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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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3 octobre 2025

Un nouvel aliment bio qui rendra les Français repus

Classé dans : Cuisine, Environnement, Humour, Politique, Progrès, Santé, Sciences, techniques — Miklos @ 17:32

L’annonce officielle. Source : ChatGPT.

On le trouve déjà en magasin. Source.

Le produit, après achat et mise en pot de chambre de cuisine.

En fait, ce n’est pas si nouveau (ni fantaisiste) que cela : le Kopi Luwak est un café indonésien produit par une civette asiatique, qui « vit en partie dans les caféiers, mange les grains de café, mais, ne parvenant pas à les digérer intégralement, les rejette » dans ses excréments. « Lorsque les grains passent dans le système digestif de l’animal, ils subissent une sorte de fermentation du fait de l’action d’enzymes et d’acides gastriques qui décomposent certaines protéines en plus petites molécules. Le café ainsi obtenu est sans amertume et la tasse gourmande, voire racée. » (source)

Quant aux fèves dont il est fait mention ci-dessus, aucun rapport avec le Kopi Luwak : elles ne proviennent que de l’apocope – qu’on espère involontaire – de la finale de cacao dans le ticket de caisse du produit (délicieux – le produit, pas le ticket de caisse –, je recommande).

12 septembre 2025

L’annonce révolutionaire de Karl Marx –
Karl Marx’s revolutionary announcement

Cliquer pour agrandir. Click to enlarge. Sources : ChatGPT & Whisk.

FrançaisEnglish

IzvestyaSaint-Pétersbourg, février 1895

Aujourd’hui, dans une maison de l’île Vassilievski, une assemblée des plus respectables personnages fut témoin d’un prodige inouï. Le grand penseur Karl Marx, arrivé dans la capitale sur invitation particulière, annonça un nouvel art, auquel il donna le nom d’« informatique ».

Le philosophe allemand sortit d’un étui de cuir un instrument mince et pliant ayant l’apparence d’un livre, mais brillant de l’intérieur d’une lumière étrange. Lorsqu’il l’ouvrit et toucha une surface lisse marquée de signes, l’écran de la partie supérieure fit apparaître des lignes tracées de feu. La machine répondait aussitôt : elle calculait des nombres, montrait des schémas et même des images de visages humains.

Sa Majesté le Tsar, ayant daigné assister personnellement avec la Tsarine, ne cacha pas son étonnement. Le Tsar déclara : « Cette science, si elle se développe, pourrait transformer non seulement le commerce et les métiers, mais aussi les modes mêmes de gouvernement de l’Empire. » Quant à la Tsarine, contemplant les images mouvantes sur l’écran lumineux, elle se signa et murmura : « Forces célestes ! »

La rumeur de ce miracle se répandit dans toute la capitale. Savants, écrivains et simples gens affirment d’une seule voix : Karl Marx a ouvert à l’humanité les portes d’un monde inconnu, où le savoir s’écoule aussi librement que les fleuves Volga et Dniepr.

Le monde est dans l’étonnement : comment ce sévère barbu, auteur du Capital et théoricien de la lutte des classes, est-il soudain apparu comme le héraut d’un nouvel âge, l’âge de « l’informatique » ? Nul ne le sait encore. Mais chacun espère qu’à partir de ce jour, l’humanité entre dans une ère inédite.

— ChatGPT

IzvestyaSt. Petersburg, February 1895

Today, in a house on Vasilievsky Island, a gathering of the most respectable figures witnessed an unheard-of marvel. The great thinker Karl Marx, having arrived in the capital by special invitation, announced a new art, which he named “informatics.”

The German philosopher drew from a leather case a thin, folding instrument, resembling a book, yet shining from within with a strange light. When he opened it and touched the smooth surface inscribed with signs, the upper panel displayed lines written in fire. The machine responded instantly: it calculated numbers, showed diagrams, and even produced images of human faces.

His Majesty the Tsar, who had deigned to attend in person together with the Tsarina, did not conceal his astonishment. The Tsar declared: “This science, if it develops, may transform not only commerce and crafts, but even the very methods of governing the Empire.” The Tsarina, gazing upon the moving images within the luminous frame, crossed herself and whispered: “Heavenly powers!”

The rumor of this miracle spread throughout the capital. Scholars, writers, and common folk alike affirm with one voice: Karl Marx has opened for mankind the gates to an unknown world, where knowledge flows as freely as the rivers Volga and Dnieper.

The world is astonished: how has this stern bearded man, author of Capital and theorist of class struggle, suddenly appeared as the herald of a new age — the age of “informatics”? No one yet knows the answer. But all hope that from this day forth, humanity enters an unprecedented era.

— ChatGPT

31 août 2025

Threnody of the Loudest

Classé dans : Actualité, Humour, Peinture, dessin, Politique, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 16:14

Click to enlarge. Source: Whisk.

A congress of asses convenes in the hall,
They kick up dust, they bray and they brawl.
Each wearing finery, yet the ears betray,
Their tails twitch with pomposity in full display.

At the head brays the Alpha—swaggering, grand—
A mane tossed, voice amplified across the land.
He vows to undo what the sick once received,
Declaring that healing is best disbelieved.

He slaps heavy tariffs on food and on steel,
Proclaiming it strength while the hungry can’t deal.
His bray is a thunder, both reckless and shrill,
It shakes the assembly, it bends them to will.

He dubs foes “traitors,” his words a blazing spree,
As courts and congress bristle beneath his braying decree.
With Department of War renamed to something fierce and raw,
He marches the nation down a path both bold and flawed.

His slogans are hollow, his nostrils flare wide,
But the herd soon applauds, for they’re braying inside.
And though their decrees are absurd or grotesque,
The braying at least is refreshingly honest.

— ChatGPT

14 août 2025

In a parallel world…

Classé dans : Actualité, Humour, Politique, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 14:42

Click to enlarge. Source: ChatGPT.

12 août 2025

De l’esprit de parti et de son effet destructeur sur la société

Classé dans : Littérature, Politique, Société — Miklos @ 22:33

Le texte qui suit, extrait de Bibliothèque ancienne et moderne de Jean Le Clerc (1716), est une belle critique toujours d’actualité d’un ouvrage traduit de l’anglais, Le Spectateur, ou, Le Socrate Moderne, où l’on voit un portrait naïf des mœurs de ce siècle, t. II, 1716. L’édition originale, The Spectator, était un recueil d’articles rédigés principalement par Richard Steele et Joseph Addison, créé et lancé en 1711 (à ne pas confondre avec l’hebdomadaire britannique éponyme, créé en 1828). Jean Le Clerc (1657-1736) était un théologien et pasteur protestant genevois qui fut également historien, critique et journaliste.

«J’ai déja parlé au long du Spectateur, dans cette Bibliothèque, Tome I, p. 383. On peut connaître par-là le dessein de cet ouvrage, composé de discours sur toutes sortes de sujets qui ont quelque rapport aux mœurs, et surtout aux mœurs des Anglais, que les auteurs se sont proposés de purifier de bien des défauts en en faisant voir le ridicule. On en a donné des échantillons qui ont beaucoup plu à ceux qui ne peuvent pas recourir à l’original.

Voici le second tome de la version française de cet ouvrage, dont le premier s’est très bien débité. Il y a ici 70 Discours, qui sont la plupart d’un usage plus général que divers de ceux du volume I qui ne regardent que des manières anglaises et qui ne sont pas fort connues hors de l’Angleterre. Il y a néanmoins divers endroits qu’on peut lire avec plaisir et avec fruit, quoiqu’ils regardent plus particulièrement ce pays-là qu’un autre, et que l’on peut même appliquer à d’autres désordres, sujets aux mêmes suites, comme les Discours XXX et XXXVI, où il est parlé de l’esprit de faction.

Depuis le temps de Cromwell, il y avait toujours eu en Angleterre deux partis, dont l’un était celui de la Cour, et l’autre celui de ceux à qui la conduite de la Cour ne plaisait pas. Ces deux partis éclataient, en toutes occasions, l’un contre l’autre, et ils avaient tour à tour le dessus dans les Parlements. Ils s’aigrirent encore davantage sous le règne du roi Guillaume et de la reine Marie, mais ils vinrent à l’excès d’emportement les dernières années de la reine Anne, auxquelles le Ministère travailla, par toutes sortes d’artifices, à ruiner entièrement ceux qui étaient zélés pour la religion protestante et pour la liberté de leur patrie, que l’on nomme communément Whigs, comme l’on appelle Tories ceux qui leur sont opposés, qui ne se mettent guère en peine, à ce qu’on dit, de la sûreté de la religion protestante ni de la liberté de leur pays. On les voit encore aujourd’hui violemment échauffés les uns contre les autres, et il n’y a que le temps qui les puisse guérir, sous l’autorité d’un Prince calme et ennemi de toutes sortes d’excès, tel qu’est aujourd’hui le roi George ; qui pourrait sans peine, je l’ose dire sans crainte d’être démenti, faire du bien aux deux partis, sans distinction, pourvu que l’une de ces factions cessât de le traverser et de s’opposer au droit indubitable qu’il a à la Couronne. Mais pendant qu’elle demeure son ennemie, il est obligé, par toutes les règles de la prudence, de s’en garder et de la mettre hors d’état de lui nuire et de perdre en même temps sa patrie. Le naturel de la nation, qui n’est ordinairement pas assez tranquille, irrité d’ailleurs par mille artifices des mal-intentionnés, fait craindre aux honnêtes gens que l’on ne lui puisse pas rendre le calme, aussi tôt qu’il serait à souhaiter, en tenant la balance égale entre les deux partis. Mais on ne doit pas désespérer de voir cet heureux temps sous un gouvernement comme celui d’à présent, qui n’a point d’intérêt à entretenir les animosités mais au contraire à les apaiser, et qui a toute la sagesse et la patience qu’il faut pour les diminuer de jour en jour. La manière d’élever la jeunesse pourrait beaucoup contribuer à cela, si ceux qui auraient ce soin étaient des gens habiles, amis de la paix, et d’ailleurs soutenus de quelque réputation. On verrait sortir de leur école en peu d’années des sujets plus modérés en toute manière que ceux qui sortent des lieux établis pour cela, mais qui sont tout le contraire de ce à quoi ils ont été originairement destinés.

Pour revenir à notre auteur, il raconte dans le XXVe Discours, pour montrer la chaleur des partis, que du temps des querelles des parlementaires et des royalistes, un chevalier de ses amis étant fort jeune et devant aller dans la rue Ste Anne, demanda à un homme qu’il rencontra le chemin de la rue Ste Anne, et que cet homme, au lieu de lui répondre à ce qu’il demandait, lui répondit : Petit chien de papiste, qui a fait cette Anne sainte ? C’était un presbytérien. Pour éviter une semblable réponse, il demanda à un autre, qui se trouva un Épiscopal, où était la rue d’Anne. Il en fut traité de pourceau galeux, et on lui dit qu’elle était sainte avant qu’il fût né, et continuerait à l’être après qu’il ferait pendu. Ce sont là des douceurs de la populace irritée et aveuglée de l’esprit de parti. Il n’y a point de si grand malheur que celui-là ; il divise une seule nation en deux corps, et les rend aussi ennemis l’un de l’autre que s’ils étaient de deux nations, dont les intérêts fussent opposés. Ces discordes ruinent le pays et agrandissent l’ennemi commun des deux partis. Elles influent dans les mœurs et dans les opinions des hommes. Elles changent même les idées que l’on avais de la vertu, et détruisent encore le sens-commun. Tout ce qui peut servir le parti que l’on a épousé est bon, tout ce qui peut lui nuire est mauvais. Quand une opinion fausse semble le favoriser, cette opinion devient vraie ; et la vérité, nuisible à la faction, devient à son tour inévitablement fausse. Comme on n’a aucun principe, on varie sur tout, sans se mettre en peine de ce qu’on a soutenu auparavant, selon le besoin présent.

Pour déraciner des esprits cette étrange passion, l’auteur propose, dans le Discours XXVI de faire une ligue entre les honnêtes gens de tous les partis, où l’on s’oblige de signer que l’on croit que deux et deux sont quatre, que le blanc n’est pas noir et que le noir n’est pas blanc, de le dire toujours, et de regarder comme ennemis ceux qui diront le contraire ; c’est à dire, de ne plus juger, ni parler seulement par passion, et par intérêt. Il y fait voir fort agréablement les effets également ridicules et dangereux de l’esprit de parti. Ces endroits méritent d’être lus et relus de ceux qui s’en laissent entêter. Nous n’avons pas de place ici pour les rapporter tous entiers.

[...]

On peut encore appliquer ce qu’il dit de l’esprit des factions et de la chaleur avec laquelle on les défend, aux querelles de religion, et de théologie qui arment les sociétés chrétiennes l’une contre l’autre, et qui divisent les membres d’une même société avec une violence incroyable. Ainsi quoi qu’il y ait ici beaucoup de choses qui regardent directement les Anglais, les autres nations ne laissent pas d’en pouvoir profiter.

Au reste, on peut dire que les deux tomes du Spectateur sont traduits avec autant de fidélité et d’exactitude, que la différence des langues l’a pu souffrir. La langue anglaise est si abondante en termes et si hardie, qu’il est fort difficile qu’on l’égale en français, et les versions ne paraissent jamais si vives» que les ori­gi­naux, à moins qu’on ne prenne trop de liberté ; ce qu’on ne doit jamais faire, et surtout en des livres de cette nature.

Jean Le Clerc : Bibliothèque ancienne et moderne (1716)

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