Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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14 juin 2012

Dans la boule

Classé dans : Lieux, Photographie — Miklos @ 7:50

 


Coin de rue à Louvain

« Cela posé, j’ai répété exactement l’expérience précédente, après avoir fait passer le moût de bière contenu dans la boule D dans la boule K, qui contenait une solution de potasse. était ainsi, en quelques heures, absorbée par le mélange de moût et de potasse. Cet air ne servait pas à la régénération de la semence, et aucun développement n’eut lieu dans la boule C. Toutes ces expériences, nous l’avons vu, doivent être exécutées en un temps assez court. En effet, jeunes ou vieilles, nées en présence ou en l’absence de l’air, les cellules ont besoin, pour vivre, soit de l’air, soit du sucre. Des deux éléments, l’un au moins leur est indispensable. » — Annales de chimie et de physique, 1880.

20 mars 2012

Il est un air pour qui je donnerai tout Rossini, tout Mozart et tout Weber…

Classé dans : Humour, Lieux, Littérature, Musique, Nature — Miklos @ 13:37

Au fâcheux qui nous reprendrait pour cet usage de « qui », on demandera de bien vouloir signaler sa demande d’erratum à Gérard de Nerval (au passage, on lui précisera qu’ici « Weber » se prononce « Vèbre »). Chaque fois qu’il vient à l’entendre, rajoute le poète, l’air en question fait rajeunir son âme de deux cents ans. Ô vertus éternelles de la musique !

Quant à cet air que nous venons de noter (en y doublant deux notes, pour faciliter la lecture des paroles), à défaut de posséder une grande qualité mélodique (mais tous les goûts sont dans la nature), c’est un calembour musical : il n’est pas nécessaire de connaître le solfège pour identifier les noms des notes : le texte en est la parfaite homonymie. Lisez donc :

La, fa, mi, do, ré, la, mi,
La, do, ré, la, sol, do, si.

C’est grâce à Gallica que nous avons pu retrouver cette petite perle dont les paroles nous trottaient dans la tête depuis notre enfance. Il est l’objet des deux derniers couplets du « Chant bucolique », lui-même sixième des dix chants que constitue La Grande Complainte de Fontainebleau, par une Société de Savants et de Poètes, et signée « Pour la Société de savants et de poètes : Amédée Métivié ».

Publiée en 1855 à Fontainebleau, cette amusante parodie du genre, écrite par une « docte compagnie d’artistes, de gens de lettres, d’amateurs et de gais camaradesSelon G. de La Landelle, Dettes de cœur : la semaine des bonnes gens. 1882. », potaches maîtrisant aussi bien la plume que la langue et connaissant les chansons populaires de l’époque, est tout à l’honneur de… Fontainebleau, évidemment. Bien plus poétiquement que le Guide Michelin, elle en relate l’histoire en remontant jusqu’à Attila et en n’oubliant pas de s’attarder sur l’« assez mauvais moment » que la reine Christine y fit passer à son amant qui l’avait trahi pour une italienne, le 6 novembre 1657, la renaissance du lieu sous Napoléon.

Ensuite, quelques considérations météorologiques nous apprennent que, s’il y pleut c’est qu’il y tombe de l’eau, mais que jamais il n’y neige au milieu de l’été, c’est toujours ça de gagné pour le voyageur errant, Juif ou croyant de l’Évangile, imberbe ou barbu, chauve ou chevelu : il y trouvera cafés, auberges, guinguettes, restaurants et cabarets. La joyeuse complainte va jusqu’à y préciser les enseignes, comme le fait tout honorable guide. Mais pour les amoureux qui voudraient se réfugier dans la forêt, qu’ils se rassurent : on n’y voit ni éléphant ni baleine. « Sans crainte », poursuit le texte, « et sous nos ombrages allez donc, et, deux à deux, errez, jeunes amoureux. Les ramiers dans les feuillages répondront à vos discours en roucoulant leurs amours ». Et s’il faut vraiment chaud,

La bière, la limonade
Et des fruits plus ou moins verts
Plusieurs fois vous sont offerts
Durant votre promenade ;
Fleurettes, mousse et gazon
Sont les tapis de saison.
 
Acceptez, femme charmante,
Et vous, cavalier galant,
Payez ! allons-y gaîment,
Pour que le rossignol chante :
« La, fa, mi, do, ré, la, mi,
La, do, ré, la, sol, do, si. »
 
Ce que l’on pourrait traduire :
« La femme y dort, et l’ami,
L’adoré, là, solde aussi ; »
Mais la belle d’un sourire
Va le payer à son tour :
Vive l’herbette et l’amour !

On vous laissera découvrir ce panégyrique, et l’on espère qu’il vous incitera à vous y rendre sans tarder par ce beau premier jour du printemps. À toutes fins utiles, on vous signale que c’est direct depuis la gare de Lyon.

30 janvier 2012

Life in Hell: les tribulations de Jeff et Akbar en Indochine

Classé dans : Lieux — Miklos @ 8:26

Suivant de très loin le célèbre exemple du jeune, riche et généreux Kin-Fo et de son maître le philosophe Wang, Jeff et Akbar se décident à parcourir l’Indochine, non pas l’un à la poursuite de l’autre, mais ensemble. Ils n’en font pas le tour en ballon en 80 jours, mais la parcourent du nord au sud et à l’ouest en avion, en voiture, en jonque, à dos de scooter, en tuk-tuk et à pied.

Dans les rues de Hanoï se déverse un torrent dense et tumultueux de scooters, qui, à l’instar d’une nuée de sauterelles stridu­lantes, semble se diriger uniformément dans une même direction mais où, lorsqu’on s’en rapproche, on distingue des individus filant à droite ou à gauche, à contresens de la circu­lation ou perpen­di­cu­lairement que les feux soient au vert ou au rouge, sur la chaussée comme sur les trottoirs, se glissant dans le moindre interstice, même entre Jeff et Akbar, dans le but unique d’avancer en évitant les obstacles tout en klaxonnant à tout bout de champ, tandis que les marchandes ambulantes – à bicyclettes surchargées au point de ressembler à un éléphant ou portant avec une démarche déhanchée bien particulière leurs marchandises sur deux lourds plateaux accrochés en balancier aux deux extrémités d’une barre de bois posée en équilibre sur leurs épaules – et les autres piétons traversent imperturbablement ce flot qui les contourne en les frôlant, à défaut de négocier les trottoirs occupés par les cuisines de rue et leurs clients assis à croupetons sur de minuscules tabourets, aspirant bruyamment les nouilles qu’ils extraient avec des baguettes d’un bol fumant, cernés de scooters garés en rangs d’oignon serrés.

La myriade d’îles de la baie d’Along plongée dans une épaisse brume sont colorées d’une infinie palette de gris et leurs silhouettes aux formes fantasmagoriques, dolichocéphales pour certaines dont une coiffée d’une petite pagode, dentelées comme les Dolomites et aux profils parfois curieusement humains pour d’autres, roches sombres nues ou couvertes de végé­tation, inhabitées à part par quelques singes guettant les bananes que leur lance Akbar, falaises tombant à pic dans l’eau ou rivages bordés d’une plage de sable fin, rochers plantés sur la mer tels des châssis de décors de théâtre les uns derrière les autres et entre lesquels évoluent tels des vaisseaux fantômes les innombrables jonques de touristes, les barques des pêcheurs lançant leurs filets et celles des magasins flottants aussi bien achalandés qu’une petite épicerie de quartier partis à l’abordage des navires ancrés dans la baie pour s’en détacher une fois l’affaire conclue, tandis qu’un large rapace noir plane silen­cieu­sement dans les airs à l’affût d’un quelconque poisson.

(À suivre)

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

29 novembre 2011

Qu’y peut-on ? C’est l’Amérique !

Classé dans : Histoire, Judaïsme, Langue, Lieux, Musique — Miklos @ 21:25

Un des plus grands performers de la scène musicale yiddish de la première moitié du xxe siècle, Aaron Lebedeff (1873-1960) a enregistré de nombreuses chansons devenues des classiques et reflétant sur des rythmes souvent enlevés, avec humour, intelligence et nostalgie, les tribulations du peuple juif qu’il avait lui-même subies : né en Biélorussie, il parcourt la Russie avec des troupes de théâtre, décroche un contrat à Varsovie, est enrôlé dans l’armée russe qui l’envoie faire des concerts en Mandchourie, part plus tard au Japon et en 1920 aux États-Unis où il devient une star du théâtre musical yiddish.

Enregistrée en 1925, la chanson que l’on peut écouter ici, mâtinée de russe et d’anglais, décrit le choc culturel d’un Juif pratiquant arrivant de son shtetl dans une Amérique moderne et laïcisée (tout est relatif). On ne peut éviter de penser au Chanteur de jazz (The Jazz Singer), premier film parlant de l’histoire sorti en 1927 (et donc contemporain de cette chanson de Lebedeff) qui relate la mutation de Jacky Rabinowitz, fils de chantre (Aaron Lebedeff avait commencé sa carrière en chantant pour un chantre…) devenu chanteur de jazz dans un club.

Pour venir en Amérique je ne me suis pas ménagé,
Je pensais devenir rabbin et me suis laissé pousser la barbe.

קײן אַמעקיקע צו קומען, האָב איך קײן מי געשפּאָרט
כ’האָב געדענקט אַ רבֿ צו װערן און פֿאַרלאָסן זיך אַ באָרד.

J’avais deux belles papillotes comme tout Juif pieux,
Mais à la fin je n’avais plus ni barbe ni papillotes.

כ’האָב געהאַט צװײ שײנע פּאות, װי יעדער פֿרומער ײִד
צום סוף אָנטשאָט אַ באָרד האָב איך די פּאות אױכעט ניט.

Vous me demanderez : Comment se fait-il ?
La raison en est, mon cher ami :

װעט איר מיר פֿרעגן: ס’טײַטש? װי קען דאָס זײַן?
דער תּרוץ דערפֿון איז, ליבע פֿרײַנט מײַן:

Qu’y peut-on ? C’est l’Amérique !
C’est ainsi qu’on s’habille dans ce pays.
Qu’y peut-on ? C’est l’Amérique !
Même le Juif y ressemble à un Gentil.

װאָט קען יו מאַך? עס איז אַמעריקע!
דאָ אין לאַנד דאָ פּוצט מען זיך אַזױ.
װאָט קען יו מאַך? עס איז אַמעריקע!
אַפֿילו דער ײִד האָט דעם פּנים מיטן גױ.

On n’y voit aucune trace de papillote,
Ici, toutes les filles portent des perruques*.

אַז פֿון פּאות דאָ זעט מען בײַ קײנעם ניט קײן שפּאָר,
דאָ טראָגן זיך די פּאהלעך אַלע מײדלעך גאָר.

Qu’y peut-on ? C’est l’Amérique !
C’est l’Amérique, qu’y peut-on ?

װאָט קען יו מאַכן? עס איז אַמעריקע!
ס’איז אַמעריקע, און װאָט קען יו מאַך?

Ici en Amérique tout est à l’envers,
Les hommes se rasent et les femmes se font pousser des barbes.

אַז דאָ אין אַמעריקע איז אַלצדינג פֿאַרקערט,
די מענער – זײ שײװן זיך, און בײַ די װײַבער שפּראָצן בערד.

Qu’y peut-on ? C’est l’Amérique !
Oy !, America, и больше ничего** !

װאָט קען יו מאַך? עס איז אַמעריקע!
אױ, אַמעריקע, און באָל’שע ניע טשעװאָ!

En Europe, on marie une jeune fille,
Et c’est ensuite que les enfants arrivent exactement un an plus tard,
En Amérique ce n’est pas du tout comme ça, ils prennent vraiment leur temps,
Ils se marient plus tard, mais les enfants arrivent avant.

אין יוראָפּ מאַכט מען חתונה יונגע מײדלעך גאָר,
און נאַכער האָבן זײ קינדער, װי עס פֿירט זיך פּונקט צום יאָר,
אין אַמעריקע איז גאָר אַנדערש, מע נעמט זיך זײַט אָן שיעור
מע האָט חתונה דאָ שפּעטער, נאָר די קינדער האָט מען פֿריִער.

Vous me demanderez : Comment se fait-il ?
La raison en est, mon cher ami :
Que peut-on y faire ? C’est l’Amérique !
Tout peut y arriver, je vous le dis,
Que peut-on y faire ? C’est l’Amérique.
Tout s’y fait à la hâte.

װעט איר מיר פֿרעגן: ס’טײַטש? װי קען דאָס זײַן?
דער תּרוץ דערפֿון איז, ליבע פֿרײַנט מײַן:
װאָט קען יו מאַך? עס איז אַמעריקע!
דאָ קען פּאַסירן אַלץ, זאָג איך אײַך,
װאָט קען יו מאַך? עס איז אַמעריקע,
אַז דאָ אײַלט מען זיך דאָך מיט אַ יעדער זאַך.

Ici, tout le monde essaie d’épargner au mieux,
C’est pourquoi ils célèbrent ensemble mariage et circoncision.

דאָ זוכט מען צו סײװן עקספּענסעס אױף געװיס,
דערפֿאַר מאָכט מען די חתונה צוזאַמען מיטן ברית!

Que peut-on y faire ? C’est l’Amérique.
C’est l’Amérique et que peut-on y faire ?

װאָט קען יו מאַך? עס איז אַמעריקע!
ס’איז אַמעריקע און װאָט קען יו מאַך!

Le couple, une fois marié, rentre à la maison,
Il s’y trouve déjà tout prêt un berceau avec un enfant.

אַז חתן־כּלה פֿירן דער חופּה אַהײם נאָר מע גײט
איז שױן דאָרטן אַ װיגעלע מיט אַ קינד אױך אָנגעגרײט!

Que peut-on y faire ? C’est l’Amérique,
Oy, c’est l’Amérique, and that’s all.

װאָט קען יו מאַך? עס איז אַמעריקע!
אױ, ס’איז אַמעריקע אַלײן און דעטס אָל

*   Et pas uniquement les femmes mariées juives pratiquantes.
** Et voilà tout.

17 novembre 2011

Life in Hell: il y a de quoi être étonné.

Classé dans : Langue, Lieux, Photographie — Miklos @ 19:59

“Vivos voco. Mortuos plango. Fulgura frango.” — Friedrich Schiller, Das Lied von der Glocke.

Jeff et Akbar sont étonnés comme des fondeurs de cloche. Ils en ont vu des vrais fondeurs à Villedieu-les-poêles (assez poilant comme nom de lieu, comme Trois-Pistoles ou Saint-Louis-du-Ha ! Ha !, qu’Akbar était allé visiter rien que pour ça, c’est d’ailleurs ce qu’ils ont de plus intéressant). La taille des cloches qu’ils produisent, vues de près, a effectivement de quoi les surprendre, mais ce sont surtout ces artisans qui doivent être sonnés quand la fonte de tels mastodontes échoue et qu’il en sort un objet qui cloche, ils doivent en entendre alors, des cloches ! D’où l’expression, qui remonte au moins au XVIe siècle :

Estonné. (…) On dit prov. qu’Un homme est estonné comme un Fondeur de cloches, qu’il est estonné comme s’il tomboit des nuës, comme si les cornes luy venoient à la teste, pour dire, qu’Il est surpris, estonné jusqu’au dernier point. (Dict. de l’Acad. franc., 1694)

Fondeur. (…) On dit prov. d’Un homme estonné de quelque chose de fascheux, qui luy arrive contre son attente, qu’Il est estonné comme un Fondeur de cloches. (ibid.)

Akbar a retrouvé cette expression dans le (très) Facétieux réveille-matin des esprits mélancholiques, ou le Remède préservatif (c’est le cas de le dire, murmure-t-il) contre les tristes, publié en 1565, et qui relate entre autre la mésaventure d’un Anglais qui « estoit incommodé de quelque mal qu’il avoit receu des faveurs d’Amour d’une certaine Normande » (je vous l’avais bien dit, susurre Akbar) et cherchait en conséquence un chirurgien.

L’Anglais en question tombe sur Pierre Loricard à qui il demande s’il ne connaît pas « un bon Surgen (surgeon, chirurgien, en anglais, précise Akbar) pour accommoder mon pice ». Loricard, croyant comprendre que l’individu cherche un bon Sergent (petit officier de justice, à l’époque, explique Akbar) pour s’occuper des pièces d’un procès qu’il a en cours, lui fait rencontrer incontinent (l’adverbe, précise Akbar, à ne pas confondre avec l’adjectif qui est pourtant aussi de circonstance mais autrement) un homme du métier de ses amis.

La rencontre a lieu dans la rue, le Sergent demande d’abord une avance sur frais, puis que l’Anglais lui montre les pièces en question. Ce dernier rétorque que « moy ne veux pas montrer mon pice devant les gens », ils se mettent donc à l’abri d’un portail. Le Sergent met ses lunettes pour lire, tandis que l’Anglais se dépêche de lui montrer la pièce « maléficiée dans le combat de Venus ». Et inévitablement :

Le Sergent, extrêmement surpris, crût que cet Anglois se mocquoit de luy (ou alors étant de ces 25% d’Anglois, selon les statistiques sociologiques d’Edith Cresson, ricane Jeff), & tout confus commence à luy dire.

— Comment, mon amy, est-ce ainsi que l’on se mocque des Ministres de Justice ! Je vous montrerai bien à qui vous vous jouez.

Le saisissant au colet, il commença à crier :

— Je fais haro sur cet insolent.

À ces cris, tout le monde y accourut, Pierre Loricard se trouva surpris aussi bien que luy, à qui ce pauvre Anglais estonné comme un fondeur de cloches, dit :

— Pierre Loricard, quel Surgent m’avez-vous mené ?

Le malheureux ne put s’en débarrasser (du Sergent, pas du mal en question) qu’en le payant encore une fois, et « fut contraint de chercher un autre Chirurgien ». Akbar se dit qu’un vrai sergent aurait dû faire sonner les cloches de CornevilleFaire la tournée des constats d’adultère., ce qui aurait peut-être évité que la dite Normande ne parte courir le guilledou avec comme conséquence la mésaventure de notre Anglais qui s’en est sorti bien sonné.

Akbar décide de faire un bref inventaire de quelques autres expressions qui mentionnent les cloches. Voici ce qu’il trouve :

- À cloche-pied.

- À la cloche (intelligent).

- Avoir des cloches aux pieds, sous les pieds (des ampoules).

- Avoir toujours quelque fer qui cloche.

- Boire comme un sonneur de cloches.

- Chapeau-cloche.

- Cloche à fromage (chaussette).

- Clocher devant les boiteux (tenter d’être fin devant des gens plus fins que soi).

- Clocher que dalle (être sourd).

- Clochettes (poches).

- Déménager à la cloche de bois (faire sortir ses meubles de son logement sans avoir payé le propriétaire et sans être vu du concierge).

- Entendre des cloches (être assommé, sonné).

- Entendre les deux cloches (les deux parties, le pour et le contre).

- Être à la cloche, filer la cloche (être clochard, sans domicile fixe).

- Être à la cloche (écouter).

- Faire sonner la grosse cloche (faire parler celui qui a le plus d’autorité).

- Fileur de cloches (misérable).

- Fondre la cloche (se déterminer à approfondir une affaire, prendre une dernière résolution pour une affaire).

- Gentilhommes de la cloche (ceux annoblis par les charges municipales, à cause de la cloche qu’on sonnait dans les élections).

- Il est comme les deux cloches (celui qui varie dans ses discours).

- Indiscret comme une cloche.

- N’être pas sujet à un coup de cloche (à l’heure, comme les moines, les chanoines).

- Pauvre cloche ! (expression favorite de Jeff)

- Penaud (ou piteux, ou triste) comme un fondeur de cloches (confus et muet, voyant qu’une affaire qui pouvait être bonne nous a mal réussi par notre faute).

- Ronfler comme un sonneur de cloches.

- Se taper la cloche (s’en envoyer plein la lampe, faire bombance).

- Sonner les cloches à quelqu’un (le gronder).

- Sous cloche (en préparation).

Si vous en connaissez d’autres, signalez-les moi, demande Akbar à ses fidèles lecteurs.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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