Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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17 février 2006

Andante giocoso ma moderato

Classé dans : Musique, Sciences, techniques — Miklos @ 12:26

Le site Andante.com consacré à la musique classique, qui avait disparu au début du mois, vient de réapparaître en ligne. Pas entièrement : certaines de ses fonctionnalités ne sont pas opérationnelles. Mais les archives sont là. On espère, Naïvement peut-être, que cette résurrection inexpliquée sera durable et donnera une nouvelle vie au site et à ses contenus, virtuels et physiques (en clair, son label de disques).

14 février 2006

De la popularité de certains morts

Classé dans : Littérature, Musique — Miklos @ 22:17

1649-1793-… ?

Les Anglais se sont montrés fort rudes et fort grossiers dans le régicide. Le roi Charles Ier, à Whitehall, ne put dormir sa dernière nuit ; l’outrage chantait sous sa fenêtre et le marteau clouait son échafaud.
Les Français ne furent guère plus polis. C’est dans un fiacre qu’ils conduisirent Louis Capet au lieu de l’exécution ; ils ne lui accordèrent même pas un carrosse de remise, ainsi que l’eût voulu pour cette Majesté la vieille étiquette.
Ce fut pire encore pour Marie-Antoinette, car on le lui octroya qu’une charrette. Au lieu d’un chambellan ou d’une dame d’atours, un sans-culotte l’accom­pagnait. La veuve Capet relevait dédai­gneu­sement la lourde lippe infé­rieure des Habsbourg.
Français et Anglais sont natu­rel­lement dénués de sen­ti­men­talité. La sen­ti­men­talité, l’Allemand, seul, la possède. Sen­ti­men­tal il sera jusque dans ses com­por­tements terro­ristes. Toujours l’Allemand trai­tera une Majesté avec piété.
Il y aura un carrosse de cour, attelé de six chevaux empa­nachés de noir, enguir­landés, conduits par un cocher armé du fouet de deuil et pleurant sur le siège élevé.
Ainsi sera voituré vers la place d’exécution et très respec­tueu­sement dé­ca­pité le Monarque germanique.

Derniers Poèmes

Vieille chanson

La mort est venue, et tu n’en sais rien : la lumière de tes yeux s’est éteinte, ta bouche rouge est pâlie, et tu es morte, ô ma petite enfant morte.
Par une horrible nuit d’été je t’ai moi-même portée au tombeau : les rossi­gnols chantaient leurs lamen­tations, et les étoiles suivaient ton cercueil.
Le cortège longea la forêt, où résonnait la litanie ; les sapins, en manteaux de deuil, murmurèrent les prières des morts.
Nous passâmes près du lac des saules où dansaient en rondes les elfes ; ils s’arrê­tèrent tout à coup et nous regar­dèrent avec compassion.
Puis, arrivés près de ta tombe, la lune descendit du ciel et prononça un discours. – Un sanglot, des gémis­sements, et, dans le lointain, les cloches qui tintent.

Romancero : Lamentations

Tout le monde doit maintenant savoir qui est mort le 27 janvier, il y a 250 ans : beaucoup d’encre a coulé à son propos avant, pendant et après. Mais aucun journal français ne semble encore s’intéresser à Heinrich Heine, décédé le 17 février 1856, bien qu’il ait vécu les 25 dernières années de sa vie à Paris. Il est vrai que la musique est un genre plus accessible que la poésie, et qu’elle se vend donc beaucoup mieux, facteur premier de médiatisation. Il est vrai aussi que l’œuvre de Mozart est particulièrement aimée, quelle que soit la culture musicale de l’auditeur, et surtout si elle sert de musique de fond à des films tels qu’Elvira Madigan. Enfin, le personnage ne manque ni d’attrait – sacrément déluré, cet Amadeus – ni de mystère – ah, cette étrange commande pré­mo­nitoire du Requiem par un per­son­nage vêtu de noir – et qui n’était que l’émissaire du comte von Walsegg-Stuppach. L’œuvre de Heine, quant à elle, a dû passer par bien des pur­ga­toires, desservi par son origine juive (malgré sa conversion ultérieure au protes­tan­tisme) qui lui valu d’avoir ses livres brûlés par les nazis et sa mise à l’index par l’église catholique jusqu’en 1967.

Les rapports de Heine à la musique ne manquent pas. Tout d’abord familiaux : Giacomo Meyerbeer qui vécut, lui aussi, à Paris, où il composa des opéras sur des livrets d’Eugène Scribe (Robert le Diable, Les Huguenots, Dinorah, L’Africaine…) et à propos de qui Berlioz écrira : « Meyerbeer a non seulement le bonheur d’avoir du talent, mais, au plus haut degré, le talent d’avoir du bonheur ». Mais surtout littéraires : ses poèmes furent mis en musique dans plus de 3.000 mélodies (dont on trouvera une liste partielle ici), par Schumann (Dichterliebe, Du bist wie eine Blume…), Schubert, Mendelssohn, Liszt, Grieg, Strauss, Reynaldo Hahn, Orff… L’une des plus populaires est sans conteste Die Lorelei, sur la mélodie de l’oublié Friedrich Silcher (voir ci-dessous), texte qui a aussi inspiré Clara Schumann et Franz Liszt. De son côté, Heine était inséré dans la vie musicale, et en parle dans ses textes.

Si les débuts lyriques de Heine furent inspirés par le romantisme, il en reviendra plus tard et le critiquera amèrement, s’attaquant par la même occasion au nationalisme ambiant et à ses effets pervers, dont l’antisémitisme. Faut-il s’étonner qu’il ne fut pas très populaire dans son Allemagne natale ? C’est surtout le monde anglo-saxon qui sut apprécier à leur juste mesure le regard ironique et parfois amusé qu’il pose sur les affaires courantes, la philosophie, la politique ou les arts. C’est enfin celui qui a écrit, de façon prémonitoire (il connaissait si bien l’Allemagne) : « Là où l’on brûle les livres, on finit par brûler les hommes. »


Friedrich Silcher  Die Lorelei
Plusieurs manifestations vont marquer les 150 ans de la mort de Heinrich Heine. La chaîne de télévision Arte lui consacre la soirée de vendredi, de 22h10 à 0h15. À Paris, une gerbe sera notamment déposée vendredi au cimetière de Montmartre, où repose le poète, en présence de personnalités françaises et allemandes. On apprend aussi que les 4500 manuscrits de Heinrich Heine de la Bibliothèque Nationale française seront mis sur Internet d’ici un an. On peut déjà trouver des éditions en français de ses œuvres sur le site de Gallica. (Sources : SwissInfo, BlueWin).

À lire :
Le dossier Heinrich Heine de L’Encyclopédie de l’Agora, qui comprend une notice biographique détaillée tirée de l’édition de 1906 de ses œuvres choisies, une autre sur sa vie et son œuvre, tirée de l’ouvrage Histoire de la littérature allemande d’Adolphe Bossert (1904), une bibliographie et une liste de ressources externes.


Manuscrit de la Loreley de Friedrich Silcher

11 février 2006

Lamento pour Andante

Classé dans : Musique — Miklos @ 15:11

Andante.com n’est plus, depuis le 1er février. Créé en 2001 par Pierre Bergé – dont l’implication généreuse dans la vie musicale française et internationale n’est pas à démontrer– et l’avocat Alain Coblence – lui-même à l’origine de la Fondation musicale France-USA et de la European Mozart Foundation – Andante s’était donné pour objectifs de documenter et de conserver le patrimoine musical classique enregistré, et de « devenir la source de référence absolue pour la musique et l’opéra ». Son ambition était d’éditer, en dix ans, un millier de disques compacts dans une présentation de luxe, comprenant des enregistrements historiques inédits remastérisés, et de fournir, au travers de son site Web, un fonds documentaire informationnel et pédagogique conséquent, des enregistrements numérisés, des services professionnels et un périodique.

Tout avait bien marché. Pendant un temps. Les contributeurs des contenus du site comptaient parmi les grandes plumes de la musicologie et de la musique : Jean-Jacques Nattiez (professeur de musicologie à l’université de Montréal et auteur d’ouvrages fondamentaux sur la musicologie et l’histoire de la musique), Henry-Louis de La Grange (fondateur de la médiathèque musicale Mahler, auteur de la biographie de référence sur Mahler ainsi que de Vienne. Une histoire musicale), Michael Gray (directeur de la bibliothèque de recherche et des archives sonores numériques de Voice of America, éditeur et auteur d’articles sur la production discographique)…Sous la direction d’une équipe éditoriale compétente, y est parue une foison de contenus riches – gratuits et payants – : informations, critiques, entretiens, accès aux grandes bases de données de référence dans le domaine de la musique.

L’édition discographique d’Andante était à la hauteur de ce qu’ils avaient annoncé : coffrets de 3 ou 4 disques compacts, accompagnés d’une brochure comprenant des textes de qualité commandés à des spécialistes ; choix intéressants, important travail de remastérisation d’enregistrements historiques (grands compositeurs, interprètes, orchestres et opéras)… Pour s’en faire une idée, il suffit de consulter la boutique en ligne MTD et y effectuer une recherche du label Andante (spécifier « andante » dans la case de recherche, et choisir « Label » dans le menu contigu).

Est-ce la prise de contrôle du site par le label français Naïve, sous forme d’un accord signé en 2003, qui a signalé le début du déclin ? Selon ses termes, Naïve, société de production et de distribution multiculturelles fondée en 1998 et elle-même éditeur d’Astrée, de Montaigne et d’Opus 111 – devait gérer le site Web et bénéficier de sa haute technicité, et reprendre la production des disques compacts de la marque Andante. L’équipe, qui comptait en 2002 plus d’une vingtaine de personnes, s’est réduite comme une peau de chagrin après s’être répartie entre la France et les États-Unis. Des problèmes techniques sont apparus peu après, la fréquence de mise en ligne de nouveaux contenus a diminué de façon dramatique, et le voici disparu. On peut en retrouver des traces dans l’Archive internet.

Finalement, il semblerait que la cause principale de cette disparition ait été l’ambition d’excellence – autant dans la production des contenus éditoriaux que dans le traitement (mastérisation) des enregistrements (et peut-être aussi celui des droits afférents). Ceux-ci ont dû nécessiter des moyens bien plus élevés que ceux dont ils ont probablement bénéficié, que ce soit de la part des fondateurs et/ou acquéreur, de la publicité et des ventes de disques (le prix n’était pas donné). Ce n’est pas tant le fait de produire des disques compacts – dont on annonce toujours pour bientôt la disparition (ce qu’il reste à voir) – que le coût de la production des contenus sonores et documentaires, celle du conditionnement final étant négligeable par rapport aux autres. Auraient-ils pu vivre d’une vente exclusivement numérique de ces mêmes produits ? J’en doute. Le numérique se prête-t-il à la vente d’œuvres classiques, voire d’anthologies comparatives et documentées, qui ne se réduisent pas à une piste de hit ? Ce n’est pas impossible : l’orchestre philharmonique de New York vient d’annoncer un partenariat avec le label Deutsche Grammophon pour la diffusion en ligne de quatre concerts par an. Il semblerait donc que les seules possibilités de survie pour ce type d’édition ne puissent se faire qu’avec un adossement financier externe : à l’aide de partenariats, de subventions ou de mécénat, dans un cadre institutionnel ou dans celui d’un production parallèle de contenus plus populaires. Il semble que ce n’ait pas été le cas d’Andante. Et c’est bien dommage.

Ici comme dans d’autres récentes disparitions, le silence de la presse française est (é)tonnant. Il n’y a que Le Devoir (canadien) qui en fait une courte mention en français, tandis que les principaux quotidiens américains New York Times, le Los Angeles Times et, plus brièvement, le Mercury News, en ont fait état, ainsi que Playbill Arts, une excellente ressource en ligne dans le domaine de la musique et de la danse, et l’éditeur italien Amadeus.

Dernières nouvelles (17/2/2006) :
Une réouverture ?

5 février 2006

L’heure fatale

Classé dans : Littérature, Musique — Miklos @ 23:27

L’Espagne, comme la Grèce, est le pays du tragique. C’est le onze août 1934, à cinq heures du soir, juste à cinq heures, que le taureau Granadino blesse à mort Ignacio Sánchez Mejías qui décède de gangrène deux jours plus tard à l’âge de 43 ans. Après de nombreuses années d’absence de l’arène, il n’y était revenu que pour quelques combats, et celui qui lui fut fatal était un remplacement d’un collègue blessé. Ce n’était pas qu’un excellent torero : ami des grands poètes et écrivains de sa génération, il est aussi conférencier, acteur de cinéma, poète, écrivain, auteur de plusieurs œuvres pour le théâtre et du livret d’un spectacle musical Les rues de Cadiz1 pour sa maîtresse, la célèbre danseuse et chanteuse Encarnación López Júlvez, dite La Argentinita2.

C’est au poète Federico García Lorca – dont on possède des enregistrements où il accompagne au piano La Argentinita – qu’il revient d’assurer le souvenir éternel de son ami, dans le saisissant chant funèbre Llanto por Ignacio Sánchez Mejías. Llorca avait une relation particulière à la musique ; son frère Francisco témoigne d’ailleurs qu’elle l’attirait plus que la littérature, au début. Après des études de piano et de théorie, il rencontre en 1919 Manuel de Falla, avec lequel il partage l’amour de la chanson populaire espagnole, et en particulier du flamenco et du canto jondo, passion qu’on ne manque d’entendre dans le rythme et la musicalité de ses textes. Le Llanto s’ouvre avec la description de l’arrivée de la Mort, dans une sorte de marche funèbre marquée par la répétition martelée d’un seul vers, qui indique l’heure fatale :

À cinq heures du soir.
Il était juste cinq heures du soir.
Un enfant apporta le blanc linceul
à cinq heures du soir.
Le panier de chaux déjà prêt
à cinq heures du soir.
Et le reste n’était que mort, rien que mort
à cinq heures du soir.
 
Le vent chassa la charpie
à cinq heures du soir.
Et l’oxyde sema cristal et nickel
à cinq heures du soir.
Déjà luttent la colombe et le léopard
à cinq heures du soir.
Et la cuisse avec la corne désolée
à cinq heures du soir.

Il n’est donc pas étonnant que des musiciens s’en soient saisi, à l’instar de Maurice Ohana (1914-1992), dont le premier chef-d’œuvre est le Llanto por Ignacio Sánchez Mejías (1949-1950). Mais Lorca était aussi proche des surréalistes français et espagnols (et particulièrement de Dalí) dont l’imagerie étrange participe aux autres influences profondes dont il s’inspire : baroque espagnol, romantisme, symbolisme… – et qui s’allie, avec le temps, à une vision de plus en plus tragique et morbide de la vie, qui n’est pas sans rappeler celle de Goya. Signe des temps ou prémonition ? Il mourra assassiné par les franquistes en 1936.

Le Théâtre de la Ville donne ces jours-ci dans sa salle des Abbesses le Llanto, sur une musique de Vicente Pradal et la mise en scène de Michel Rostain : sous-titré oratorio, c’est un spectacle bouleversant qu’il ne faut pas manquer3. Le texte est chanté en partie par les trois messagers porteurs de la nouvelle tragique à La Argentinita qui en interprète le reste, accompagnés par quelques musiciens. Flamenco et musique gitane, parfois jazz (avec quelques influences klezmer) s’intègrent avec bonheur au texte pour en illustrer tout le tragique, le déchirement pour la disparition de la personne si tendrement aimée, la présence de la mort inéluctable et dévoreuse :

Sur la pierre est couché Ignacio le bien né.
C’est fini. Qu’y a-t-il ? Contemplez sa personne :
La mort l’a recouvert de pâles fleurs de soufre
Elle lui a fait une tête de sombre minotaure
 
C’est fini. La pluie pénètre par sa bouche.
L’air comme affolé fuit sa poitrine creuse,
et l’Amour, imprégné de larmes de neige
se réchauffe au sommet des terres d’élevage.
 
Que dit-on ? Un silence empuanti s’installe.
Nous sommes en présence d’un gisant qui s’estompe,
près d’une forme claire qui eut des rossignols
et devant nous se crible de cavités sans fond.

Vicente Pradal, fils du peintre andalou Carlos Pradal, exilé en France, est né à Toulouse en 1957. « Federico, c’est ainsi que ses fervents admirateurs appellent toujours Lorca, a toujours été très présent dans ma vie. J’aime rappeler que don Antonio Rodriguez Espinosa, mon arrière grand-père, fut son instituteur à Fuente Vaqueros, près de Grenade, et que des liens étroits unissaient sa famille à la mienne. Dès mon plus jeune âge, enfant de l’exil, j’entendais prononcer son nom, réciter ses poèmes, évoquer sa mémoire lumineuse, son génie et sa fin tragique. Plus tard, à maintes reprises, j’ai travaillé sur l’œuvre théâtrale, musicale et poétique de ce poète qui m’est familier, naturel. Ma musique prétend agir comme un lance-pierres qui propulse ses vers haut et fort. »

Des quatre chanteurs, il faut reternir surtout l’interprétation de la splendide María Luna (beauté méditerranéenne classique, dans le rôle de La Argentinita) : elle y est tout simplement excellente, autant pour son jeu de scène – altier et réservé, tragique et intense – que pour sa voix, rauque et puissante, à qui sont attribués les plus bouleversants passages musicaux, et qui fait pendant à celle du cantaor gitan Luis de Almería, toute aussi caractéristique. Le jeune Juan Carlos Echeverry, ténor d’origine colombienne, possède une très belle voix (et pour cause) mais trop travaillée pour ce genre de répertoire. Enfin, Vicente Pradal s’est surtout distingué à la guitare, qu’il joue de façon remarquable (comme il le fait dans le disque Angélique Ionatos chante Frida Kahlo). Quant aux musiciens, ils étaient uniformément bons, mais on aura particulièrement remarqué Hélène Arntzen aux saxophones, dont elle joue avec virtuosité, intensité, chaleur et passion. L’instrumentation n’est d’ailleurs pas conventionnelle pour ce genre de musique : on y entend aussi piano (Jean-Luc Amestoy), violoncelle (Emmanuel Joussemet), flûtes (Luis Rigou) et percussions (Arntzen, Rigou). Vicente Pradal le refera dans une autre de ses créations musicales sur une œuvre de Lorca, le Romancero gitano (donné l’année dernière au Théâtre de la Ville), où il utilise accordéon et violoncelle.

Les notes de programme distribuées dans la salle, comprennent le texte intégral et sa traduction (par Claire et Vicente Pradal). Un surtitrage aurait facilité le suivi de l’œuvre, pour ceux qui ne comprennent l’espagnol. Et on aurait pu faire l’économie d’amplification sonore : dans cette salle, les voix et les instruments n’y auraient rien perdu, bien au contraire.

Le disque (chez Virgin) de cette œuvre de Pradal a été enregistré en public. Si on y retrouve les voix de Pradal et de Almería, ainsi que les saxos d’Arntzen et les flûtes de Rigou, j’y déplore l’absence de María Luna : Raquel Villar y chante avec plus d’effets dramatiques (avec une insistance sur les mouvements de glotte ; trop sonores) que tragiques ; sa voix est moins rauque que celle de Luna. L’équilibre sonore, entre les instruments et les voix, n’est pas toujours assuré – un problème de mixage ? Quoi qu’il en soit, c’est le seul témoignage de cette œuvre de Pradal, et il en vaut la peine, malgré ces quelques défauts. Mais surtout ne l’achetez pas dans la salle après le spectacle : il y est vendu pour 20 €, tandis que la Fnac le vend en ligne pour 8,99 €… Plus intéressant, sans doute (je ne l’ai pas encore écouté), le disque Federico García Lorca y La Argentinita: Colección de canciones populares españolas, qui comprend des enregistrements originaux de 1931, où Lorca accompagne au piano La Argentinita dans un récital de chansons populaires espagnoles (des extraits sonores sont proposés sur la page de commande du site).

Rien ne remplace le spectacle vivant : allez le voir.


1 Textes de García Lorca d’inspiration populaire, musique de Falla.

2 « La petite argentine », née à Buenos Aires en 1898 quelques années après Antonia Mercé, La Argentina, elle-même amie de Falla. Toutes deux sont considérées comme les principaux acteurs de la modernisation et de la promotion internationale de la danse espagnole au XXe s. Elle décède en 1945.

3 Dates disponibles ici.

27 janvier 2006

Aujourd’hui

Classé dans : Musique — Miklos @ 8:05

Boris Arapov, Juan Crisóstomo de Arriaga y Balzola, Daniel Anthony Baca, Marguerite Canal, Cláudio Carneyro, Arthur Mansfield Curry, Jean-Michel Damase, Gideon Klein, Edouard Lalo, Tigran Mansourian, Ysko Meriläinen, XXX, Hieronymous Preatorius, Eric Tanguy, Giuseppe Verdi, Johann Rudolf Zumsteeg…

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