Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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24 septembre 2015

Brève conclusion d’un dialogue intercommunautaire allant droit aux tripes

Classé dans : Cuisine, Langue — Miklos @ 11:16


Ce n’est pas qu’une question de longueur.

Le juif ashkenaze (en yiddish) : …

Le juif sépharade (en judéo-espagnol) : …

Le juif ashkenaze : A kish!Translittération de א קיש , Bisou.

Le juif sépharade : Ke?Ou ¿Que? en espagnol, Quoi ?


Et une recette…

27 avril 2015

La femme aux deux vizages (sic)

Classé dans : Cinéma, vidéo, Littérature, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 15:45


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Même équipé de lunettes de vue multi­focales, de micro­scope élec­tronique ou du télé­scope spatial Hubble, on n’arrive à distinguer les deux noms que donne l’ency­clopédie en ligne mondiale à cette extra­or­dinaire femme de lettres qu’était Christine de Pisan. Soit dit en passant, ce n’est pas cette particularité ono­mastique qui la distingue ainsi, comme nous l’avions évoqué dans une note à notre transcription de l’ouvrage De l’égalité des deux sexes, où l’on voit l’importance de se défaire des préjugés de Poullain de la Barre (lui aussi un phéno­mène en son genre), mais son métier et ses idées, en avance de bien des siècles sur son temps.

Le mystère s’éclaircit lorsqu’on consulte quelques-unes des autres versions de sa biographie dans la dite encyclopédie, où l’on constate que la variante occultée ici est « de Pizan », forme utilisée d’ailleurs par notre Bibliothèque nationale dans sa description de la version en ligne du manuscrit des œuvres de la dite demoiselle, et où on l’y distingue sans lunettes, microscope ou télescope :


Détail du manuscrit datant de 1399-1402 des œuvres de Christine de Pizan (source). On peut y lire : « Cy commencent les rebriches de la table de ce present volume fait compile par xpine [Christine] de Pizan demoiselle. »
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20 avril 2015

As you like it, ou, Ce qu’aimer (ne) veut (pas) dire

Classé dans : Cinéma, vidéo, Langue, Photographie, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 17:18


La guerre des boutons.

« Aimer veut dire chez vous autres haïr un peu moins. Vous n’êtes capables d’aimer que vous-mêmes… » Lessing, Le Misogyne, ou L’ennemi des femmes, comédie en trois actes, 1748.

« Aimer c’est essentiellement vouloir être aimé. » Jacques Lacan, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, 1973.

On aime ou on n’aime pas les réseaux sociaux, mais ceux qui aiment se doivent aussi d’aimer ce qu’ils voient et le signaler d’un clic sur le bouton « Like ». Même s’ils n’en voient qu’un bout, une ligne, ou mieux une image. S’il fallait une preuve que l’amour est en général aveugle, on l’a là. La laire lon lon.

Dans leur velléité de conquérir le monde, ces sites, même si conçus à l’origine en anglais (de cuisine ou non, ce marché étant leur cible principale) sont disponibles en plusieurs langues. Dont celle de Molière.

Mais leurs concepteurs n’étant pas forcément polyglottes, les traductions, qu’elles aient été effectuées par ces humains-là ou des machines, laissent parfois à désirer. Ainsi, on peut voir comme un problème dans la francisation de ce site :

où le bouton « Like » a été traduit par… « Comme ». C’est d’ailleurs un problème connu en linguistique, comparez-donc :

(1) Time flies like an arrow.

avec :

(2) Fruit flies like an apple.

où des mots, identiques en position et orthographe, n’ont pas du tout la même fonction ni le même sens : flies est le verbe voler dans (1) avec comme sujet Time mais un substantif au pluriel dans (2), fruit flies (= drosophiles) étant le sujet du verbe like (aimer), qui, en (1), est une préposition comparative (comme)…

En résumé, I like you ne veut pas dire Moi comme toi, surtout en ces temps de pseudo individualisme roi et de communautarisme meurtrier.

11 avril 2015

Le chemin le plus court d’un point à un autre, ou, Une énigme multimillénaire enfin résolue

Classé dans : Géographie, Histoire, Progrès, Religion, Sciences, techniques — Miklos @ 17:39


Itinéraire proposé par Google Maps pour aller de Haïfa au Mont Hermon.
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On se demande encore et toujours – surtout à cette période de l’année où se célèbre la Pâque juive – pourquoi le peuple juif a erré dans le désert, à sa sortie d’Égypte, pendant quarante ans au lieu de foncer droit vers la Terre promise. Il aurait pu emprunter le court chemin que prendront, bien des siècles plus tard, Joseph, Marie et l’Enfant Jésus, pour s’enfuir en Égypte (on doute qu’il y avait alors des sens interdits qui auraient empêché de le prendre à rebours), comme on peut le constater sur ces plans.

Si la réponse traditionnelle est que ce laps de temps était nécessaire pour effectuer un changement de générations, de sorte que ceux qui entreraient dans le pays de leurs ancêtres seraient des hommes nés libres dans le désert et non pas des ex esclaves de Pharaon, la vraie réponse est bien plus simple : Moïse avait dû utiliser Google Maps pour se diriger.

Pour preuve, voici l’itinéraire que propose notre AMIAspirateur Mondial de l’Information. à tous pour aller de Haïfa au Mont Hermon : 4.160 km (près d’un an à pied, en se reposant le jour du Seigneur, quelque soit votre Seigneur), tandis qu’à vol d’oiseau (il y a beaucoup d’oiseaux dans cette région), il n’y a que 118 km (moins d’une semaine à pied) et des routes carrossables qui permettent d’effectuer ce parcours en 2-3 heures.

Ce qui n’est pas sans rappeler aux dinosaures de l’Internet le chemin que prenaient nos courriels pour aller d’un arrondissement à l’autre de Paris, il n’y a qu’une vingtaine d’années.

Merci à JacobNon, il ne s’agit pas du patriarche dont l’un des fils, Joseph, sera vendu par ses frères à des marchands qui l’emmèneront, devinez ou ? En Égypte. Dont il fallu sortir 400 ans plus tard par des pérégrinations interminables. de nous avoir informé de cette proposition de parcours historique, qui devrait permettre à ceux qui l’emprunteraient de passer près du Mont Sinaï (avec ou sans révélation à la clef).

5 avril 2015

La plus grande marée du millénaire

Classé dans : Actualité, Judaïsme, Peinture, dessin, Photographie, Religion — Miklos @ 20:26


Vitrine rue des Rosiers à Paris, au temps de la Pâque juive.
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Objection II contre la divinité du Pentateuque

Le passage de la mer Rouge n’a rien de miraculeux. Moyse ayant vécu long-tems sur les bords de la mer Rouge, & ayant exactement observé l’heure & la hauteur de son flux & reflux, & la nature de ses côtes, se servit artificieusement de cette connoissance pour délivrer son peuple à la faveur du reflux. Il les fit passer dans le temps que les eaux s’étoient retirées : mais les Egyptiens s’étant mis incon­si­dé­rément dans son lit au tems du flux, furent tous ensevelis sous ses eaux qui les y surprisent. C’est le sentiment qu’attribue aux Prêtres Egyptiens de Memphis Artapane, apud Euseb. preparat. lib. 4, cap. 17. Ce sentiment a été renouvellé par beaucoup de personnes, qui l’ont fait valoir de tout leur pouvoir.

Reponse

Il ne faut que peser les circonstances de cet événement, examiner le texte de Moyse, comparé aux autres endroits de l’Ecriture, où il est parlé du même événement, pour être convaincu que c’est ici un miracle vraiment divin & l’un des plus grands qui soient jamais arrivés ; que les Israélites passerent la mer ayant les eaux suspendues à leurs deux côtes ; & qu’enfin l’hypothese qu’ils aient profité du reflux, est absolument insoutenable.

Les Hébreux sortent de l’Egypte ; Pharaon les poursuit avec son armée : arrivés sur le bord de la mer Rouge, & étant enfermés entre des montagnes & des rochers inaccessibles, ils apperçoivent l’armée ennemie campée derriere eux. Pressés alors de toute part, ils ne doutent plus de leur perte ; ils tombent dans le découragement & le murmure. Moyse dans cette extrêmité s’adresse au Seigneur, & assure le peuple d’une prompte délivrance. Il leur dit que c’est pour la derniere fois qu’ils voient les Egyptiens ; que le Seigneur combattra pour eux, & qu’ils n’auront qu’à demeurer en repos. Aussitôt par l’ordre de Dieu, il éleve la verge qu’il tenoit en main, & divise la mer ; les Israélites entrent dans le milieu de son lit desséché, ayant l’eau comme un mur à leur droite & à leur gauche : erat enim aqua quasi murus à dextrâ eorum & lavâ. (Exodi, 14, 22.) Ils passent ainsi au milieu de la mer, ayant l’eau à leur droite & à leur gauche ; car Moyse le répete comme une chose remarquable, & comme prévoyant qu’on pourroit un jour en douter. Et dans le cantique qu’il composa après cette mémorable action, il marque d’une maniere plus vive & plus expresse ce qui arriva alors : « les eaux, dit il, se tinrent en monceaux ; les flots s’arrêterent, les eaux se geletent ». Ou il faut absolument nier le récit de Moyse, ou il faut reconnaître ici un des plus grands prodiges de l’ancien Testament. Les autres écrivains sacrés nous en donnent la même idée ; & si ce n’est pas celle qu’on s’en doit former, toute l’Ecriture conspire à nous tromper. On peut voir Judith, le Psalmiste en plusieurs endroits, Habacuc 3, 8,10, 15 : le livre de la Sagesse, 10, 17, 18 & 19, 7.

Pour répondre maintenant à ceux qui prétendent que Moyse fit passer la mer Rouge aux Hébreux à la faveur du reflux, nous ne dirons pas avec Genebrard  que cette mer n’a point de flux & de reflux, ni avec Diodore de Sicile, qu’elle a son flux réglé tous les jours à la troisieme & à la neuvieme heures, c’est-à-dire depuis neuf heures du matin jusqu’à trois heures après midi dans l’équinoxe. Nous avouons que la mec Rouge a son flux & reflux reglé avec les autres mers qui ont communication avec l’océan ; mais nous soutenons qu’il est impossible que Moyse ait pu passer la mer Rouge avec les Hébreux, à la faveur de ce mouvement réglé des eaux. Tout le monde sait que dans le flux la mer s’enfle peu à peu & s’éleve contre les côtes ; & ce mouvement dure six heures. Après un quart d’heure de repos, elle prend un cours opposé pendant six autres heures, pendant lesquelles les eaux baissent & s’éloignent des côtes d’une maniere sensible : c’est ce qu’on appelle reflux. Il est suivi d’une espece de repos qui dure un quart d’heure, auquel succede un nouveau flux & reflux. Ainsi la mer hausse & baisse deux fois le jour, non pas précisément à la même heure, parce que chaque jour son flux retarde de trois quarts d’heure & quelques minutes Voilà ce qui regarde le flux & reflux en général. Pour ce qui est du flux & reflux. de la mer Rouge, ceux qui l’ont examiné exactement reconnoissent que cette mer dans son plus grand reflux, laisse environ deux cens cinquante ou trois cens pas du bord découvert & à sec ; mais lors même que le reflux est plus grand, le milieu du lit de la mer n’est jamais sans eaux, comme le remarque Jules Scaliger apud Drusiam in ex. 15, 4 ; d’où cet auteur conclut que c’est témérairement & sans raison que les ennemis des saintes lettres ont osé soutenir que les Israélites se servirent de l’occasion du reflux pour traverser la mer Rouge. Ceux qui soutiennent cette opinion, veulent que Moyse n’ait fait traverser aux Hébreux que le petit bras de mer qui est au fond ou la pointe de la mer Rouge vers le port de Sués. La mer en cet endroit n’a pas plus de largeur qu’un bon fleuve. Donnons-lui trois cens pas. Dans cette supposition même il est impossible que les Israélites y aient pu passer pendant le reflux, quand même il eût laissé ce terrein entierement sec l’espace de six heures ; ce qui n’est pas, puisque la mer se retire peu à peu du rivage, & qu’on ne peut point marcher sur le sable aussi-tôt après que l’eau s’est retirée. Les Israélites pouvoient être au nombre de deux millions de personnes, sans compter les embarras de bétail, de chariots, de meubles, & tout ce qui peut accompagner un peuple entier, qui étoit chargé non-seulement de ses propres biens, mais encore de toutes les richesses de l’Egypte, selon l’expression de l’Ecriture. Or, il est évident qu’une semblable multitude n’a jamais pu passer en six heures de tems dans un espace de trois cens pas de large. Pour en être convaincu, il n’y a qu’à faire un moment de réflexion sur le terrein qu’occupe une armée de cent mille hommes, & y joindre les bestiaux, les chariots, le bagage, sans oublier la précipitation, la crainte, le trouble & l’embarras qu’une conjoncture si peu attendue & si périlleuse dut causer dans un peuple timide & accoutumé à l’esclavage.

Mais, si c’est à la faveur du reflux que les Israélites ont passé la mer Rouge, comment Moyse a-t-il pu leur persuader qu’ils l’ont passée par un prodige eclatant, & comment les Egyptiens ont-ils eu l’imprudence ou plutôt la folie de s’exposer au flux de cette mer ? Si l’on dit que les Israélites ignoroient le reflux dans le tems du passage, dira-t-on qu’ils l’ont toujours ignoré depuis, quoiqu’ils aient si long-tems cotoye le rivage de cette mer ? Dira-t-on encore que tous les Egyptiens étoient dans la même ignorance ? Quand ils auroient pu l’ignorer, comment après s’être témérairement engagés dans le lit de cette mer, & voyant une partie de leur armée abymée sous les eaux, les autres ne se sauverent-ils pas ? Voyez la dissertation sur le passage de la mer Rouge par les Hébreux, qui est au premier tome, page 716 de la sainte Bible, avec des notes littétales . . . tirées du commentaire de Dom Calmet de M. l’Abbé de Vence, &c.

RR. PP. Richard & Giraud, Dictionnaire universel, dogmatique, canonique, historique, géographique et chronologique des sciences ecclésiastiques, &c. Paris, 1765.


Avant la célébration de la Pâque juive.
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