas pour surveiller, mais très présents dans la société, dans les rues, dans les tramways, visitant des musées, attablés à des cafés, dans … – très jeunes, armés jusqu’au dents et en même temps très bon enfant.

Puis c’est au tour des deux Françoises de parler de leur « petite expérience » en Israël avec le chœur de l’orchestre de Paris. Françoise (C.) raconte que Daniel Barenboim, à l’initiative de qui ce chœur avait été créé en 1976, avait donné son cachet pour financer son voyage en Israël (avril 1986) – transport, hébergement et repas y compris – à Pâques pour chanter la Damnation de Faust d’Hector Berlioz. Les choristes purent y faire des excursions, notamment au lac de Tibériade. Puis derechef en 1986, toujours à l’initiative de Barenboim, cette fois-ci à Noël, pour chanter La Création de Haydn sous la direction de Zubin Mehta. À la répétition du matin avec les trois solistes – José van Dam, Barbara Hendricks et Chris Merritt –, il manquait un pianiste. Daniel Barenboim se trouvant dans les parages en tenue très décontracté, Mehta l’a sollicité pour ce faire, avec les répliques de quelques choristes qui assistaient à la répétition assis dans la salle. Durant ce voyage, certains en ont profité pour partir en excursion à Eilath, alors que Françoise (C.) a fait une marche de Beer-Sheva à Massada1. Puis, se plongeant en maillot de bain dans la Mer Morte et se badigeonnant de boue, son groupe a entonné le chœur des Buveurs2 de la Damnation de Faust. Enfin, le chœur est allé chanter la messe de minuit au monastère d’Abu Gosh (situé entre Jérusalem et Tel-Aviv). Bien des années plus tard, vers 2014-2015, Françoise a été sélectionnée par Arts et Vie pour accompagner deux voyages en Israël. Le but du second était d’aller écouter la Traviata à Massada par 45° à l’ombre, après quoi leur groupe est passé par le même monastère, où elle a rencontré un moine qui avait assisté à leur concert des années auparavant.

Quant à Françoise (P.), elle a « fait » Massada, de jour, avec José van Dam, si drôle et sympathique. Elle se souvient aussi très bien et avec beaucoup de plaisir de la messe de minuit à Abou Gosh. Mais son plus grand souvenir, c’est celui d’avoir fait le Chemin de croix. Une anecdote : lors d’une balade en voiture avec son mari et quelques amis un soir après la répétition, ils se sont égarés à Jérusalem et retrouvés dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim ; et voilà qu’ils se sont fait lapider par ces intégristes, sans pouvoir même leur demander leur chemin3

Betty a dû aller 6-7 fois en Israël en touriste, souvent avec une proche amie. La dernière fois, en décembre 2018, elle s’est trouvé dans le très beau (et bobo, même) quartier de Neve Tsedek de Tel-Aviv, où siègent nombre d’organismes culturels, avec, entre autres, Yung Yidish TLV qu’anime Mendi Kahan. Lors d’un de ces voyages, elle a visité le quartier de Mea Shearim sans aucun problème.

Un échange s’engage alors entre les zoomistes autour de la question des fractures sociales croissantes qui affectent nombre de pays démocratiques – entre ultras (religieux mais pas que) et non ultras, entre gauches et droites, avec, comme le signale Sylvie, l’amalgame facile entre la politique d’un pays et son peuple, en l’occurrence avec l’identification de sioniste = juif, avec comme corrélat de l’utilisation d’une posture antisioniste qui est de fait de l’antisémitisme, alors qu’il est tout à fait possible d’être antisioniste sans être antisémite : certains juifs – et notamment les ultra orthodoxes, opposés à un pays juif laïc – le sont.

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1. Vu la distance, on se demande comment ils ont fait tout cela en un jour…

2. En en écoutant les paroles – « Oh ! Qu’il fait bon quand le ciel tonne […] se remplir comme une tonne dans un cabaret enfumé ! J’aime le vin… » – on peut comprendre que Françoise (C.) préfère des conteneurs de 2 l. aux bouteilles de 3/4 l.

3. Hypothèse : aurait-ce été un vendredi soir, début du Shabbat où, entre autres interdits, on ne peut utiliser de voiture ?

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