Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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2 avril 2012

Il y a de ces mots…

Classé dans : Actualité, Politique, antisémitisme, racisme — Miklos @ 8:56

Lorsqu’on entend la candidate de l’extrême droite répéter la dernière formule incan­tatoire de sa campagne, « on est en train d’enfumer les FrançaisAujourd’hui sur Radio Classique, après sa directrice de campagne il y a quelques jours. » et insister en précisant qu’il s’agit d’« euthanasie » et de « donner la mort », on ne peut s’empêcher de penser à l’affirmation de son père concernant un autre enfumage qui, lui-même, avait fait suite à un programme d’euthanasie dans le cadre d’un vaste projet de mise à mort.

Derrière tout cela, la thèse récurrente du complot, que ce soit celui des juifs alors ou de la grande phynance aujourd’hui, qui vise à expliquer lapidairement et avec un vocabulaire sciemment « exterminationniste » une situation fort complexe (qu’on appelle à tort « crise » dans l’espoir, incantatoire lui aussi, de la voir « se résorber » et tout revenir comme avant, alors qu’il s’agit d’une profonde évolution structurelle) et à fixer le ressentiment sur un ennemi commo­dément insai­sissable et subrepticement omniprésent au moyen d’un mécanisme autant banal que pervers d’inversion de la victimisation.

30 mars 2012

Les promesses de Free

Classé dans : Actualité, Sciences, techniques — Miklos @ 1:55

La page d’accueil du webmailSite permettant d’accéder à sa boîte de courrier électronique par le Web et sans avoir à passer par une application du genre Outlook, Thunderbird, etc. « traditionnel » de Free encourage à demander la migration à sa « nouvelle » plate-forme (guillemets parce que mise en service voilà de nombreux mois) en ces termes :

On l’a demandée voici plus de quatre jours (une centaine d’heures), et on n’y accède toujours pas. On a donc posé la question au support, et voici la réponse :

La demande est enregistrée, et, vous receverez un mail lorsque ca sera traité… d’ici quelques semaines/mois… tout depend du materiel.

Cela ne rappelle-t-il pas d’autres promesses, bien plus fracassantes (pour ses clients), de Free :

Tiens, en voilà encore une, de promesse, à ce sujet : « Free Mobile promet un retour à la normale d’ici 15 jours. » Si c’est le même facteur multiplicatif de l’échelle temporelle que celui de la promesse de la migration à Zimbra (promise : quelques heures ; confirmée : quelques semaines/mois), ce retour à la normale de leur réseau mobile devrait prendre quelques années.

Parole, parole, parole… Mais il y a tout de même un bon côté à ce fracas : les opérateurs des réseaux mobiles (plus) fiables baissent leurs prix. Alors autant rester chez eux…

28 mars 2012

Les cris de Paris

Classé dans : Actualité, Musique — Miklos @ 0:48

Un brouhaha indescriptible régnait dans la salle. Tout le monde criait à tue-tête, gesticulait, huait, applaudissait. Des petits groupes scandaient un nom ou un autre qui se détachait un instant au-dessus du tumulte assourdissant pour être tout aussitôt recouvert par le vacarme qui reprenait de plus belle. Un nom fusait ? un autre s’y superposait et puis un autre, et puis un autre…

S’agissait-il d’un débat au parlement ? d’un meeting politique ? ou peut-être d’un match de boxe ? quoi d’autre alors ? de courtiers sur le plancher de la Bourse, du public de la bataille d’Hernani, de la création du Sacre du printemps, de celle de Parade ou encore de celle des Paravents ? Un peu des deux en quelque sorte, sauf qu’ici on n’en était pas venu aux mains et l’atmosphère était très bon enfant, les yeux pétillaient et les visages souriaient.

Car on était au concert, à un concert très classique – rien de contemporain je vous assure – à la salle Gaveau, celui de l’orchestre de chambre de Toulouse sous la direction de Gilles Colliard. Alors pourquoi ces hurlements ? dites-vous d’un air étonné. Eh bien, parce que c’était un concert à la criée : le programme était composé à l’instar d’un menu en cinq parties, chacune d’elles proposant plusieurs œuvres que le public devait choisir à la carte. Le chef les présentait brièvement, et le public choisissait bruyamment. Si bruyamment qu’il fallait parfois passer au vote à la main levée qui n’était d’ailleurs pas plus concluant que les hurlements qui l’avaient précédé, mais une fois le choix annoncé par Gilles Colliard, tout le monde applaudissait.

Voici donc ce fameux menu (où l’on a corrigé les fautes d’orthographe qui le dépa­reillaient), où l’on a indiqué les œuvres qui ont été finalement choisies (vous remar­querez qu’il y a eu du rab) :

Amuse-bouche (offert)

Vivaldi, Concerto alla rustica.

Entrées (3 au choix)

→Rameau, La Timide et deux Tambourins.

Purcell, Chacone.

J.C.F. Bach, Sinfonia en ré mineur

→Marais, Trois danses

Destouches, Chaconne

Vivaldi, Concerto pour violon op. 3 n° 9.

Rebel, Les caractères de la danse.

Plats (3 au choix)

Locatelli, Il pianto d’Arianna

Vivaldi, Concerto L’Été des Quatre saisons

Haendel, Concerto grosso op. 6 n° 8

C.P.E. Bach, Sinfonia en do majeur

Telemann, Don Quichotte

Dall’Abaco, Concerto grosso op. 2 n° 4

Mozart, Symphonie Linz

Mendelssohn, Symphonie n° 10

Grieg, Suite Holberg

Turina, La oración del torero

Fromages (2 au choix)

Dvorak, Bagatelle n° 2

Britten, Playful pizzicato de la Simple Symphony

Holst, The Dargason de la Suite Saint Paul

Rodrigo, Cançoneta

Joplin, The Entertainer

Saint-Saëns, Aquarium du Carnaval des animaux.

Desserts (1 au choix)

Strauss, Pizzicato polka

Kreisler, Liebeslied – Chagrin d’amour

Khatchatourian, La danse du sabre

Ce programme indiquait quelles œuvres avaient été « arrangées » par Gilles Colliard, mais omettait de signaler les autres auteurs de transcriptions, par exemple : Joplin avait composé son rag pour le piano et la Bagatelle de Dvorak (l’une des cinq de l’opus 47, que j’aime tant) était écrite pour trio à cordes et harmonium.

Sur le fond : l’orchestre a joué avec beaucoup de joie et d’énergie, et d’une façon incisive – ce qui convenait aux œuvres anciennes interprétées sur des violons baroques, mais trop incisive (et trop rapide) pour les œuvres roman­tiques notamment (et en particulier le Dvorak) qu’on aurait aimées plus lyriques, plus caressantes, mais aussi, par exemple, pour le Joplin. Quant au choix – celui de la majorité, forcément –, il était trop conservateur à mon goût, et j’espère n’y voir aucun mauvais augure pour la prochaine échéance électorale.

Mais ne boudons pas plus cette soirée musicale, chaleureuse et amusante : on en gardera un bon souvenir.

26 mars 2012

« Condillac dit quelque part qu’il seroit plus aisé de créer un monde que de créer une idée »

Classé dans : Actualité, Littérature, Sciences, techniques, Éducation — Miklos @ 7:24

§104. Nous ne créons pas proprement des idées ; nous ne faisons que combiner, par des compositions & des décompositions, celles que nous recevons par les sens. L’invention consiste à savoir faire des combinaisons neuves. Il y en a de deux espèces : le talent et le génie. — Étienne Bonot de Condillac, Essai sur l’origine des connaissances humaines. Ouvrage où l’on réduit à un seul principe tout ce qui concerne l’entendement humain. 4e éd., Paris, 1793.

Ce qui a été, sera, et ce qui a été fait, sera fait, et n’y a rien de nouveau sous le soleil. — Ecclésiaste 1:9. Trad. Sébastien Castellion, 1555.

Le compte-rendu de Loys Bonod, professeur certifié de lettres classiques au lycée Chaptal à Paris, d’une expérience de longue haleine qu’il a menée à l’insu de ses élèves destinée à démontrer leur tendance à céder à la facilité en copiant maladroitement et sans aucun sens critique n’importe quoi n’importe où pourvu que ce soit en ligne plutôt qu’en réfléchissant sérieusement, mérite la lecture : il y décrit comment il a planté méthodiquement et fort intel­li­gemment ses pièges sur le terrain – ce qui illustre, en passant, sa profonde connaissance de l’art du bon référencement (et l’inanité de l’idée reçue que savoirs technique et humaniste sont incompatibles) –, dans lesquels ils sont très majoritairement tombés.

Le plagiat électronique n’est pas un phénomène récent (du moins à l’échelle de l’histoire du Web) : dans un billet publié en 1997 dans la défunte liste de diffusion BIBLIO-FR et retranscrit aussi ici, je signalais un article du Chicago TribunePatrice M. Jones, “Internet Term Papers Write New Chapter On Plagiarism”, Chicago Tribune, 8 décembre 1997. (article qui, lui, n’est plus en ligne à l’adresse indiquée dans ce billet tandis que ce quotidien est toujours en vie, mais que l’on peut trouver pour le moment) qui parlait de ce phénomène en université et des stratégies d’évi­tement utilisées par les professeurs, et relatais ensuite mon expé­rience person­nelle dans ce domaine (non comme plagiaire, je précise).

Quant au plagiat, il est sans doute aussi vieux que le monde, comme le dit si joliment Charles Nodier dans son Histoire du Roi de Bohême et de ses sept châteaux (dont la curieuse chro­nologie place Salomon après Job) :

Une idée nouvelle, grand Dieu ! il n’en restoit pas une dans la circulation du temps de Salomon — et Salomon n’a fait que le dire d’après Job.

Et vous voulez que moi, plagiaire des plagiaires de Sterne —

Qui fut plagiaire de Swift —

Qui fut plagiaire de Wilkins —

Qui fut plagiaire de Cyrano .—

Qui fut plagiaire de Reboul —

Qui fut plagiaire de Guillaume des Autels —

Qui fut plagiaire de Rabelais —

Qui fut plagiaire de Morus —

Qui fut plagiaire d’Érasme —

Qui fut plagiaire de Lucien — ou de Lucius de Patras — ou d’Apulée — car on ne sait lequel des trois a été volé par les deux autres, et je ne me suis jamais soucié de le savoir…

Vous voudriez, je le répète, que j’inventasse la forme et le fond d’un livre ! le ciel me soit en aide ! Condillac dit quelque part qu’il seroit plus aisé de créer un monde que de créer une idée.

Ce que Giraudoux a plagié à son tour, en faisant dire succinctement à Robineau (dans Siegfried) : « Le plagiat est la base de toutes les littératures, excepté de la première, qui d’ailleurs est inconnue. ».

Il va sans dire que nous applaudissons des deux mains (tout en écrivant ces quelques mots) ce type-là de « plagiat ».

25 mars 2012

La rue s’expose

Classé dans : Actualité, Peinture, dessin, Photographie, Politique — Miklos @ 21:12


Eh salut !


J’ai quelque chose à te montrer. Suis-moi. Par ici !


Plan de l’exposition

La suite de l’exposition

 

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