Life in Hell: The Next Generation
20 novembre 1947
29 juillet 1981
5 avril 2005
29 avril 2011
Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.
20 novembre 1947
29 juillet 1981
5 avril 2005
29 avril 2011
Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.
La science diplomatique, malgré son importance, n’a pas été suffisamment cultivée; et si quelques agens politiques se sont livrés aux études qu’elle exige, d’autres se sont jetés dans la carrière, sans connaissances préalables, ou bien, se sont bornés à parcourir très-superficiellement les ouvrages qui traitent du droit des gens, et de l’histoire des négociations auxquelles les principaux événemens politiques ont donné lieu.
C’est une grande erreur de croire qu’il suffit en diplomatie, d’un simple bon sens ; ceux qui le présument, se seront fait illusion en voyant quelques affaires se traiter avec succès par des hommes qui ne se sont pas élevés au-dessus des notions vulgaires ; mais quand les matières se compliquent et que les aperçus deviennent plus fins, il ne suffit plus des simples lumières que fournit le bon sens naturel, pour trouver la solution des questions proposées. On se tromperait également, en pensant qu’on peut se former par la pratique seule. L’agent diplomatique, du moment qu’il entre en fonctions, se trouve aux prises avec les faits et les choses de forme du moment. Il n’a plus guères le temps ni d’étudier, ni de faire de longues recherches pour approfondir les questions. Les faits qui passent sous ses yeux, ne font que charger sa mémoire sans l’éclairer, s’il ignore à quel principe ils se rapportent, et quelles sont les inductions raisonnables qu’il peut en tirer. L’expérience est sans contredit le fruit de la pratique, mais pour qu’on puisse l’utiliser, il faut qu’elle soit appuyée sur la théorie. (pp. 3-4)
…
L’agent politique représentant au-dehors la vigilance du gouvernement qui l’envoie, sa plus constante occupation doit être d’observer tout ce qui se passe sous ses yeux, de deviner, s’il le peut, ce qu’on lui cache, et de pressentir, autant qu’il est donné à la prudence humaine de le faire, les événemens prochains. (p. 125)
…
Autant le besoin d’une sage réserve impose à l’agent politique le devoir d’user de discrétion et de circonspection dans tout ce qu’il peut être dans le cas de communiquer à d’autres, autant d’un autre côté la fausseté lui est défendue. Outre que, malgré toutes les précautions, elle finit toujours par être découverte, les hommes qu’elle a abusés, victimes, dans leurs intérêts et dans leur amour propre, d’une confiance trompée, ne la pardonnent jamais. On fait gloire d’ailleurs de traiter avec un homme d’honneur, tandis qu’on se tient toujours en garde contre celui dont la bonne foi est douteuse. (p. 127)
…
Par suite du principe d’égalité naturelle dont jouissent, les uns envers les autres, tous les états indépendans, nul d’entre eux, quelque puissant qu’il soit, n’a droit de prétendre à des hommages ni à des honneurs particuliers, quoique tous soient autorisés à considérer comme lésion, des démonstrations positives de mépris, et des actes contraires à leur dignité. (p. 184)
Charles de Martens, Guide diplomatique, t. 1. Leipsic, 1832.
Dans sa rubrique potins people sur laquelle se précipite non pas uniquement la ménagère de cinquante ans mais l’internaute avide de savoir tout ce qui arrive aux grands de ce petit monde à l’instar du badaud qui se presse à la porte de tel club pour les apercevoir entrer ou sortir, donc dans sa rubrique potins people, voilà ce qu’écrit Voici :
« Je ne me suis mariée qu’une seule fois avec ce que j’ai cru être l’homme de ma vie, pensant vivre le véritable amour, pour m’apercevoir en finalité que vraisemblablement tout était faux, que tout n’avait été qu’illusion ». Ces mots douloureux pleins d’amertume et de nostalgie, ce sont ceux d’Anne Parillaud, ceux d’une femme anéantie par son divorce avec Jean-Michel Jarre.
Mariée une seule fois avant lui (avec Luc Besson, qui lui a offert le rôle de sa vie, Nikita), cette très jolie brune avait placé un espoir infini dans cette nouvelle histoire d’amour.
On avoue : on n’a jamais entendu parler de cette dame (qui, précise le canard, « n’a jusqu’alors jamais réussi à vivre sans homme », lot de bien de femmes et d’hommes soit dit en passant) avant son anéantissement. On avouera aussi ne pas suivre les aventures et nouvelles aventures de Jean-Michel Jarre. Ce que l’on trouve particulièrement intéressant dans cette news (ragot, en français), c’est le problème de logique qu’elle pose subrepticement :
1. La dame affirme ne s’être mariée qu’une seule fois avec celui qu’elle a cru être l’homme de sa vie.
2. Le (ou la) journaliste nous révèle qu’elle avait été mariée une seule fois avant lui, donc au total au moins deux fois.
De prime abord, on ne peut concilier (1) et (2) : a-t-elle été mariée en tout une seule fois ou deux ? Mais à une lecture plus attentive – ce genre de publication fait vraiment travailler les méninges – on constate que la première assertion signifie, en fait, qu’Anne Parillaud avoue n’avoir été mariée qu’une seule fois avec Jean-Michel Jarre, se différentiant ainsi d’autres stars qui ont pu épouser deux fois (ou plus) l’homme de leur vie à l’instar de Liz (Taylor) qui avait convolé avec Richard Burton le 15 mars 1964 et le 10 octobre 1975. Elle aussi, d’ailleurs, n’avait jamais réussi à vivre sans homme : six autres mariages avec six autres hommes de sa vie qu’on lui souhaite longue.
L’émission Capital de ce soir explique ce que sont des disques durs (non, il ne s’agit ni des vinyles ni des problèmes de colonne vertébrale chez les sédentaires) au public de non-initiés (la contemporanéité n’étant composée que de communautés d’initiés, si on n’en est pas c’est qu’on est sûrement déficient quelque part) que nous sommes : une voix convaincante, des mots simples très articulés, des italiques partout : une offre à cinq euros par mois, il a plus d’un million de clients, une histoire incroyable trop belle pour être vraie, l’accès aux données confidentielles de l’armée américaine, les pirates s’attaquent à chacun d’entre nous. Et j’en passe.
On ne demande qu’à être éduqués tout en étant épatés, qu’à être convaincus, émerveillés et apeurés devant ce vertige de la modernité qui nous tend ses bras, en chantonnant pour nous rassurer, avec Laurie Anderson, So hold me, Mom, in your long arms. So hold me, Mom, in your long arms. In your automatic arms. Your electronic arms. (“O Superman”, 1981)
Et voici que la Voix nous apprend qu’une image est stockée sur ces fameux disques durs sous forme d’une suite de zéros et de uns, qui défilent à l’écran à toute berzingue. Elle précise : « une série de 0 et de 1 : ce sont les octets. » Et continue, comme une bonne ménagère, avec les kilos, puis passe tel le physicien nucléaire aux mégas et enfin comme l’astronome aux téras. Octets.
Problème : les 0 et les 1, ce ne sont pas des octets mais des bits (attention au genre et à l’orthographe de ce dernier mot). On n’a pas besoin d’être initié pour s’imaginer qu’octet désigne quelque chose qui a rapport avec le chiffre « 8 » (un octogone, un octuor, des octanes… ; bon, « octobre » est le 10e mois, mais il ne l’était pas toujours). Effectivement, un octet désigne un groupe de huit bits. Et donc, si votre disque dur fait 100 mégaoctets, il peut stocker 800 mégabits. Simple, même pour un non initié ! Où l’on constate aussi qu’il est plus commode (mais moins impressionnant) de parler d’octets ou d’euros que de bits ou de centimes.
Quant à bit, ce mot a deux sens, selon son origine : avant l’émergence de l’informatique, il désignait un trépan utilisé dans l’industrie diamantaire, et est attesté dès 1875 ; depuis la révolution informatique, il dénote le 0 ou le 1 utilisés exclusivement pour coder toute information numérique. On retrouve ce type d’homonymie dans mail (le maillet/le courrier), email (la matière/le courrier électronique)…
Pour en revenir à M6, on serait donc en droit de se poser des questions au sujet du niveau de compétence du journaliste qui a préparé l’émission. Si quelqu’un se dévoue pour l’initier (« enseigner à quelqu’un les rudiments d’un art, d’une science, d’une technique… »), qu’il n’hésite pas. Quant à une autre séquence de l’émission de ce soir, consacrée aux tests ADN, elle avait déjà été diffusée en février, puis en mai, 2010 (bien que le site de l’émission se garde de le mentionner). Elle doit donc faire partie du capital de la chaîne…
On concluera en retournant vers Laurie Anderson, qui a su si bien s’approprier la technologie pour mieux la critiquer, et qui illustre ici le sens profond de ces 0 et 1.

Certains vieux Amiénois n’hésitent pas à penser et à dire : « Puisque c’est dans le journal, c’est que c’est vrai. » — Lectures pour Tous, mai 1970.
« Les crêpes, c’est comme les Français : elles retombent toujours du même côté. » — Frédéric Dard.
Akbar parcourt la rubrique Horoscope de Figaro Madame. Ce n’est pas qu’Akbar aurait viré sa cuti malgré ses nombreux déboires et contrairement à une certaine dame qui affirme maintenant « ne plus se sentir vraiment de gauche », tandis qu’elle disait encore récemment « avoir des réflexes épidermiques de gauche » (elle a dû voir un dermato depuis, se dit Akbar) : c’est le seul magazine qu’il trouve chez l’oncle de Jeff, par ailleurs très honnête homme et qui n’est ni coiffeur ni médecin de son métier.
Akbar n’est pas non plus féru d’astrologie (même si certains de ses écrits auraient pu laisser croire le contraire ; ce n’est qu’une affaire de style, pas de fond). Mais c’est la moins people des rubriques de l’hebdomadaire, et après y avoir résolu le Sudoku en un tour de main il ne lui reste plus à se mettre sous la dent que les prévisions de la semaine autres que la météo.
Et voici ce qu’il découvre dans le paragraphe consacré à son signe :

Même s’il tique sur le sexisme affiché par le genre du dernier mot, Akbar étudie sérieusement le conseil de Madame F. tout en se posant quelques questions. D’abord, si c’est du fait de la nouvelle lune qu’il lui faut se mettre à son propre compte, comme il y en a douze par an, lui faudra-t-il donc s’inscrire comme intérimaire pour pouvoir changer d’emploi tous les mois ? Et lui faudra-t-il attendre jusqu’en Mars pour bénéficier de l’audace d’entreprendre que lui promet ce texte, encore un mois (même s’il n’a que 28 jours), soupire-t-il ?
Admettons qu’il doive se mettre à son propre compte. Si au moins Madame F. lui donnait un indice sur le domaine qu’il devrait investir ! Il se demande bien ce qu’il pourrait faire… Tiens, des crêpes ! Justement, il vient d’en perfectionner sa recette (secrète) : le rajout d’une certaine quantité (tenue secrète) de bicarbonate de soude à la pâte qu’il laisse ensuite reposer jusqu’au lendemain. Le résultat ? Un délice, lui confirme Dr Doudoune, qui les préfère tartinées au miel de châtaignier parsemé de poudre d’amandes, puis roulées plutôt que pliées en quatre et enfin flambées au rhum ; ou alors, plus simplement : quelques carrés de cet exquis chocolat Bonnat pur cacao (à 75%, variété Puerto Cabello) disposés sur la crêpe juste après l’avoir retournée dans la poêle, le temps qu’ils commencent à fondre sans vraiment se liquéfier entièrement (c’est autre chose que du Nutella, se dit-il en se pourlêchant les babines anticipativement)…
Mais comment utiliser l’informatique dans ce cadre ? La vente en ligne (voire aux enchères) de crêpes, par paquets de six ou de douze, en quatre tailles (S, M, L, XL) ? La prospection sur les réseaux sociaux et par l’entremise de campagnes publicitaires de courriel envoyé en masse aux abonnés de son blog (avec coupon remise pour un abonnement annuel à la salle de sport la plus proche) ? Le marquage des crêpes à l’aide de puces RFID comestibles et d’hologrammes infalsifiables pour en faciliter la traçabilité et en assurer l’authenticité ? Des cours de lancer de crêpe sur YouTube et sur DailyMotion ?
Avec l’informatique, tout est possible, conclut Akbar émerveillé par les champs d’actions qui s’ouvrent dorénavant à lui. La lune se levant, il va se coucher.
Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.
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