Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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25 juillet 2021

Debussy, réveille-toi !

Classé dans : Littérature, Musique — Miklos @ 21:29


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Dans le troisième acte de l’opéra Werther de Massenet (1892), Charlotte se dirige vers le clavecin de Werther, prend un manuscrit, et chante :

Et voici ces vers d’Ossian que vous aviez commencé de traduire.

à quoi Werther répond :

Traduire ! Ah ! Bien souvent mon rêve s’envola sur l’aile de ces vers, et c’est toi, cher poète, qui bien plutôt était mon interprète ! 

puis enchaîne avec ce splendide air (que je connais depuis mon enfance, et que l’on peut entendre ici dans la magnifique interprétation de Nicolai Gedda) :

Toute mon âme est là !
Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps,
pourquoi me réveiller ?
Sur mon front je sens tes caresses,
Et pourtant bien proche est le temps
Des orages et des tristesses !
(avec désespérance)
Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps ?
 
Demain dans le vallon viendra le voyageur
Se souvenant de ma gloire première…
Et ses yeux vainement chercheront ma splendeur,
Ils ne trouveront plus que deuil et que misère !
Hélas !
(avec désespérance)
Pourquoi me réveiller ô souffle du printemps!

Ossian, dites-vous Charlotte ? J’en avais entendu parler dès mon adolescence et non pas uniquement grâce à Werther : j’avais, dans ma bibliothèque, les Poésies galliques en vers français [d’]Ossian, par Baour-Lormian (1770-1854), publiées l’an IX (1800-1801) à Paris. Et effectivement, on y trouve, dans ses toutes dernières pages un poème commençant par Pourquoi me réveiller, ô souffle du printemps ! (voir ci-dessous). Or son titre est « Fragment du chant d’Armin », il fait suite à la fin des Poésies d’Ossian, à la postface de Baour-Lormian, et est précédé de la précision suivante :

Plusieurs écrivains avant moi s’étoient essayés dans le genre d’Ossian. Leurs fragments sont connus. En voici un qui l’est aussi, mais qui, selon moi, mérite de l’être davantage. Le sujet n’en est point pris dans Ossian ; mais l’auteur, le citoyen Coupigni, s’est emparé avec beaucoup de discernement de ses images et de ses tours les plus familiers.

Soit dit en passant, on suppose que ce Coupigni est en fait André-François de Coupigny (1766-1833 et donc contemporain de Baour-Lormian), dont la BnF précise qu’il fut employé dans les bureaux de la Marine – chef de division au ministère des Cultes sous la Révolution – poète et auteur dramatique (mais nulle référence à cette poésie dans ses œuvres qu’elle référence).

Plus encore, Ossian, barde gaélique qui aurait vécu au IIIe siècle, est-il l’au­teur des poésies que lui attribue Baour-Lormian dans sa traduction-adap­ta­tion dune traduction en anglais des poèmes d’Ossian, intitulée An Ancient Epic Poem In Six Books, Toge­ther with several other POEMS, compo­sed by OSSIAN the Son of FINGAL, traduction faite par James Macpherson et publiée à Dublin en 1762 (version intégrale ici). Or dès sa publication, l’authenticité de l’origine a été mise en doute, comme le décrit fort bien cet article. En résumé : Macpherson est probablement l’auteur de la majorité des textes, et le reste ne date pas d’avant le XIIe siècle. Quant à Ossian, on peut douter de son existence.

Debussy n’aurait-il pas lu la précision de Baour-Lormian, selon laquelle ce ne serait pas une des poésies d’Ossian, mais inspiré par elles ? N’était-il donc pas au courant de cette controverse sur l’authenticité de ces poésies, controverse bien connue en son temps ?

Pour finir, en voici la version de Baour-Lormian :

Fragment du chant d’Armin
 
Pourquoi me réveiller, à souffle du printemps ?
Vainement tu me dis : Sur ta tige épuisée
Je verse les trésors d’une fraîche rosée ;
Relève vers le ciel tes rameaux languissants.
De ces rocs suspendus déjà descend l’orage
Qui doit frapper ma tête et sécher mon feuillage.
Des tempêtes déjà gronde l’avant-coureur ;
Ses rugissements sourds ébranlent les montagnes.
Quelque jour sur ces bords viendra le voyageur,
Et pensif, inquiet, parcourant ces campagnes,
Il cherchera le lis dont son œil enchanté
Admirait autrefois l’éclat et la beauté :
Il n’y trouvera plus qu’une fleur pâlissante,
Sous des vents ennemis abattue et mourante.
    Ô vous, amis des morts, creusez-leur un tombeau !
Quand le voile des nuits couvrira ce coteau,
Lorsque le vent du nord courbera la bruyère,
Assise sur les vents, mon Ombre solitaire,
Par d’amers souvenirs rappelant ses douleurs,
Aux guerriers attendris demandera des pleurs :
Tranquille dans sa grotte, au milieu des ténèbres,
Le chasseur, éveillé par mes plaintes funèbres,
À la sombre clarté de quelques feux mourants,
Soudain rassemblera ses dogues haletants ;
En vain les noirs frimas pèseront sur sa tête,
Je le verrai franchir et les ravins profonds,
Et le fleuve écumant, et la cime des monts ;
Sous l’abri d’un rocher, seul avec la tempête,
Il entendra des morts les fantômes errants
Mêler leurs cris plaintifs à la voix des torrents.
    Mais les ombres déjà descendent dans la plaine.
Rassuré par la nuit qui le cache à nos traits,
Déjà le cerf rapide a quitté les forêts.
La lune brille enfin ; sa lumière incertaine
Tremble et se réfléchit dans la source prochaine.
En vain l’ombre au chasseur ramène le repos :
Armin ne connaît plus que la paix des tombeaux.
Je vais m’asseoir ici dans ma douleur profonde :
Quand l’aurore viendra rendre le jour au monde :
Quand l’étoile du soir brillera sur les eaux,
Je pleurerai ma fille, et les jours de ma gloire.
Le temps et la douleur ont affaibli mon bras.
Vous que jadis Armin instruisit aux combats,
De mes exploits passés conservez la mémoire ;
Chantez sur mon tombeau l’hymne de la victoire.
Bardes, chantez aussi : mon cœur, à vos accents,
Du malheur et des ans ne ressent plus l’outrage.
Je les revois ces jours, où, brûlant de courage,
Je chassais devant moi mes ennemis sanglants
Ils fuyaient éperdus, ou tombaient expirants ;
L’Océan en fureur, soulevé par l’orage,
De flots moins turbulents tourmente le rivage.
J’étais puissant alors ; je suis faible aujourd’hui;
Le trait le plus léger pèse à ma main tremblante ;
Des roseaux du désert la tête obéissante
Moins que celle d’Armin a besoin d’un appui.
Vos accords cependant consolent mon ennui.
            Chantez, Bardes, chantez !

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11 mai 2021

Coronach, de Walter Scott à Franz Schubert

Classé dans : Littérature, Musique — Miklos @ 12:08

France Musique a consacré hier une très belle émission à Louise Farrenc (1804-1875) – compositrice remarquable, qui gagne à être (re)découverte –, au cours de laquelle on aura pu écouter deux de ses symphonies, interprétées par l’Insula Orchestra dirigé par Laurence Équilbey, suivies de ses virtuoses Trente études dans tous les tons majeurs et mineurs pour piano, un Nonette en mi bémol majeur pour vents et cordes et enfin les Grandes variations sur un thème du Comte Gallenberg, op. 25. Une plus qu’agréable et surprenante découverte pour moi.

Soit dit en passant, le nom « Farrenc » était celui de ma professeure de chant en 9e (ça remonte aux années 1950…) : je me souviens non seulement d’elle mais surtout de son guide chant d’époque et des chansons qu’elle nous avait enseignées (j’ai encore le cahier avec les paroles), pour certaines un peu… olé olé (j’avais parlé d’une d’entre elles ), et nous n’avions alors que 7 ou 8 ans…

Comme il restait encore un peu de temps après la fin de l’émission, on a entendu une autre très belle – et très émouvante – œuvre, non plus de Louise Farrenc, mais de Franz Schubert, interprétée elle aussi par l’Insula Orchestra et Laurence Équilbey. Il s’agit de Coronach – aucun rapport avec l’actualité, si ce n’est que ce mot celte désigne, selon le Littré, un chant funèbre (ou thrène) des Écossais –, sous-titré Totengesang der Frauen und Mädchen (« Élégie funèbre des femmes et des jeunes filles ») pour chœur de femmes et piano, composé en 1825. Dans l’émission de France Musique, il s’agissait d’une transcription contemporaine de l’accompagnement pour orchestre réalisée pour Insula.

On entendra ci-dessus la version pour piano de Coronach, que l’on trouve bien plus intime et bouleversante que sa transcription pour orchestre, interprétée par le grand pianiste et chef d’orchestre Wolfgang Sawallisch (1923-2013) et la Capella Bavariae.

Franz Schubert : paroles de Coronach (source)
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Les paroles du Coronach de Schubert sont inspirées d’un chant éponyme que l’on trouve dans La Croix de Feu, troisième partie de la Dame du Lac (The Lady of the Lake), datant de 1810. La scène de ce grand poème épique est placée principalement au voisinage du lac Katrine, dans les Highlands. Le thrène en question y est entonné à la mort de Duncan, après que son corps ait été déposé dans le cercueil, par les vierges du hameau et leurs mères. Une très belle édition française de cette œuvre de Scott, dans la traduction d’Amédée Pichot (1795-1877, grand traducteur, notamment des œuvres de Byron), comprend un fort intéressant avant-propos sur l’auteur, connu surtout pour ses romans, mais qui mériterait de l’être aussi pour son œuvre poétique.

Walter Scott :Coronach (version originale et traduction de Pichot)
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18 avril 2021

Récapitulons…

Classé dans : Religion — Miklos @ 23:59


« Qui sait ce que désigne un ? », Haggadah de Copenhague, 1739.
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La Haggadah de Pâque est un recueil fort ancien de prières, questions-réponses, hymnes, louanges et récits formant le rituel autour du dîner festif de la première nuit de la Pâque juive célébrant la Sortie d’Égypte. Il en existe de magnifiques éditions manuscrites, illustrées de riches enluminures (et pour certaines disponibles en facsimilés). Vers la toute fin de ce recueil se trouve une chanson à récapitulation datant au moins de 1406.

Par coïncidence, on a trouvé une chanson très semblable (mais différent évidemment selon les spécificités des deux religions) dans « Légendes, Chansons de Filasse et de Filerie, Noëls, Ballades », in Le Livre des mères. Les Enfantines du « bon pays de France », recueillies par Ph. Kuhff, 1878 (source). Elle est probablement la version française d’une chanson allemande traduite quasi littéralement, Guter Freund, ich frage dich (on peut en voir ici quatre mélodies, toutes publiées au XIXe siècle).

Les voici en regard l’une de l’autre :

Haggadah de Pâque (trad.)

Le Livre des mères

Qui sait ce que désigne un ?
Moi je sais ce que désigne un :
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

 
 
Il n’y a qu’un seul Dieu.
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne deux ?
Moi je sais ce que désigne deux :
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi deux,
Dis-moi pourquoi deux ?
— Il y a deux Testaments.
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne trois ?
Moi je sais ce que désigne trois :
Trois – les patriarches1,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi trois,
Dis-moi pourquoi trois ?
— Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne quatre ?
Moi je sais ce que désigne quatre :
Quatre – les matriarches2,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi quatre,
Dis-moi pourquoi quatre ?
— Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne cinq ?
Moi je sais ce que désigne cinq :
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi cinq,
Dis-moi pourquoi cinq ?
— Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne six ?
Moi je sais ce que désigne six :
Six – les chapitres de la Mishna3,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi six,
Dis-moi pourquoi six ?
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne sept ?
Moi je sais ce que désigne sept :
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi sept,
Dis-moi pourquoi sept ?
— Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne huit ?
Moi je sais ce que désigne huit :
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi huit,
Dis-moi pourquoi huit ?
— Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne neuf ?
Moi je sais ce que désigne neuf :
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi neuf,
Dis-moi pourquoi neuf ?
— Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne dix ?
Moi je sais ce que désigne dix :
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi dix,
Dis-moi pourquoi dix ?
— Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne onze ?
Moi je sais ce que désigne onze :
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi onze,
Dis-moi pourquoi onze ?
— Il y a onze cent mill’ vierges,
Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne douze ?
Moi je sais ce que désigne douze :
Douze – les tribus,
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi douze,
Dis-moi pourquoi douze ?
— Il y a douze apôtres,
Il y a onze cent mill’ vierges,
Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne treize ?
Moi je sais ce que désigne treize :
Treize – les attributs divins,
Douze – les tribus,
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

1Abraham, Isaac et Jacob.

2Sarah (épouse d’Abraham), Rebecca (épouse d’Isaac), Rachel et Léa (épouses de Jacob).

3Premier des recueils de la loi juive dite orale.

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16 avril 2021

Histoire d’une chanson

Classé dans : Musique — Miklos @ 10:12

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1919

Naissance de Pete Seeger (New York, USA)

1939

Naissance de Claude François (Ismaïlia, Égypte)

1945

Naissance de Rita Pavone (Turin, Italie)

1949

Composition de If I Had a Hammer par Pete Seeger (30 ans) et Lee Hayes

1949

Première performance à un dîner des leaders du parti communiste des États-Unis

1950

Premier enregistrement de If I Had a Hammer par The Weavers

1963

Performance de Si j’avais un marteau par Claude François (24 ans)

1964

Performance de Datemi un martello par Rita Pavone (19 ans)

1978

Décès de Claude François (39 ans, Paris)

2013

Performance de If I Had a Hammer par Pete Seeger (94 ans)

2014

Décès de Pete Seeger (94 ans, New York, USA)

Nombreuses autres interprétations et transformations, dont…

1967

Le Menhir d’Or, livre audio publié par Goscinny et Uderzo, qui pastiche Sheila avec Phonografix (Le Folklore armoricain) et Claude François en la personne de Tournedix (Si j’avais un dolmen), à 11m20s dans l’enregistrement.

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26 janvier 2021

מסיתרי העולם החרדי

Classé dans : Littérature, Société — Miklos @ 0:21

 
מימין – הספר. משמאל – קיטלודו בספריה הלאומית. לחץ על התמונה להגדלתה.

אני כעת קורא את הספר שתיקת החרדים מעת שייע בריזל, בהוצאת משכל/ידיעות אחרונות משנת 1999. החלק הראשון (אני כעת מתקרב לסיום הספר) הרשים אותי מאד בתוכנו המרגש ולא פעם מזעזע, על אף סגנון לפעמים ”כבד“ – כגון חזרות על דברים שנכתבו לא הרחק קןדם.

אבל מאמצע הספר שמתי לב לשימוש באוצר מלים די מפתיע מפי (או מעט) יוצא החברה החרדית, כמו ”הבחורה הייתה אסרטיבית“. בערך מאותו איזור בספר, הסיפור נקרא יותר כרומן מאשר כסיפור תיעודי.

מתוך סקרנות, התחלתי לחפש מידע על יצירה זו, באתר הספריה הלאומית (ובמקורות אחרים, אבל זו האמינה בעיני) מופיע בקיטלוג אותה הוצאה ”שתיקת החרדים / שייע בריזל ; כתבה יפעת אביצדק-קלפה“.

לפי מקור זה – ואחרים – היא מחברת הספר ולא ”שייע בריזל“, אבל שמה אינו מופיע בשום מקום בספר שבידי. בו מצוינים שלשה שמות אחרים:

1. ”עריכה לשונית: איילת בר טל“.

2. ”תודה לשרון שמואלי שהייתה הראשונה שעזרה לי להוציא את זכרונותי ואת רגשותי מהמוח אל הפועל. תודה לסופרת אורלי וינר-קראוס, שנטעה בי אומץ להוציא את הספר“.

האם כל הספר אינו אלא רומן של אותה מחברת, ומדוע שמה אינו מופיע בספר?

פתרון התעלומה

מספר ימים מאוחר יותר, קבלתי תשובה ממקור מוסמך ביותר: שייע ברילז (שם בדוי) סיפר את חייו לאותה מחברת, שרשמה וערכה אותם. המהדורה הראשונה (זו שבידי) לא נשאה את שמה מחשש תביעות, אבל הופיע במהדורות מאוחרות יותר. מידע זה מאפשר להעריך את התוכן לערכו ולהתעלם משאלות הסגנון. נשאר רק לקוות ששייע בריל מצא, עם הזמן, שלוות נפש ואולי גם קשר חם יותר עם משפחתו.

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