Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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20 juillet 2018

Life in Hell: Gribodine™ et garibolette™

Classé dans : Cuisine, Peinture, dessin — Miklos @ 0:33

Miklos faisant des crêpes sous l’œil admiratif de Bart.

Les grandes découvertes sont parfois le fruit du hasard, voire de l’accident, plutôt que celui de la recherche scientifique acharnée. C’est ainsi qu’ayant acheté par mégarde une bouteille de lait ribot à la place du lait « normal » dont Akbar se sert principalement pour faire des crêpes, il s’aperçoit de l’erreur après avoir mélangé les ingrédients et trouvant la pâte plus épaisse que d’habitude. Il vérifie s’il ne s’est pas trompé dans les volumes respectifs – que nenni. Ce n’est qu’en examinant la bouteille qu’il réalise la confusion.

« À Dieu vat ! », murmure-t-il in peto. Il finit la préparation, la laisse reposer et s’essaie à la première crêpe. Quelle surprise ! Légère, agréable, un vrai délice, ce que confirme Bartholomet Jo-Jo (dit Bart). Tartinée de cream cheese (Philadelphia ou Saint Moret ou équivalent), recouverte d’une tranche de saumon fumé (à défaut de gravlax), et parsemée d’aneth, c’est un caprice des dieux (aucun rapport avec le fromage du même nom). La fois suivante, il rajoute un peu de levure chimique, ce qui allège encore plus le résultat.

Et voici la recette intégrale de ce qu’il a baptisé du nom de garibolette (galette + ribot, vous suivez ?).

250 gr. de farine de blé 80

1/2 l. de lait ribot

2 œufs

1 c. à soupe d’huile (de tournesol, par ex.)

1 c. à café de levure chimique

1 pincée de sel

Mettre la farine dans un saladier, y mélanger levure et sel.

Creuser un puits. Y casser les œufs et verser l’huile.

Mélanger en rajoutant un peu de lait, puis battre en rajoutant le reste graduellement, de façon à ce que ne se forment pas des grumeaux.

Laisser reposer la pâte 1 – 2 heures.

Faire les crêpes en utilisant une poêle idoine bien chaude : l’huiler jusqu’à ce que l’huile commence à fumer, enlever alors l’huile (en la versant dans un verre, par exemple, pour les crêpes suivantes), et verser la pâte à crêpes. Cuire environ 45 sec. – 1 min. d’un côté, puis 30 sec. de l’autre.

Quant à la gribodine… Vous n’avez pas encore deviné ? Indice : boisson raffraichissante très agréable !

1/2 verre de lait ribot bien frais

1/2 verre de jus de grenade pur tout aussi frais

Bien mélanger, puis déguster.

 

 

Et surtout, ne pas confondre « jus de grenade » et « grenadine »…

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson, dont Bart est l’un des membres.

18 juillet 2018

Coincidências

Classé dans : Actualité, Cinéma, vidéo, Langue, Lieux, Musique, Sciences, techniques — Miklos @ 18:31


Accuratissima Brasiliae tabula. Amstelodami. Joannes Janssonius excudit. Apud Nicolaum Visscher cum privil: ordin: general: Belgii Foederati. 1690.
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1. Ce matin, voyant que le cinéma du quartier allait projeter une version restaurée de Central do Brasil (1998) en fin de matinée uniquement, je décide d’aller le voir – sans même en lire une critique, le nom me disait vaguement quelque chose, et sans même penser au rendez-vous de cet après-midi. Ce film dur et tendre, émouvant sans sensiblerie, avec des pointes d’humour et de beaucoup de finesse et d’intelligence, illustre avec une tendresse retenue les (sur)vies des plus défavorisés.

2. Cet après-midi, j’ai rendez-vous avec Rosana, claveciniste et spécialiste de bases de données brésilienne que je connais depuis de nombreuses années. Je pensais qu’on ne s’était pas vus depuis mon passage au Brésil, en 2006 ; elle dit qu’on s’était croisés plus récemment, et notamment à un spectacle de Pina Bausch au Théâtre de la Ville. Quoi qu’il en soit, de passage à Paris ces jours-ci, elle m’avait proposé cette rencontre. Deux heures passionnantes – passées comme en un instant – à bavarder à bâtons rompus sur nos parcours, nos projets et nos domaines d’intérêt communs.

3. Entre les deux, je me suis intéressé à Vinícius de Oliveira, ce formidable jeune (14 ans en 1998) acteur du formidable film que je venais de voir, dans lequel il tient le rôle de Josué aux côtés de la non moins formidable Fernanda Montenegro (69 ans alors, et lauréate de l’Ours d’argent de la meilleur actrice pour son rôle dans ce film). Et voilà que je constate que c’est aujourd’hui son anniversaire. Je vois qu’il a joué depuis dans Une famille brésilienne (2008), que j’aimerais bien voir, du coup.

Fallait l’faire.Tive que fazer isso.

15 juillet 2018

Le 14-juillet de la Vieille Dame

Classé dans : Actualité, Histoire, Photographie — Miklos @ 22:03


La Tour, le soir. À gauche, le dôme des invalides. Cliquer pour agrandir.


Dans le Champ-de-Mars, le grand concert se prépare. Sur le pont, les dispositifs pour le feu d’artifice (il y en avait d’autres ailleurs).
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Programme du concert précédant le feu d’artifice. Cliquer pour agrandir.


La nuit tombe, la Tour s’illumine… Cliquer pour agrandir.


…de diverses façons. Cliquer pour agrandir.


La Tour aux couleurs de la France. Cliquer pour agrandir.


La Tour en feu. Cliquer pour agrandir.

 
Autres photos ici.
 

12 juillet 2018

L’agriculture bio française s’expatrie

Classé dans : Actualité, Cuisine, Environnement, Nature, Photographie, Santé, Économie — Miklos @ 9:24

Les  fruits en provenance d’Argentine, Chili et Espagne dans des cagettes marquées « Cultivateurs français ». © Miklos 2018.Cliquer pour agrandir.

Comme on peut le voir dans les photos ci-dessus, prises dans le magasin Bio C Bon de la rue du renard, des fruits en provenance d’Argentine, du Chili et de l’Espagne y sont produits par des culti­vateurs français. On savait bien que l’agriculture française était en crise, mais à ce point ?

Tant qu’à faire, on aurait préféré l’inverse : que des cultivateurs argentins, chiliens et espagnols cultivent en France ces fruits, ce qui évi­terait leurs frais énergétiques de transports qui n’ont rien d’éco­logique.

4 mars 2018

Chat alors ! Comme c’est curieux ! comme c’est bizarre ! et quelle coïncidence !

Classé dans : Littérature — Miklos @ 15:01

“And he began with the simple things that everybody’s known and felt—the freshness of a fine morning when you’re young, and the taste of food when you’re hungry, and the new day that’s every day when you’re a child. He took them up and he turned them in his hands. They were good things for any man. But without freedom, they sickened. And when he talked of those enslaved, and the sorrows of slavery, his voice got like a big bell. He talked of the early days of America and the men who had made those days. It wasn’t a spread-eagle speech, but he made you see it. He admitted all the wrong that had ever been done. But he showed how, out of the wrong and the right, the suffering and the starvations, something new had come. And everybody had played a part in it, even the traitors.”
– Stephen Vincent Benét, The Devil And Daniel Webster.

La collection L’Éveilleur Étrange a récemment (2017) publié Le Roi des chats, recueil de six nouvelles fantastiques mâtinées d’un léger humour décalé de Stephen Vincent Benét (1898-1943) traduites de l’anglais (The King of the Cats, 1929) par Pierre Javel.

Dans la préface, Thierry Gillybœuf écrit : « Qui, aujourd’hui, en France, connaît le nom de cet écrivain […], dont aucune œuvre n’était plus disponible dans notre langue […] ? » jusqu’à cette publication. Oubli d’autant plus curieux que la Library of America (à ne pas confondre avec la bibliothèque du Congrès) avait inclus ce recueil dans sa rétrospective de 200 ans de contes fantastiques américains (en 2009).

Eh bien, moi, par exemple. Ado­lescent, j’avais lu et aimé, ri, et été boule­versé par la lecture de The Devil and Daniel Webster en anglais (était-ce dans une classe d’anglais, en Israël ? Où étais-je tombé dessus par hasard?), célèbre conte faustien publié en 1936 (et adapté pour l’opéra deux ans plus tard, pour devenir un film en 1941).

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos chats. Selon la préface, Benét aurait repris un conte populaire britannique éponyme. Selon quelques sources en ligne, la première version connue en serait Beware the Cat (1553) de William Baldwin, qui aurait l’insigne distinction d’être la première longue œuvre en prose de fiction en langue anglaise (on peut aussi en trouver une version modernisée et une courte vidéo ci-dessous). Elle est en plus apparemment déroutante et inclassifiable.

À la lecture des résumés qu’on trouve de cet ancien conte, il semble que Benét ait innové, et de façon assez spectaculaire : ses deux personnages principaux s’avèrent être un homme-chat et une femme-chatte et le conte décrit principalement la fascination qu’ils exercent sur leur entourage, ce qui paraît tout à fait absent des versions précédentes de ce conte. Le récit de Baldwin ne constitue en fait que la chute de celui de Benét.

Cette caractéristique ne peut éviter de rappeler le fameux conte japonais du chat-vampire de Nabeshima (cf. texte et contexte ici). Benét aurait-il pu en avoir connaissance ? Peut-être : une version en avait été publiée aux États-Unis en 1871, in Tales of Old Japan, près de 30 ans avant la naissance de Benét.

Enfin, on remarquera qu’un quasi homonyme de Stephen Vincent Benét, Vincent Bénet, professeur à l’Inalco, est titulaire d’une maîtrise en littérature russe sur « Le mythe du chat dans le Maître et Marguerite de Boulgakov »… Ce qui explique la célèbre interjection de Madame Martin qui intitule ce billet.

Les autres contes du recueil Le Roi des chats ne sont pas tous folichons : on mentionnera La Fuite en Égypte (mauvaise traduction, à mon avis, du titre original Into Egypt : il est loin de s’agir ici d’une fuite) décrit sobrement la tragique expulsion du Peuple maudit, du point de vue d’un officier chargé d’en superviser la bonne marche. Conte superbe, par l’empathie qu’il dégage discrètement (empathie que l’on retrouve dans d’autres contes de Benét, à l’instar de Daniel Webster, cf. la citation en exergue), par son actualité (le président américain actuel devrait le lire, cela changerait peut-être ses plans d’expulser ces maudits migrants étrangers non blancs non chrétiens non Américains) et aussi par sa chute.

Ce mélange de quasi fantastique et de réalisme, d’humour, d’ironie et de tragique sans effets de manche n’est pas sans rappeler le recueil Le Passe-muraille de Marcel Aymé. Bref, Benét est un écrivain à connaître. Voici deux recueils d’œuvres choisies de ses œuvres (en anglais) : 1. Poésie. 2. Prose.

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