Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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14 février 2012

Ça bouge, au Monde

Classé dans : Actualité, Médias, Publicité, Sciences, techniques — Miklos @ 1:57

Voici comment s’affichait aujourd’hui la page d’accueil du Monde, un journal qui bouge. Ou du moins, c’est une publicité d’IBM qui y bouge au point de tout recouvrir, tel ce beau nuage que nous supplions de nous emporter tous vers ce pays si doux, si doux, mais qui, pour le moment, avale tel Moloch toutes nos données et a parfois du mal à les recracher.

Mais il n’y pas que cela qui change au Monde : les blogs y ont encore subi une métamorphose malgré eux qui en affecte la mise en page (pas en mieux) sans même en avoir prévenu les auteurs. Ce n’est pas la première (2007) ni la deuxième fois (2010). Et si ça ne vous plaît pas, vous n’avez qu’à aller voir ailleurs, personne ne vous oblige à utiliser ce service gratuit (et réservé aux abonnés).

12 février 2012

Service AMIcal à contresens

Classé dans : Actualité, Langue, Sciences, techniques — Miklos @ 19:51

Il est si difficile de bien maîtriser plusieurs langues, et il est si facile de faire traduire par notre AMI à tous ce qu’on ne comprend pas ! Mais cet AMI qui ne veut que notre bien (tout notre bien) n’est pas infaillible, peu s’en faut. Voici quelques extraits d’une traduction qu’il propose dans le domaine de l’immobilier, en l’occurrence celle d’une petite annonce en anglais (de cuisine) proposant la location d’une chambre (avec cuisine attenante) :

Original

Traduction

18 sqm (200 sqft) of airy space under a 3.40 m (11 ft) high ceiling.

18 m² (200 m²) de l’espace aérien en vertu d’un m 3.40 (11 pi) hauteur sous plafond.

All the rooms look onto a large and bright private courtyard where you can only hear birds singing.

Toutes les chambres donnent sur une grande cour privée et lumineux où vous ne pouvez entendre les oiseaux chanter.

Brand new comfortable double bed (130×190 cm, 4.2×6.3 ft) / sleeps 2.

Marque nouveau lit double confortable (130×190 cm, 4.2×6.3 pi) / 2 personnes.

Hi-Fi appliance with Radio Tuner & CD-Player.

Salut-Fi appareil avec Tuner Radio & Lecteur CD.

Interests & activities : Travels, Acting, Argentine Tango, Wine …

Loisirs et activités: Voyages, par intérim, tango argentin, du vin …

Out of the apartment most of the day & evenings due to long working hours.

Sur l’appartement le plus de la journée et le soir en raison des longues heures de travail

Si l’on ne comprend que le français, on en déduit qu’il s’agit d’un espace aérien de 200m² (dont 18 au sol, loi Carrez oblige). Cette pièce, ainsi que les autres de l’appartement, donnent sur une cour si silencieuse qu’on n’y entend même pas les oiseaux chanter.

La chambre comprend un lit dont le volume ne peut qu’être calculé par un matheux qui connaît la valeur exacte de pi. Elle est équipée d’un appareil de marque qui ravira les audiophiles : il s’agit du Salut-Fi.

Quant au propriétaire, il est intérimaire et se retrouve par conséquent la plupart du temps au grenier car c’est là qu’il travaille quand il n’est pas employé.

Ça vous intéresse ?

7 décembre 2011

La disparition de l’ordinateur, ou, nous sommes tous des cyborgs

Classé dans : Actualité, Cinéma, vidéo, Musique, Sciences, techniques — Miklos @ 3:17

Mon père m’a donné un mari,
Mon Dieu ! quel homme, quel petit homme !
Mon père m’a donné un mari,
Mon Dieu ! quel homme, qu’il est petit !
Chanson traditionnelle

On vient d’annoncer les premiers pas vers la lentille de contact capable d’afficher des informations en provenance d’un ordinateur. Si les chercheurs – puis les industriels – arrivent à perfectionner ce dispositif encore rudimentaire et à le banaliser, se dirige-t-on vers l’écran informatique idéal ?

Invisible pour tout autre que son détenteur, ce qui ravirait les surfeurs sur des sites olé-olé aux heures de bureau dans un open space ou tous ceux qui veulent consulter leur courriel en pleine réunion. Équipé, tel les smart phones de capteurs, la réalité augmentée deviendrait encore plus réelle, plus besoin de jeter un œil sur le GPS et l’autre sur la route, les directions s’affichent clairement sur le chemin, par exemple par l’intermédiaire d’une hôtesse de synthèse aux formes avantageuses genre Miss France représentée en stéréoscopie, campée au prochain carrefour, et indiquant d’un geste lascif la direction à prendre.

Quant au son, il suffira de s’équiper des nouveaux écouteurs stéréo­phoniques, invisibles à l’instar des actuelles prothèses auditives intra auriculaires, et voilà qu’on pourra écouter ses playlists favorites ou visionner un film coquin sans même que le collègue s’en rende compte.

Mais le clavier, dites-vous ? Eh bien, il y a bientôt deux ans, d’autres chercheurs ont démontré la possibilité de transformer sa peau en clavier. Rien n’empêche plus de chatter en ligne en ayant l’air de tapoter distraitement sur son bras, le regard apparemment perdu dans le vide en train de zyeutter ce qui défile ou se dessine à l’écran invisible.

Il ne reste plus qu’à trouver comment parler sans qu’un son ne sorte de la bouche si ce n’est pour aller dans un microphone, lui aussi invisible, pour pouvoir enfin skyper ni vu ni entendu par son voisin. Mais pas d’inquiétude : son invention ne saurait se faire attendre.

Et l’ordinateur lui-même ? Sa miniaturisation permettra de le dissimuler sous un diamant incrusté sur la narine ou sur une dent, selon les goûts. Qu’on se rassure : avec le cloud, il n’est pas nécessaire de trouver où se faire greffer un disque dur.

Qui perdra, dans l’affaire ? les réalisateurs, qui ne pourront plus produire des films avec des personnages équipés de casques hyper-sophistiqués genre Terminator : tout ça ne sera plus bientôt qu’un équipement pour has been, tels ces chevaliers du Moyen-Âge bardés de cuirasses qui les empêchaient de bouger (et en plus attiraient la foudre), ou sujet pour poésies romantiques. De quoi nous faire rêver avec nostalgie au bon vieux temps des ordinateurs du passé, ceux qu’on ne pouvait perdre dans son grand lit.

Cyborg.

3 décembre 2011

N’oubliez pas

Classé dans : Actualité, Santé, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 11:55

Le téléthon bat son plein. Les dons doivent permettre de faire en sorte que des miracles tels que celui de la survie de mon ami Guy jusqu’après son soixantième anniversaire malgré une myopathie de Duchenne ne soient plus des miracles, mais une banalité commune, disponible pour tous.

Pensez-y.

Ne les oubliez pas.

19 novembre 2011

Le Monde : rechute ou récidive ?

Classé dans : Actualité, Langue, Médias, Sciences, techniques — Miklos @ 15:36

La RechuteRechute est formé de re, particule réduplicative, et du mot chute, primitif de choir (en latin, cadere). et la RécidiveRécidive est formé de la même particule re, et du verbe cidere (pour cadere), choir, tomber. marquent l’action de retomber : mais la rechute est celle de retomber dans un état funeste ; et la récidive, de retomber dans un mauvais cas. Toutefois l’idée de tomber est essentielle et rigoureuse dans la rechute, et non dans la récidive. On dit se relever d’une chute : après qu’on s’en est relevé, on retombe par la rechute. Mais on dit, se mettre dans un mauvais cas ; et après qu’on s’en est tiré, on s’y remet par la récidive. Il résulte de là que la rechute marque la faiblesse ou la légèreté ; et la récidive, l’opiniâtreté ou l’imprudence. C’est parce qu’on n’est pas assez ferme ni assez constant, qu’on fait une rechute : c’est parce qu’on ne veut pas se corriger ou s’observer, qu’on passe à la récidive. Guéri, ou rétabli, jusqu’à un certain point, dans son premier état, on retombe : puni, ou ayant obtenu son pardon vainement, on récidive, on recommence. Il y a donc, en général, plus de malice dans la récidive que dans la rechute, et plus de malheur dans la rechute que dans la récidive. — Cependant ces termes, quoiqu’ils aient à peu près le même sens, ne se confondent point, parce qu’ils sont exclusivement consacrés à quelque ordre particulier de choses. Rechute est un ternie de médecine et de morale : un malade ou un pécheur fait une rechute. Récidive est un terme de jurisprudence et de lois pénales : un coupable, un délinquant, fait une récidive. La rechute est donc une maladie funeste, ou du corps, ou de l’âme : la récidive est un délit ou une faute punissable selon la loi. La rechute est plus dangereuse que la première maladie : la récidive est plus sévèrement punie que le premier délit. Leur synonymie consiste donc à désigner le retour dans la même faute, ou dans le même mal. — Boinvilliers, Dict. univ. des synonymes de la langue française. 1826.

Depuis jeudi, impossible de rajouter ou de corriger des billets dans la version de ce blog hébergée au Monde : ce n’est pas une panne généralisée, d’autres blogs du Monde continuent à publier des billets.

Cet hébergement n’est « donné » qu’à ses abonnés contre monnaie sonnante et trébuchante (c’est bien le cas, comme on le verra tout de suite), débitée auto­ma­ti­quement et non pas à l’acte, et en catimini de surcroît (sans notification par mail qu’il a eu lieu, tandis qu’une pléthore d’autres émissions élec­tro­niques proviennent de leur site à raison de plusieurs par jour). Le service effec­ti­vement rendu (quand il l’est) n’est pas, lui, automatique, peu s’en faut.

On s’arme de sa plus belle plume électronique et on le signale le jour même au « service support blogs » et « service clients ». Le premier, à son habitude, ne répond pas, tandis que l’autre renvoie un accusé de réception automatique, assurant que leurs équipes mettent tout en œuvre pour répondre dans les meilleurs délais. Que veut dire « meilleur », concrètement, ça on s’en doute déjà un peu, au vu de l’expérience acquise.

Vendredi matin, l’empereur, sa femme et le p’tit prince… Pardon, vendredi matin, la gestion du blog est toujours impossible. On envoie un autre message au support blogs. On profite pour leur signaler que l’on continue (parce qu’on le leur avait déjà signalé) à recevoir des commentaires n’ayant aucun rapport avec le propos du billet, et dont le but est de faire de la publicité pour un service en ligne, en provenance toujours du même réseau russe mondialement connu – 91.212.226.* – et qu’il serait donc possible de bloquer à la source pour éviter ces notifications (à raison de plusieurs par jour, parfois), mais non, cela fait des semaines que cela continue.

Pas de réponse.

Vendredi après-midi, on envoie encore une fois un signalement sur ce défaut, cette fois via la page du site du Monde pour ce faire (bien cachée au fin fond des FAQs et autres littératures supposées résoudre tous nos problèmes). L’accusé de réception ne se fait pas attendre. Mais la situation est inchangée.

Samedi matin, on teste par acquis de conscience l’accès à la gestion du blog, et, oh miracle !, c’est reparti. On n’en a pas été informé, ce qui peut s’expliquer de deux façons différentes : soit « ça s’est réparé tout seul », mais alors il faut être un grand croyant dans les capacités d’intelligence artificielle des machines ; soit il y a eu une intervention humaine, et alors on est en droit de se demander pourquoi on n’en a pas été prévenu.

Samedi après-midi, le service client répond finalement au courrier qu’on leur avait envoyé deux jours plus tôt. Il demande si l’on a « effectué l’étape d’identification à notre site ». Bien sûr que oui, on le leur avait même précisé. On le leur répond poliment, ils renvoient automatiquement un accusé de réception. On s’attend à recevoir une réponse humaine dans deux jours. On est curieux de voir ce qu’ils vont bien pouvoir écrire.

Alors, chère lectrice, cher lecteur, rechute ou récidive ?

Et deux jours plus tard…

Le service client du Monde répond au courrier qu’on leur avait envoyé deux jours plus tôt. Il demande si l’on a « effectué l’étape d’identification à notre site ». Bien sûr que oui, on le leur avait même précisé. Et même deux fois plutôt qu’une. On le leur re-re-précise. Et on attend deux jours de plus pour voir.

Un air de déjà-vu, dites-vous ? Oui-da, il s’avère que c’est une réponse automatique. Alors pourquoi met-elle deux jours à parvenir, puisque de toute façon il ne semble y avoir plus personne d’humain à l’autre bout ?

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