Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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8 mars 2005

Qu’en avez-vous fait ?

Classé dans : Littérature — Miklos @ 8:09

Vous aviez mon cœur
Moi, j’avais le vôtre :
Un cœur pour un cœur,
Bonheur pour bonheur !
 
Le vôtre est rendu,
Je n’en ai plus d’autre ;
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu !
 
La feuille et la fleur
Et le fruit lui-même,
La feuille et la fleur,
L’encens, la couleur,
 
Qu’en avez-vous fait,
Mon maître suprême ?
Qu’en avez-vous fait,
De ce doux bienfait ?
 
Comme un pauvre enfant
Quitté par sa mère,
Comme un pauvre enfant
Que rien ne défend,

Vous me laissez là
Dans ma vie amère,
Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela !
 
Savez-vous qu’un jour
L’homme est seul au monde ?
Savez-vous qu’un jour
Il revoit l’Amour ?
 
Vous appellerez,
Sans qu’on vous réponde
Vous appellerez,
Et vous songerez!…
 
Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte,
Ami comme avant,
Vous viendrez rêvant,
 
Et l’on vous dira :
« Personne !… elle est morte. »
On vous le dira,
Mais, qui vous plaindra ?

Marceline Desbordes-Valmore

6 mars 2005

Arte poetica

Classé dans : Littérature — Miklos @ 12:20

Mirar el río hecho de tiempo y agua
y recordar que el tiempo es otro río,
saber que nos perdemos como el río
y que los rostros pasan como el agua.
 
Sentir que la vigilia es otro sueño
que sueña no soñar y que la muerte
que teme nuestra carne es esa muerte
de cada noche, que se llama sueño.
 
Ver en el día o en el año un símbolo
de los días del hombre y de sus años,
convertir el ultraje de los años
en una música, un rumor y un símbolo,
 
ver en la muerte el sueño, en el ocaso
un triste oro, tal es la poesía
que es inmortal y pobre. La poesía
vuelve como la aurora y el ocaso.

A veces en las tardes una cara
nos mira desde el fondo de un espejo;
el arte debe ser como ese espejo
que nos revela nuestra propia cara.
 
Cuentan que Ulises, harto de prodigios,
lloró de amor al divisar su Itaca
verde y humilde. El arte es esa Itaca
de verde eternidad, no de prodigios.
 
También es como el río interminable
que pasa y queda y es cristal de un mismo
Heráclito inconstante, que es el mismo
y es otro, como el río interminable.

Jorge Luis Borges
(1899-1986)

4 mars 2005

Beckett l’essentiel

Classé dans : Littérature — Miklos @ 19:33

Toutes les choses qu’on ferait volontiers, qu’il n’y a aucune raison apparemment pour ne pas faire et qu’on ne fait pas ! Ne serait-on pas libre ?
 
Voilà l’homme tout entier, s’en prenant à sa chaussure alors que c’est son pied le coupable.
 
Se taire et écouter, pas un être sur cent n’en est capable, ne conçoit même ce que cela signifie.
 
Essayons de converser sans nous exalter puisque nous sommes incapables de nous taire.
 
La seule manière de parler de rien est d’en parler comme si c’était quelque chose, tout comme la seule manière de parler de Dieu est d’en parler comme s’Il était un homme.
 
Je ne sais pas où je suis, je ne le saurai jamais, dans le silence on ne peut savoir, on doit juste avancer.
 
C’est le commencement qui est le pire, puis le milieu puis la fin ; à la fin, c’est la fin qui est le pire.
 
Moments for nothing, now as always, time was never and time is over, reckoning closed and story ended.
 
- Samuel Beckett

3 mars 2005

Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui …

Classé dans : Littérature — Miklos @ 23:06

Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !
 
Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.
 
Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l’espace infligée à l’oiseau qui le nie,
Mais non l’horreur du sol où le plumage est pris.
 
Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s’immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l’exil inutile le Cygne.
 
- Stéphane Mallarmé (1842-1898)

2 mars 2005

Calligrammes

Classé dans : Littérature — Miklos @ 3:28

Guillaume Apollinaire, La colombe poignardée et le jet d’eau

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