Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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4 juillet 2012

Quand on parle de propriété intellectuelle…

Classé dans : Actualité, Langue, Médias, Politique, Société — Miklos @ 18:54

… on ne le fait pas forcément intellectuellement, surtout quand il s’agit de la presse qui est pressée, pressée…

Le Monde, comme tout le monde, veut être le premier à parler du rejet, par le parlement européen, du traité destiné à combattre la contrefaçon. Le journaliste – l’article est signé – a dû le pondre à toute berzingue et ne s’est pas relu (voire lu). On y relève des coquilles, telles

 « 478 voix contre, 39 voix pour et 165&nnbsp;abstentions » ; pour les non-informaticiens qui se demanderaient ce que ce dernier mot veut dire, on précisera que   (avec l’esperluette et le point-virgule) est un signe typographique destiné à créer une espace insécable (de façon à ce qu’aucun renvoi à la ligne ne sépare intempestivement le 165 du abstentions) et donc autant indivisidible qu’invisible, mais il ne prend qu’un seul ;

 «très impliqué dans la mobilisation conter ACTA » au lieu de « contre » ; il est vrai que « contre la contrefaçon » fait lourd, mais de là à écrire ainsi…

Mais au-delà de ces points de détails et d’autres lourdeurs de style, la cerise sur le gâteau revient à la phrase « la carte des Internets n’a pas de bordures ». Que ce soit le journaliste ou la personne qu’il cite qui a proféré cette affirmation, on se demande s’il ne s’agit pas simplement d’une charabiaesque traduction de l’anglais borders, qui signifie ici frontières… Ah, ces faux amis (je ne parle pas des journalistes, non)…

Mais où va Le Monde ? On n’en sait rien, mais en tout cas il y va vite.

Plus tard : le journaliste a corrigé son article (quel avantage, finalement, la publication électronique, on peut tout réécrire, et plus facilement que dans 1984) en prenant acte de ces remarques.

15 juin 2012

Juste Lipse à Louvain

Classé dans : Humanités, Littérature, Philosophie, Photographie, Politique, Sculpture, Société — Miklos @ 23:17

…Justus Lipsius, le plus sçavant homme qui nous reste, d’un esprit tres-poly et judicieux… — Michel de Montaigne, Essais, II 12.

La ville de Louvain a érigé en 1909 une statue de l’humaniste Juste Lipse qui y enseigna à l’université et y décéda en 1606 (à gauche, photo 2012). À droite : page de garde de l’ouvrage de Lipse destiné – à l’instar du Prince de Machiavel – au prince et composé uniquement de citations choisies ; il fut publié en 1589 en latin à Louvain (et réédité ailleurs) puis traduit en français sous le titre Les politiques, ou doctrine civile de Juste Lipse, où est principalement discouru de ce qui appartient à la principauté. Il faisait suite à un autre ouvrage, De constantia in publicis malis (« de la constance dans les temps de calamités publiques », 1583-4), destiné, lui, au citoyen. On lira avec intérêt l’article que l’encyclopédie de philosophie de Stanford lui consacre et qui rend leur juste valeur à ces deux ouvrages de morale civique et politique : Papy, Jan, « Justus Lipsius », The Stanford Encyclopedia of Philosophy (Fall 2011 Edition), Edward N. Zalta (ed.).

7 juin 2012

Les froufroutants dessous du marché de l’art

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts, Langue, Médias, Peinture, dessin — Miklos @ 0:57

Dans une récente brève en anglais consacrée à une importante donation d’œuvres au bénéfice du Musée d’art moderne de la Ville de Paris, AMA – Art Media Agency qui se présente comme « agence de contenus sur le marché de l’art » – parle de son directeur, Fabrice Hergott, au féminin, comme on peut le voir ci-dessus, et plus qu’une fois. Ce n’est donc pas une coquille mais une vraie news, comme on dit.

Curieux, on s’est intéressé aux dessous de cette information, non pas à ceux de l’intéressé(e) mais de l’agence en question. Son site ne fournit aucun détail sur sa localisation physique ni sur son éditeur, si ce n’est que c’est une marque de A&F Markets, dont il faut alors consulter le site pour trouver une adresse parisienne.

C’est donc une société française, ce que confirme le registre du commerce.

On se demande alors comment elle a fait pour obtenir des informations si confidentielles ou intimes que même Wikipedia ne les mentionne pas encore puisqu’on y parle de la personne en question au masculin.

On se demande aussi pourquoi aucune des mentions légales que requiert la LCEN (loi de 2004 sur la confiance dans l’économie numérique) n’apparaît sur le site de l’agence en question, ni, d’ailleurs, sur celui de sa maison-mère qui, lui, ne fournit qu’un lien vers une page inexistante, intitulé « avis de non responsabilité ». Il faut aller sur un troisième site pour trouver les mentions en question.

Curieux, les dessous du marché de l’art.

Post scriptum

Jeff vient de signaler à Akbar une autre curiosité dans ce texte, et ceci dès la première ligne du première paragraphe, où l’on lit “a donation of 130 works too the Musée” au lieu de “to”. Akbar, lui, avait remarqué l’inversion temporelle à la fin de ce paragraphe, qui parle d’une exposition commençant en octobre pour se terminer en mars 2013.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

5 juin 2012

Eh, France 2 ! et la culture, bordel ?

Classé dans : Actualité, Langue, Littérature, Musique, Médias, Éducation — Miklos @ 14:14

Dans son reportage sur les étudiants français partis à Berlin dans le cadre du programme Erasmus, notre chaîne nationale les suit sur leur campus d’accueil ; lors d’un cours d’allemand, on les voit regarder une vidéo projetée à l’écran dans laquelle Dietrich Fischer Dieskau interprète Erlkönig, célèbre lied de Schubert sur un poème du non moins célèbre Goethe.

Et la voix off de dire : « Un cours d’allemand sur un air d’opéra pour des élèves musiciens ».

On se dit que ce journaliste n’avait pas dû étudier la musique, lui. On se dit aussi qu’il aurait dû compenser ses lacunes par une mini-enquête journalistique qui lui aurait évité d’exhiber ainsi son ignorance. On est curieux de savoir à quel opéra il pensait. Notre Dame de Paris ? Jesus Christ Superstar ?

Il lui aurait suffi d’interroger les étudiants en question : on ne doute pas qu’ils n’auraient eu besoin d’antisèches pour identifier correctement et l’œuvre et le genre, et lui expliquer en sus la différence entre un lied, une aria et un tube des Top 50.

3 juin 2012

À l’occasion du jubilé, le Nouvel Obs dévoile sa nouvelle orthographe

Classé dans : Actualité, Langue, Médias — Miklos @ 18:39

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