Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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4 octobre 2013

Avis important aux lecteurs de ce blog

Classé dans : Actualité, Sciences, techniques — Miklos @ 15:57


Jack Richardson lors d’un combat entre pirates en décor extérieur
dans The Sea Panther de Heffron (Triangle). 1918. (
source)

J’ai constaté hier soir qu’une intrusion informatique avait eu lieu dans le site où mon blog est hébergé : toutes les pages de ce blog ont été modifiées à partir d’hier (jeudi) vers 18h30 d’une façon invisible à l’œil nu, mais qui consiste en un rajout d’un petit logiciel malveillant (pour les connaisseurs : c’est du Javascript).

Ce logiciel est supposé se déclancher à chaque fois que quelqu’un consulte quelque partie que ce soit de mon site : il pourrait, par exemple, installer sur l’ordinateur de la dite personne des logiciels pirates tels que ceux à l’affût des mots de passe qu’on y tape (pour les connaisseurs : un sniffeur).

Je dis « est supposé », « pourrait », parce que je ne suis pas arrivé à déterminer ce que ce petit logiciel malveillant fait ; il est clair, au moins, qu’il se connecte tout aussi subrepticement à un site localisé aux US.

Je suis arrivé à restaurer cette nuit le blog et l’ensemble de mes sites en l’état précédent le début de l’intrusion, mais si vous vous y étiez venu faire un tour entre jeudi 18h30 et vendredi 4h30 (du matin…), je vous conseille vivement de vérifier l’état de votre ordinateur en y lançant une recherche complète (scan) de logiciels malveillants (notamment ceux du type appelé chevaux de Troie). Votre antivirus (ne me dites pas que vous n’en avez pas…) devrait savoir le faire, mais je vous suggère de toute façon d’utiliser aussi Malwarebytes, un excellent logiciel gratuit (cliquer sur Télécharger puis suivre les instructions qui s’affichent).

29 septembre 2013

Au-delà de l’infini

Classé dans : Actualité, Langue, Littérature, Médias, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 10:35


François Guizot, Nouveau dictionnaire universel des synonymes de la langue française, 1822.
Cliquer pour agrandir.

« Ce qui a été, sera, et ce qui a été fait, sera fait, et n’y a rien de nouveau sous le soleil. » — Ecclésiaste I:9, trad. Castellion.

« Nous disons donc hardiment que tout ce qu’il y a dans la nature, matière, esprit, nombre, durée, est actuellement et positivement infini. [...] La grande réponse que nous faisons par avance sur les contradictions prétendues qu’on nous formera sur l’infini, est que nous admettons, sans balancer, des infinis plus grands les uns que les autres, et surtout différents les uns des autres ». —Traité de l’infini créé, attribué à Malebranche (1638-1715).

Selon que l’on ait une vision cyclique ou linéaire du temps et de l’espace, et donc de la vie et de l’univers –, notre conception de l’infini variera du tout au tout : dans le premier cas, à force d’avancer on revient à son point de départ, ad inf. C’est la vision de l’Ecclésiaste. Dans l’autre, c’est la vision de Malebranche – deux cents ans avant les nombres cardinaux de Cantor (qui n’ont rien à voir avec le décompte des électeurs du pape, soit dit en passant), tout de même – qui prévaut.

Ces profondes réflexions nous sont suggérées par l’expression « Merci infiniment » dont l’emploi croissant (on vient d’entendre l’ineffable Claire Chazal le répéter au nonpareil Jean d’Ormesson), et donc croassant à nos délicates oreilles, a infiniment banalisé le sens littéral : on rejoint là la conception antique de l’infini. Autant dire « Merci », tout simplement, voire ne rien dire du tout.

Par contre, pour ceux des adeptes de Malebranche qui souhaitent réellement exprimer l’infini tout en ne fermant pas la perspective à des remerciements encore plus ampoulés, emphatiques ou boursouflés, on conseillera l’usage des nombres cardinaux de Cantor : « Merci transfiniment », pour faire court, ou, si l’on souhaite pinailler, « Merci א0 », « Merci א1 » (qui se disent respec­tivement Aleph zéro et Aleph un)… selon le degré de remerciement que l’on souhaite exprimer. Nous, on ira pendant ce temps relire L’Aleph de Borgès, recueil qui commence, comme il se doit, par L’Immortel et se termine par la nouvelle éponyme L’Aleph.

28 septembre 2013

Ballade d’une Dame du temps jadis

Classé dans : Actualité, Cuisine — Miklos @ 22:54

Dis moi où, n’en quel restaurant,
Est Muriel maîtresse de céans ?
Où est passé, zieuteur, Salim,
Qui les trouvait toutes sublimes ?

Semblablement, où est Emma,
Ombre fidèle de Mamma,
Qui louvoyait en bord d’étang,
Toute en rires tonitruants ?

Damien qui dansait mieux qu’un faune,
Mais n’avait rien d’une amazone,
Lucas, Guillaume et puis Thomas
Qui veillaient à notre estomac ?

Mais où est partie ma cantine ?
Où sont-ils tous, Dame Tartine ?
Et ce refrain vais répétant :
Mais où sont les neiges d’antan ?
 

26 septembre 2013

Trois p’tits clicks et puis s’en vont


Honoré Daumier : Les Badauds. 1839.

Dans un article où il analyse le phénomène du click sur le bouton Like (« J’aime ») de Facebook – notamment au regard du 1,6 millions de Likes sur la page Facebook de soutien au bijoutier de Nice qui avait abattu un jeune cambrioleur –, Xavier de la Porte le qualifie de « geste politique nouveau » et cite le sociologue Dominique Cardon, selon lequel c’est un investissement minimal, certes, mais c’est quand même un engagement, car il est public, ce qui le différencie du vote, qui est d’ordre plus privé.

Pour ma part, je suis loin d’être convaincu que clicker sur Like soit un geste politique. Bien au contraire, d’ailleurs : il me semble être dans la majorité de cas celui d’un badaud, aux sens que donne le Trésor de la langue française à ce terme :

1. Celui, celle qui s’arrête dans ses flâneries à regarder les spectacles les plus quelconques, en s’étonnant de tout, en admirant tout.

2. Personne un peu sotte, manquant de jugement et de personnalité, qui croit tout ce qu’on lui dit, et s’empresse de suivre les idées des autres.

3. Qui manifeste une curiosité toujours en éveil et un peu niaise.

4. Qui manifeste un esprit crédule et conformiste.

En d’autres termes, ce click est avant tout un geste « comme ça », facile et rapide, effectué sans réflexion – donc apolitique. Geste public, dit l’article ? Oui, mais vu le nombre de ces gestes publics que font certains, ils deviennent négligeables, ils n’ont aucun sens. Vu aussi le nombre de clicks – ou de vues sur YouTube (on pense à un certain clip personnel franco-français « vu » presque sept millions de fois depuis sa mise en ligne il y a moins de cinq mois) – on est en droit de se demander au moins s’ils sont le fait de personnes qui ont bien consulté le contenu en question. Autre question : s’il y avait un bouton Hate, quel serait le nombre de clicks de ce type-là ?

Ce mécanisme n’est qu’un avatar de la publicité : par ce Like, on adhère à un slogan, à une image, à des contenus souvent proposés en fonction de leur popularité croissante (et dont on se demande s’ils ont été lus par ceux qui ont signalé leur adhésion). Il n’y a qu’à voir les sites de périodiques – même ceux des plus grands – qui indiquent le palmarès des articles les plus appréciés ou les plus partagés : si tout le monde a aimé, vous aimerez aussi ; si tout le monde a acheté, achetez aussi. Comment cela s’appelle, déjà ? Le conformisme, même dans son anticonformisme.

Quant au mécanisme de diffusion de cette notoriété, il s’apparente à celui de la boule de neige, du bouche-à-oreille, et surtout de la rumeur, sorte d’hystérie collective se nourrissant en général de peurs sourdes et souvent injustifiées, voire fabriquées de toutes pièces. « De telles aberrations répondent à un processus bien connu des psycho-sociologues et qui s’articule autour de trois axes : simplifier, accentuer et généraliser. Autant d’attitudes qui, partant de paroles en l’air, aboutissent au déni de la vérité, à l’abdication de la raison, à l’anéantissement du simple bon sens. » (Robert Poinard) Car il s’agit bien d’une simplification à l’extrême, binaire : c’est 0 ou 1, donc aucune place pour les nuances…

Là où le danger de cette attitude neutre, principalement amorale, souvent instinctive, parfois émotionnelle mais rarement réfléchie devient politique, c’est qu’actuellement les grands tribuns de la politique se trouvent l’une à l’extrême droite, l’autre à gauche de la gauche, et qu’il se pourrait que les prochaines élections – le fait de jeter un bulletin dans une urne s’apparentant trop souvent pour une bonne partie de l’électorat à un Like (nourri par les multiples sondages précédant la date fatidique) – ne fasse monter l’un ou l’autre de ces personnages bien au-delà de ce que l’on aurait pu imaginer.

En passant, une autre raison pour laquelle j’évite d’utiliser ce mécanisme propre à Facebook, c’est pour qu’il (Facebook) ait plus de difficulté à me profiler (ce qu’il ne manque de faire, ainsi que Google et les autres « services » dont nous sommes les serviteurs volontaires) : cela ne m’empêche nullement de citer des articles, de donner les adresses de leurs pages Web en rajoutant un commentaire personnel ou non ; c’est aussi une façon plus… réfléchie de partager l’information qui m’intéresse.

24 septembre 2013

Life in Hell: Le Slow Message Service de Bouygues

Classé dans : Actualité, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 15:07


Cliquer pour agrandir.

(Ici) Spirou se lève presque dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne : à son réveil, à 10 heures du matin, il se dépêche d’envoyer un SMS à Akbar retenu au loin, afin de s’enquérir s’ils déjeuneront ensemble ce jour-là.

(Là-bas) Le téléphone d’Akbar retentit discrètement pour lui signaler que Bouygues vient de lui livrer un SMS. Il l’ouvre et le lit. Il le relit, étonné que Spirou lui parle de déjeuner alors qu’il est déjà presque l’heure du thé, 15h24. Pourtant : son horloge est à l’heure, et il n’y a aucun décalage horaire entre son emplacement géographique et celui de l’expéditeur que je sache, marmone-t-il.

(Toujours là-bas, quasiment même heure) Second retentissement discret. Un autre SMS arrive dans la foulée du premier, en provenance d’un autre correspondant qui semble avoir écrit le sien au lever du soleil. Akbar vérifie : Bouygues affirme avoir reçu ces deux SMS aux alentours de 10 heures du matin, mais pourquoi diantre ne les a-t-il pas livrés aussitôt ?, se demande-t-il in peto. Son téléphone était joignable tout ce matin-là, la preuve, il s’en est servi !

(Hypothèse) Ni Spirou ni l’autre correspondant n’ont suffisamment affranchi leur SMS, qui est allé passer quelques heures dans le purgatoire d’une poste restante.

(Résultat) Spirou est mort de faim.

(La morale de cette histoire, larirette, larirette…) Avec Bouygues, rien ne sert de courir ni même de partir à temps.

(Bonus) Pour ceux de ses lecteurs qui se demandent encore pourquoi ces deux courriers ont pris tant d’heures pour parvenir à destination, Akbar propose une explication plus mathématique :


Étienne Bezout, Cours de mathématiques à l’usage de la marine et de l’artillerie, 1812.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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