Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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14 janvier 2011

Quelques fuites

Classé dans : Actualité, Histoire, Politique — Miklos @ 23:50

14 janvier 2011, 18h37. Après une nouvelle journée d’émeutes, le président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali a quitté le pays, vendredi, selon des sources proches du gouvernement. (Le Monde)

7 avril 2010. Les dirigeants de l’opposition au Kirghizistan ont annoncé mercredi la chute du gouvernement, après de violents affrontements entre police et opposants qui ont fait des dizaines de morts et provoqué la fuite du président de ce pays d’Asie centrale, Kourmanbek Bakiev. (cyberpresse.ca)

29 février 2004. (…) le président [haïtien] Jean-Bertrand Aristide s’est enfui vers Bangui, la capitale de la République Centrafricaine, une fois que les bandes militaires, dont une partie l’avait soutenue autrefois, l’eurent chassé du sol haïtien. (Thomas Edeling, Rene Despestre et l’histoire haïtienne, Grin Verlag, 2004)

17 octobre 2003. Fuite du président [bolivien] Gonzalo Sanchez de Lozada aux USA suite à une rébellion populaire. (Histoire Bolivie, Easy Voyage).

24 décembre 1999. Informé de la désertion de ses gardes, [le président ivoirien Henri Konan] Bédié fut frappé d’une intense panique et enjoignit [au Général] Tanny de l’emmener chez l’Ambassadeur de France. À peine Tanny eut-il arrêté sa voiture devant la résidence du diplomate, Bédié bondit s’y réfugier, laissant Tanny au milieu de la rue. Dans sa précipitation, il oublia son épouse (…). (Le Toubabou [pseudonyme de Claude Garrier], Le millefeuille ivoirien : un héritage de contraintes, L’Harmattan, 2005)

2 janvier 1992. À partir du 22 décembre [1991], l’ancienne garde nationale attaque le palais du parlement où le président [georgien Zviad Gamsakhourdia] s’est réfugié, et l’opposition annonce la prise du pouvoir par un conseil militaire le 2 janvier. Dans la nuit du 5 au 6, le président s’enfuit. (Le Soir, 6/1/1994)

2 décembre 1990. Le Tchad est une région d’incertitudes depuis plus de trente années (…). L’aventure commencée par M. Idriss Deby le 2 avril 1989, lui qui était l’ancien chef d’État-major du Président Hissène Habré s’est achevée le 2 décembre dernier par la prise de N’Djamena, et la fuite du président Hissène Habré qui s’est réfugié au Cameroun. (La politique étrangère de la France. Textes et documents, Ministère des affaires étrangères, 1990).

7 février 1986. Il [le président haïtien Jean-Claude Duvalier, « Bébé Doc »] s’enfuit avec les économies de la famille (estimées à près de 120 millions de dollars) et est accueilli de façon non officielle par la France, où les autorités affirment avoir « perdu sa trace ». (Pascal Varejka, in Patrick Boman et al., Le Guide suprême. Petit dictionnaire des dictateurs. Ginkgo Éditeur, 2008)

12 avril 1979. Kampala tombe, et Amin s’enfuit, d’abord en Libye, puis en Irak et finalement en Arabie Saoudite. (L’Express international)

16 janvier 1979. Des émeutes embrasent l’Iran pendant l’été 1978. Face à la montée de la contestation, le Shah quitte le pays le 16 janvier 1979 (…). (Eric Nguyen, La politique étrangère des Etats-Unis depuis 1945, Studyrama, 2004).

29 mai 1968. Un demi-million de manifestants défilent à Paris. Le général de Gaulle disparaît durant quelques heures, provoquant de vives inquiétudes dans son camp. (Bernard Grand, Mai-68. Les tracts de la révolte, 2008).

31 décembre 1958. Dans la nuit du nouvel an 1959, tout bascule. Les guerilleros qui ont pris les armes contre le régime corrompu de Fulgencio Batista sont aux portes de la capitale, et le Président s’enfuit dans son avion personnel. (François-Xavier Gomez, in La Ceiba y la Palma Real)

15 août 1953. Un peu plus tard, survient le coup d’État manqué du roi. Il signe la lettre de révocation de son Premier ministre (…). Ce papier n’a aucune valeur (…). Le Shah s’enfuit aussitôt après son échec, le 15 août 1953, via Bagdad à Rome. (Shirïne Samii, Sous le règne du Shah. Récit, L’Harmattan, 2005)

1er août 1830. Lundi 26 juillet deux ordonnances signées de Charles X et de sept ministres violaient la Charte, nous arrachaient la liberté de la presse, rayaient d’un trait de plume la liberté électorale ; et le 1er août Charles X et les ministres étaient en fuite. (L. Véron, « Paris. Les 26, 27, 28 et 29 juillet. », in Revue de Paris, 1830)

19 mars 1814. Les troupes de Paris ne respondent point au cri de Vive le roi ! Louis XVIII comprend leur silence, et cédant à la nécessité, il quitte son palais dans la nuit du 19 au 20 mars ; il se rend à Lille, puis à Gand, où M. de Talleyrand ne tarde pas à le rejoindre, et où le suivent, avec ses fidèles serviteurs, tous ceux qui déguisent leur prudence sous l’apparence du dévouement. (M. F.-A. Mignet, Histoire de la révolution française depuis 1789 jusqu’en 1814, augmentée de l’histoire de la Restauration jusqu’à l’avènement de Louis-Philippe Ier par M. Émile de Bonnechose, Bruxelles et Liège, 1838.)

20 juin 1791. La fuite du Roi Louix XVI et de sa famille, accompagnés de quelques serviteurs courageux et fidèles, est l’un des événements les plus considérables et les plus dramatiques de la Révolution. (Eugène Bimbenet, Fuite de Louix XVI à Varennes, d’après les documents judiciaires et administratifs déposés au greffe de la haute cour nationale établie à Orléans, 1868.)

5 janvier 1689. Vous allez voir, par la nouvelle d’aujourd’hui, comme le roi d’Angleterre [Jacques II] s’est sauvé de Londres, apparemment par la bonne volonté du prince d’Orange. (Madame de Sévigné)

29 décembre 2010

Bye bye, Miss American Pie

Classé dans : Cinéma, vidéo, Musique, Peinture, dessin, Photographie, Politique — Miklos @ 19:55

En 1952, Charlie Chaplin se fait tirer le portrait par Richard Avedon. Quelques heures plus tard, il quitte les États-Unis pour assister à la première des Feux de la rampe à Londres. Edgar Hoover en profite pour faire révoquer son visa : on était en plein maccarthisme et Chaplin en est l’une de ses nombreuses cibles autant pour ses opinions de gauche (anathème aux US) que pour certaines de ses attirances (qui ne sont pas sans rappeler celles de Polanski). Charlot ira donc s’installer définitivement à Vevey, non loin d’Évian (Polanski, lui, vit à Gstaad).

Il ne remet les pieds aux Etats-Unis que vingt ans plus tard, et y est reçu de façon spectaculaire. Au Lincoln Center de New-York, par exemple, une réception est organisée en son honneur, à laquelle assiste la jet set de l’époque : Ethel Kennedy (veuve de Robert F. Kennedy), Paul Newman (mister ice-blue eyes), Gloria Vanderbilt (dans le rayon blue, vous connaissez sans doute ses blue jeans), Oona O’Neill (fille du poète Eugene O’Neill et quatrième et dernière femme de Charlie Chaplin), Candice Bergen (épouse de Louis Malle, et la Catherine Deneuve américaine – bien plus belle et sympathique à notre avis que notre ice cold actrice), Norman Mailer (qui n’en était alors qu’à la première de ses six femmes, un record se rapprochant de celui de Barbe Bleue, curieux comme cette couleur baigne cette soirée), Leopold Stokowski (il n’a alors que 70 ans, il continuera à diriger jusqu’à l’âge de 95 ans), Otto Preminger (qu’on avait vu tourner une scène de Rosebud – on se demande si on n’y figure pas d’ailleurs –, quel sale caractère… !), Paulette Goddard (qui avait été précédemment mariée à Chaplin, c’était la n° 3)… et on en passe.

Richard Avedon en est. Après coup, la pose de Charlie Chaplin dans cette photo de 1952 est une sorte de pied-de-nez qu’il fait à l’Amérique. L’année de son retour, 1972, est aussi celle du succès de Bye bye, Miss American Pie de Don McLean, chanson élégiaque et mystérieuse qui marque la fin d’une époque et qui n’a cessé d’interpeller ceux qui l’ont entendue, puis écoutée.

7 décembre 2010

Une fable d’actualité

Classé dans : Actualité, Littérature, Politique — Miklos @ 0:50

Le vaisseau en péril

Un vaisseau, tourmenté par de longs ouragans,
Contre les aquilons et les flots mugissants
Luttait sur une mer d’écueils environnée ;
Et, plus fatale encor que les flots et les vents,
La Discorde en son sein rugissait déchaînée
        Son équipage mutiné
Ne reconnaissait plus la voix du capitaine.
Il ne pouvait régler la manœuvre incertaine
Du malheureux navire aux vents abandonné.
        Matelots, mousses et novices,
Tous veulent commander; nul ne veut obéir ;
Chacun a son avis, son orgueil, ses caprices.
    C’est un tapage à ne plus rien ouïr ;
    Et le vaisseau, dont l’ouragan se joue,
    Au sud, au nord, au couchant, au levant,
Présentant tour à tour et la poupe et la proue,
Va tantôt en arrière et tantôt en avant.

    De ce désordre innocentes victimes,
Les passagers en vain criaient aux disputeurs :
« Manœuvrez, sauvez-nous, suspendez vos fureurs ;
« Ou cette mer terrible, en ses profonds abîmes,
« Mettra bientôt d’accord et vaincus et vainqueurs. »
D’une frayeur trop juste inutile requête !
Livré sans gouvernail au choc des éléments,
Sur la pointe d’un roc le navire se jette,
        Et d’effroyables craquements
        Répondent aux mugissements
        Des vagues et de la tempête.
Ce malheur éteint-il la rage des partis ?
Non, non ; de leur ruine ils s’accusent l’un l’autre :
La dispute redouble ; on n’entend que ces cris :
         « C’est ta faute. — Non, c’est la vôtre.
         « — C’est vous. — C’est toi qui nous perdis. »

« — C’est la faute de tous, » répond le capitaine,
Dont la voix, libre enfin, domine les clameurs.
« C’est votre vanité qui fit tous vos malheurs.
« De vos divisions vous subissez la peine. »
Un dernier craquement retentit à ces mots.
Le pont s’était ouvert sous la vague en furie.
Un dernier cri s’élève, et l’abîme des flots
Se referme en grondant sur la nef engloutie.

        Je ne sais point sous quels climats
    Ni sous quel nom naviguait ce navire ;
Mais, vous qui me lisez, vous pourriez me le dire,
Et, si vous m’en croyez, vous ne l’oublierez pas.

Fables par M. Viennet
L’un des quarante de l’Académie-française.
Paris, 1845

6 décembre 2010

Des bourgeois carriéristes

Classé dans : Actualité, Médias, Politique — Miklos @ 20:24

« Je vois des gestionnaires résignés, des bureau­crates madrés, des stratèges de commis­sions des résolutions, des chanteurs d’Internationale gueu­larde, en un mot des bourgeois carriéristes. » — Jacques Julliard, « Ma gauche ! », Marianne, 4-10 décembre 2010.

« J’ai horreur des fanatismes mais aussi du populisme. D’une façon générale, dans une époque de barbarie où notre incapacité à la combattre effi­cacement doit nous conduire à l’humilité, les affir­mations péremptoires me paraissent d’indécentes frivolités. » — Jean Daniel, Cher Jacques…, 24.11.2010.

Les titres-choc de Marianne se succèdent aussi régulièrement que la parution du magazine en kiosque. La dernière en date, « Kouchner-Ockrent : la chute » nous a interpellé, on verra pourquoi. On l’a donc acheté, l’exception confirmant la règle. On n’a pas été déçu par la comédie qui se joue à nos yeux, mais il y a de quoi être atterré.

Ce numéro s’ouvre par un éditorial de Jacques Julliard récemment arrivé à Marianne : on avait récemment appris son départ d’un Nouvel Obs abandonné par un autre personnage marquant, Denis Olivennes (qui y était arrivé de la Fnac), parti, lui, rejoindre Europe 1 pour succéder à Alexandre Bompart (qui rejoint la Fnac – d’où venait Olivennes, vous suivez ? – faute d’avoir décroché France Télévision). Jean Daniel, homme d’« un certain âge », comme il l’écrit si joliment dans sa lettre ouverte à son cher Jacques dans laquelle il dit comprendre le désir de cet homme de 77 ans d’avoir l’« envie de conquérir toute sa place au soleil », tient bon à 90 ans : voici qu’on apprend que Laurent Joffrin, actuellement co-gérant et directeur de la rédaction et de la publication de Libé après avoir quitté le Nouvel Obs en 2006 est sollicité pour y revenir (se penser successeur de Jean Daniel – auquel on souhaite longue vie – est sans doute plus valorisant que tenir le rôle d’héritier de Serge July, dorénavant éditorialiste à RTL, dont Christine Ockrent avait été rédactrice en chef et éditorialiste), ou, tout au moins, étudier un « rapprochement » entre ces deux organes de presse. Jeu de chaises musicales assez contrapunctique et finalement quelque peu répétitif : plus ça change, plus c’est la même chose. Mais passons aux choses sérieuses.

On aimait bien Christine Ockrent (qui, question presse écrite, avait dirigé L’Express), autrefois, dans ses rôles de présentatrice de journal télévisé puis d’émissions politiques sur le petit écran : son visage intelligent, son écoute, ses remarques judicieuses et fines ne manquaient pas de tenir sous son charme.

Et puis elle avait disparu de notre horizon cathodique, réduit qu’il est surtout à Arte ou à Mezzo. On avait récemment aperçu de gros titres de la presse écrite qui parlaient de difficultés ou de conflits dans son poste actuel à la tête de la société de l’audiovisuel extérieur de la France, mais on ne s’intéresse pas particulièrement à ce genre d’informations.

Il y a quelques jours, on tombe sur une émission (du diable si l’on se souvient de laquelle), où l’on aperçoit la reine Christine. Quel plaisir de la revoir, se dit-on, et on se met à écouter. Elle n’est pas la seule, mais on s’aperçoit vite, très vite, qu’elle ne laisse pas parler les autres, les interrompant à tout bout de champ sans leur laisser la possibilité de finir une phrase, par des remarques ironiques, péremptoires ou arrogantes lancées d’un air innocent que dément la virulence sous-jacente de ses paroles : aucune écoute, si ce n’est pour contredire. Ils ne peuvent en placer une, c’est elle qui doit contrôler le plateau. C’est à tel point déplaisant qu’on quitte la chaîne presque aussi vite qu’on y était arrivé.

Alors quand on a vu le titre aguicheur de ce numéro de Marianne, qu’on s’est souvenu de l’impression fortement désagréable que nous avait fait cette émission d’une part et la récente attitude de son compagnon (que l’on aimait bien aussi, autrefois) d’autre part, notre curiosité a été attisée, on l’avoue sans vergogne. Eh bien, on en apprend de belles. Il paraît que l’avocat de la dame a annoncé qu’il allait porter plainte. De quoi booster les ventes, évidemment, mais pourquoi l’annoncer au lieu de le faire ? Si on était Wikileaks, on suspecterait quelque anguille sous roche. Mais nous ne sommes pas paranos, tout va pour le mieux dans le monde des (im)médias.

4 novembre 2010

À l’occasion de la visite de Hu Jintao

Classé dans : Actualité, Photographie, Politique — Miklos @ 20:13

Reporters sans frontières (RSF) a organisé aujourd’hui un rassemblement à Paris pour exiger de Nicolas Sarkozy qu’il aborde les questions des droits de l’homme avec le président chinois Hu Jintao, en visite en France.

Près du centre Pompidou, des militants tibétains et ouïghours ont pris part à un lâcher de colombes avec plusieurs personnalités du monde artistique et médiatique français.

Les manifestants portaient des t-shirts blancs à l’effigie du dissident chinois Liu Xiaobo, qui a reçu le prix Nobel de la paix cette année. (Source : Reuters)

De son côté, la France a accueilli avec un « protocole exceptionnel » le président chinois. Sur la question des droits, elle abordera avec l’Empire du milieu ceux de propriété intellectuelle.

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