Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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22 février 2019

Si vous dînez dans un bouillon, regardez donc autour de vous…

Classé dans : Littérature, Peinture, dessin — Miklos @ 18:53

Variation sur L’Absinthe d’Edgar Degas.
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PETITE « CULOTTE » DE DAME

Le mois dernier, un soir que je commettais l’imprudence de dîner dans un de ces déplorables éta­blis­sements de bouillon qui ont donné à la majorité des Parisiens l’habitude de manger, sans nappe, des plats qui sont tous accommodés à la même sauce fade, je me trouvai avoir pour vis-à-vis, à la table très-étroite devant laquelle j’étais mélan­co­li­quement assis, une dame encore jeune, qui portait une fort belle bague en diamants au maigre annulaire de sa main droite.

Ce fut même l’éclat de cette bague qui fixa soudain mon regard irrésolu. De la bague, mon regard passa aux doigts ; puis, entreprenant une ascension distraite, il monta des doigts au poignet, du poignet au coude, du coude à l’épaule ; et là, s’arrêtant comme un touriste essoufflé, il examina le paysage. à la ronde : je veux dire par là que je contemplai le visage de la dame encore jeune, avec un certain intérêt.

Ma mémoire prit même des notes. Ce sont ces impressions de voyage que vous lisez.

La dame encore jeune avait aux oreilles des boutons de diamants d’une aussi belle eau que les diamants de la bague.

L’oreille n’avait rien de particulièrement désagréable à examiner. Elle ne ressemblait pas trop aux oreilles de la plupart des femmes de nos jours, qui se plaisent à les déformer en y suspendant des trains de chemin de fer en or ou des obélisques en corail. Non, non, l’oreille de cette dame encore jeune ne rappelait pas trop, par la forme et la couleur, les huîtres marinées anglaises.

Cette oreille était petite, bien faite et rougissante.

Elle rougissait, et je vais vous dire pourquoi maintenant.

Devant la dame encore jeune que je lorgnais poliment, du coin de l’œil, entre deux bouchées des exécrables mets que j’avais demandés à une bonne au teint pâle et maladif ; devant ma voisine, dis-je, se dressaient, accusatrices, trois demi-bouteilles qui avaient contenu du vin blanc.

Vous me direz : « Mais, Monsieur, les demi-bouteilles des établissements de bouillon sont d’une taille qui rappelle les mesures du royaume de Lilliput ! »

Et moi, je vous répondrai : – « Oui, Monsieur ! Mais enfin, Monsieur, pour une dame seule, et encore jeune, trois demi-bouteilles de vin blanc, c’est déjà bien joli ! »

Et puis, si vous saviez, et vous allez le savoir, le très-peu de nourriture que ces trois demi-bouteilles arrosaient, vous conviendriez avec votre humble serviteur que réellement trois demi-bouteilles de vin, et de vin blanc surtout, c’est un fort rafraîchissement pour une dame qui est encore jeune, et dîne seule, bien que son maigre annulaire soit cerclé d’une bague en diamants.

— Par Hercule ! m’écriai-je avec le rire amer d’un individu du sexe masculin surprenant en faute un individu de l’autre sexe, par Hercule ! est-ce que je me trouve en face d’une dame en train de se donner une petite culotteCulotte (se donner une). – Faire excès de boire ou de manger. (Lorédan Larchey, Dictionnaire de l’argot parisien. 1872., révérence parler ?

Et, dois-je l’avouer ? cette idée, encore qu’elle fût des plus insultantes pour ma voisine, fit un chemin rapide dans mon esprit égaré. — Les oreilles rougissantes, l’éclat humide de l’œil, la couleur vive des pommettes, les petits sourires sans motifs au coin des lèvres, tout enfin, à partir de ce moment, me parut, sur le visage de mon vis-à-vis, être les signes précurseurs d’une petite culotte de dame.

Cette dame, pensais-je, a trouvé moyen de se rajeunir tout en s’amusant. Une demi-bouteille de plus et elle aura. sa jeune fille !

Nous autres gens graves, nous disons : avoir son jeune homme.

Donc ma voisine de temps à autre souriait, comme si elle se racontait intérieurement quelque histoire impayable, et ses prunelles se noyaient de plus en plus dans une buée attendrie. Les petites oreilles se carminaient aussi de plus en plus.

Enfin, tout témoignait dans cette dame encore jeune d’un état de bien-être stomacal fort satisfaisant. Pourtant la chère dame n’avait pas dîné (boisson à part) d’une façon bien sérieuse. Elle avait mangé un potage, un hareng à la moutarde et un morceau de fromage de Camembert. Repas léger s’il en fut !

Mais, comme dirait ce misérable Rabelais, du fromage et un hareng à la moutarde, ce sont esperons pour la soif. Cela lui donne de l’acuité, de l’insatiabilité. Aussi il avait fallu l’assouvir, cette soif si bien éperonnée : indèDe là. (lat.) les trois demi-bouteilles de vin blanc !

De là encore, forcément, les signes précurseurs d’un bien-être stomacal apparus sur le visage ; de là, enfin, la petite culotte.

Le rire amer que j’avais fait entendre en constatant que ma voisine, sans s’en douter peut-être, se préparait une (mille pardons !), une cuite pour sa soirée, se transforma peu à peu en un sourire bienveillant, fraternel même.

Eh ! mon Dieu ! que celui qui est sans avoir débouché nous jette le premier bouchon !

Oui, cette petite culotte de dame me donna à réfléchir. Je me demandai ce que pouvait bien être, socialement, ma voisine, et par suite de quelle aventure elle se trouvait dans un déplorable établissement de bouillon, seule, en compagnie de trois demi-bouteilles de vin blanc.

Était-ce une actrice de petit théâtre se donnant du brio pour la représentation ? Était-ce une cocotte remontant ses nerfs afin d’affronter la cruelle bise du boulevard, sans cesser de sourire un seul instant ? — Je me dis encore : Cette dame est peut-être une bourgeoise des environs de Paris, venue dans la grand’ville pour un achat, visites aux magasins, rendez-vous chez un ami ou chez une amie, etc., et dînant, en garçon, au restaurant.

Avais-je devant les yeux une institutrice ou une maîtresse de piano, oubliant les criailleries des élèves et les grincements des pianos, en sablant un vin blanc malsain et trompeur ?

Mais les bagues et les boutons d’oreilles ne sont guère en la possession des maîtresses de piano ou des maîtresses de français !

Cette dernière supposition dut donc être écartée.

Quant à la dame de province venue à Paris pour acheter un objet de toilette ou pour retrouver un jeune homme inconnu, cette supposition devait être également écartée. Une dame de province, avec des diamants aux oreilles, ne mange pas sans nappe. Elle aurait au moins étalé la moitié de sa serviette sur le marbre glacé de la table. Enfin, une dame de province, venue pour affaires d’amour, ne dînerait probablement pas seule.

Restait donc la cabotine ou la cocotte.

Mais l’heure d’un dîner d’actrice en représentation était passée depuis longtemps.

J’avais donc devant les yeux, sauf erreur grave, une cocotte déjà sur le retour, sachant combien la vie est amère, et se disant, comme Noé : « Avant nous, le Déluge; mais après, vive la Vigne ! »

Bref, comme le patriarche en question, mon vis-à-vis oubliait ce monde pervers et les buveurs d’eau, qui sont tous méchants, en humant, à petits coups, la liqueur jaunâtre que renfermait la dernière des trois demi-bouteilles.

Avais-je le droit de la blâmer ? pouvais-je lui reprocher ses trois demi-bouteilles ? Il n’y avait là rien de prémédité. Si j’avais vu sur la table, devant la dame aux oreilles très-roses, une bouteille et une demi-bouteille, j’aurais pu croire à un dessein préconçu ; mais trois demi-bouteilles indiquaient que, après la première, on avait eu soif, et soif après la seconde : voilà tout. Ce n’était pas de la débauche ; c’était le besoin naturel d’un gosier un peu excité.

Aussi, est-ce avec le cœur plein d’une tendre commisération que je continuai, tout en mangeant d’abominables choses, accommodées à la même sauce fade, de regarder la dame aux sourires sans motifs, qui se donnait silencieusement une — petite culotte.

Ernest d’Hervilly, Mesdames les parisiennes. Paris, 1875.

14 janvier 2019

Trafalgar Square, London

Classé dans : Architecture, Photographie — Miklos @ 1:11


Trafalgar Square. Click to enlarge.


Fourth Plinth’s work: The Invisible Enemy Should Not Exist, by Michael Rakowitz, recreating a deity destroyed by ISIS in Iraq, made with 10,500 empty, Iraqi date syrup cans.
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From left to right: National Gallery, St Martin-in-the-Fields church, Fourth Plinth’s work. Click to enlarge.


Inside St Martin-in-the-Fields. Click to enlarge.


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A fountain and the basis of Nelson’s Column. Bronze lions by Sir Edward Landseer. Mermaid statue by Sir Charles Wheeler.
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Façade of the National Gallery. Left: Fourth Plinth’s work.
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James II, by Grinling Gibbons. 1686. Click to enlarge.


George Washington, replica of a work by Jean-Antoine Houdon. Click to enlarge.

13 janvier 2019

Venise à Londres | Venice in London

Classé dans : Peinture, dessin, Photographie — Miklos @ 23:41

Quelques tableaux à la National Gallery
A few paintings at the National Gallery.


Canaletto: The Doge’s Palace and the Riva degli Schiavoni (late 1730s).
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Canaletto: A Regatta on the Grand Canal, ca. 1740.
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Francesco Guardi: The Giudecca Canal and the Zattere. Probably 1765-1770.
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Canaletto: The Feast Day of Saint Roch, ca. 1735.
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Canaletto: The Grand Canal with S. Simeone Piccolo, ca. 1740.
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15 novembre 2018

« La nature déconcertée semble avoir perdu son cours »

Classé dans : Actualité, Environnement, Littérature, Nature — Miklos @ 1:02

Caricature trouvée en ligne sans attribution. Une autre version, même dessin, autre texte – concernant la limitation de vitesse – avait été publiée quatre mois plus tôt, sans attribution elle non plus.

Le texte qu’on lira ci-dessous est une traduction datant de 1788 d’une partie d’un long poème en vers libres du poète britannique James Thomson, publié en 1730, poème consacré aux quatre saisons (et qui a, dit-on, aussi inspiré Haydn). Il y décrit la dégradation du climat en des termes qui peuvent faire penser à ce qu’on en dit de nos jours (pour d’autres raisons, évidemment, mais finalement il y a toujours l’homme à la base…). Il y parle aussi de la nécessité – éthique ou morale – du végétarisme : ne pas tuer, ne pas boire le sang, des animaux qui, de leur vivant, nous servent continûment avec patience. En passant , il fait allusion au premier adepte du végétarisme : Pythagore, qui l’eut cru ?

«Maintenant ces temps rapides et innocents, d’où les poètes fabuleux ont tiré leur âge d’or, ont fait place au siècle de fer. Les premiers hommes goûtaient le nectar de la vie, et nous en épuisons la lie. Les esprits languissants n’ont plus cet accord et cette harmonie, qui fait l’âme du bonheur ; notre intérieur a perdu tout équilibre ; les passions ont franchi leurs barrières ; la raison à demi éteinte, impuissante, ou corrompue, ne s’oppose point à cet affreux désordre ; la colère convulsive et difforme se répand en fureur, ou pâle et sombre elle engendre la vengeance ; La basse envie sèche de la joie d’autrui, joie qu’elle hait parce qu’il n’en fut jamais pour elle. La crainte découragée se fait mille fantômes effrayants qui lui ravissent toutes les ressources. L’amour même est l’amertume de l’âme ; il n’est plus qu’une angoisse triste et languissante au fond du cœur ; ou bien guidé par un sordide intérêt, il ne sent plus ce noble désir qui jamais ne se rassasie, et qui, s’oubliant lui-même, met tout son bonheur à rendre heureux le cher objet de sa flamme. L’espérance flotte sans raison. La douleur impatiente de la vie se change en délire, passe les heures à pleurer, ou dans un silence d’accablement. Tous ces maux divers, et mille autres combinés de plusieurs d’entre eux, provenant d’une vue toujours incertaine et changeante du bien et du mal, tourmentent l’esprit et l’agitent sans cesse. Tel est le principe de la vile partialité : nous voyons d’abord avec froideur et indifférence l’avantage de notre semblable ; le dégoût et la sombre haine succèdent et s’enveloppent de ruses, de lâche tromperie, et de basses violences ; tout sentiment sociable et réciproque s’éteint, et se change en inhumanité qui pénètre et pétrifie le cœur ; et la nature déconcertée semble se venger d’avoir perdu son cours.

Jadis le ciel s’en vengea par un déluge : un ébranlement universel sépara la voûte qui retenait les eaux du firmament. Elles fondirent avec impétuosité ; tout retentit du bruit de leur chute, elles fracassèrent tout. L’océan n’eut plus de rivage, tout fut océan ; et les vagues agitées se roulaient avec fureur au-dessus des plus hautes montagnes qui s’étaient formées des débris du globe.

Les saisons irritées depuis ont tyrannisé l’univers confondu. L’hiver piquant l’a affaissé de neiges abondantes ; les chaleurs impures de l’été ont corrompu l’air. Avant ce temps, un printemps continuel régnait sur l’année entière ; les fleurs et les fruits ornaient à l’envi la même branche de leurs couleurs variées ; l’air était pur et dans un calme perpétuel. Le souffle du zéphir agitait seul les plaines azurées ; les orages n’osaient souffler, ni les ouragans ravager ; les eaux limpides coulaient tranquillement ; les matières sulfureuses ne s’élevaient pas dans le firmament pour y former les éclairs, l’humidité malsaine, et les brouillards d’automne n’étaient pas suspendus, et ne corrompaient pas les sources de la vie. Maintenant elle est le jouet des éléments turbulents, qui passent du temps serein à l’obscurité, du chaud au froid, du sec à l’humide, concentrant une chaleur maligne qui change et affaiblit nos jours, les réduit à rien, et tranche leur cours par une fin prématurée.

Cependant, au milieu de ce déluge de maux et d’erreurs, le remède le plus naturel se dérobe à nos connaissances bornées. Les Plantes médicinales utilisées telles qu’elles sont fournies par la nature. (TLFi)simples les plus salutaires meurent négligés, quoique abondamment douées de cette âme pure qui donne la santé, et rajeunit les organes de la vie ; don céleste et bien au-dessus de toutes les recherches de l’art. L’homme sanguinaire s’est rendu indigne de ces bienfaits naturels ; agité d’une ardeur dévorante, il est devenu le lion de la plaine, et pire encore. Le loup, qui dans la nuit vient enlever la brebis du troupeau, n’a jamais bu de son lait, ni fait usage de sa laine. Le bœuf, à la forte poitrine duquel le tigre s’attache, n’a jamais labouré pour lui. Ces animaux voraces et impitoyables par nature cèdent à la faim dévorante qui allume leur cruelle rage. Mais l’homme que la nature forma d’un limon plus doux, qu’elle doua d’un cœur propre à concevoir et nourrir les tendres émotions de la bienfaisance, à qui seul elle a enseigné à pleurer ; tandis que de son sein elle verse pour son usage mille douceurs, herbes et fruits aussi nombreux que les gouttes de pluie, ou que les rayons qui leur donnent naissance, l’homme, cette belle créature qui porte les doux souris, et dont les regards tendent naturellement vers le ciel, l’homme, hélas ! confondu avec les animaux carnassiers, ose tremper sa langue dans le sang ! Les bêtes de proie qui vivent de sang et de mort méritent la mort ; mais, vous brebis, qu’avez-vous fait ? vous, race paisible, en quoi avez-vous mérité la mort ? vous dont le lait abondant a ruisselé longtemps dans nos maisons, qui nous prêtâtes vos habits naturels contre la rigueur du froid ; et le bœuf simple, cet animal innocent, sans ruses et sans fiel, en quoi nous a-t-il offensé ? lui, dont le labeur patient et continuel orna la terre de toute la pompe de la moisson, gémira-t-il sous le couteau du laboureur cruel qu’il a nourri, et peut-être pour servir au repas d’une fête d’automne, où l’on consomme les fruits gagnés par son travail ? Telles sont les idées naturelles de la pureté première de notre cœur ; mais dans ces siècles calamiteux, il ne nous est permis que d’honorer de quelques regrets les principes du Pythagore, premier adepte du végétarisme.sage de Samos. Le ciel nous défend tout effort présomptueux. Sa volonté pleine de sagesse nous a fixé dans un état qui ne doit »pas encore aspirer à la pure perfection. Qui sait d’ailleurs par quels degrés d’existence l’homme doit s’élever peu-à-peu, et monter à un état plus parfait ?

Marie-Jeanne de Châtillon, « Le printemps » (extrait), in Les Saisons, poème traduit de l’anglais de James Thomson, 1700-1748.Thompson. Londres, 1783.

14 novembre 2018

Il pleut sur la ville…

Classé dans : Littérature, Nature, Photographie — Miklos @ 23:01

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«averse averse averse averse averse
pluie ô pluie ô pluie ô pluie ô pluie ô pluie !
gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau gouttes d’eau
parapluie ô parapluie ô paraverse ô !
paragouttes d’eau paragouttes d’eau de pluie
capuchons pélerines et imperméables
que la pluie est humide et que l’eau mouille et mouille !
mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau mouille l’eau
et que c’est agréable agréable agréable
d’avoir les pieds mouillés et les cheveux humides
tout humides d’averse et de pluie et de gouttes
d’eau de pluie et d’averse et sans un paragoutte
pour protéger les pieds et les cheveux mouillés
qui ne vont plus friser qui ne vont plus friser
à cause de l’averse à cause de la pluie
à cause de l’averse et »des gouttes de pluie
des gouttes d’eau de pluie et des gouttes d’averse
cheveux désarçonnés cheveux sans parapluie

Raymond Queneau

«Suspendue à ses fils en chemise de nuit
La pluie lit le journal au soleil de midi.

Elle lit, et bientôt les nouvelles l’ennuient.
Quelle Terre à soucis ! Que de mélancolie !

Et l’on croit qu’elle pleure alors qu’elle, la pluie,
Ne cesse dans son cœur de rire à la folie!

– Si je tenais ici l’animal qui a dit :
« Triste comme la pluie », il verrait du pays !

En s’étirant, la pluie reprend le journal gris.
– Que dit la météo ? »« Aujourd’hui : de la pluie ».

Alors elle soupire et s’en va dans Paris
Arroser les jardins, les chats et les souris.

Marc Alyn

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