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2 novembre 2010

L’amour vache

Classé dans : Musique — Miklos @ 21:26

« Femme de tête et femme du reste, ce qui est une grande perfection, Olga Chamarande a su faire une fortune avec la chose que le bon Dieu ne lui a pas donnée pour mesurer de l’avoine. Elle a l’esprit fin et l’amour vache. » – Pierre Hamp, La peine des hommes : le cantique des cantiques. NRF, Paris, 1922.

On n’a pas besoin d’être adepte des pratiques du divin marquis pour prendre un plaisir non dissimulé à certaines manifestations – purement musicales – de l’amour vache. À ce propos, on peut se demander d’où vient l’expression ; la mention la plus ancienne qu’on ait numériquement trouvée remonte à 1922, dans un texte de l’étonnant Pierre Hamp.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre vache. L’interprétation la plus amusante, la plus gouailleuse, la plus coquine, la plus savoureuse qu’on en connaisse est celle qu’en donne Magali Noël dans le « premier rock sado-maso de l’histoire de la chanson française », comme l’écrit Georges Unglik dans son édition des chansons de BorisVian (Christian Bourgois, 1984).

Ah, Magali Noël ! Si archétypiquement française comme tous ces étrangers arrivés en France sans en être reconduits vers leur « pays d’origine », d’Offenbach à Ionesco, et qui se sont approprié avec amour sa culture pour en faire un objet idéal. Elle était née à Izmir, comme Dario Moreno d’ailleurs (dont elle parle avec beaucoup de sympathie), qui n’hésitait pas de passer de l’air du Brésilien d’Offenbach au célèbre tube Si tu vas à Rio. Du moment que ça swinguait, ça allait. Quant à Magali Noël, si elle a interprété nombre de chansons de Vian, sa carrière est loin de s’y être limitée. Mais celle-ci… :

Si personne n’ignore le Dernier tango à Paris, on connaît moins le Masochism Tango. Il est vrai que Marlon Brando et Maria Schneider sont plus connus que Tom Lehrer, mais nos fidèles lecteurs ont déjà entendu parler de cet Américain inclassifiable, d’une part professeur de mathé­matiques à Harvard, d’autre part chansonnier dans un pays où il n’y pas de chansonniers. Si Magali Noël demande à son amoureux de lui faire mal, c’est maintenant l’inverse : Tom Lehrer supplie sa chérie de lui faire toutes sortes de (douces ?) tortures, avec force de jeux de mots très amusants. Pour ceux qui voudraient lire les paroles, nous les avions fournies ici. Pour épargner les âmes sensibles parmi les amateurs de (bonne) musique, nous n’en fournirons pas la traduction.

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2 commentaires »

  1. Magali est tout de même d’origine française !

    Commentaire par francois75002 — 3 novembre 2010 @ 13:51

  2. [...] sous elles. Il y a de quoi pleurer : l’amour de la vache pour son veau n’a rien d’un amour vache, bien au [...]

    Ping par Miklos » Oh la vaaaaaache ! — 11 avril 2011 @ 2:07

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