
Comme viennent de le rappeler Ève Ruggiéri sur les ondes de Radio Classique (en en faisant écouter un passage de l’Ouverture 1812 de Tchaïkovski, ou si vous préférez Csajkovszkij, Czajkowski, Tchaikofsky…, voire Sinopov), et Ouest France dans ses pages illustrées d’une reproduction d’un célèbre tableau du moins célèbre Pils (aucun rapport avec la bière ni avec le pendant de Tabet qui a d’ailleurs un l de plus), c’est aujourd’hui l’anniversaire de La Marseillaise, née il y a tout juste 220 ans.
C’est aussi aujourd’hui que l’on apprend que « Dans un sondage paru mardi, 64% des électeurs de Nicolas Sarkozy sont pour un accord avec le FN avant les élections législatives », parti dorénavant adoubé de « compatible avec la République » par le candidat de l’UMP (qui, lui, dit s’opposer à cette sainte alliance massivement voulue par ses électeurs) et qui a fait sienne depuis ses débuts la doctrine du « sang impur » de notre hymne national, commandé d’ailleurs par le maire de Strasbourg d’alors, ville au cœur d’une région connue aujourd’hui pour son soutien massif à ce parti.
Autant y installer aussi le siège de la présidence de la France une fois qu’il sera au pouvoir, ou, tout du moins, de commencer par en évincer le parlement européen, symbole d’une institution et d’un concept honnis par nombre des électeurs qui veulent le mener au pouvoir (ce qui ne les empêche pas d’y siéger).

Appareil de sondage utilisé pour les fondations de la Tour Eiffel (1887)
(source)
Votez, même si aucun candidat ne vous paraît représenter l’idéal : l’idéal n’existe de toute façon pas, et le droit de vote ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Exprimez-vous dans l’urne, pas dans les sondages.
«Nous sommes chez nous. Nous sommes chez nous, nous les Français et les Françaises, métèques venus des quatre coins du monde pour faire France. Nous les immigrés qui travaillons sur les chantiers nous cassant le dos pour ériger des bâtiments, nous sommes chez nous, nous les Bretons, les Corses, les Occitans. Nous les Polaques, les Portos, les Ritals et les Espingouins. Nous les youpins, les nègres, les bougnoules, et nous, les Norvégiennes ménopausées. » — Eva Joly.
Si l’on pensait que les spots des candidats que l’on peut voir après le journal télévisé de 20 heures ne pouvaient réserver aucune surprise – exercice convenu à la forme et aux phrases convenues – eh bien, ce soir, il y en avait un de particulièrement original, celui de Philippe Poutou, candidat du NPA au poste de président de la République : l’intéressé n’y figurait pas, ni par l’image, ni par la voix. C’est Olivier Besancenot, dont on connaît l’impact médiatique, qui est venu plaider sa cause.
On se demande, dans l’hypothèse fantaisiste où ce candidat serait élu, s’il serait aussi invisible à cette fonction (ce qui lui permettrait de revenir rapidement travailler à son usine, ce qu’il semble souhaiter) que le dynamique et sympathique postier remplirait alors.
On a connu aussi un autre curieux tandem dans un mouvement proche, LO, dont Hardy était le chef occulte, tandis que la fringante Arlette la sempiternelle candidate. Sauf qu’ici…
C’est la question que Marie Drucker posait ce soir à l’ouverture du journal télévisé de France 2. La réponse en a été donnée par Isaac Asimov il y a plus d’un demi-siècle, dans un récit dont nous avions déjà donné un extrait ici.