Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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7 juin 2012

Les froufroutants dessous du marché de l’art

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts, Langue, Médias, Peinture, dessin — Miklos @ 0:57

Dans une récente brève en anglais consacrée à une importante donation d’œuvres au bénéfice du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, AMA – Art Media Agency qui se présente comme « agence de contenus sur le marché de l’art » – parle de son directeur, Fabrice Hergott, au féminin, comme on peut le voir ci-dessus, et plus qu’une fois. Ce n’est donc pas une coquille mais une vraie news, comme on dit.

Curieux, on s’est intéressé aux dessous de cette information, non pas à ceux de l’intéressé(e) mais de l’agence en question. Son site ne fournit aucun détail sur sa localisation physique ni sur son éditeur, si ce n’est que c’est une marque de A&F Markets, dont il faut alors consulter le site pour trouver une adresse parisienne.

C’est donc une société française, ce que confirme le registre du commerce.

On se demande alors comment elle a fait pour obtenir des informations si confidentielles ou intimes que même Wikipedia ne les mentionne pas encore puisqu’on y parle de la personne en question au masculin.

On se demande aussi pourquoi aucune des mentions légales que requiert la LCEN (loi de 2004 sur la confiance dans l’économie numérique) n’apparaît sur le site de l’agence en question, ni, d’ailleurs, sur celui de sa maison-mère qui, lui, ne fournit qu’un lien vers une page inexistante, intitulé « avis de non responsabilité ». Il faut aller sur un troisième site pour trouver les mentions en question.

Curieux, les dessous du marché de l’art.

Post scriptum

Jeff vient de signaler à Akbar une autre curiosité dans ce texte, et ceci dès la première ligne du première paragraphe, où l’on lit “a donation of 130 works too the Musée” au lieu de “to”. Akbar, lui, avait remarqué l’inversion temporelle à la fin de ce paragraphe, qui parle d’une exposition commençant en octobre pour se terminer en mars 2013.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

5 juin 2012

Eh, France 2 ! et la culture, bordel ?

Classé dans : Actualité, Langue, Littérature, Musique, Médias, Éducation — Miklos @ 14:14

Dans son reportage sur les étudiants français partis à Berlin dans le cadre du programme Erasmus, notre chaîne nationale les suit sur leur campus d’accueil ; lors d’un cours d’allemand, on les voit regarder une vidéo projetée à l’écran dans laquelle Dietrich Fischer Dieskau interprète Erlkönig, célèbre lied de Schubert sur un poème du non moins célèbre Goethe.

Et la voix off de dire : « Un cours d’allemand sur un air d’opéra pour des élèves musiciens ».

On se dit que ce journaliste n’avait pas dû étudier la musique, lui. On se dit aussi qu’il aurait dû compenser ses lacunes par une mini-enquête journalistique qui lui aurait évité d’exhiber ainsi son ignorance. On est curieux de savoir à quel opéra il pensait. Notre Dame de Paris ? Jesus Christ Superstar ?

Il lui aurait suffi d’interroger les étudiants en question : on ne doute pas qu’ils n’auraient eu besoin d’antisèches pour identifier correctement et l’œuvre et le genre, et lui expliquer en sus la différence entre un lied, une aria et un tube des Top 50.

3 juin 2012

À l’occasion du jubilé, le Nouvel Obs dévoile sa nouvelle orthographe

Classé dans : Actualité, Langue, Médias — Miklos @ 18:39

29 mai 2012

Life in Hell : coucher sur le papier

Classé dans : Langue, Peinture, dessin — Miklos @ 11:43

Pour oublier ce quotidien, il s’était mis à coucher sur le papier un monde meilleur. — Frédéric Gaillard, « Un sang d’encre », in Nocturnes, les charmes de l’effroi – encre et ténèbres, n° 1. Printemps 2011.

S’il y en a qui se réfugient des déceptions et des turpitudes de ce monde dans le sommeil pour y rêver d’un meilleur, Akbar préfère rêver éveillé, prendre la plume et laisser cours à son sens aigu de l’observation – que certains qualifient fort injustement de râlerie et qu’un sien lointain cousin à la fine moustache appelait paranoïa critique – qui, combiné à une curieuse mémoire sélective mais qui remonte dans le temps bien en deçà de sa propre vie, lui permet de replier le temps et l’espace, de faire des rapprochements incongrus ou de remarquer d’étranges coïncidences, le tout mâtiné d’une imagination incontrôlée parce qu’incontrôlable et dont il ne connaît les ressorts. Mais il n’en a cure : sa curiosité inextinguible s’applique surtout au monde extérieur tel qu’il est ou tel qu’il se le reconstruit.

Ce n’est pas l’inspiration qui lui manque. Les idées arrivent sans aucune régularité et donc imprévisibles et à l’improviste, seules ou accompagnées. C’est un air qui lui revient en mémoire, une image impossible, un mot désuet ou inexistant, une phrase qui ne semble pas faire sens ou une citation célèbre, une expression curieuse. Ce peut être un détail quasi invisible ou un ensemble complexe qui suggère une forme particulière. Une combinaison de sonorités. Une peinture de rue qu’il remarque ou un jeu d’ombres. Un raisonnement imparable basé sur des hypothèses farfelues, ou, à l’inverse, une logique étrange et pourtant convaincante.

Il lui faut d’abord la cerner, s’en saisir, la fixer puis la dégrossir toutes affaires cessantes, sinon elle s’estompe ou disparaît aussi soudainement qu’elle est apparue, telle un nuage fantasque qui n’a de cesse de se transformer avant de s’effacer tel le Chat de Cheshire, ou une bulle de savon ondoyante aux couleurs chatoyantes qu’un enfant poursuit tandis qu’elle glisse dans les airs et qui fait pouf ! au moment où il pensait l’attraper.

Il la prend, l’observe, l’étire, la creuse, la renverse, la noue ou la délie. Il en trouve parfois une autre qui lui fait curieusement écho, et c’est alors cet écho dont il cherche à se saisir.

Jusque là, tout se passe dans sa tête. C’est le passage à l’acte – d’écriture – qui est aussi imprévisible que l’apparition de l’idée. Voire impossible. Mais parfois, sa main se met à écrire toute seule, les phrases s’alignent, des images se présentent pour les illustrer. Ou alors, c’est une image qui se compose et les mots arrivent après.

C’est ainsi que se tisse un bout de tapisserie qui s’empile avec les autres et qu’il retrouve parfois bien plus tard, étonné d’avoir produit cet objet si étranger et si familier à la fois.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

8 mai 2012

Apostrophize correctly | Apostrophez bien

Classé dans : Langue — Miklos @ 11:05
He’s game. Il est d’attaque.
His game. Son tour de jouer.
His’s good, hers’s better. Le sien à lui est bon, le sien à elle est meilleur.
It’s good. C’est bon.
Its good. Son bien.
It’s his, it’s hers. C’est à lui, c’est à elle.
It’s its hit. C’est son succès.
My friend’s walk. La promenade de mon ami.
My friends walk. Mes amis se promènent.
My friends’ walk. La promenade de mes amis.
One scone, score, sport, stable, stop, strumpet… Un(e) scone (gâteau britannique), score, sport, étable, arrêt, prostituée…
One’s cone, core, port, table, top, trumpet… Le (la) cône, noyau, port, table, sommet, trompette… de quelqu’un.
There’s a book. It’s theirs. Il y a un livre. C’est le leur.
They’re there. Ils sont là.
Who’s right? Qui a raison ?
Whose right? Le droit de qui ?
You’re good. Vous être bon.
Your good. Votre bien.
Yours? Good! Le vôtre ? Bien !
Yours’s good. Le vôtre est bon.
Up yours! À la vôtre !

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