Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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13 novembre 2005

Pourquoi « Miklós » ?

Classé dans : Non classé — Miklos @ 10:47


Михайл Турчин
 

Mon père et ma mère
 

Mon père et moi
 

Mon premier professeur de piano
 

Mon premier concert
 

Madame Carole
 

À Paris
 

En Israël
 

Aux États-Unis

Le prénom que je porte, d’origine biblique, est celui de mon oncle maternel, né à Odessa et mort lors du siège de Léningrad. Mes parents m’ont raconté qu’il avait été difficile de faire inscrire « Michael » à l’état civil quand je suis né ; c’était avant la foison de Brians et de Vanessas, il fallait être un saint du calendrier d’alors (y a-t-il maintenant un St Brian, I wonder ?). Mais ils y sont arrivés, et je leur en suis reconnaissant : j’aime mon prénom à toutes ses sauces, qui reflètent mon histoire et celles de mes proches.

Ma mère utilisait toute la palette, si chaude et si caressante, des diminutifs et diminutifs de diminutifs russes, avec l’accent-là-où-il-faut, quand bien même elle parlait un français sans faute et sans son accent d’origine. Mon père n’en utilisait qu’un, le diminutif au premier degré, si je puis dire. Né en Pologne, puis parti s’installer en Palestine, il me parlait en hébreu, et n’avait donc aucun mal à le prononcer comme il faut (c’est à dire : comme j’étais habitué à l’entendre), l’accent tonique sur la première syllabe. Il en va de même de mes proches en Israël. C’est d’ailleurs ainsi que tout le monde appelait mon oncle, Мйша.

Madame Carole, une de mes premières institutrices, était bien la seule à utiliser mon prénom officiel en français, même si tout le monde utilisait « Michel », ce que je préférais, surtout après avoir découvert, dans la bibliothèque de mes quasi grands-parents, le roman Michael chien de cirque, de Jack London ; non, je n’étais pas un chien, et on ne m’appellerait ni Lassie ni Michael. Mes proches utilisent toujours le diminutif russe de premier degré, mais accentué à la française, ce qui ne manque pas de me faire sourire in petto. Et quand au diminutif français qu’utilisait ma mère, il n’y avait qu’elle (et ma cousine israélienne) qui pouvait l’utiliser. Surtout depuis que j’ai appris, bien plus tard, l’existence d’une certaine boîte d’une célébrité que je ne veux partager, ce serait un vrai martyre (au 80 de la rue du même nom).

En Israël, on utilisa en général la prononciation hébraïque de mon prénom d’origine, ce qui me convenait parfaitement (surtout si l’accent était placé correctement sur la dernière syllabe, même si l’usage tend à le placer de nos jours sur la première). Quelques-uns utilisent un diminutif particulier à l’hébreu, מיכה.

Lors de mes études aux États-Unis, je refusai d’être appelé « Mike » (je ne me sentais pas l’âme d’un cowboy) ni même « Mick », « Mitch » ou, pire, « Mickey » ; ni d’ailleurs « Michel » avec l’accent (la chanson des Beatles était passée par là) ; il ne restait plus que « Michael » dans sa prononciation anglo-saxone. Très bien.

En fait, j’utilise la déclinaison du prénom dans la langue dans laquelle je m’exprime. Ce n’est pas une traduction, c’est sa localisation, en quelque sorte ; il en va de même avec bien d’autres noms propres, tels, par exemple, les noms de pays ou de ville ; personne ne trouve étrange d’entendre « Paris » appelé « Parige » par des Russes, « Périsse » par les Anglais (sans aucune intention cachée) et « Paname » par ceux qui l’aiment. Et pourtant, cela ne manque pas de causer une confusion chez certains de mes collègues, qui me voient parfois utiliser « Michel » ou « Michael », sans remarquer la différence de contexte. Quant aux diminutifs, ils sont à la mesure du degré d’intimité qui me lie à la personne qui l’utilise.

Alors, pourquoi pas « Miklós » ?


 À la Clinique du Belvédère, peu avant S.A.I. Charles Marie Jérôme Victor Prince Napoléon, mais uniquement pour des raisons de proximité. Ses parents n’ont sans doute eu aucun problème, eux, à faire inscrire ses prénoms à l’état civil.

10 commentaires »

  1. Cher Miklos.
    Je remercie Monique de m’avoir donné l’adresse de ton blog. Cela me donne l’occasion de te saluer et de me faire pardoner de n’avoir pas répondu à tes bons voeux. Pas d’excuses sauf le traditionnel “je le fais demain, mais je suis débordée, alors après-demain qui est devenu aujourd’hui” Bonne année Miklos !
    Je suis bluffée par ton blog que je n’ai que survolé. Il te ressemble étrangement : super organisé, bien foutu (je te préfère sans barbe, version Eretz), hyper documenté, bref de la belle intelligence. Ce texte sur ton histoire est très touchant. J’ai bien envie de te revoir. A quand un RV ?
    Je t’embrasse, Martine.

    Commentaire par Martine — 8 avril 2006 @ 11:31

  2. Bonjour Miklos,
    je découvre votre blog et suis très sensible à votre personnalité et votre style.
    Le temps de le parcourir dans les jours qui viennent malgré mes voyages.
    Sombre dimanche m’a conduit vers vous.
    Joyeuses Pâques
    Christine

    Commentaire par christine — 12 avril 2006 @ 14:07

  3. Après notre rencontre chez Eglantine et Didier, merci et bravo pour votre site.
    Je vais me lancer dans la fabrication de la tourte au potimarron.
    Bien amicalement.
    Françoise.

    Commentaire par courcel françoise — 21 décembre 2009 @ 16:58

  4. Merci pour le commentaire amical, et pour l’accompagnement au piano !

    Bien amicalement,
    Le Miklos

    Commentaire par Miklos — 21 décembre 2009 @ 17:11

  5. Le prénom Miklós n’a rien à voir avec Michael, c’est la version hongroise de Nicolas ! Recherchez par exemple Szent Miklós sur Wikipedia en hongrois, les traductions dirigent bien vers Saint Nicolas en français, pas Saint Michel !

    Commentaire par un vrai Miklos — 2 avril 2010 @ 11:02

  6. Il n’a rien à voir sémantiquement ou étymologiquement (puisqu’il vient du grec avec changement du “N” en “M” et est proche du “Niklaus” allemand), mais il l’a d’une certaine façon : sonore. Que je préfère à “Mihaly” (qui est, en hébreu, un diminutif d’un prénom féminin).

    Ce choix de pseudonyme n’a rien de scientifique et ne recherche pas à démontrer quoi que ce soit. Il est ainsi, c’est tout.

    Commentaire par Miklos — 2 avril 2010 @ 11:09

  7. Cher Monsieur,
    Est-ce que le correspondance entre Mme votre mère et Julien Gracq a été – ou sera-t-elle – publiée?
    Merci,

    Prof. Inga Kohn

    Commentaire par inga Kohn — 9 novembre 2010 @ 18:35

  8. Malheureusement non : en toute innocence, j’avais mis dans ce blog l’une d’elles (un beau texte, vraiment), et l’ayant droit de Julien Gracq m’a signifié qu’elle s’opposait à toute publication de textes de JG, du fait qu’elle en détient les droits (même sur les correspondances privées qui ne la concernent pas) : c’est vrai, mais elle aurait pu m’accorder celui de laisser ce texte en ligne, il ne contenait rien de personnel (c’était comme une novellette). J’ai dû donc le supprimer à sa demande, et en sus bien vouloir le lui fournir (j’aurais pu refuser) : dorénavant, elle peut donc le publier sans même m’en demander l’autorisation. Je ne lui ai pas communiqué les autres lettres (intéressantes à d’autres égards), et ferai en sorte qu’elles n’y arrivent jamais.

    Commentaire par Miklos — 9 novembre 2010 @ 18:52

  9. Bonjour Miklos

    Je parcours les mailles de votre ouvrage que j’ai découvert ces jours-ci (j’aime l’idée du “crocheteur”). De page en page, au hasard des listes d’articles générées automagiquement.
    Et je suis… chipée !
    Maintenant, j’ai rétrospectivement honte de mon commentaire très bisounours sur votre article à propos des films d’Etaix. Je l’avais commis à l’aveugle, sincèrement, sans chercher à savoir qui vous étiez !
    Dire que je vous connais bien mieux de vous avoir lu un peu serait présomptueux et faux, bien sûr.
    J’ai inscrit l’url de Miklos dans mon reader google, je compte bien devenir une lectrice fidèle.

    A propos de “Pourquoi Miklos” je me suis souvenue du vieil ami polonais de mon père que j’ai connu comme Micha, puis Michel, puis Michael… Un peu de son histoire est là :
    http://tillybayardrichard.typepad.com/le_blogue_de_tilly/2009/08/michael-lawina-19162009.html

    Je vous souhaite une douce année 2011
    tilly (avec un petit t, c’est mon pseudo, avec un T majuscule, c’est mon prénom !)

    Commentaire par tilly — 31 décembre 2010 @ 13:54

  10. Bonjour tilly,

    Merci pour votre commentaire et vous n’avez pas à vous excuser pour l’autre : la nature du web – on aime ou non, mais c’est un fait – est telle que tout y est potentiellement décontextualisé (mais quand on prend un livre et qu’on l’ouvre au milieu, qu’on y lit une page, qu’on le repose et qu’on en prend un autre, n’est-ce pas la même chose ?) et, en même temps, potentiellement hypercontextualisé (par la foison de liens qui, comme les fils d’une toile d’araignée – “web” en anglais – peut carrément étouffer).

    Et puisque l’on parle contexte, un (pré)nom se contextualise aussi, n’en déplaise à ceux pour lesquels il n’y a qu’une langue et qu’une culture (les leurs). En lisant la lettre de l’ami de votre père, je me rappelle de l’histoire que m’avait racontée une amie qui avait incité et aidé (pas “initié”, cela fait secte) une connaissance à se mettre à utiliser un ordinateur à 72 ans – et elle l’avait fait avec entrain.

    Pour ma part, depuis que je me suis approprié, à ma façon, ce métier à tisser, je passe bien plus de temps à y écrire (un billet peut me prendre plusieurs heures) qu’à y faire les vitrines.

    Meilleurs voeux à vous aussi,
    Miklos

    Commentaire par Miklos — 31 décembre 2010 @ 15:24

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