Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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21 septembre 2012

Google, dites-moi où, n’en quels pays, se décide la légalité de la corrida en France

Classé dans : Actualité, Histoire, Médias, Religion, Société — Miklos @ 21:54


À la une de Google News ce jour

Selon Google, la question de la conformité de la corrida avec la constitution française se décide non seulement au conseil constitutionnel (français) – qui, horresco referens, l’a confirmée – mais également aux États-Unis qui vont dans le même sens (ce qui ne manque de surprendre), tandis que le Comité anti-corrida en Haïti s’est (naturellement) prononcé contre. L’Europe n’arrivait pas jusqu’ici à s’unir, le monde vient-il de le faire autour de ce sanglant divertissement ?

La tentative d’éradication de ce type de sport – en France du moins – n’est pas récente. Jean-Louis de Fromentières (1632-1684), nommé évêque d’Aire en 1673, était arrivé à faire abolir la course (équivalent littéral de l’espagnol corrida) de taureaux à Mont-de-Marsan, comme on peut le voir ci-dessous mentionné dans un passage de l’introduction à l’édition posthume de ses sermons datant de la même époque. Des textes du XIXe siècle portent à son crédit d’être venu à bout « de faire abolir les combats de taureaux, restes impurs des spectacles sanglants de l’ancienne Rome ».


Extrait de la préface des Sermons de Messire Jean-Louis de Fromentières,
Évêque d’Aire et Prédicateur ordinaire de Sa Majesté
. Paris, 1692.

Fromentières n’était pas le seul à s’être attaqué à cette pratique barbare. Jean-Baptiste Dubos écrit, en 1732, dans ses Réflexion critiques sur la poésie et sur la peinture :

Malgré les efforts des Papes pour abolir les combats de taureaux, ils subsistent encore ; et la nation espagnole, qui se pique de paraître du moins leur obéir avec soumission, n’a point eu dans ce cas-là de déférence pour leurs remontrances et pour leurs ordres. L’attrait de l’émotion fait oublier les premiers principes de l’humanité aux nations les plus débonnaires, et il cache aux plus chrétiennes les maximes les plus évidentes de leur religion.

Il s’agissait alors de mettre fin à la mort d’hommes plutôt qu’au carnage de ces bêtes, cette dernière considération est le fait de la modernité. Quant à la conclusion de Dubos, elle est aussi valable aujourd’hui qu’en ces temps révolus.

Enfin, pour ceux que le curieux titre dont Google affuble cette nouvelle, « Sages d’une question prioritaire… », interpelle, on leur signalera qu’il résulte d’une décision purement arbitraire du moteur, qui a sélectionné pour ce faire la dernière ligne du troisième paragraphe de l’article de 20minutes.fr (qu’on peut voir ci-dessous) en lieu et place du titre de l’article, « Corrida : La pratique jugée conforme à la constitution », bien plus compréhensible pour le commun des mortels.

19 août 2012

Aimez-vous Bétove ?

Classé dans : Musique, Médias — Miklos @ 10:30

Audrey Pulvar, journaliste aux « gros sabots beethovéniens » (c’est elle qui s’est ainsi décrite) connaît toutes les symphonies de Beethoven « sauf leurs numéros » (ibid.). Ses sœurs, elles, jeunes filles très romantiques, jouaient « des sonates de Chopin à n’en savoir que faire » (ibid). Comme il n’en a composé que trois, on compatit avec la pauvre Audrey (en pensant à un piano de notre voisinage qui égra(t)ine tout cet été le même morceau). Ou alors, la journaliste aurait-elle allégrement – c’est le cas de le dire – renommé ainsi les 17 valses et les 58 mazurkas (sans compter les 4 ballades, les 4 scherzos, les 21 nocturnes, les 24 préludes et les 24 études) de notre national polonais, poil au nez ?

Mise en boîte finalement pas si surprenante que cela, il s’agissait de l’émission La Boîte à musique de vendredi dernier consacrée à ce monstre de la musique qu’est Bétove (sic, ça le rend plus proche de nous), émission dont la caméra semblait avoir une préférence affichée pour la belle journaliste sur le visage de laquelle elle n’avait de cesse de revenir même quand l’APHPAudrey Pulvar, hautement populaire ne parlait pas (la plupart du temps). En tout cas, elle s’y attardait bien plus souvent que sur celui des deux autres faire-valoir invités de l’ineffable Ziegel (qui a lancé un curieux « Je te prendrai au mot » au bel Edwin Crossley Mercer à la belle voix quand celui-ci a annoncé qu’il viendrait la prochaine fois en kilt), autrement plus informés musicalement même si moins télégéniques (il faut bien panacher) : Natasha St-Pier (qui est arrivée à jouer correctement après une formation-éclair – c’est pas bidon, j’vous jure ! – du Beethoven sur les bidons du steelband Pan à Paname qu’on est ravi d’avoir découvert) et Luc Ferry (qui connaît tous les numéros, lui, et pas que ça, y compris La Pince à linge des Quatre Barbus – œuvre beethovénienne s’il en est –, mais pas l’Élégie sur la mort d’un caniche). Il nous a épaté, Luc : il s’y connaît vraiment en musique et était ravi de le montrer à tout bout de champ d’un air faussement modeste.

Popu pour popu, on préfère l’humour fin d’un Victor Borge (ci-dessus) ou celui d’un Gerald Hoffnung qui fournira la morale de cette émission d’une nuit d’été à la fin de ce délicieux petit film :

15 août 2012

La paille et la poutre

Classé dans : Actualité, Médias, Politique, Religion, Société — Miklos @ 14:05


On vient d’apprendre qu’un certain cardinal – qu’Europe 1 et Le Point assimilent, par le nom, à l’un des seuls papes universellement appréciés de mémoire d’homme (démarche que La Croix ne s’est pas permis de faire) – vient d’appeler toutes les communautés à prier pour que les enfants et les jeunes « cessent d’être l’objet de désir des adultes » : on ne doute qu’il pensait, en son for intérieur, à tous ces prêtres pédophiles qui ne cessent de défrayer la chronique tout en bénéficiant d’une indulgence chrétienne et plénière de la part de leur maison-mère. On ne peut qu’applaudir d’une main, et de l’autre effacer la suite indigne dans ses visées de cette prière : qu’elle fasse d’abord de l’ordre dans son jardin avant de jeter la pierre dans celle des voisins. Priez plutôt pour qu’elle revienne au réel amour de son prochain.

5 juillet 2012

Time flies like an arrow (and fruit flies like an apple)

Classé dans : Histoire, Musique, Médias, Sciences, techniques — Miklos @ 18:41


 

Looking backwards to the future, or, In these times of bad economy, innovate: get a cheap car

Classé dans : Actualité, Histoire, Médias, Progrès, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 16:22


This machine can go as fast on ice as on
land. The only thing it can’t do is fly.

At an expense of three dollars Meredith Coates of Kansas City, Missouri, built an air-propelled automobile which ran at a speed of twenty-two miles an hour along a smooth road. The engine is a five-horsepower motor-cycle engine and it was bought for one dollar.

The propeller was made from wood at a cost of another dollar and the last dollar was spent in making the gas-tank, boxings, steering-wheel, frame, shafts, pulleys and belt.

The apparatus was originally tried out on a canoe and the shifted to a sled. The sled runners may be seen attached to the frame in the accompanying illustration. When the ice was gone the propeller mechanism was transferred to the cart frame. The machine has all the appearance of a racing automobile.” — Popular Science Monthly, vol. 89 no. 2. August 1916. New York.

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