Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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5 novembre 2008

La promesse de l’aube

Classé dans : Actualité — Miklos @ 7:53

“It takes a long time to bring the past up to the present.” — Franklin D. Roosevelt

“My dream is of a place and a time where America will once again be seen as the last best hope of earth.” — Abraham Lincoln

America is at last coming to terms with her past. Si l’on ne peut présumer du futur, on peut dorénavant espérer.

20 octobre 2008

Au violon, l’assassin !

Classé dans : Actualité, Musique, Médias — Miklos @ 17:25

Dans un article fort mystérieux où il est question d’un ours et d’un policier, Le Monde rapporte la renaissance de « 24 violons », avec une illustration dont la légende parle du procès d’un assassin. Nul doute qu’il a été incarcéré par le policeman en question dans l’un des instruments (fort inconfortable, probablement, mais il l’a bien mérité) rouverts par le gouvernement. Au commentateur qui pensait qu’il s’agissait peut-être d’un violon tueur, on a signalé l’article concernant la musique qui tue.

18 octobre 2008

La course effrénée des médias

Classé dans : Actualité, Médias, Société — Miklos @ 12:49

Le Monde rapporte l’enquête dont ferait l’objet DSK pour « un possible abus de pouvoir » du fait de sa vie intime. S’il est légitime de s’interroger sur le fait – la personne a-t-elle bénéficié d’« émoluments excessifs » (et non pas « excessive », comme l’écrit Le Monde sans se relire, dans sa hâte à être l’un des premiers à rapporter l’affaire) eu égard à sa fonction ou a-t-elle été poussée à la démission –, l’aspect « intime » n’a rien à y voir.

Cette curiosité maladive et obsessionnelle, qui intéresse surtout les puritains américains adeptes du battage de coulpe ou du lynchage publics et la presse people (voire peephole – ce qui n’a rien de très glory), envahit la France. Elle se nourrit, il faut aussi le dire, par la propension de certains de nos grands hommes à mettre en scène leur vie privée et leurs scènes de ménage d’une façon qui, parfois, n’est pas sans rappeler les comédies de Feydau. À d’autres moments, elle peut se terminer tragiquement sous un pont de Paris au terme d’une poursuite sans relâche de paparazzi. « Livré aux chiens », avait lancé Mitterrand après la mort de Pierre Bérégovoy.

Constatant que le prix de leur exhibition est finalement trop élevé, on en voit qui font maintenant appel à la justice, cousette chargée de faire des reprises dans leur cache sexe déchiré. Un spectacle de plus pour un certain public friand de froufrous.

11 octobre 2008

Life in Hell : le guide des égarés

Classé dans : Actualité, Humour — Miklos @ 22:19

Akbar émerge du métro Étienne-Marcel. Trois touristes, l’air perdu, tournent un plan de Paris dans tous les sens.

– “Excuse-me, do you speak English?”, s’enquiert l’une des personnes poliment, tout en dissimulant difficilement son anxiété.

– “Yes. And you?” répond-il imperturbablement.

Rire. Le stress de la touriste égarée baisse perceptiblement.

– “Could you tell me please where Nawter Dayme is?

– Sure: walk straight ahead past this avenue until the white house you see at the far end and turn right. You can’t miss it.

– Thank you! Can you please show me where we’re on the map?” profite-t-elle pour demander.

Akbar s’empresse de le faire. La dame rajoute, souriante :

– “We are Australians. You must be American!

– No, I am French, born and bred here. Aille canne spique ouize ze Frentche accent tout, iou nau”, répond Akbar, toujours aussi imperturbable mais intérieurement flatté.

Rires.

Peu après, Akbar voit les Australiens tourner dans le boulevard de Sébastopol, au lieu d’emprunter la rue qu’il leur avait indiquée.

– “Well, we actually want to go to Saint Michael,” avouent-ils, un peu gênés.

– “Be sure not to miss Nawter Dayme!”, leur lance Akbar, convaincu que le Boul’ Mich’, tout célèbre qu’il soit, ne mérite pas qu’on ignore la non moins célèbre maison du Bossu. Il ne manquerait plus qu’ils la confondent avec l’un des décors de Disneyland.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

2 septembre 2008

Le nouveau Monde

Classé dans : Actualité, Langue — Miklos @ 15:56

« Surtout qu’en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée. »

— Boileau, L’Art poétique.

« II ne faut pas confondre le barbarisme avec le solécisme : entre eux il y a cette différence que le barbarisme est une locution étrangère à une langue, et que le solécisme est une faute contre la régularité de la construction d’une langue, faute que les naturels d’un pays peuvent faire par inadvertance ou par ignorance. »Encyclopédie des gens du monde, 1834.

« L’orthographe est de respect ; c’est une sorte de politesse. » — Alain.

Un article du Monde en ligne d’aujourd’hui au titre pour le moins racoleur (sinon vulgaire), « La grossesse de la fille Palin… » frappe par l’étrange combinaison de la vacuité de son sujet et de la densité des fautes qui émaillent le texte : mauvais accords (« la phrase prononcé par M. Obama qui est devenu le sujet de prédilection comme l’attestent plusieurs post », « une chasse au sorcières », « J’ai deux filles… s’ils font une erreur, je ne veux pas qu’elles soient punies »…), faux amis (« Je vais leur apprendre les morales » où l’anglais morals aurait dû être traduit par morale), sans parler de l’usage d’américanismes à outrance là où il existe un terme ou une tournure en usage en français (« post » au lieu de « billet », par exemple).

Mais le clou est la phrase suivante :

L’idée de voire les « bébés comme des punissions », qui revient fréquemment dans les posts consacrés à cette affaire, est une pique contre Barack Obama.

Nouvelle orthographe ? Voire ! Plutôt obsolète, « punission » étant attesté en 1250. Quant à « voire », c’est un adverbe dérivé du latin verus (vrai), tandis que « voir » provient de videre.

Les morales (sic) de ces histoires : (1) corrigez, correcteurs ! (2) « Ce qui importe ce n’est pas de lire mais de relire » (J. L. Borges).

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