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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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26 avril 2020

Apéro virtuel XXXVI : joyeux anniversaire !

Classé dans : Actualité — Miklos @ 23:45

Dimanche 26/4/2020

Jean-Philippe a fêté aujourd’hui son anniversaire, seul entre ses quatre murs, et ensemble avec ses proches et amis lointains grâce aux technologies de communication. Ainsi, nous le lui avons souhaité à l’aide des quatre Minions et en levant le coude plus d’une fois. De son côté, il nous a fait visiter ses pénates, puis montré des photos de sa tendre enfance, et ensuite donné la recette du fondant qu’il avait préparé ce matin, alors qu’il n’a pas révélé la composition de la tarte aux quatre fruits, préparée au même moment. Il a finalement allumé puis soufflé les huit bougies (non, il n’a ni 8 ans ni 80 ans) qu’il avait plantées dans le fondant.

Et puis, ce furent les souvenirs des uns et des autres, à commencer par Jean-Philippe : « Moi quand j’ai commencé à travailler, il n’y avait pas d’informatique pour les cadres, mais des sténodactylos. » Ses petits-neveux ne comprennent pas comment on « allait sur l’internet » (comme si c’était un trottoir) sans avoir des ordinateurs. Quand les ordinateurs sont arrivés, c’était toujours sans l’Internet (qui existait, pourtant) : il fallait se servir de disquettes pour échanger des documents avec sa secrétaire. Quant à Françoise (P.) qui avait commencé à travailler chez Publicis sous Maurice Lévy, elle y a connu des ordinateurs dès son arrivée. Pour Françoise (B.), le Centre Pompidou lui avait proposé un ordinateur en échange de sa secrétaire. Michel, qui avait commencé l’informatique bien avant tous les présents, avait connu les bandes de papier perforé, puis les cartes perforées. Il en reste de ces dernières à Sylvie qui nous en a montré un paquet.

De là, on est passé à la capacité mémoire des ordinateurs : celui sur lequel Michel avait commencé à travailler, qui faisait de la simulation de jeux de guerre en temps réel, avait 16 kilooctets de mémoire, alors qu’aujourd’hui pour faire les mêmes tâches il en faudrait des gigaoctets… Jean-Philippe a alors relaté une information – ou une légende urbaine, il n’en sait rien – selon quoi il y a plus de capacité mémoire et de vitesse de calcul dans un téléphone portable de nos jours que dans toute l’informatique embarquée dans un avion ou une fusée de la NASA des années 1960. Françoise (P) qui avait travaillé dans la reprographie pour la presse, a alors décrit la technique utilisée pour l’impression en couleur, qui nécessitait un traitement séparé pour les quatre couleurs de base. Jean-Philippe lui a alors demandé si la description de l’agence de publicité dans la série Mad Men lui semblait plausible, ce à quoi elle a répondu par l’affirmative.

De là, on est passé aux souvenirs concernant les tenues correctes requises au travail – bas pour les femmes – et à l’école – interdiction aux filles de porter des pantalons même en hiver, les garçons en culottes courtes même dans la neige… Et l’école a suscité d’autres souvenirs : concernant nos débuts dans l’écriture, la plupart ont connus le porte-plume, les plumes Sergent-Major et l’encrier incrusté dans le pupitre de l’écolier, pour passer ultérieurement au Stylo Bic, ce qui fut un choc culturel pour Jean-Philippe, autant que le passage du jeudi au mercredi comme jour où on n’allait pas à l’école. Françoise (P) s’est souvenue que sa sœur, enseignante, a adoré la suppression de l’estrade en 1968, ce qui a entraîné une discussion sur son utilité ou non.

L’apéro s’est terminé avec un dernier lever de coude et des vœux réitérés à Jean-Philippe.

Apéro virtuel XXXV : lettres persanes – notes japonaises – chanson vénézuelienne – instruments de musique peu ordinaires…

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts — Miklos @ 10:24

Samedi 25/4/2020

En attendant l’arrivée d’autres participants, Jean-Philippe (qui était connecté du jardin public de Bordeaux) et Michel (qui assistait à un récital félin) ont échangé leurs opinions sur l’art d’intervenir de façon à ne pas lasser les autres, voire de les tenir en haleine.

Une fois Sylvie, Françoise (B.) et Françoise (P.) arrivées, Jean-Philippe nous a lu deux fort jolies Lettres persanes de Montesquieu, dans une édition des œuvres complètes datant de 1768. La première (lettre XXX) relate comment les Parisiens s’intéressent au Persan, auteur de la lettre, du fait de son étrangeté : soit par son accoutrement, soit par le fait de savoir qu’il venait d’ailleurs. Quant à la seconde (lettre XXVIII), elle décrit l’attitude des spectateurs assistant dans leurs loges à un spectacle – comédie, ou opéra -, attitude sans doute bien plus intéressante que ce qui se passe sur scène… Après cette lecture, on a évoqué des salles de spectacle – celle du Teatro San Carlo à Naples avec les miroirs permettant aux spectateurs occupant les loges de regarder discrètement vers la loge royale, celle de l’Opéra de Paris, avec ses loges fermées à clé…

Françoise (B.) nous a alors lu des extraits de la table des matières des Notes de chevet attribuées à Sei Shonago, dame de compagnie de la princesse Sadako au début du XIe s, notes non sans humour prises à la Cour du Japon. Françoise a poursuivi avec la lecture d’une note, « De l’utilité de porter à certaines occasions un habit sans doublure ».

El curruchá
Juan Bautista Plaza

A mi negra la quiero, la quiero
Más que a la cotiza que llevo en el pie
A mi negra la quiero, la quiero
Más que a la tinaja cuando tengo sed

A mi negra la quiero, la quiero
Más que a mi chinchorro que me hace soñar
Más que el penco alazán que en el pueblo
Mil lazos coleando me ha hecho ganar

Cuando baila mi negra un joropo
El amor zapatea por dentro de mí
Porque al son de la quirpa sin fin
Y al compás de puntera y talón
Con tal gracia mueve las caderas
Mi negra que me hace perder la razón
Curruchá, con tal gracia mueve las caderas
Mi negra que me hace perder la razón ?

Si a mi negra le clavo los ojos
Se pone más roja que un paraguatán
Cuya flor es incendio del bosque
Estación de abejas, licor de panal
Si me rozo con ella en el baile
Me sube al cogote un enorme calor
Porque hornalla e’ trapiche es mi negra
Que vuelve cenizas mi leña de amo?

Ensuite, Sylvie nous a montré la vidéo d’une inter­pré­tation très enlevée de El Curruchá, chanson populaire du Vene­zuela dans la tradition joropo, com­po­sée par Juan Bautista Plaza, paroles de Vicente Emilio Sojo. Donnée en tant que bis lors d’un concert de l’ensem­ble L’Arpeggiata (le 31 janvier 2012 à la Salle Gaveau) dirigé par Christina Pluhar, elle était inter­prétée ici par Vincenzo Capezzuto (alto et danseur pro­fes­sionnel) et la mezzo-soprano Luciana Mancini – qui en avaient donné d’autres inter­pré­tations – auxquels se sont joints ici (sans doute au dernier moment, ils ne connais­saient pas les paroles…) Lucilla Galeazzi (chan­teuse spé­cia­lisée dans le réper­toire tradi­tionnel italien), Raquel Anduezale (soprano) et le contre-tenor Philippe Jaroussky. Pour ceux que les paroles inté­res­sent (cf. ci-contre), c’est une chanson d’amour enflammé d’un homme pour son amie (ou femme ?) noire, à lui en faire perdre la tête.

Pour continuer dans la musique, Michel s’est concentré sur les instruments (de musique) inhabituels : le piano à chats (qui aurait existé au XVIe siècle), puis le métronome, dans une version quelque peu raccourcie du Poème symphonique pour cent métronomes du compositeur hongrois György Ligeti (1923-2006), suivi d’une autre vidéo montrant l’influence du métronome sur les chats (sans piano, cette fois). François a alors dit avoir vu un film où l’on avait fait un montage qui représentait un piano à chats…

Sur ce, après avoir levé le coude, on leva la séance.

25 avril 2020

Apéro virtuel XXXIV : du Mime Marceau et de partitions muettes – de Jacques Tati et de son oncle – du récent film 1917

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts — Miklos @ 1:37

Le Mime Marceau

Vendredi 24/4/2020

Michel a commencé par diffuser une vidéo documentant le rôle très courageux de Marcel Marceau durant l’Occupation : à 19 ans, il a activement pris part au programme d’exfiltration d’enfants juifs de la France occupée vers la Suisse, filière créée par son cousin Georges Loinger (récemment décédé à 108 ans, que Michel avait connu il y a plus de 50 ans et revu à la veille de ses 100 ans). Puis il a parlé des arts plus que minimalistes – l’œuvre 4’33″ de John Cage qui ne comporte pas une seule note, les tableaux monochromes de Malevitch, de Soulages ou d’Yves Klein… : il s’avère que ces célèbres artistes n’étaient pas les premiers à avoir créé dans le genre : Alphonse Allais les avait précédés. Pour preuve, la partition de sa Marche funèbre composée pour les funérailles d’un grand homme sourd en ce qui concerne la musique, ou ses tableaux monochroïdaux (source). Dans la discussion qui s’en est ensuivie, Françoise (P.) a évoqué un concert très curieux d’une œuvre de John Cage auquel elle avait assisté, composée pour 40 pianos, qui a évoqué pour Michel l’œuvre de György Ligeti pour 100 métronomes…

Françoise (P.) nous a ensuite parlé de Jacques Tati, dont elle a brossé la biographie – débutée dans le rugby…  et l’œuvre, inspirée des films burlesques américains, ce qui lui fera écrire le scénario de, et jouer dans, Soigne ton gauche de René Clément en 1936. Jour de fête fut son premier film en tant que réalisateur et interprète. Pour ceux qui n’ont vu le génial Mon Oncle et pour ceux qui voudraient le revoir, c’est ici.

Minh nous a alors parlé d’un film sorti très récemment – et qu’il a déjà vu quatre fois… – 1917, de Sam Mendes, film de guerre qui a la particularité d’utiliser la technique du plan séquence et de se focaliser sur deux personnages devant traverser le no man’s land plutôt que sur les masses et les combats eux-mêmes. L’une des raisons pour lesquelles Minh a vu et revu ce film, c’est qu’il lui a rappelé le périple bien réel de son grand-père, qui, soldat pendant la guerre du Vietnam, a dû faire 1500 km à pied avec les troupes du nord du pays jusqu’à la zone des combats (où il est mort à l’âge de 35 ans). Jean-Philippe a qualifié ce genre de films de guerre – récents – d’humanistes, du fait qu’ils donnent le point de vue de la base, par contraste avec ceux des années précédentes, manichéens, spectaculaires, avec beaucoup d’hémoglobine… Françoise (B.) conteste cette vision historique, en disant qu’il y avait beaucoup de films qui ont été filmés au niveau du sol, au niveau de l’humain. À la demande de Minh, on en a visionné un extrait (disponible sur YouTube), scène nocturne… Michel l’a trouvée impressionnante, mais la musique qui l’accompagnait était, à son avis, non seulement inutile mais donnait à cet épisode tragique un côté trop doux. Il a ensuite évoqué le remarquable film muet Koyaanisqatsi de Geoffrey Reggio (avec une musique excellente de Philip Glass) – que l’on peut voir en ligne (première partie, deuxième partie) – et qui montre les beautés spectaculaires de la nature (avec des ralentis saisissants) et comme l’homme la dénature (avec des accélérations non moins saisissantes).

Juste avant de finir l’apéro, Françoise (C.) nous a montré le masque qu’elle a pu enfin acheter dans une pharmacie. Un espoir pour nous tous… Quant à Minh, il a montré l’un de sa centaine de masques, rapportés du Vietnam où sa mère les lui avait donnés…

Sur ce, après avoir levé le coude, on leva la séance.

23 avril 2020

Apéro virtuel XXXIII : des masques – du muet au temps du parlant – de la cinémathèque et de l’un de ses créateurs – des enfants d’avril…

Classé dans : Actualité — Miklos @ 23:43

Marcel Marceau

Jeudi 23/4/2020

L’apéro de ce soir a commencé par un échange entre Jean-Philippe et Michel, consacré principalement aux masques (et pour cause) : non pas uniquement ceux d’actualité, mais par exemple les « masques » partiels ou totaux – et plus généralement, ces éléments de tenue vestimentaires (turban, kippah, cornette…) – qu’impose telle ou telle religion à ses croyant(e)s, des réactions parfois violentes selon qu’elles dénotent une religion plus « étrangère » qu’une autre (à ce propos, cf. une petite comparaison qu’avait fait Michel en 2015) et des dispositions légales sur ce sujet délicat.

Avec l’arrivée de Françoise (P.), Michel a montré une vidéo de circonstance à plus d’un égard, The Mask Maker (Le Faiseur de masques), performance muette (allusion au cinéma muet dont on avait parlé aux derniers apéros) dont l’interprète (et créateur), Marcel Marceau (dit Le Mime Marceau) a influencé ultérieurement Michael Jackson, comme le montre la brève vidéo qui a suivi.

Pour Françoise, les transformations rapides dans la performance du Mime Marceau lui ont évoqué Arturo Braccheti. Elle a poursuivi avec un hommage à Henri Langlois (né en 1914 en Turquie, décédé en 1977 à Paris), dont elle a brossé la longue carrière professionnelle consacrée à la conservation du patrimoine cinématographique de la France depuis les films muets les plus anciens. Il est aussi le fondateur, avec Franju et Mitry, de la Cinémathèque française. Durant la discussion qui s’en est suivie, Françoise a dit qu’elle se penchera peut-être demain sur le cas de Jacques Tati – encore un acteur du quasiment muet au temps du parlant – ce que Jean-Philippe et Michel ont approuvé sans réserve, et ont évoqué le remarquablement original film Mon Oncle (que l’on peut voir intégralement ici).

Jean-Philippe a alors lu une chronique toute fantaisiste – Amélie Nothomb considère son auteur, Alexandre Vialatte, comme le grand maître de l’incongruité et de la bizarrerie phénoménale – consacrée aux enfants nés au mois d’avril – puisque nous y sommes plongés encore en ce mois et que Jean-Philippe en est un, enfant d’avril, et célébrera son anniversaire dimanche prochain –, tirée de C’est ainsi qu’Allah est grand, édition complète des chroniques de Vialatte, qui, nous raconte Jean-Philippe, a introduit Kafka en France. Arrivée sur ces entrefaites, Sylvie nous a raconté la répétition virtuelle de sa chorale de 54 membres réalisée via Zoom. Michel, revenant au texte consacré aux enfants d’avril a évoqué par association d’idées l’écrivaine Nicole Avril, dont il avait dû lire le tout premier roman, Les gens de Misar (à propos duquel l’auteure dit : « J’ai écrit Les gens de Misar dans un état de survie, celui d’une jeune femme qui se pose des questions?essentielles : Que vais-je faire dans le monde ? Pourquoi faut-il aimer ? Comment ? Ce livre était ma dernière chance. Je devais y arriver, je savais que je pouvais mourir si j’échouais. »), qui décroche le Prix des Quatre-Jurys. Quelques-uns de ses autres titres : Les Remparts d’Adrien, Moi, Dora Marr ou Le dictionnaire le la passion amoureuse.

Sur ce, après avoir levé le coude, on leva la séance.

Apéro virtuel XXXII : Al Jolson, suite et fin – de Couronnes à Belleville – des Marx Brothers et de Casablanca – illétrisme et cinéma

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts, Lieux, Société — Miklos @ 1:42

Mercredi 22/4/2020

Michel a d’abord démontré comment faire pour que les masques (sauf ceux en plexiglas) ne cachent pas les sourires de ceux qui les portent. Puis il a diffusé le quatrième extrait du Chanteur de jazz, celui où Al Jolson chante en blackface (qu’il n’avait pu montrer hier pour des « raisons techniques »), suite à quoi il a cité un court documentaire sur Al Jolson (et mentionné l’existence de Al Jolson The Real Story, documentaire de fond sur Al Jolson, qui brosse sa vie), qui raconte comment il s’était investi activement pour l’égalité des Noirs et contre leurs discriminations, sans hésitation et avec générosité. Ce documentaire précise d’ailleurs que les Noirs avaient apprécié dès ses débuts ses performances blackface, et que ce sont les Blancs qui l’ont critiquée comme raciste bien ultérieurement. Cette façon de montrer aux Blancs certains aspects de la culture des Noirs en se grimant en noir mais d’une façon qui ne faisait pas illusion, a rappelé à Michel, toutes proportions gardées, les deux principaux acteurs du film La Cage aux folles, qui montraient aux Française ce qu’étaient les homos, tout en n’étant d’évidence pas des « vrais » homos. Jean-Philippe a alors mentionné une évolution des 30 dernières années chez les Noirs (ou Afro-américains) refusant d’être caricaturés par des Blancs, ce qui s’est traduit par une politique de quotas « raciaux » au cinéma qui a sombré dans des extrêmes absurdes. Sylvie a évoqué ces tweets racistes à l’encontre de la jeune métisse choisie pour incarner Jeanne d’Arc dans les fêtes johanniques à Orléans en 2018. Qui peut, qui a le droit, d’incarner, de jouer le rôle d’un « autre » ? Insoluble…  Le sujet de la soirée étant le cinéma, Michel a ensuite montré une courte vidéo, réalisée par la Société américaine des projectionnistes, brossant l’histoire de ce qui est le plus invisible au cinéma : la caméra.

Sylvie nous a alors parlé du MOOC (formation à distance pour grand nombre de participants) qu’elle avait suivi : proposé par l’École des Gobelins, il enseignait comment faire de la vidéo avec son smartphone. Suite à une proposition de la médiathèque Marguerite Duras concernant l’histoire de Belleville, elle a réalisé en 2018 en binôme la vidéo De Couronnes à Belleville : la fin d’un quartier populaire, résultant d’interview de commerçants du quartier qu’elle n’a pu nous montrer suite à des problèmes de mauvaise bande passante de sa connectivité au réseau. Une discussion sur certains aspects techniques s’en est ensuivie.

Françoise (P.) nous a alors parlé des Marx Brothers : précocément mauvais élèves, ils ont été poussés tôt vers le music hall, et sont devenus des « petits chanteurs à la Torah de bois ». Mais c’est l’humour qui a pris le dessus et lancé leurs carrières : Chico (pianiste, joueur et dragueur), Harpo (harpiste, le farfelu des cinq), Groucho (qui, trois jours avant de mourir, aurait demandé à son fils d’être enterré au-dessus de Marilyn Monroe), Gummo (devenu agent d’artistes, et seul des cinq à n’avoir eu qu’une seule femme) et Zeppo (lui aussi devenu homme d’affaires), à une riche filmographie. Un film leur a causé des problèmes pour son titre, Nuit à Casablanca, du fait du récent Casablanca (avec Humphrey Bogart et Laureen Bacall). Françoise a cité leur joliment insolents réponse à Warner Bro. qui voulait leur interdire cet usage. Elle nous a alors montré deux de ses livres de chevet : Mémoires capitales et les croustillantes Mémoires d’un amant lamentable, tous deux de Groucho Marx. Elle a terminé en citant deux jolies répliques de Groucho. Lors de la discussion qui a suivi, on a évoqué le film Casablanca.

Enfin Jean-Philippe nous a lu un extrait de La Galaxie Gutenberg face à l’ère électroniqueles civilisations de l’âge oral à l’imprimerie (1967) de Marshall McLuhan, qui développe une thèse de John Wilson (publiée en 1961 sous le titre Film literacy in Africa dans la revue Canadian Communications, 1(4), 7–14) selon laquelle, sans un bon entraînement, les illettrés (en l’occurrence : en Afrique) sont incapables de percevoir le contenu de films, en l’occurrence : ils ne peuvent en saisir l’ensemble de chacune des images, ne sont pas capables de focaliser leur vue à la bonne distance, et donc de comprendre ce qui est projeté sur un écran devant eux : c’est un problème d’analphabétisation. La discussion qui a suivi, abrégée du fait du peu de temps qui restait, a fait ressortir qu’il s’agissait plus généralement, à un très jeune âge, d’éducation à, et/ou d’immersion dans,  les « nouvelles » technologies – que ce soit celle de la lecture, du film, de la tablette, etc. que spécifiquement de l’alphabétisation – qui faisait la différence sur les capacités à percevoir les nouveaux médias à chaque époque.

Sur ce, après avoir levé le coude, on leva la séance.

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