Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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11 novembre 2012

Plus ça avance, plus ça recule

Classé dans : Histoire, Littérature, Musique, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 11:44


Google Books broken full-text search (clic to enlarge).
La recherché en texte intégral dans Google Books (cliquer pour agrandir).

Plus le temps passe, et plus il y a de livres numérisés en ligne dans Google Books.

Plus le temps passe, moins on y trouve des livres dont le contenu est accessible intégralement, même pour ceux qui ont été publiés il y a un certain nombre de siècles (et donc bien avant la mort de Walt Disney). Et pourtant, ceux-là même numérisés par Google se retrouvent souvent libres d’accès dans archive.org.

Et plus le temps passe, moins la recherche en texte intégral dans Google Books fonctionne dans ces ouvrages qui y sont entièrement disponibles.

On appelle cela le progrès. Ou, comme le chantait Laurie Anderson, citant Walter Benjamin :

She said: What is history?
And he said: History is an angel
being blown backwards into the future.
He said: History is a pile of debris
And the angel wants to go back and fix things
To repair the things that have been broken.
But there is a storm blowing from
Paradise

And the storm keeps blowing the angel
backwards into the future.
And this storm,
this storm is called Progress.

Laurie Anderson: The Dream Before (for Walter Benjamin).

9 novembre 2012

Alla breve. XL.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 19:08

[279] La valeur n’attend pas le nombre des années. Comme on peut le voir ici, le jeune Edward Yudenich dirige d’une main de maître l’orchestre des étudiants du conservatoire d’État d’Ouzbékistan dans l’ouverture de La Chauve-souris (Die Fledermaus) de Johann Strauss fils. Il est âgé de sept ans, a étudié le violon pendant un an, et la direction d’orchestre pendant six mois. Il dirige sans partition, et semble bien connaître l’œuvre – on le voit tourner, quasi auto­ma­ti­quement, son visage impassible vers les instruments qui portent la mélodie –, même si à certains instants l’orchestre semble précéder ses gestes. Mais comment l’a-t-il apprise ? En lisant la partition ? Ce serait un réel exploit s’il pouvait en lire couramment après de si courtes études. Et quid de l’histoire de la musique et des questions de style, de l’analyse de l’œuvre, et tant d’autres questions qu’un chef ne doit pas manquer de se poser ? Ou alors, l’aurait-il apprise en en écoutant des enregistrements ? On se souvient d’un autre chef, bien plus remarquable dans le genre : Jonathan, âgé de trois ans, et dirigeant le dernier mouvement de la Quatrième symphonie de Beethoven. À partir d’un enregistrement, direz-vous ? Oui, mais le voici dirigeant, en frac s’il vous plaît, un orchestre qui interprète une polka du même Johann Strauss fils (bon, il avait quatre ans, mais c’est tout de même trois de moins que Yudenich).

[280] La partition dématérialisée. Tout le monde n’est pas Edward Yudenich ni même Jonathan qui, on vient de le voir, n’ont pas besoin de partition. Les tablettes étant actuellement très prisées – il ne s’agit pas malheureusement de celles de chocolat ni des pectorales –, il n’est pas étonnant qu’elles aient fait aussi leur apparition dans les fosses. Des orchestres, s’entend, ou du moins de celle du Brussels Philharmonic. Plus besoin de partitions fixées avec des pinces à linge pour éviter que leurs pages ne se tournent intempestivement, ni à l’inverse qu’elles n’adhèrent à leurs voisine juste au moment où il faut les tourner. Plus besoin de noter les indications du chef, ni, à la fin du concert, de les recopier ailleurs avant de les effacer pour rendre les partitions… Tout ça, c’est du passé, la modernité est là. Mais est-ce si moderne ? L’idée, en tout cas, non : en 1997, Thomson Multimédia (devenu ultérieurement Technicolor SA, et liquidée judiciairement le mois dernier), avait monté un projet, ACCORS, qui visait justement à réaliser ce type même de présentation numérique de partitions pour les musiciens d’orchestre. Nihil novi sub sole. (Source)

[281] Parole, parole, parole ! L’air d’une chanson vous trotte par la tête, son titre parfois, mais du diable si vous vous rappelez des paroles. Heureusement, le site Paroles.net venait à la rescousse, on y trouvait une foison de textes de tubes et de chansons. Et les droits d’auteurs, demandez-vous ? Justement : la Chambre syndicale de l’édition musicale est arrivé à le faire vider de son contenu en 2008 puis disparaître définitivement de la toile en 2011. Et miracle, ce n’est plus définitif puisque le revoici ! Comment se fait-ce ? Eh bien, le propriétaire précédent a cédé le nom de domaine du site à cette chambre, qui a confié son exploitation à un opérateur. Maintenant, c’est du sérieux. Mais malgré la qualité des métadonnées, on y trouve par exemple deux Brassens, les titres comportent souvent des majuscules n’importe où (« Les Copains D’abord », « Tant Qu’il Y A Des Pyrénées »…)… Est-ce si mieux qu’avant, ou ça ne dérange personne d’autre que moi ? (Source)

[282] Patrimoine, mais intransmissible. L’acteur Bruce Willis aurait voulu léguer sa vaste collection d’enregistrements sonores à ses filles, mais il s’avère que c’est impossible : ce magot provient par téléchargement – légal, il a tout payé, et le total se monte à une somme assez coquette – de iTunes, et ils sont incessibles et intransmissibles (et même pas sur d’autres lecteurs que les iPods d’Apple) : ce ne sont en fait que des « emprunts ». Ah, s’il avait acheté de bons vieux vynils (voire des disques compacts)… ! Comme quoi, le numérique, déjà si difficile à préserver dans le temps, ne préserve pas non plus le patrimoine qu’il représente. Le boxeur en cavale de Pulp Fiction partira peut-être à l’attaque (dans l’arène d’un tribunal) d’Apple. (Source)

[283] Une musique de m….. L’humour british n’aura de cesse de nous susciter quelques chuckles : l’artiste Kerry Morrison a obtenu des subventions du Arts Council pour réaliser une œuvre musicale avienne (pas « à Vienne », à Liverpool) : elle pose des pages de papier à musique vierges sous des arbres des parcs de la ville, les notes apparaissant là où les déjections d’oiseaux tomberont, les touches finales étant fournies par le compositeur Jon Hering (qui n’a pas la réputation d’un Messiaen, dont on connaît l’influence d’une autre émanation de la gent ailée sur son langage musical). Son projet s’appelle Bird Sheet-Music (pour les non-anglophones, on précisera que « Sheet music » signifie « papier à musique »), calembour intentionnel sur « Bird-Shit Music » (qu’on ne traduira pas pour les non-anglophones). Quant aux oiseaux, ils sont malheureusement trop constipés pour que l’artiste parvienne à ses fins (elle n’a sans doute pas entendu parler du 4’33” de John Cage). Le précédent projet de cette environnementaliste et coprophile liverpudlienne convaincue concernait des tentatives de produire des œuvres d’art avec une collaboration canine du même ordre. (Source)

[284] Universal+EMI. Le monde de l’édition de musique enregistrée n’a de cesse d’être bouleversé par les effets du numérique. Et c’est ainsi que la Commission européenne a récemment autorisé l’acquisition des activités – prestigieuses – de musique enregistrée d’EMI par Universal, qui mérite de plus en plus son nom. Il ne reste plus que trois majors au monde, ce qui n’est pas sans nous rappeler 1984 de George Orwell, dans lequel le monde est divisé en trois grands blocs qui n’ont de cesse d’être en guerre les uns contre les autres. (Source)

[285] Une nouvelle corde à l’arc de Dusapin. On le connaissait en tant que compositeur, le voici photographe : il vient de publier un livre-disque avec ses propres photos, et un autre ouvrage de sa main, Accords photographiques, est prévu pour la fin du mois. (Source)

8 novembre 2012

Autour de Sayat-Nova, poète et musicien de « l’universelle singularité »


Œuvres de Sergueï Paradjanov (autres photos ici)
Cliquer pour agrandir.

« Je suis celui dont la vie et l’âme sont tourment. » — Ouverture du film La Couleur de la grenade de Sergueï Paradjanov.

C’est ainsi qu’Elisabeth Muradian, dans son introduction à l’édition bilingue des Odes arméniennes de Sayat-Nova (L’Harmattan, 2006 – Gallimard avait refusé de les publier), qualifie l’œuvre de ce « troubadour arménien » du XVIIIe siècle dont on a retrouvé au milieu du siècle la trace manuscrite : ces 47 odes en arménien (mais aussi 21 autres transcrites par son fils), 65 en géorgien et 128 en dialecte russe du Transcaucase.

Sa vie – né dans le servage, marié, veuf puis moine – a fait l’objet d’un des plus grands films du cinéaste (et peintre, musicien, artiste plasticien…) Sergueï Paradjanov, sorti en France sous le titre de La Couleur de la grenade (1969-1971) – fruit que l’on aperçoit dans la photo ci-dessus, prise dans le beau musée qui est consacré au réalisateur à Yerevan.

Sayat-Nova était né en 1712 : c’est donc son tricentenaire cette année, et la Conférence internationale des bibliothèques musicales qui s’est tenue à Yerevan au début de ce mois lui a été dédiée, tout en portant un regard vers l’avenir, son thème principal étant la musique et les bibliothèques musicales au XXIe siècle. Le lieu même où elle a pris place – la bibliothèque nationale pour enfants – symbolisait au mieux cet intérêt pour les générations à venir.


Une des salles de lecture de la bibliothèque nationale pour enfants à Yerevan (autres photos ici)
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20 octobre 2012

Alla breve. XXXIX.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 16:15

[271] Ce compositeur et pianiste engagé qu’on veut faire dégager. Fazil Say est un compositeur et pianiste de renommée internationale – rien qu’en France il a été en résidence deux fois à Radio France et une fois au Théâtre des Champs-Élysées –, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des opinions, voire des valeurs, sociales et politiques, notamment en ce qui concerne la laïcité, et de les défendre vigoureusement, par la musique et par l’écrit. Problème : cette tête de turc est Turc, et donc dans le collimateur de la justice de son pays pour « atteinte aux valeurs religieuses » pour quelques tweets ironico-littéraires (il cite Omar Khayyam dans l’un d’eux). Il avait déjà eu certaines de ses œuvres interdites dans son pays. Il vient d’annoncer qu’il prévoit de quitter son pays pour le Japon. On peut le voir (et surtout l’entendre) ici dans les premières minutes de Musique et compagnie d’Alain Duault (en 1996) : le Bach qu’il y interprète – malheureusement tronqué dans cet extrait – chante bien plus que celui d’un Gould, auquel on l’aurait comparé. (Source)

[272] Des manipulateurs pas si délirants ni éhontés que cela. Le journal d’informations culturelles La Terrasse, que tout spectateur se voit fourrer dans la main en entrant dans une salle de concert ou de théâtre et où il découvre parfois avec plaisir des événements fort intéressants – ce qu’il peut aussi faire sans bouger de chez luinous incite vivement à aller voir Caligula, opéra baroque – dont le titre complet est tout un programme: Caligula Delirante – créé en 1672 à Venise et jamais remonté depuis le 17e s. (et non pas depuis sa création comme l’affirme La Terrasse) du compositeur Giovanni Maria Pagliardi (1637-1702). Cette production est fort originale et dans l’air du temps d’alors : elle mêle des marionnettes aux interprètes – Le Poème Harmonique sous la direction de Vincent Dumestre. Elle a été récemment créée au Festival mondial de théâtres de marionnettes de Charleville-Mézières, ville qui est le siège de l’Institut international de la marionnette (dont l’École nationale supérieure des arts de la marionnette), à qui l’on doit Portail des arts de la marionnette. Quant à l’œuvre en question, le Magazine de l’opéra baroque nous fournit des renseignements bien plus détaillés à son sujet, synopsis y compris : il vaut son pesant de cacahuètes, on rêve de voir cette « scène magistrale de délire » !

[273] Swinging Bach. Bach inspire les jazzmen : plusieurs récents disques compacts de musique de jazz le démontrent : Think Bach avec le pianiste Édouard Ferlet s’inspire de dix œuvres du Cantor (qu’on peut écouter ici), tandis que le saxophoniste Lenny Popkin en adapte trois autres, dans Time Set, et que les guitaristes Elios et Boulou Ferré incluent dans le leur un Blues for Bach (qu’on peut entendre aussi sur un CD sorti déjà en 2005). Ce n’est pas récent : bien avant, il y avait eu le Jazz Sébastien Bach des célébrissimes Swingle Singers ou le trio Bach to Bach de Jacques Loussier… (Source)

[274] Les Musiciens du Louvre Grenoble à trente ans. Cette formation, créé par Marc Minkowski sur une demande de son père, avait commencé avec la musique baroque, puis découvre le classique, le XIXe s. romantique, Debussy et Wagner… À cette allure, ils vont bientôt investir le XXe. À l’occasion de leurs trente années d’existence, un gala Mozart ouvrira le « Domaine privé » que la Cité de la musique consacre à Minkowski, du 23 octobre au 1er décembre, et qui comprendra des œuvres de Bach à Offenbach (tiens, ça rime). (Source)

[275] Hommage à Jean Françaix. Une série de neuf concerts en hommage au compositeur Jean Françaix (1912-1997), dont l’année était le centenaire de sa naissance, a eu lieu au cours du Festival international de musique de chambre 2012, qui s’est terminé dimanche dernier avec une conférence de Claude Françaix, fille du compositeur. (Source)

[276] À la (re)découverte de Malcolm Arnold. Sir Malcolm Arnold était un compositeur britannique connu surtout pour la musique du film Un Point sur la Rivière Kwaï pour laquelle il a reçu un Oscar et de celle de Whistle Down the Wind (devenu plus tard une comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber, un échec), mais aussi de nombreuses œuvres de facture plus classique et « accessibles » : études symphoniques, ouvertures, suites, concertos, symphonies… (1921-2006). Et malgré sa célébrité et le succès de ses œuvres, ce n’est que 60 ans après sa composition qu’est créé (ce soir) son opéra comique The Dancing Master, adapté de la pièce de théâtre The Gentleman Dancing Master de William Wycherley (1640-1716) ; ce dernier était connu pour son anti-puritanisme qui avait valu un silence de près de deux siècles pour une autre de ses œuvres, la pièce de théâtre La Provinciale (ou L’Épouse campagnarde). Quant à l’opéra d’Arnold, la BBC trouvait trop grivoise pour le public d’alors et Granada pas assez sérieuse, d’où ce silence plus court que celui qu’a subi l’œuvre qui l’a inspiré. (Source)

[277] Portraits de musiciens. Clive Barda photographie des (grands) musiciens depuis plus de quarante ans. Le Royal Opera House vient de lui consacrer une courte exposition rétrospective qui se termine aujourd’hui. À cette occasion, le Guardian publie douze clichés qu’il a choisis ; comparez par exemple Placido Domingo en 1972 et en 2003, ou Sir Adrian Boult en 1976 et Riccardo Muti en 2007

[278] John Williams tue le père. Le célèbre guitariste virtuose John Williams, élève du grand Andrés Segovia, déclare dans une biographie qu’un de ses amis a rédigée « avec son entière collaboration » que son maître contraignait tous ses élèves à l’imiter jusqu’au plus infime détail – doigté, phrasé, inflexion… – sans leur laisser aucune initiative. Il s’en prend aussi au conservatisme et au snobisme de Segovia qui, dit-il, n’appréciait pas la Cavatine qui avait rendu Williams mondialement célèbre : ce « morceau musique mélancolique qui rappelle la vie tranquille et languissante de Clairton » (dixit la Wikipedia), thème musical principal du film Voyage au bout de l’enfer (1978), avait été composé par Stanley Myers (1933-1993), très prolifique compositeur de ce genre de musique. On en revient au débat musique classique vs. musique classique… Le guitariste classique Graham Wade, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à Segovia (ainsi qu’à Joaquin Rodrigo, Gina Bachauer et Julien Bream, et plus généralement à la tradition de la guitare classique), a contredit les affirmations de Williams, qu’il qualifie de « guitariste le plus techniquement accompli que le monde ait connu » (est-ce une pointe british ?) : les élèves de Segovia jouaient tous différemment les uns des autres (et donc de leur maître). (Source)

Une femme laissant tomber sa tasse de thé d’horreur et autres choses curieuses et belles

Classé dans : Judaïsme, Livre, Musique, Photographie, Santé, Sciences, techniques — Miklos @ 9:07


Une Femme laissant tomber sa tasse à thé d’horreur en découvrant le contenu monstrueux d’une goutte d’eau grossie de la Tamise révélant l’impureté de l’eau potable à Londres.
Cliquer pour agrandir. (Source)

Le titre complet – et amusant – de cette eau-forte datant de 1828 et concernant une eau fortement polluée prouve, si besoin en est, que les préoccupations environnementales et sanitaires ne datent pas d’hier ni de l’émergence de l’intérêt pour le vert ou le bio. L’original fait partie du fonds de la Wellcome Library, dont les très importants fonds sont consacrés à l’histoire de la médecine. Ils ont pour cœur la collection que Henry Solomon Wellcome (1853-1936), magnat de l’industrie pharma­ceutique, avait réunie durant des dizaines d’années. Son accès en ligne est le fruit d’un programme de numé­ri­sation de la bibliothèque qui permet d’accéder d’une façon bien trop limitée (des extraits, et de si petite taille que même avec la loupe fournie il est souvent impossible de lire les textes, mais uniquement d’en voir les remar­quables illus­trations mais là aussi sans pouvoir en examiner les détails) à d’anciens – parfois fort anciens – documents. Quel dommage.

Heureusement, ce document-ci est aussi accessible par l’entremise de la Bibliothèque numérique mondiale, qui, elle, fournit le moyen d’agrandir de façon quasi illimitée les documents qui s’y trouvent, et de les examiner jusqu’au plus infime détail (tel le grain du papier !), ce qui permet de distinguer dans l’eau-forte en question le petit personnage de forain en bas à gauche et de lire ce qu’il dit. Cette réalisation vraiment internationale de la Biblio­thèque du Congrès aux États-Unis, avec la contri­bution d’insti­tutions parte­naires dans de nombreux pays et le soutien de l’Unesco et d’orga­nismes privés, donne accès à un relativement petit nombre de documents (quelques milliers) choisis de par le monde, mais avec une qualité incomparablement meilleure aussi bien en qualité de numérisation qu’en documentation (les documents sont accompagnés de notices détaillées en sept langues) que les grandes bibliothèques numériques (Hathi Trust, Gallica ou Google Books, par exemple ou les portails tels qu’Europeana), qui ont privilégié la quantité à la qualité.

On peut y effectuer des recherches, y naviguer par lieu, période ou thème, et trouver ainsi de réels trésors, mais on peut tout de même se demander quels sont les critères qui ont présidé aux choix : la rubrique « musique » ne comprend à ce jour que 31 documents (contre 144 dans « Sports, jeux et loisirs », ce qui laisse rêveur), dont la majorité sont des photographies… On y trouve seulement 9 manuscrits d’intérêt variable : une lettre à Eisenhower signée par trois amoureuses d’Elvis aux côtés des manuscrits d’un des quatre exemplaires des Cantigas de Santa Maria datant des 13e-14e s., de L’Oratorio de Noël de Bach et de La Flûte enchantée de Mozart… Quant aux trois enregistrements sonores qui s’y trouvent, n’en parlons pas.

Ne boudons toutefois pas notre plaisir et admirons ce qui nous y plaît vraiment, à l’instar de ce manuscrit unique de l’intégrale du Talmud de Babylone.

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