Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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17 mai 2026

Encore, encore, encore… ! ⦿ More, more, more…!

Classé dans : Humour, Peinture, dessin, Progrès, Religion, Santé, Sciences, techniques — Miklos @ 9:24

Image : Flow. Texte : ChatGPT
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Français ⦿ English

Au temps où les monastères copiaient les livres à la lumière tremblante des cierges, vivait une recluse nommée Accumulata. Nul ne savait d’où lui venait sa vocation singulière. Certains disaient qu’enfant elle avait pleuré devant une pomme oubliée dans la boue ; d’autres qu’elle entendait les objets abandonnés gémir la nuit.

Elle recueillait tout.

Les cuillers tordues, les dés à coudre perdus, les clefs sans serrure, les morceaux de chandelle, les peignes cassés, les cloches fêlées, les statues décapitées, les osselets, les rubans mangés par les mites, les fioles vides et même les cailloux de formes curieuses. Sa chapelle devint un labyrinthe de piles branlantes où l’on avançait de travers comme dans une forêt de choses mortes.

Les pauvres du village venaient parfois lui confier des objets dont ils ne pouvaient se séparer. Accumulata les recevait avec gravité, comme des reliques sacrées. Elle disait : « Rien ne doit être perdu, car toute chose a désiré exister. »

Les années passèrent. Les murs disparurent sous les entassements. On ne voyait plus les vitraux ; la cloche elle-même avait été rangée quelque part et nul ne pouvait plus la retrouver.

Puis vint l’hiver de sa fin.

Une nuit de grand vent, tandis qu’Accumulata tentait d’ajouter une dernière boîte à une montagne déjà vacillante de coffrets, de roues, de livres humides et de chandeliers, toute la nef s’effondra dans un grondement terrible. On retrouva seulement sa main dépassant d’un amoncellement de tapis, de cages, de miroirs et de casseroles.

Les moines dirent qu’elle était morte écrasée par le poids de son attachement terrestre.

Mais trois jours plus tard, il se produisit un miracle : tous les objets ensevelissant son corps furent retrouvés parfaitement classés. Les aiguilles avec les aiguilles, les clefs avec les clefs, les tessons avec les tessons. Et au sommet de la pile reposait une petite étiquette portant ces mots:  « Enfin il reste de la place. »

Alors l’Église populaire la proclama Sainte Accumulata, patronne des collectionneurs, des chiffonniers, des archivistes et des âmes incapables de jeter quoi que ce soit.

On raconte qu’au paradis elle reçut un espace infini, plus vaste que les mers et les déserts réunis. Là, les anges lui apportent sans cesse les objets perdus du monde : boutons tombés sous les lits, lettres jamais envoyées, jouets oubliés, bagues glissées dans les puits, outils rouillés et livres introuvables.

Et Sainte Accumulata sourit enfin, car pour la première fois l’espace ne lui manquait plus.

Morale :

Celui qui veut posséder toutes les choses finit souvent possédé par elles.

Mais peut-être qu’au fond de toute accumulation se cache un amour maladroit mais infini et éternel du monde.

In the days when monasteries copied books by the trembling light of candles, there lived a recluse named Accumulata. No one knew the origin of her strange vocation. Some said that, as a child, she had wept over an apple left rotting in the mud; others claimed she could hear abandoned objects crying during the night.

She gathered everything.

Bent spoons, lost thimbles, keys without locks, scraps of candles, broken combs, cracked bells, headless statues, knucklebones, moth-eaten ribbons, empty flasks, and even stones of curious shape. Her chapel became a labyrinth of precarious piles through which one walked sideways, as in a forest of dead things.

The poor of the village sometimes came to entrust her with objects they could not bear to throw away. Accumulata received them solemnly, as though they were sacred relics. She would say: “Nothing should be lost, for every thing once desired to exist.

Years passed. The walls disappeared beneath the heaps. The stained-glass windows could no longer be seen; even the bell itself had been stored somewhere, and no one could find it anymore.

Then came the winter of her end.

One stormy night, as Accumulata tried to place one final box atop an already trembling mountain of chests, wheels, damp books, and candlesticks, the entire nave collapsed with a terrible roar. They found only her hand protruding from a mound of carpets, cages, mirrors, and cooking pots.

The monks declared that she had died crushed beneath the weight of her earthly attachments.

But three days later, a miracle occurred: every object covering her body was found perfectly sorted. Needles with needles, keys with keys, shards with shards. And at the very top of the pile rested a small label bearing these words: “At last, there is room.”

Then the common people proclaimed her Saint Accumulata, patron saint of collectors, ragpickers, archivists, and souls incapable of throwing anything away.

It is said that in Heaven she was granted an infinite space, vaster than seas and deserts combined. There, angels endlessly bring her all the lost objects of the world: buttons fallen beneath beds, letters never sent, forgotten toys, rings slipped into wells, rusted tools, and books no one can find anymore.

And Saint Accumulata smiles at last, for for the first time, space no longer fails her.

Moral:

Whoever seeks to possess all things often ends up possessed by them.

And yet perhaps, at the heart of every accumulation, there hides a clumsy yet infinite and eternal love of the world.

14 mai 2026

Quand la Joconde rend les IA dingues… // When Mona Lisa drives the AIs crazy

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Français ⦿ English

J’ai demandé à plusieurs IAs – ChatGPT (OpenAI), Copilot (Microsoft), Flow (Google) – de générer une image photoréaliste format paysage de la salle de la Joconde au Louvre, saturée de visiteurs, tous en train de prendre des selfies tout en tournant (évidemment) le dos à la Joconde.

Les résultats ont varié du médiocre au catastrophique.

On peut voir ci-dessus le résultat le plus… ridicule, celui de Copilot : tous les visiteurs font face à la Joconde, alors que Copilot affirme, juste en dessous de sa création, affirme que « Dans cette pièce, absolument tout le monde tourne le dos à la Joconde. ».

En outre, l’image ne montre essentiellement que la Joconde et deux tableaux à proximité, alors que j’avais demandé – et le texte affirme l’avoir produit – une vue panoramique de toute la salle.

Enfin, le fameux tableau aurait dû partiellement masqué par la multitude de smartphones, ce qui n’est visiblement pas le cas.

ChatGPT a fait le même type d’erreurs.

Quant à Flow, il a créé une salle dans laquelle il y avait au moins deux Jocondes, avec le public regardant dans tous les sens. C’est vrai que c’est plus commode, mais tout de même…

I asked several AIs – ChatGPT (OpenAI), Copilot (Microsoft), and Flow (Google) – to generate a photorealistic landscape image of the Mona Lisa room at the Louvre, saturated with visitors, all taking selfies while (obviously) turning their backs on the Mona Lisa.

The results ranged from mediocre to catastrophic. Above, you can see the most ridiculous result, Copilot’s: all the visitors are facing the Mona Lisa, whereas Copilot claims, just below its creation, that “In this room, absolutely everyone has their back to the Mona Lisa.”

Furthermore, the image essentially only shows the Mona Lisa and two nearby paintings, whereas I had requested – and the text claims to have produced – a panoramic view of the entire room.

Finally, the famous painting should have been partially obscured by the multitude of smartphones, which is clearly not the case.

ChatGPT made the same kind of mistakes.

As for Flow, it created a room with at least two Mona Lisas, with the visitors looking in every direction. It’s true that it’s more convenient for the public, but still…

La place des conflits intérieurs

Place Igor-Stravinsky, 13 mai 2026. Cliquer pour agrandir.

Devant la fontaine de Niki de Saint Phalle, les visiteurs croient voir des créatures joyeuses, colorées, vaguement musicales, occupées à cracher de l’eau avec la sérénité absurde des dieux modernes.
Ils ignorent cependant l’essentiel : les personnages se détestent cordialement.

L’oiseau multicolore, par exemple, ne parle plus à la danseuse rouge depuis l’été 1987, à cause d’une histoire de reflet dans le bassin.
Le serpent prétend n’être lié à personne, mais il fait chaque nuit des détours inutiles uniquement pour passer près de la sirène noire, qui l’ignore avec une élégance hydraulique remarquable.

Le grand personnage, lui, est persuadé d’être le centre de la composition. Ce qui est faux artistiquement, mais assez vrai psychologiquement : tout le monde le laisse croire afin qu’il continue à produire cette eau en arche qui donne à l’ensemble un air d’harmonie publique.

À certaines heures, au moment où les touristes lèvent leurs téléphones en même temps pour s’y prendre en selfie tout en tournant le dos à la fontaine, les sculptures prennent un air très digne, presque professionnel. On sent qu’elles ont l’habitude.
Elles savent qu’un monument contemporain doit aujourd’hui sourire sans cesse, même lorsqu’il traverse une crise relationnelle complexe.

Et puis il y a cette ironie discrète : les humains viennent observer ces personnages extravagants comme s’ils étaient absurdes, alors que ce sont probablement les seules créatures de la place qui ne consultent jamais leur reflet pour vérifier si elles existent encore.

ChatGPT

11 mai 2026

HP & UPS : de la logistique à l’illogistique // HP & UPS: From Logistics to Illogistics

Classé dans : Peinture, dessin, Progrès, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 16:43

Cliquer pour agrandir. Textes et images : ChatGPT

Français ⦿ English

J’ai eu l’excellente idée de commander auprès de HP, le 20/04/2026, la réparation d’un ordinateur portable de leur marque. Le concept était séduisant : enlèvement à domicile, réparation, puis retour du matériel « en 6 à 10 jours ouvrés ». Une expérience fluide, moderne, presque futuriste.

Le transporteur choisi par HP – UPS – a commencé par se présenter le 24 avec une certaine créativité logistique : d’abord sans carton d’emballage (pourtant obligatoire selon HP), puis avec un carton trop petit. Ensuite, UPS a manifestement décidé de gagner du temps en déclarant plusieurs passages « sans succès » (« ANOMALIE  dans leurs SMS, cf. ci-contre). C’est intéressant, car j’avais annulé un voyage pour rester chez moi à attendre l’enlèvement. Je n’ai cependant eu droit ni à un appel, ni à un SMS, ni même au luxe exotique d’une sonnette utilisée.

Le 27/04, après qu’on m’eut assuré qu’UPS passerait l’après-midi – j’avais donc pris soin d’être absent le matin –, le chauffeur est évidemment passé… le matin. Heureusement, quelqu’un a pu remettre le colis, ce qui a évité que cette opération de ramassage ne soit reportée à la prochaine décennie.

Le 07/05/2026, je reçois enfin un SMS triomphant : la réparation est terminée. Retour estimé : le 13/05/2026. Apparemment, faire voyager un ordinateur réparé nécessite environ une semaine de méditation logistique.

Le 11/05/2026, nouveau SMS : UPS serait passé en fin de matinée mais n’aurait pas pu livrer le colis. Là encore, c’est faux. J’étais chez moi, sans recevoir ni SMS, ni mail, ni appel, ni visite sonore quelconque. Peut-être que la tentative de livraison a eu lieu dans une dimension parallèle.

À ce jour, je ne sais toujours pas quand mon PC me sera rendu, ni dans quel état, et cela fait désormais 21 jours — soit plus du double du délai annoncé par HP.

Je précise que ce n’est malheureusement pas la première fois que je constate des problèmes graves avec UPS — le précédent épisode datant du 26/05/2025 — mais, cette fois-ci, je n’avais même pas la liberté de choisir mon transporteur : tout était géré par HP, et je n’avais aucun contact direct utile avec UPS.

Je tiens également à saluer la remarquable expérience du « support » téléphonique HP. Tout commence par une intelligence artificielle effectivement très intelligente, surtout lorsqu’il s’agit d’éviter obstinément de vous passer un humain. Après suffisamment d’insistance, on finit par obtenir un « agent », lequel vous transfère à un « agent logistique », qui vous explique avec beaucoup de courtoisie qu’il n’a absolument aucun pouvoir sur UPS.

Bilan : des heures passées au téléphone, des journées entières à attendre un enlèvement ou une livraison hypothétiques, et une découverte passionnante des limites contemporaines de la coordination entre grandes entreprises technologiques et transporteurs internationaux.

Morale :
Horriblement Peu d’Unité dans la Planification et le Suivi.

Click to enlarge. Text: ChatGPT, image: Flow.

I had the excellent idea of ordering, from HP on 20/04/2026, the repair of one of their own laptops. The concept sounded wonderfully modern: home pickup, repair, and return delivery “within 6 to 10 business days.” Smooth, efficient, almost futuristic.

The carrier selected by HP — UPS — began this memorable experience on April 24th by arriving without the mandatory packaging box required by HP. They later returned with a box that was too small. After that, UPS apparently decided it would be simpler to report several pickup attempts as “unsuccessful.” Fascinating, considering I had cancelled a planned trip specifically in order to remain at home waiting for the pickup. Curiously, I received neither a phone call, nor a text message, nor even the faintest use of my doorbell.

On April 27th, after being assured that UPS would come in the afternoon — so naturally I arranged to be absent in the morning — they arrived, of course, in the morning instead. Fortunately, someone happened to be available to hand over the parcel, preventing the pickup operation from being postponed indefinitely.

On May 7th, 2026, I finally received a triumphant SMS informing me that the repair had been completed. Estimated return date: May 13th, 2026. Apparently, a repaired laptop now requires roughly a week of spiritual reflection before being transported.

Then, on May 11th, 2026, another SMS informed me that UPS had attempted delivery late that morning but had been unable to deliver the package. Once again, this was entirely false. I was at home the whole time and received no text message, no email, no phone call, and no doorbell ring. Perhaps the delivery attempt occurred in a parallel dimension.

As of today, I still have no idea when my laptop will actually be returned to me, nor in what condition, and the entire process has now lasted 21 days — more than twice the timeframe originally promised by HP.

I should point out that this is unfortunately not the first time I have experienced serious delivery issues with UPS — the previous episode took place on 26/05/2025 — but in this case, UPS was not even my choice of carrier: HP handled the entire process, leaving me with no meaningful direct control or communication with UPS.

I would also like to commend HP’s truly remarkable “support” experience. It begins with an artificial intelligence system that is indeed very intelligent, particularly when it comes to refusing to transfer you to a human being. After sufficient persistence, one finally reaches an “agent,” who then transfers you to a “logistics agent,” whose primary role appears to consist of politely explaining that they have absolutely no control whatsoever over UPS.

Final result: hours spent on the phone, entire days spent waiting for hypothetical pickups and deliveries, and a deeply educational exploration of the limits of coordination between multinational technology companies and international shipping providers.

Conclusion:
Highly Problematic Unreliable Parcel System.

Cliquer pour agrandir. Image : Flow

5 mai 2026

À ne pas manquer : les deux grands musées du jardin des Tuileries

Le Musée du Jus de Pomme. Source image et texte : ChatGPT.
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Le Musée du Jus de Pomme, situé à l’extrémité occidentale du Jardin des Tuileries – côté rue de Rivoli –, à courte distance de la Place de la Concorde, se distingue par une conception tout à fait originale dans un élégant bâtiment de style néoclassique, aux lignes sobres et harmonieuses. Il substitue aux traditionnelles galeries d’art un verger intérieur d’une remarquable ordonnance. Le visiteur y chemine parmi des pommiers soigneusement entretenus, chargés de fruits aux teintes variées, présentés avec une rigueur quasi muséale. Cette alliance inattendue de nature et de culture confère au lieu un charme singulier, où la contemplation esthétique se double d’un agrément champêtre des plus délicats.

Le Musée de l’Or Renchéri. Source image et texte : ChatGPT.
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Faisant pendant à cette curiosité à l’extrémité orientale du même Jardin des Tuileries – côté Seine –, également non loin de la Place de la Concorde, le Musée de l’Or Renchéri prend place dans un édifice du même esprit classique, agrémenté de larges baies vitrées et d’une rotonde lumineuse qui accentue son caractère solennel. Il offre un spectacle d’un autre ordre, dédié à l’éclat et au commerce des plus belles pièces d’orfèvrerie. Dans une vaste salle baignée de lumière, amateurs et collectionneurs se pressent pour assister à des ventes aux enchères animées, où vases ciselés, bijoux précieux et objets d’apparat suscitent d’ardentes convoitises. L’établissement séduit autant par la richesse des œuvres présentées que par l’effervescence élégante qui accompagne ces joutes financières.

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