Chirurgie esthétique pour grands brûlés

Nounours après son accident (à gauche)
et après trois opérations effectuées par Dr. DDL et Pr. L.

Nounours après son accident (à gauche)
et après trois opérations effectuées par Dr. DDL et Pr. L.

Les amateurs du genre auront reconnu le titre d’un single de 1984 des Misfits, groupe américain de rock et inventeur du genre si bien nommé horror punk. La chanson éponyme, reprise par Metallica (groupe de la mouvance heavy metal ou tout simplement metal) en 1998, reprend elle-même le titre américain d’un film d’horreur britannique, Fanatic, sorti en 1965.
La belle Tallulah Bankhead, bien plus prolifique au théâtre qu’à l’écran (c’était son premier film après un hiatus de douze années) et notoirement connue pour ses frasques, y tient le rôle d’une mère ayant sombré dans la folie et dans le fanatisme religieux et qui essaie d’assassiner l’ex fiancée de son fils, mort dans un accident de voiture : la jeune femme (un peu bête de sa part, non ?) venait de lui apprendre qu’elle n’avait pas eu l’intention d’épouser son fils et qu’en fait il s’était suicidé. La mère n’arrivera qu’à poignarder son propre domestique et finira elle-même un couteau dans le dos. C’était la grande époque des films d’horreur à héroïnes féminines complètement chtarbées, qui avait démarré en grande pompe avec Joan Crawford et Bette Davis dans Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?
Si le réalisateur de Die, Die, My Darling (Donald Sutherland, à ses débuts, y joue un rôle mineur, celui d’un jardinier fou) – Silvio Narizzano – n’est pas particulièrement connu –, on doit le script au célèbre et très prolifique scénariste et auteur de romans et de nouvelles de science fiction, de fantaisie et d’horreur Richard Matheson. Il a adapté ici Nightmare, une nouvelle d’Anne Blaisdell (un des pseudonymes d’Elizabeth Linington), elle-même auteur de polars.
On trouvera ici une intéressante analyse du film (en anglais) à l’occasion de sa sortie en DVD.

Reporters sans frontières (RSF) a organisé aujourd’hui un rassemblement à Paris pour exiger de Nicolas Sarkozy qu’il aborde les questions des droits de l’homme avec le président chinois Hu Jintao, en visite en France.
Près du centre Pompidou, des militants tibétains et ouïghours ont pris part à un lâcher de colombes avec plusieurs personnalités du monde artistique et médiatique français.
Les manifestants portaient des t-shirts blancs à l’effigie du dissident chinois Liu Xiaobo, qui a reçu le prix Nobel de la paix cette année. (Source : Reuters)
De son côté, la France a accueilli avec un « protocole exceptionnel » le président chinois. Sur la question des droits, elle abordera avec l’Empire du milieu ceux de propriété intellectuelle.

Ceux d’entre nous qui ont lu, enfants, avec frissons et délectation les Contes et légendes du Japon, se souviendront sans doute de l’histoire cruelle (et sensuelle, mais le savions-nous à cet âge ?) du chat-vampire de Nabeshima.
Ce chat avait égorgé la très agaçante et divine O-Toyo, favorite d’un prince de Hizen et chef de la famille de Nabeshima, puis avait pris la forme de sa victime pour se glisser la nuit aux côtés de son amant pour boire son sang.
Nous en avions déjà vu un avatar à Paris il y a bientôt un an, ce qui démontre bien la validité de l’adage selon lequel le chat possède neuf vies : bien que le samouraï l’ait décapité pour sauver son shogun, l’animal revient toujours sous son élégante forme féminine.
La revoici, la femme-chat, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. La nuit tombant, elle sort discrètement d’un sac à ordures dans lequel elle se dissimule pendant la journée. Elle se glisse comme une ombre le long d’un mur à la recherche de son prochain prince charmant (il reste quelques charmants aristocrates dans ce pays malgré la révolution). Elle porte dans la gueule ses trophées, une carte sur laquelle elle marque un cœur après chaque nuit où elle a pu en arracher celui d’une nouvelle proie. À gauche, on aperçoit la trace sanglante de ses parcours nocturnes sur un plan de Paris. À droite, la porte de la chambre forte dans laquelle elle stocke des réserves pour le cas où elle ferait chou blanc.
Est-ce le chat-sœur du précédent ? On le sait, mais verrouillez vos portes et fermez les espagnolettes, jeunes hommes !


Il fait nuit. Le train est arrêté dans une gare. Aucun voyageur sur le quai plongé dans la pénombre.
La voiture, violement éclairée par des néons, est vide. L’acier brossé des parois, le vert pomme des sièges, chirurgicalement nets, rappellent vaguement la salle d’attente d’une clinique des années 1970. Pas de place pour les ombres : quelques rectangles lumineux percent çà et là l’obscurité omniprésente sans vraiment la déranger.
Le moteur de la locomotive est éteint depuis longtemps, la climatisation arrêtée. Le silence n’est brièvement interrompu, de temps à autre, que par le passage d’un express lancé comme un bolide sur une autre voie.
Les fenêtres, en verre Sécurit, sont si propres, si transparentes, qu’on dirait qu’il n’y en a pas. Et pourtant.
De temps à autre, une légère tâche y apparaît comme un nuage suspendu en l’air. Elle flotte, indécise, puis ses volutes évanescentes prennent du corps, de l’épaisseur, une forme, une couleur. Finalement, on distingue – mais il n’y a personne pour le voir – un visage. C’en est toujours un, mais jamais le même : une vieille femme au visage ridé comme une pomme, le regard absent de ses yeux délavés ne regardant nulle part ; un bébé joufflu qu’on devine tendant ses petites mains vers une personne ou un objet invisibles ; un visage de mère ravagé par les larmes tourné vers le fils disparu…
Cette nuit, c’est celui d’un homme jeune, les cheveux blonds soigneusement séparés par une raie retombant le long de son visage ovale, une fine moustache et une barbe naissante encadrant sa bouche harmonieuse. Les yeux baissés, il semble méditer. Ni tout à fait dans le train ni certainement sur le quai, visage lumineux de mystique se détachant de l’obscurité, il est dans un entre-deux impossible.
Au petit matin, il s’efface.
The Blog of Miklos • Le blog de Miklos