Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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20 mars 2012

Trophées du Salon du Livre 2012

Jean-Claude Beaune (éd.), La mesure. Instruments et philosophes. Actes du colloque qui s’est tenu au Centre d’analyse des formes et systèmes de la faculté de philosophie de l’université Jean-Moulin-Lyon III les 28 et 29 septembre 1993. Champ Vallon, 1994. [De la mesure en toute chose, ce qui est d’autant plus pertinent à l’ére du numérique.]

Pierre Benoît, Le Roi lépreux. Avec une préface d’Adrien Goetz. Le Livre de Poche n° 174, 2012. [Je me souviens de la délectation et des émois avec lesquels j’avais dévoré L’Atlantide, n° 151 dans le Livre de Poche, et que j’avais lu dans l’édition de 1963 que je possède encore.]

Patrick Boman et Christian Laucou, La typographie cent règles. Le Polygraphe, éditeur, 2005. [J’aurais préféré un bon, gros, traité bien structuré, mais à défaut, j’y trouve tout de même mon compte.]

Victor Dallet et Serge Guérin, Le Chocolat. Histoire anecdotes et recettes. Les Éditions du Coq à l’Âne, 2005. [Fait par un chocolatier, il ne parle pas beaucoup de la concurrence, et surtout pas de Bonnat, le chocolat français que je préfère.]

Régis Debray, Un mythe contemporain : le dialogue des civilisations. CNRS Éditions, 2007. [Petit opuscule intéressant qui m’a fourni une citation pour mon introduction à la table ronde La Bibliothèque dans le nuage au Salon du Livre.]

Denis Diderot, Regrets sur ma vielle robe de chambre, ou, Avis à ceux qui ont plus de goût que de fortune, suivi de la Satire contre le luxe. Éditions de l’éclat, 2011. [Les éditions de l’éclat méritent bien leur nom : discrète, c’est une maison de grande qualité, qui diffuse des livres qui rayonnent. Et ce qui ne dépare pas : la non moins grande civilité de Michel Valensi, son directeur.]

Pierre Duplan, Le langage des images. Atelier Perrouseaux éditeur, 2010. [Analyse au scalpel de l’image, de ses composantes, de sa grammaire et de ses usages.]

Antoine Germa, Benjamin Lellouch et Évelyne Patlagean, Les Juifs dans l’histoire. Champ Vallon, 2011. [Plus de 2300 ans en 900 pages, ça fait combien à la page ?]

Jean-Noël Jeanneney, L’État blessé. Flammarion, 2012. [À la veille d’une échéance électorale, lecture critique et salutaire des cinq années qui se terminent. Dédicace : « Pour Michel Fingerhut, bon compagnon dans les bons combats, en chaleureuse amitié ! Jean-Noël Jeanneney. 18 mars 2012 »]

Serge Lehman, Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables. Denoël, 2008. [Un ailleurs juste à portée de la main.]

Franck Médioni (éd.), Le goût de l’humour juif. Mercure de France, 2012. [Vous connaissez l’histoire de ces trois mères qui discutent des qualités respectives de leur fils… ?]

Jean-Noël Mouret (éd.), Le goût des villes imaginaires. Mercure de France, 2011. [Les imaginations de Poe, Tzara, Borges, Perec ou Le Corbusier… !]

Étienne Pédron, Chansons socialistes. Les Éditions Raison et Passions, 2011. [Ah, si le parti socialiste chantait ainsi ! Il n’y a plus qu’un Mélanchon pour porter ce type de protestation, et il ne le fait même pas en chantant…]

Georges Perec, Les mots croisés. Précédé de considérations de l’auteur sur l’art et la manière de croiser les mots. P.O.L., 2009. [Après ceux de Tristan Bernard, voici ceux de Georges Perec.]

Francis Poulenc, Journal de mes mélodies. Grasset, 1964. [Et dire que l’auteur de ces mélodies si délicates aimait les camionneurs !]

Jorge Semprún, Une tombe au creux des nuages. Essais sur l’Europe d’hier et d’aujourdhui. Climats, 2010. [L’essai qui donne son nom à l’ouvrage est disponible en ligne avec l’aimable autorisation de l’éditeur]

Victor Serge, L’extermination des Juifs de Varsovie et autres textes sur l’antisémitisme. Joseph K., 2011. [D’origine russe, apatride dans sa Belgique natale et en France, traité quasiment comme un juif par la préfecture pétainiste sans pour autant « avoir l’honneur » de l’être, comme il l’a dit lui-même, ses écrits tentaient d’alerter ses contemporains sur le sort tragique qui les frappait.]

Dominique Wolton, Informer n’est pas communiquer. CNRS Éditions, 2007. [La dimension anthropologique de la communication

Il est un air pour qui je donnerai tout Rossini, tout Mozart et tout Weber…

Classé dans : Humour, Lieux, Littérature, Musique, Nature — Miklos @ 13:37

Au fâcheux qui nous reprendrait pour cet usage de « qui », on demandera de bien vouloir signaler sa demande d’erratum à Gérard de Nerval (au passage, on lui précisera qu’ici « Weber » se prononce « Vèbre »). Chaque fois qu’il vient à l’entendre, rajoute le poète, l’air en question fait rajeunir son âme de deux cents ans. Ô vertus éternelles de la musique !

Quant à cet air que nous venons de noter (en y doublant deux notes, pour faciliter la lecture des paroles), à défaut de posséder une grande qualité mélodique (mais tous les goûts sont dans la nature), c’est un calembour musical : il n’est pas nécessaire de connaître le solfège pour identifier les noms des notes : le texte en est la parfaite homonymie. Lisez donc :

La, fa, mi, do, ré, la, mi,
La, do, ré, la, sol, do, si.

C’est grâce à Gallica que nous avons pu retrouver cette petite perle dont les paroles nous trottaient dans la tête depuis notre enfance. Il est l’objet des deux derniers couplets du « Chant bucolique », lui-même sixième des dix chants que constitue La Grande Complainte de Fontainebleau, par une Société de Savants et de Poètes, et signée « Pour la Société de savants et de poètes : Amédée Métivié ».

Publiée en 1855 à Fontainebleau, cette amusante parodie du genre, écrite par une « docte compagnie d’artistes, de gens de lettres, d’amateurs et de gais camaradesSelon G. de La Landelle, Dettes de cœur : la semaine des bonnes gens. 1882. », potaches maîtrisant aussi bien la plume que la langue et connaissant les chansons populaires de l’époque, est tout à l’honneur de… Fontainebleau, évidemment. Bien plus poétiquement que le Guide Michelin, elle en relate l’histoire en remontant jusqu’à Attila et en n’oubliant pas de s’attarder sur l’« assez mauvais moment » que la reine Christine y fit passer à son amant qui l’avait trahi pour une italienne, le 6 novembre 1657, la renaissance du lieu sous Napoléon.

Ensuite, quelques considérations météorologiques nous apprennent que, s’il y pleut c’est qu’il y tombe de l’eau, mais que jamais il n’y neige au milieu de l’été, c’est toujours ça de gagné pour le voyageur errant, Juif ou croyant de l’Évangile, imberbe ou barbu, chauve ou chevelu : il y trouvera cafés, auberges, guinguettes, restaurants et cabarets. La joyeuse complainte va jusqu’à y préciser les enseignes, comme le fait tout honorable guide. Mais pour les amoureux qui voudraient se réfugier dans la forêt, qu’ils se rassurent : on n’y voit ni éléphant ni baleine. « Sans crainte », poursuit le texte, « et sous nos ombrages allez donc, et, deux à deux, errez, jeunes amoureux. Les ramiers dans les feuillages répondront à vos discours en roucoulant leurs amours ». Et s’il faut vraiment chaud,

La bière, la limonade
Et des fruits plus ou moins verts
Plusieurs fois vous sont offerts
Durant votre promenade ;
Fleurettes, mousse et gazon
Sont les tapis de saison.
 
Acceptez, femme charmante,
Et vous, cavalier galant,
Payez ! allons-y gaîment,
Pour que le rossignol chante :
« La, fa, mi, do, ré, la, mi,
La, do, ré, la, sol, do, si. »
 
Ce que l’on pourrait traduire :
« La femme y dort, et l’ami,
L’adoré, là, solde aussi ; »
Mais la belle d’un sourire
Va le payer à son tour :
Vive l’herbette et l’amour !

On vous laissera découvrir ce panégyrique, et l’on espère qu’il vous incitera à vous y rendre sans tarder par ce beau premier jour du printemps. À toutes fins utiles, on vous signale que c’est direct depuis la gare de Lyon.

20 septembre 2011

Petits macarons

Classé dans : Cuisine — Miklos @ 18:16

100 gr. d’amandes en poudre
100 gr. de noix de coco en poudre
100 gr. de sucre en poudre
5 blancs d’œufs
Cointreau

Chauffer le four à 190°.
Mélanger vigoureusement les ingrédients secs et les blancs d’œufs (non battus) jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène.
Rajouter du Cointreau sans que la pâte ne devienne liquide.
Disposer en tas (env. 1 cuiller à soupe) sur une plaque ou au fond de petits moules à brownies.
Cuire pendant une quinzaine de minutes ou jusqu’à ce qu’ils dorent. Laisser refroidir.

19 septembre 2011

Tartelettes à la fourme d’Ambert

Classé dans : Cuisine — Miklos @ 22:56

Pâte brisée
250 gr. de farine
125 gr de beurre demi-sel
10 cl. de bière
 
Appareil
250 gr. fourme d’Ambert
250 gr. crème fraîche
4 œufs
un peu de lait
120 gr. de cacahuètes
(ou de cerneaux de noix) concassées
option : 75 gr. de raisins de Corinthe
sel, noix de muscade râpée

Préparation de la pâte
Sortir le beurre la veille pour qu’il ramolisse.
Mêler beurre et farine, travailler rapidement avec les doigts et rajouter la bière, jusqu’à obtention d’un pâton homogène qui ne colle pas (rajouter un peu de farine si nécessaire).
Mettre en boule, envelopper dans un papier cellophane et laisser reposer au moins une heure.
 
Préparation de l’appareil
Chauffer le four à 180°.
Battre la fourme, la crème et les œufs (et éventuellement le lait) jusqu’à l’obtention d’une crème assez homogène, puis rajouter un peu de sel et la noix de muscade râpée.
Rajouter éventuellement les raisins de Corinthe.
Rouler la pâte et l’étaler dans des formes à tartelettes (12-16, selon l’épaisseur) ou dans une forme à tarte. Badigeonner le bord avec du jaune d’œuf mélangé à un peu d’eau (ce qui la fera dorer joliment).
Éparpiller des cacahuètes concassées sur le fond des tartelettes, puis y verser l’appareil à l’aide d’une cuiller jusqu’à 2/3 de la hauteur.
Enfourner pour 25-30 minutes (surveiller pour éviter qu’elles ne soient trop cuites : sortir quand leur aspect est bien doré).
Servir de préférence chaud.

24 août 2011

Life in Hell: I plout dè boûr et dè froumage.

Classé dans : Cuisine, Lieux — Miklos @ 13:51

Jeff et Akbar sont à Bruxelles une fois pour la deuxième fois en moins d’un an.

La première fois, la ville était couverte de neige à tel point qu’on (surtout Jeff) ne pouvait ni marcher sans se casser la margoulette (comme disait Flaubert si joliment) ni prendre les transports publics qui, eux aussi, ne pouvaient plus marcher sans glisser. Normal, c’était fin décembre. Jeff apprécie modérément. Akbar adore.

Là, le pays est sous l’eau (non, pas soûlot, malgré la quantité et la qualité de ses bières) : des trombes de pluie, voire de grêle, tombent sans discontinuer, jusqu’à la dévastation. Les transports publics en ville en sont encore une fois affectés. Normal ? c’est la mi-août (et malgré ce miaulement, pas de quoi mettre un chat de Geluck dehors).

S’armant de courage et de parapluies, ils partent à l’aventure dans la ville et dans le pays. Voici ce qu’ils y aiment :

– la brasserie Het Anker à Malines : ses bières Gouden Carolus (parce qu’en Belgique, une brasserie, c’est un endroit où l’on fait des bières, pas comme en France), son coucou de Malines à la bière (Jeff) et sa salade niçoise au thon (Akbar), un grand pavé épais et tendre légèrement grillé à perfection (et pas quelques miettes de thon cartonneux en boîte), son sabayon à la bière, tiède avec une boule de glace, léger, parfumé, délicieux (Jeff et Akbar) ;

– les huitres (Jeff) et la coupe de champagne au marché de la place Flagey à Bruxelles ;

– les frites de chez Antoine (bien qu’on dise que ce n’est plus comme avant, mais comme avant ils n’y étaient pas allés, impossible de savoir, et pis d’ailleurs, rien n’est jamais comme avant) ;

– les târtes al Djote chez Au p’tit boulanger de la Grand’ Place à Nivelles (ville connue aussi pour ce fameux – ou infâme, c’est selon – personnage dont on disait « être comme ce chien de Jean de Nivelle(s) qui s’enfuit comme on l’appelle » à tel point qu’il a donné lieu à des chansons dont la mélodie se retrouve chez ce bon enfant de Cadet Rousselle… Eh, Akbar, tu la refermes, cette parenthèse ? s’écrie Jeff exaspéré), pour leur goût et pour l’accueil si généreux et discret ; ils ont aussi fort apprécié la guide à la collégiale Sainte-Gertrude dont ils étaient les seuls « clients » et qui leur a consacré une heure et demi fort intéressantes à visiter cette église millénaire de fond (les églises qui l’ont précédée, depuis le VIIe siècle) en comble (la salle haute, dite impériale) ;

– la truite aux fines herbes (Akbar) et le jambonneau rôti façon Bister (Jeff) de chez La Besace à Crupet ;

– les fraises cultivées en pleine terre de Wépion, non loin de Crupet ; Jeff et Akbar sont d’accord avec Miklos, qui disait d’elles qu’elles « sont belles, d’un rouge profond qui rappelle celui de natures mortes flamandes, elles sont parfumées, elles sont tendres sans êtres molles, elles sont succulentes. Cela vous changera des succédanés stéroïdés et artificiels, rouges pâle ou blanchâtres, croquants et aqueux, sans goût, qui portent le nom de ce fruit mais n’ont aucun rapport avec lui. » ;

– les glaces naturelles à l’ancienne, chez le glacier framboisier Doré de la rue du bailli à Bruxelles : rien d’artificiel dans les couleurs, les parfums et les goûts, qui ravissent les palais pourtant si différents de Jeff et d’Akbar ;

– la brioche si tendre et les pâtisseries si légères et parfumées de la boulangerie-pâtisserie Mommaert-Derynck à Rhode-Saint-Genèse, quelques kilomètres avant cette morne plaine de Waterloo, à gauche quand on vient de Bruxelles et qu’on n’a pas fait un des multiples détours dus aux travaux qui ont la particularité de vous ramener, si on suit fidèlement les flèches, à votre point de départ, comme il l’était arrivé à Harris et à un de ses cousins de province dans le labyrinthe de Hampton-Court ;

– le café liégeois à Liège (bien que cette ville n’en soit pas à l’origine), chez le vénérable et chaleureux Amon Nanesse ; il n’a rien à voir avec celui auquel Akbar avait été habitué jusqu’ici, un café froid dans laquelle a coulé corps et biens une boule de glace et surmonté de chantilly industrielle : ici, c’est quasiment une mousse au café, c’est léger, c’est délicieux (Jeff ne peut qu’être d’accord, une fois n’est pas coutume, une fois) ;

– les gaufres, liégeoises elles aussi mais à Bruxelles, un comble, de chez Dandoy, et surtout celles de chez La Porta Pasta rue Walstraat à Bruges, petite échoppe étroite qu’on remarque à peine, mais où tout est fait maison, y compris les lasagnes végétariennes (Akbar) et bolognaises (Jeff), et où le service est fort sympathique, ma foi une fois ;

– et, ultimo ma non meno, l’accueil toujours généreux et chaleureux de leurs hôtes.

Maintenant, qu’on n’aille pas dire qu’on est toujours des râleurs, conclut Akbar après une ultime lampée de Mort subite.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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