Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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13 janvier 2009

Rome 2009

Classé dans : Lieux, Philosophie, Photographie, Religion — Miklos @ 23:05


Giordano Bruno dans Rome illunée

«Les deux ouvrages l’un en Latin l’autre en Italien que Giordano Bruno a publié de l’univers & de l’infini, & que j’ay lûs autrefois, font voir que cet auteur ne manquoit pas de penetration. Mais malheureusement il est allé au-delà des justes bornes de la raison.» Il donnoit aussi dans les Chimeres de l’Art de Raymond Lulle. Je n’ay jamais lû son spaccio della Bestia triomfante : il me semble, qu’on m’en a parlé un jour en France, mais je ne le saurois asseurer : il y a trop long temps.

Leibniz, Lettre à Mr Toland, 1709.

«Les libertés qu’ont prises Machiavel, l’Arioste, l’Aretin, l’archevêque de Bénévent la Casa, le cardinal Bembo, Pomponace, Cardan, & tant d’autres savans, sont assez connues. Les papes n’y fesaient nulle attention ; & pourvu qu’on achetât des indulgences, & qu’on ne se mêlât point du gouvernement, il était permis de tout dire. Les Italiens alors ressemblaient aux anciens Romains qui se moquaient impunément de leurs dieux, mais qui ne troublèrent jamais le culte reçu.1 Il n’y eut que Giordano Bruno, qui ayant bravé l’inquisiteur à Venise, & s’étant fait un ennemi irréconciliable d’un homme si puissant & si dangereux, fut recherché pour son livre della bestia trionfante ; on le fit périr par le supplice du feu, supplice inventé parmi les chrétiens contre les hérétiques.» Ce livre très-rare est pis qu’hérétique ; l’auteur n’admet que la loi des patriarches, la loi naturelle ; il fut composé & imprimé à Londres chez le lord Philippe Sidney, l’un des plus grands-hommes d’Angleterre, favori de la reine Elisabeth.

Voltaire, Lettre II sur François Rabelais.

1 Nous citons tous ces scandales en les détestant, & nous espérons faire passer dans l’esprit du lecteur judicieux les sentimens qui nous animent.

3 décembre 2008

Lettres, mots, livres

Classé dans : Littérature, Photographie — Miklos @ 22:27

Paris, années 1980 – Barcelone, 2008

L’oie et la grenouille

Classé dans : Littérature, Photographie — Miklos @ 22:00

Oh ! que le Ciel m’a bien servie !
Se disait certaine oie, un jour.
J’ai des talents qui font le charme de ma vie.
Sans sortir de la basse-cour,
Je marche, vole ou nage, au gré de mon envie ;
J’habite l’eau, la terre et les airs tour à tour,
Sans sortir de la basse-cour !
Ainsi notre volaille, en extase ravie,
Près d’une flaque s’admirait
Et dans l’eau trouble se mirait.
Une grenouille y demeurait,
Qui répondit : Commère l’oie,
D’où naît cette superbe joie?
Vos pas, quand vous marchez, sont lents et chancelants ;
Vous volez, mais si bas ; vous nagez, oui, sur l’onde ;
Mais sous la moins profonde
Essayez de me suivre, avec tous vos talents !
Elle dit, et d’un saut rentre en son domicile.

Savoir un peu de tout est commun et facile ;
Cultivons un seul art, et possédons-le bien :
Celui qui sait tout ne sait rien.

Auguste Dusillet, in Annales franc-comptoises, 1864.

16 novembre 2008

Haïfa

Classé dans : Lieux, Photographie — Miklos @ 21:03

«Le mont Carmel est situé au promontoire de ce nom, à trois lieues d’Acre, dont il forme l’extrémité de la baie. Il est escarpé de tous côtés ; à son sommet, il y a un couvent, et des fontaines ; et sur un rocher qui s’y trouve, on voit la trace d’un pied d’homme que la tradition attribue à Elie, lorsqu’il monta au ciel. Ce mont domine toute la côte, et les navires viennent le reconnaître lorsqu’ils abordent en Syrie. A ses pieds coule la rivière du Casrum, dont l’embouchure est à sept ou huit cents toises de Caiffa. Cette petite ville, située au bord de la mer, renferme trois mille habitans ; elle a un petit port, une enceinte à l’antique avec des tours, et est dominée de très près par les mamelons du Carmel. De l’embouchure du Caisrum pour arriver à Acre, on longe les sables au bord de la mer. On les suit pendant une lieue et demie, et l’on rencontre l’embouchure du Bélus, petite rivière qui prend sa source sur les mamelons de Chefamer, et dont les eaux coulent à peine.» Elle est marécageuse à son embouchure, et se jette dans la mer à quinze cents toises d’Acre. Elle passe à une portée de fusil de la pointe de Richard-Cœur-de-Lion, située sur sa rive droite, à six cents toises de Saint-Jean-d’Acre.

Mémoires de Napoléon, partie publiée par le général baron Gourgaud, son aide-de-camp. 1842.

Jérusalem

Classé dans : Lieux, Photographie — Miklos @ 20:16

«La ville, telle qu’Adrien l’a fait rebâtir & telle qu’elle est aujourd’hui, est entourée d’un mur élevé auquel Constantin, Héraclius & Soliman, ont donné plus de solidité ; elle a à peu près la même position, mais non la même étendue. Adrien mit hors de son enceinte une partie du mont Sion & une partie du mont Bézéta, & il enferma dans ses murs le mont du Calvaire & une partie de la colline de Gore ; de manière qu’en diminuant sa longueur, il conserva sa largeur, & lui donna une forme carrée.

Six portes donnent l’entrée dans cette ville : la première, qui est au levant sur le mont Moria, s’appelle la porte de saint Etienne ; la seconde, qui est au couchant & sur une partie du mont Bézéta, est celle de Rama, & conduit à Bethléhem ; la troisieme, qui est au septentrion, & sur le mont Acra, est celle de Damas ; la quatrieme, qui est au midi, se nomme la Porte du mont Sion ; celle qui porte le nom d’Or, est au levant ; aujourd’hui elle est murée. Il y a encore deux portes moins fréquentées, qui sont les portes de Sterquiline & d’Hérodes ; & enfin deux autres qui sont dans l’intérieur de la ville, qu’on appelle la porte Judicielle & la porte de Fer, qui sont fermées. (…)

Le Castrum pisanum, l’espace qu’occupait le château de David, sur lequel les Turcs ont bâti une belle forteresse, & le parc qui lui est contigu, forment au couchant la partie du mont Sion, qui se trouve encore enfermée dans la ville, ainsi qu’une partie du mont Bézéta, où l’on croit reconnoître le lieu où étoit la maison d’Urie & de Bethsabée sa femme.

Cette ville peut avoir maintenant deux milles de circonférence. Sa population ne va pas au-delà de quinze mille ames ; dix mille Turcs, & cinq mille Chrétiens Catholiques, Schismatiques, ou Juifs. Le nombre des Catholiques est d’environ huit cents ; celui des Grecs de dix-huit cents ; celui des Arméniens se porte à quinze cents ; & le reste est composé de Juifs. On y compte cinq ou six Mosquées ; les Grecs, les Arméniens, les Catholiques, les Cophtes, y ont chacun une Eglise. Il y a un Mufti, un Cadi & un Gouverneur. Les édifices les plus remarquables sont la Forteresse dont je viens de parler, » la Mosquée que les Turcs ont élevée sur l’espace qu’occupoit le Temple de Salomon, la Maison des Templier, & avant eux des Chevaliers du Saint-Sépulcre & les Bazards voûtés. L’air qu’on y respire est fort tempéré.

Voyage par l’Italie en Egypte[,] au Mont-Liban et en Palestine ou Terre Sainte par M. l’Abbé de Binos, Chanoine de la Cathédrale de Comminges. A Paris, MDCCLXXXVII.

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