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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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1 mai 2009

Le pont canal de Briare

Classé dans : Lieux, Photographie, Sciences, techniques — Miklos @ 20:25

«Le travail de M. l’Ingénieur en chef, sur les moyens d’assurer en tout temps la communication entre le canal de Briare situé sur la rive droite de la Loire, et le canal latéral à ce fleuve situé sur la rive gauche , comprend deux projets :

Par le premier la Loire serait franchie sur un pont- aquéduc ;

Par le second les bateaux la traverseraient en lit de rivière.

Toutes les questions communes aux deux hypothèses, toutes celles qui sont particulières à l’un ou à l’autre mode de traversée, se trouvent discutées à fond dans le mémoire de M. l’Ingénieur en chef, et résolues de manière à fournir les documens nécessaires pour qu’on puisse prendre une décision avec pleine et entière connaissance de cause.

Quel est le point de la Loire le plus convenable pour la traversée ?»

Quel est le système à adopter pour cette traversée ?

Ce sont là les deux questions fondamentales posées par M. l’Ingénieur en chef. Elles seront aussi l’objet du présent rapport.

« N° XLVII. Canal latéral à la Loire. Traversée de la Loire à Briare », in Annales des Ponts et chaussées, tome III, 1832.

23 avril 2009

L’ouïe du chat

Classé dans : Lieux, Nature, Photographie — Miklos @ 20:34

«Le second sens le plus important pour le chat est celui de l’ouïe. Chacune de ses oreilles possède une trentaine de muscles moteurs, alors que l’homme n’en a que six, qui lui permettent de les orienter avec précision pour localiser un son. En outre, ces mouvements sont très rapides, beaucoup plus que chez les chiens. (…)

Tout comme chez l’homme, l’âge affecte grandement, l’acuité auditive du chat. Sa sensibilité aux notes les plus hautes» diminue très vite au fil des années ; elle commence souvent à décliner dès que l’animal atteint l’âge de trois ans. En règle générale, on observe chez le chat de quatre ans et demi une nette diminution des capacités auditives.

David Taylor, Chats pratique, De Borée, 2006.

18 avril 2009

Le pêcheur de Paris

Classé dans : Nature, Photographie — Miklos @ 0:46


Pêcheur à Paris, années 1980

«Considérant qu’aux termes de l’art. 5, alinéa 2 de la loi du 15 août 1829 sur la pêche fluviale, il a été permis à tout individu de pêcher à la ligne flottante tenue à la main, dans les fleuves, rivières, canaux et autres fossés navigables ou flottables dont l’entretien est à la charge de l’État ou de ses ayants cause ;

Que cet article n’a fait que reproduire en cette partie les dispositions des anciennes ordonnances et des lois et arrêtés qui permettaient l’usage de la ligne flottante tenue à la main ;

Qu’en droit et en l’absence de toute définition légale de la ligne flottante, les tribunaux doivent se décider par le sens naturel des mots employés par le législateur, par le sens donné à ces mots par un usage, constant, et par les conséquences du sens adopté, qui doivent être en harmonie avec l’esprit général des lois sur la pêche ;

Considérant que, dans leur sens naturel, les mots de ligne flottante indiquent une ligne que le mouvement seul de l’eau rend mobile et fugitive, et qu’il faut que le pêcheur ramène sans cesse à lui ; qu’un usage constant a consacré cette interprétation ;

Qu’il n’est résulté de l’usage de la ligne flottante ainsi définie, aucune conséquence de nature à faire croire que l’intention du législateur a été de la prohiber, soit dans un intérêt d’ordre public, soit dans l’intérêt des fermiers de la pêche, lorsqu’elle serait garnie de quelques plombs ajoutés au poids de l’hameçon pour le maintenir perpendiculairement au liège ou flotteur indicateur, à une profondeur déterminée ;

Qu’il suffit, pour que la ligne ne cesse pas d’être flottante, qu’elle soit constamment soumise au mouvement du flot et du courant de l’eau, et, par conséquent, que l’appât ne repose pas au fond et n’y reste pas immobile ;

Que la loi exige seulement que le pêcheur tienne à la main la canne destinée à rejeter la ligne en amont toutes les fois que le courant la fait flotter en aval à une trop grande distance; que décider qu’une ligne n’est flottante que lorsqu’elle ne flotte qu’à la superficie de l’eau par le seul poids de l’hameçon serait donner un sens restrictif aux expressions de l’article 5 ci- dessus, et rendre illusoire la permission de pêche à la ligne flottante résultant dudit article ;

Que les fermiers de la pêche ne seraient pas fondés à se plaindre du préjudice qu’ils pourraient en éprouver, puisqu’il ne s’agit que de l’application d’une disposition légale qu’ils n’ont pas pu ignorer, et qu’ils se sont soumis dès lors à cette condition en se rendant adjudicataires de la pêche ;

Considérant en fait que, le 17 février dernier, Moriceau a été trouvé pêchant à la ligne tenue à la main, dans le dix-huitième canton de la pêche, sur la rivière de Seine ;

Que, s’il résulte du procès-verbal régulièrement dressé ledit jour et des aveux mêmes de Moriceau, que la ligne avec laquelle il pêchait était armée de deux hameçons et garnie de deux grains de plomb n° 4, destinés à faire plonger la ligne dans la partie inférieure de la rivière, ce poids ne pouvait suffire pour empêcher la ligne de flotter dans le courant, et que le contraire n’est pas même allégué ;

Que, dès lors, et par les motifs ci-dessus déduits, la ligne dont s’est servi Moriceau devant être considérée comme flottante, la prévention n’est pas établie :

» Met l’appellation et le jugement dont est appel au néant; émendant, décharge Moriceau des condamnations contre lui prononcées ; au principal, le renvoie des fins de la poursuite, condamne l’administration forestière et Louis Fabrège, partie civile, aux frais de première instance et d’appel.

Arrêt du 20 mai 1851 de la Cour d’appel de Paris, cité par Alphonse Karr in La pêche en eau douce et en eau salée. Histoire, mœurs, habitudes des poissons, crustacés, testacés, etc., lois, usages, procédés, ruses et secrets des pêcheurs. Paris, 1860.

12 avril 2009

« J’aime l’âne si doux… » (Francis Jammes)

Classé dans : Littérature, Nature, Photographie — Miklos @ 21:31


« On a beau le frapper, on ne peut s’en défaire ;
Le ladre sans pudeur avance sous les coups ;
D’un saut victorieux il franchit la barrière ;
Et le voilà dans l’herbe enfin jusqu’aux genoux,
Se vautrant, gambadant et broutant sans rancune. »

(Jean Jacques Boisard, « Le cheval, le bœuf, le mouton et l’âne », in Fables 1757.)
 


« Il réfléchit toujours.
Ses yeux sont en velours. »

(Francis Jammes)
 


« Qu’il ose relever son museau d’écolier
Et se gratter un peu le cou sous son collier… »

(Victor Hugo, L’Âne)
 


« À son réveil, reprit-il, il aura sans doute été épouvanté, il aura perdu la tête, il se sera sauvé. »
(Honoré de Balzac, L’Auberge rouge)
 


« On n’a pas, que je sache, retrouvé la tête d’âne parmi les hiéroglyphes : mais des Égyptiens voyageurs ! des hommes ridiculisés dans cette contrée pour ne l’avoir jamais quitée ! évidemment ce sont là des idées aussi contraires que possible à l’esprit de l’antique Égypte. »
(Lenormant, cité par Frédéric Portal, Les symboles des Égyptiens comparés à ceux des Hébreux. 1840.)
 

De nature, d’art et de pollution

Classé dans : Architecture, Arts et beaux-arts, Environnement, Lieux, Nature, Photographie — Miklos @ 20:10


Vœu pieux. Port Jérôme, face à Quillebeuf-sur-Seine

Le parc naturel régional des boucles de la Seine normande, né en 1974 sous un nom plus court de Parc naturel régional de Brotonne, suit les méandres de la Seine en Haute-Normandie. Les amateurs de nature se promèneront dans le Marais Vernier, bien protégé et accessible (mais un peu trop urbanisé) par la pittoresque route des chaumières, ou dans ses quelques réserves naturelles. Les amateurs d’histoire suivront, sur l’autre rive de la Seine, la route des abbayes : Saint-Martin-de-Boscherville, Jumièges, Saint-Wandrille (que les philatélistes connaissent de longue date, Jumièges à 12f et Saint-Wandrille à 25f), passant devant de beaux châteaux qu’on aurait aimé aussi pouvoir visiter.

Mais attention, ceux qui auront emprunté cette route feront bien de franchir le pont de Brotonne au lieu de poursuivre leur chemin, faute de tomber sur une vision dantesque, celle de Port Jérôme, même si elle rappellera, cette fois aux cinéphiles, certaines vues du Désert rouge d’Antonioni. Quant aux amateurs d’art, ils ne s’étonneront pas, se souvenant qu’en 1832 William Turner avait peint le tableau suivant au même endroit :


William Turner: Between Quillebeuf and Villequier, ca. 1832. Tate.

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