Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

This blog is © Miklos. Do not copy, download or mirror the site or portions thereof, or else your ISP will be blocked. 

3 mai 2009

Life in Hell: un bon repas, mais…

Classé dans : Cuisine, Lieux, Photographie — Miklos @ 21:40

Akbar, qui se nourrit régulièrement de saumon cru, de légumes, de fruits, de pistaches grillées et de chocolat noir, a des envies carnivores. Jeff lui propose de se rendre dans leur restaurant tune favori. C’est le seul qu’ils connaissent, mais ils n’ont jamais été déçus : l’accueil est aimable, l’atmosphère familiale, les kémias nombreuses et savoureuses ainsi que les plats qui s’ensuivent. Akbar décide de déroger à son habitude – la grillade bellevilloise, assortiment de viandes goûteuses et de quelques merguez – et prend un akoud, ragoût de tripes. Il ne le regrette pas, la viande fond sous la langue et la sauce se laisse saucer par le pain, lui-même meilleur que les fois précédentes. Quant à Jeff, il prend un bsaloubia, couscous avec ragoût de haricots blancs et de viande de bœuf, qui ne lui déplait pas.

Tout pour revenir ? Ils en doutent : le serveur, très prévenant de par ailleurs mais surtout très enrhumé, ne manque pas de tousser au-dessus des plats qu’il sert ; plus tard, étonnés par une odeur de cigarette, nos compères le voient en griller une au comptoir…

En sortant, ils jettent un regard sur un immeuble situé sur le coin opposé, un bâtiment lépreux de deux étages recouvert de tags, dont le rez-de-chaussée est muré et le premier étage « décoré » de panneaux années 70 qui masquent la façade. Ils apprendront plus tard que ce bâtiment, appelé « relais de poste » (d’où le nom du restaurant en question), est l’un des plus anciens du quartier, et l’un des derniers témoins de la barrière des Fermiers généraux du 18e siècle. Sauvé de la démolition en 1998, la Ville de Paris n’arrive pas le faire renaître de sa déchéance ; quelques dizaines d’habitants du quartiers se sont récemment mobilisés en lançant une pétition pour la réhabilitation de cette maison (ce que souhaitent aussi les Verts), cœur de ce quartier autrefois si agréable :

Belleville, v., Seine, banlieue et à 1/4 de l. N. E. de Paris, arr. et à 1l.1/2 de Saint-Denis, c. de Pantin. 5,000 h. Il est dans une charmante situation, sur une hauteur qui domine Paris et une grande partie des environs. Le joli plateau sur lequel il est bâti est couvert de maisons de campagne agréables, et l’on y trouve plusieurs maisons d’éducation pour l’un et l’autre sexe. La position de ce lieu, qu’environnent les prés Saint-Gervais, ajoute à son agrément ; aussi, pendant la belle saison, est-il le rendez-vous d’un grand nombre d’habitants de Paris, attirés par les guinguettes et les bals publics dont Belleville est presque entièrement composé. Fabriques de cuirs vernis, de produits chimiques et d’acier poli. Atelier pour l’affinage des métaux. Jardin public, fêtes champêtres et courses en chars.

J. A. Dulaure, Histoire physique, civile et morale des environs de Paris, depuis les premiers temps historiques jusqu’à nos jours, 1838.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

Un plat sylvestre

Classé dans : Cuisine, Photographie — Miklos @ 10:01

« Pour les faux amis, ils sont innombrables. Tout ami dit : Je suis bon ami ; mais il y a des amis qui ne sont amis que de nom. » — Bossuet, Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte, livre V, article II.

Les touristes anglophones visitant Pierrefonds ont de quoi être surpris : dans ce petit village – où le café est plus cher que celui des troquets parisiens les plus branchés – on trouve une nouvelle cuisine, une gastro­nomie raffinée et inventive. Pour preuve, ce « foie de poulet » servi sur de la mousse – celle qu’on trouve sous les arbres, dans la forêt (de Compiègne, sans doute).

22 mars 2009

Crêpes au Comté

Classé dans : Cuisine — Miklos @ 22:22

Pâte
250 gr. de farine
1 cuil. à café de bicarbonate
(ou 1 pincée de sel)
2 œufs frais
1 cuil. d’huile
½ l. de lait (option : écrémé)
jus de citron (option)
50-75 gr. de graines de tournesol décortiquées
 
Autres ingrédients
Comté
Goma-sio (option)

Mettre la farine dans une terrine, mélanger avec le bicarbonate (ou le sel). Y casser les œufs, rajouter l’huile, mélanger vigoureusement en rajoutant graduellement le lait, et si l’on veut un peu de jus de citron.
Laisser reposer au moins une heure (de préférence une nuit). S’assurer que la pâte est fluide (rajouter au besoin un peu de lait) et sans grumeaux.
Rajouter les graines de tournesol.
Chauffer une poêle dont on aura huilé le fond (essuyer le trop-plein d’huile avec du Sopalin).
Une fois qu’elle est très chaude mais non fumante, verser de la pâte de façon à produire une couche fine et uniforme. Retourner dès que le bord commence à dorer (elle doit se détacher facilement). Éparpiller du Comté rapé ou coupé en lamelles sur la crêpe, puis la replier en quatre. Dorer de chaque côté.
Enlever du feu, assaisonner si l’on veut avec un peu de Goma-sio (sésame complet et sel de mer moulus) et servir immédiatement.

10 mars 2009

Tarte aux épinards

Classé dans : Cuisine — Miklos @ 8:02

Pâte brisée
250 gr. de farine
125 gr de beurre demi-sel
¼ de verre d’eau
 
Appareil
1 tomate
3 pommes de terre
3 oignons
450 gr. d’épinards en branches
4 œufs
2 pots de yaourt de brebis
100 gr. de roquefort
50 gr. de feta
noix de muscade, clous de girofle, cumin en grain
cerneaux de noix concassés (option)

Sortir le beurre plusieurs heures à l’avance et le laisser ramollir.
Mélanger du bout des doigts la farine et le beurre en rajoutant de l’eau. Dès que la pâte devient homogène et élastique, la mettre en boule. Frotter légèrement de farine, l’envelopper dans du papier cellophane et laisser reposer la nuit.
Le lendemain, préchauffer le four à 180° C.
Étaler la pâte et en garnir un moule à tarte de 30 cm. chemisé au préalable. Badigeonner le rebord d’un jaune d’œuf délayé dans un peu d’eau.
Couper les pommes de terre en rondelles fines et les disposer au fond de la tarte. Couper les oignons en julienne et en recouvrir les pommes de terre. Disposer les épinards (on peut se servir d’épinards crus surgelés, qu’il faudra alors réchauffer sans les cuire afin de les décongeler), puis les cerneaux de noix.
Battre les œufs, le yaourt, les fromages et assaisonner. Verser régulièrement sur la tarte qu’on tentera de couvrir entièrement.
Couper la tomate en fines tranches et disposer sur le tout.
Cuire pendant 40 minutes ou jusqu’à ce que la tarte ait doré ou que l’arome en remplisse la cuisine. Déguster chaud ou froid.

25 février 2009

Life in Hell: the ultimate torture

Classé dans : Cuisine — Miklos @ 7:50

« Peut-être le fumet délicat du chocolat ramène-t-il à la surface de vieux souvenirs d’enfance… ? » — Bernard Dubrulle et Dominique Auzias, Guide du chocolat et des confiseries. Petit futé, 2006.

Akbar et Jeff sont invités à dîner chez la Comtesse de Dieppe. En se rendant vers le métro, Akbar passe devant Lord Sand­wich. La Mama, sur le pas de la porte, s’écrie : « ne bougez pas ! », suivi d’un « Entrez, entrez ! ». Akbar est bien en mal d’obtem­pérer, vu les injonctions contra­dictoires, mais la curio­sité attisée il ignore la première qui l’avait saisi dans son vol comme la femme de Loth trans­formée en statue de sel, et obéit à la seconde. Il franchit le seuil. La patronne lui tend alors un plateau couvert d’une montagne de brownies tous plus appétissants les uns que les autres et dont le bouquet manque de le faire tomber en pâmoison. « La cuisinière m’a dit “C’est pour Monsieur Akbar” », précise-t-elle.

Quel supplice ! malgré qu’il en soit par l’odeur alléché, Akbar ne peut s’en saisir (dîner oblige) et répond, à l’instar de Jean-Jacques Rousseau à Madame la Baronne de Warens en 1732 : « pour moi, je me contente du fumet ». La Mama lui fournit alors toutes assurances que le trésor sera préservé à son intention (il compte bien y retourner incessamment sous peu) et le confie à l’Aïeul. Une consolation temporaire, tout de même : la Comtesse de Dieppe servira aux deux compères en guise de dessert un gâteau au chocolat.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

The Blog of Miklos • Le blog de Miklos