Tarte aux épinards
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Pâte brisée |
Sortir le beurre plusieurs heures à l’avance et le laisser ramollir. |
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Pâte brisée |
Sortir le beurre plusieurs heures à l’avance et le laisser ramollir. |
« Peut-être le fumet délicat du chocolat ramène-t-il à la surface de vieux souvenirs d’enfance… ? » — Bernard Dubrulle et Dominique Auzias, Guide du chocolat et des confiseries. Petit futé, 2006.
Akbar et Jeff sont invités à dîner chez la Comtesse de Dieppe. En se rendant vers le métro, Akbar passe devant Lord Sandwich. La Mama, sur le pas de la porte, s’écrie : « ne bougez pas ! », suivi d’un « Entrez, entrez ! ». Akbar est bien en mal d’obtempérer, vu les injonctions contradictoires, mais la curiosité attisée il ignore la première qui l’avait saisi dans son vol comme la femme de Loth transformée en statue de sel, et obéit à la seconde. Il franchit le seuil. La patronne lui tend alors un plateau couvert d’une montagne de brownies tous plus appétissants les uns que les autres et dont le bouquet manque de le faire tomber en pâmoison. « La cuisinière m’a dit “C’est pour Monsieur Akbar” », précise-t-elle.
Quel supplice ! malgré qu’il en soit par l’odeur alléché, Akbar ne peut s’en saisir (dîner oblige) et répond, à l’instar de Jean-Jacques Rousseau à Madame la Baronne de Warens en 1732 : « pour moi, je me contente du fumet ». La Mama lui fournit alors toutes assurances que le trésor sera préservé à son intention (il compte bien y retourner incessamment sous peu) et le confie à l’Aïeul. Une consolation temporaire, tout de même : la Comtesse de Dieppe servira aux deux compères en guise de dessert un gâteau au chocolat.
Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

La soupe chez la Mama
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«Elle est prête ?… Alors on s’y met. On me dirait dans cet instant : Assez causé. Goûtons un peu |
Sans doute entre Auteuil et Bercy… Qu’est-ce à dire ? Je m’aperçois Allons, bon !… Il n’en reste plus ! |
Raoul Ponchon, « La soupe à l’oignon » (extrait).
Les Poètes du Chat Noir, Gallimard.
Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

Il faut toute l’amicale détermination de Colomba et de Heidi et la magie blanche de Mary Poppins (qui atterrit miraculeusement au beau milieu du trio droit venue de Patagonie) pour ramener Akbar chez Lord Sandwich, dont un mauvais coucheur l’avait écarté d’un coup de pied langue de vipère. Comment ne pas succomber au charme persuasif de ses trois amies ? Il se laisse faire de bonne grâce. Il faut dire qu’il avait pris ses précautions : l’avant-veille, il avait prévenu l’Aïeul de son retour – lequel Aïeul pensait qu’Akbar était, comme d’habitude, à l’étranger (Akbar, lui, se pensait surtout en exil) –, et en conséquence la 24 les attendait.
Le quatuor est accueilli par l’Aïeul et par le Faune dont le sabot s’est enfin ressoudé au prix d’une longue immobilisation télévision-chips-bière (aïe-aïe-aïe !). S’ils retrouvent avec plaisir la carte, c’est surtout le personnel qu’ils sont contents de revoir. Akbar aimerait prendre du tartare de saumon en entrée, du tartare de saumon en plat et du tartare de saumon en dessert. Il se contente de n’en prendre qu’une portion – il s’en délecte – et le fameux pavé de chocolat pour dessert (il aurait bien pris aussi un brownie, mais ce sera pour la prochaine fois). Colomba choisit de manger à l’envers, Heidi le potage et Mary Poppins un plat consistant.
Les amis décident d’arroser ça. À défaut de Lambrusco frais, ils prennent un Gamay pétillant, plus doux limite vin de dessert, qui se laisse toutefois boire sans peine et contribue à leur bonne humeur et à leurs débats sans fin sur les sujets essentiels de la vie, sur les bons et les méchants et sur le sens profond de l’amitié. C’est chez Jeff qu’ils se retrouveront tous la prochaine fois, sans pour autant qu’Akbar oublie les promesses que la Danseuse lui a faites ni celles de la Mama.
Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.
Il neige. Akbar, enveloppé dans un long manteau gris qui descend jusqu’à ses chevilles, et Colomba, dont la jupette noire laisse admirer ses longues et belles jambes, entrent au Théâtre de la Ville. Samedi après-midi y est souvent le créneau des « concerts troisième âge » : pas trop tard pour pouvoir se coucher tôt, et programme classique (les favoris : Bach – Mozart – Beethoven – Schubert). Ils sont en général fréquentés par un public plus… enfin moins jeune ou bobo que ceux des soirées. Mais ce n’est pas une raison de les ignorer quand on n’est pas encore retraité : ils sont excellents, autant par le choix des œuvres que des interprètes : et même si Akbar n’y a pas apprécié la récente interprétation de Winterreise, il se souvient avec délectation des récitals de Christine Schornsheim au clavecin et au pianoforte ou du concert de l’ensemble Clément Janequin, par exemple.
Aujourd’hui, le programme est all-American et jazzy, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais pour ne pas inquiéter les habitués, les compositeurs sont des grands noms du classique. Igor Stravinsky, dont les complexes Danses concertantes et Ebony Concerto démontrent, s’il en faut, la maîtrise d’une incroyable palette de styles et de genres, d’une écriture savante sans être ennuyeuse ou absconse pour un public non averti ; La Création du Monde de Darius Milhaud, chatoyante de couleurs et d’harmonies, aux sonorités chaudes et entraînantes, aux rythmes syncopés (dont les premières notes ne sont pas sans rappeler celles de Wenn mein Schatz Hochzeit macht de Gustav Mahler) ; le concerto pour clarinette d’Aaron Copland au très beau solo pour la clarinette et dont la seconde moitié, plus décoincée, a assuré une transition avec le clou du concert, le Prélude, fugue et riffs pour clarinette et ensemble jazz de Leonard Bernstein : une explosion sensuelle, joyeuse, déchaînée, haletante et paroxystique, œuvre écrite jusqu’à la dernière note mais qui semblait improvisée et spontanée et dont l’effet contagieux s’est propagé à la salle, avec l’encouragement du chef : plus d’une tête grisonnante se balançait au rythme de la musique que d’autres soulignaient en battant des mains, pour finir en une ovation soutenue au soliste – le clarinettiste Ronald Van Spaendonck –, à l’ensemble Les Siècles et surtout à son chef et fondateur, François-Xavier Roth, dont la valeur n’a pas attendu le nombre des années.
Les instrumentistes sont jeunes, doués et passionnés, et leur répertoire balaie quasiment toute l’histoire de la musique écrite ; Akbar remarque l’un des deux batteurs : à peine sorti de l’adolescence, coiffé à la Beatles, de grosses lunettes à la monture noire années 60 sur le nez, la chaussure mal lacée, il domine avec précision et intensité toute sa quincaillerie. Quasiment tous les musiciens sont debout, à l’exception du pianiste (qui n’est pas un Victor Borge), des violoncellistes, du contrebassiste et du jeune percussionniste, ce qui contribue à leur engagement physique dans la musique. Akbar remarque quelques imprécisions dans les attaques ou les fins de phrases chez Stravinsky ou dans les pizzicati chez Copland, mais il est emballé par le concert dans son ensemble.
Quant à Roth, de dire de lui qu’il est un musicien engagé est un euphémisme : il l’est dans son action musicale foisonnante, il l’est dans sa direction, il l’est dans tout son être. Complice de ses musiciens et toujours attentif à chacun d’eux, son visage expressif reflète les émotions que véhiculent la musique : tour à tour souriant, riant, coquin ou mutin, puis sourcils froncés, bouche en accent circonflexe de Pierrot triste, abattu, dans les rares moments plus graves. Parfois décontracté, parfois déjanté, il swingue, va jusqu’à héler le public, crier ou siffler dans le Bernstein, encourage la salle à participer et serait sans doute capable de faire danser un cul-de-jatte. D’ailleurs, sa gestique rappelle à Akbar celle de Bernstein, qu’il avait eu la chance de voir diriger (et de rencontrer) bien des années auparavant : cet immense musicien aurait pu battre le record de saut en hauteur lorsqu’il dirigeait du Mahler – on garnissait d’ailleurs le podium d’un tapis plus épais pour assourdir ses atterrissages – et sortait, tout aussi épuisé mais excité du concert que le jeune Roth, auquel Akbar souhaite de nombreuses et belles années de musique pour son ravissement et celui de tout le public.
Les entrées – et surtout les sorties – de scène de Roth sont aussi un plaisir pour les yeux : rapide, d’un pas souple, il passe près des musiciens qu’il interpelle d’un amical ça va ? et revient saluer avec le soliste qu’il gratifie d’un bravo retentissant. Profitant du changement de disposition des chaises et des lutrins entre le Stravinsky et le Milhaud, il s’adresse au public et lui parle brièvement du programme. Involontairement cocasse, il leur raconte que « Milhaud a vécu aux États-Unis de façon plus épistolaire que Stravinsky ». Akbar doute qu’il ait voulu comparer la correspondance de Milhaud avec Cocteau à celle, fort abondante, de Stravinsky, et pense qu’il s’agissait plutôt d’un lapsus épisodique.
Colomba, ravie, entraîne Akbar dans un troquet où ils sirotent un vin chaud. Rentré chez lui, Akbar prépare sa célèbre compote de pommes dont il décide enfin de confier la recette secrète à son lectorat intime :
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1,5 kg de pommes (bio) |
Laver les pommes. Les couper en quatre, retirer la queue. Mettre les quartiers dans une casserole épaisse sans les éplucher ni enlever les pépins. |
Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.
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