Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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19 novembre 2011

Le Monde : rechute ou récidive ?

Classé dans : Actualité, Langue, Médias, Sciences, techniques — Miklos @ 15:36

La RechuteRechute est formé de re, particule réduplicative, et du mot chute, primitif de choir (en latin, cadere). et la RécidiveRécidive est formé de la même particule re, et du verbe cidere (pour cadere), choir, tomber. marquent l’action de retomber : mais la rechute est celle de retomber dans un état funeste ; et la récidive, de retomber dans un mauvais cas. Toutefois l’idée de tomber est essentielle et rigoureuse dans la rechute, et non dans la récidive. On dit se relever d’une chute : après qu’on s’en est relevé, on retombe par la rechute. Mais on dit, se mettre dans un mauvais cas ; et après qu’on s’en est tiré, on s’y remet par la récidive. Il résulte de là que la rechute marque la faiblesse ou la légèreté ; et la récidive, l’opiniâtreté ou l’imprudence. C’est parce qu’on n’est pas assez ferme ni assez constant, qu’on fait une rechute : c’est parce qu’on ne veut pas se corriger ou s’observer, qu’on passe à la récidive. Guéri, ou rétabli, jusqu’à un certain point, dans son premier état, on retombe : puni, ou ayant obtenu son pardon vainement, on récidive, on recommence. Il y a donc, en général, plus de malice dans la récidive que dans la rechute, et plus de malheur dans la rechute que dans la récidive. — Cependant ces termes, quoiqu’ils aient à peu près le même sens, ne se confondent point, parce qu’ils sont exclusivement consacrés à quelque ordre particulier de choses. Rechute est un ternie de médecine et de morale : un malade ou un pécheur fait une rechute. Récidive est un terme de jurisprudence et de lois pénales : un coupable, un délinquant, fait une récidive. La rechute est donc une maladie funeste, ou du corps, ou de l’âme : la récidive est un délit ou une faute punissable selon la loi. La rechute est plus dangereuse que la première maladie : la récidive est plus sévèrement punie que le premier délit. Leur synonymie consiste donc à désigner le retour dans la même faute, ou dans le même mal. — Boinvilliers, Dict. univ. des synonymes de la langue française. 1826.

Depuis jeudi, impossible de rajouter ou de corriger des billets dans la version de ce blog hébergée au Monde : ce n’est pas une panne généralisée, d’autres blogs du Monde continuent à publier des billets.

Cet hébergement n’est « donné » qu’à ses abonnés contre monnaie sonnante et trébuchante (c’est bien le cas, comme on le verra tout de suite), débitée auto­ma­ti­quement et non pas à l’acte, et en catimini de surcroît (sans notification par mail qu’il a eu lieu, tandis qu’une pléthore d’autres émissions élec­tro­niques proviennent de leur site à raison de plusieurs par jour). Le service effec­ti­vement rendu (quand il l’est) n’est pas, lui, automatique, peu s’en faut.

On s’arme de sa plus belle plume électronique et on le signale le jour même au « service support blogs » et « service clients ». Le premier, à son habitude, ne répond pas, tandis que l’autre renvoie un accusé de réception automatique, assurant que leurs équipes mettent tout en œuvre pour répondre dans les meilleurs délais. Que veut dire « meilleur », concrètement, ça on s’en doute déjà un peu, au vu de l’expérience acquise.

Vendredi matin, l’empereur, sa femme et le p’tit prince… Pardon, vendredi matin, la gestion du blog est toujours impossible. On envoie un autre message au support blogs. On profite pour leur signaler que l’on continue (parce qu’on le leur avait déjà signalé) à recevoir des commentaires n’ayant aucun rapport avec le propos du billet, et dont le but est de faire de la publicité pour un service en ligne, en provenance toujours du même réseau russe mondialement connu – 91.212.226.* – et qu’il serait donc possible de bloquer à la source pour éviter ces notifications (à raison de plusieurs par jour, parfois), mais non, cela fait des semaines que cela continue.

Pas de réponse.

Vendredi après-midi, on envoie encore une fois un signalement sur ce défaut, cette fois via la page du site du Monde pour ce faire (bien cachée au fin fond des FAQs et autres littératures supposées résoudre tous nos problèmes). L’accusé de réception ne se fait pas attendre. Mais la situation est inchangée.

Samedi matin, on teste par acquis de conscience l’accès à la gestion du blog, et, oh miracle !, c’est reparti. On n’en a pas été informé, ce qui peut s’expliquer de deux façons différentes : soit « ça s’est réparé tout seul », mais alors il faut être un grand croyant dans les capacités d’intelligence artificielle des machines ; soit il y a eu une intervention humaine, et alors on est en droit de se demander pourquoi on n’en a pas été prévenu.

Samedi après-midi, le service client répond finalement au courrier qu’on leur avait envoyé deux jours plus tôt. Il demande si l’on a « effectué l’étape d’identification à notre site ». Bien sûr que oui, on le leur avait même précisé. On le leur répond poliment, ils renvoient automatiquement un accusé de réception. On s’attend à recevoir une réponse humaine dans deux jours. On est curieux de voir ce qu’ils vont bien pouvoir écrire.

Alors, chère lectrice, cher lecteur, rechute ou récidive ?

Et deux jours plus tard…

Le service client du Monde répond au courrier qu’on leur avait envoyé deux jours plus tôt. Il demande si l’on a « effectué l’étape d’identification à notre site ». Bien sûr que oui, on le leur avait même précisé. Et même deux fois plutôt qu’une. On le leur re-re-précise. Et on attend deux jours de plus pour voir.

Un air de déjà-vu, dites-vous ? Oui-da, il s’avère que c’est une réponse automatique. Alors pourquoi met-elle deux jours à parvenir, puisque de toute façon il ne semble y avoir plus personne d’humain à l’autre bout ?

22 octobre 2011

Le Monde est malade…

Classé dans : Actualité, Médias, Sciences, techniques, Théâtre — Miklos @ 12:18

Le site du Monde – comme celui de tout quotidien qui se respecte, et Le Monde se respecte beaucoup – permet d’effectuer une recherche dans l’ensemble de ses articles publiés depuis… depuis un certain temps. C’est très commode pour y retrouver un article qu’on avait lu, même (ou surtout) récent, sans savoir précisément le titre ou la date.

Sauf que cela marche curieusement.

Voulant retrouver un article concernant la récente libération de Gilad Shalit, qui, comme on a pu le constater, a copieusement alimenté les rotatives de tous les journaux (et pas que de Libération), voici ce que renvoie cette recherche :


En clair, Le Monde aurait retenu les doigts agiles de ses clavistes et n’aurait publié qu’un seul article à son sujet depuis 30 jours, article remontant à exactement 29 jours, période où l’intéressé croupissait dans une geôle du Hamas.

Surpris, on se demande quelle a été la politique éditoriale du journal concernant une autre personne récemment dans les gros titres :

Comme c’est curieux, mon Dieu, comme c’est bizarre ! et quelle coïncidence ! Le Monde affirme n’avoir rien publié à propos de Kadhafi (on a fait bien attention à orthographier ce nom correctement) ces sept derniers jours, et pourtant son nom faisait encore la une du site hier et plus qu’une fois, comme il l’avait fait quasiment tous ces derniers jours :

Menteurs, va. Ou alors, c’est que Sinequa, le moteur de recherche du Monde, qui signe sa performance discrètement mais lisiblement dans le coin en bas, à droite, est grippé. Manque de pétrole ? Qu’on se rassure, avec le printemps libyen les vannes se rouvriront. Entre temps, c’est plutôt sine tout court que sine qua non.

Il ne faut pas s’étonner de cette grippe, c’est de saison (d’ailleurs, ma brave dame – ou mon brave monsieur –, il n’y a plus de saisons).

Mais Le Monde n’a pas dû se faire vacciner, son site était tombé malade mais autrement, il y a deux jours : l’ascenseur qui sert à faire défiler à la verticale le contenu d’une page à l’écran quand celui-ci est plus long que la hauteur de la fenêtre avait tout simplement disparu (et ce n’était pas comme ces ascenseurs démantelés pour le cuivre qu’ils contiennent, celui-ci n’en avait apparemment pas). En compensation, un grand rectangle noir s’affichait au-dessus de l’article ; il ne comprenait pas un faire-part de décès de l’appareil, mais la mention sibylline Bannière 800×66. Allusion à la célèbre et saisissante image du monolithe noir dans 2001 Odysée de l’espace ?

Comme d’une part les pigistes sont rémunérés à la longueur de leur texte et que d’autre part la hauteur disponible pour l’article était partiellement occupée par ce pavé mystérieux, il n’était tout simplement pas possible de lire la totalité de leurs longs articles mais uniquement les deux ou trois premiers paragraphes. On le leur a signalé, mais – comme à leur habitude – ils n’ont pas répondu ni communiqué sur ce disfonctionnement qui s’est poursuivi pourtant jusqu’au lendemain.

Quelle importance, finalement, dans ce raz de marée informationnel : une vague vient et s’en va, et une autre la remplace pour être tout aussitôt oubliée. Et un beau jour, un jour sans fin, celui-là, on se retrouvera sur le dernier rivage.

On laissera l’auteur d’une Sottie à 9 personnages, jouée le Dimanche après les Bordes, en 1524, en la Justice, pour ce que le Dimanche des Bordes faisait gros temps (vous voyez, même alors il n’y avait plus de saisons) faire le diagnostic de la maladie du Monde et conclure avec le remède :


Duc de la Vallière, Bibliothèque du théâtre françois, depuis son origine ; contenant un Extrait de tous les Ouvrages composés pour ce Théâtre, depuis les Mystères jusqu’aux Pièces de Pierre Corneille ; une Liste Chronologique de celles composées depuis cette dernière époque jusqu’à présent ; avec deux Tables alphabétiques, l’une des Auteurs & l’autre des Pièces.
À Dresde, 1768.

13 octobre 2011

Un autre inventeur de l’Internet (et d’IMDb, pour les cinéphiles)

Classé dans : Cinéma, vidéo, Médias, Sciences, techniques — Miklos @ 18:01

Libération rencontre Col Needham, à qui l’on doit l’invention et le déve­lop­pement d’IMDb (Internet Movie Database), phénoménale base de données concernant le film – cinéma, télévision ; fiction, documentaires, séries… – librement accessible sur l’Internet. Vous voulez savoir quels sont les films de votre réalisateur favori (où l’on voit qu’il n’est pas que réalisateur), retrouver le titre d’un film tchèque sorti à la fin des années 1960 (zut, on ne l’a pas trouvé, mais attendez voir), quel est le compo­siteur de la musique d’un certain film (ah bon, il a aussi écrit celle de ce film-là ?)… Que du plaisir.

IMDb n’est pas la seule grande base de données consacrée au film ; en français, il y a évidemment Allo Ciné, qui fournit, en sus des programmes de toutes des informations plus éditoriales : synopsis et biographies, par exemple, y sont plus visibles et mieux organisées, mais on n’y trouve pas la multiplicité des critères parfois très fins des recherches avancées proposées par IMDb, autant pour retrouver un titre qu’une personne (acteur, réalisateur…). Et surtout on y trouve bien moins de films (est-ce dû au fait qu’elle répertorie surtout les sorties françaises ou francophones ?). Ainsi, la « filmographie détaillée » de Ján Kadár ne comprend que quatre films dans la base française contre dix-neuf dans la base américaine. IMDb est exhaustive, facile à utiliser et gratuite bien qu’appartenant désormais à Amazon (mais elle propose un service « pro » payant). Que demande le peuple ?

C’est dans cette dernière que se trouve le film qu’on recherchait, intitulé en anglais Adrift (litté­ralement : « à la dérive »), un magnifique film onirique de Ján Kadár (que l’on peut le voir inté­gra­lement sur YouTube). Sa réalisation, commencé en 1968 en Tché­co­slovaquie, s’était interrompue avec l’in­va­sion soviétique et s’est achevée en Suède, où le film est sorti en 1971… Comment l’a-t-on retrouvé, demandez-vous ? On l’avait vu à l’époque en Israël et on s’est finalement souvenu du titre en hébreu (המערבולת, qui signifie « le tourbillon », et n’a pas plus à voir qu’Adrift avec le titre original, en tchèque Touha zvaná Adana, « un désir nommé Anada »). On avait toujours présent à l’esprit l’affiche en noir et blanc – qui montre cette très belle femme émergeant de l’eau qui, telle une sirène, charmera un pauvre pêcheur dont la vie conjugale périclite – et la musique lancinante du film (composée, on le voit maintenant, par le fort prolifique Zdenek Liska), mais difficile de retrouver un film rien qu’avec ce type d’information ! Allo Ciné n’en parle pas, tandis qu’une autre base de données française, Encyclociné, le référence avec une affiche en couleur et en français sauf pour le titre (qui, dans la fiche, est indiqué comme La Dérive), ce qui laisserait penser qu’il est tout de même passé dans des salles françaises ou francophones.

Lancée sur l’Internet en 1990 peu après l’invention du Web, IMDb s’est développé d’une façon vertigineuse. J’avais découvert – je ne sais comment – ce trésor à l’époque, je l’avais signalé à plusieurs reprises dans les années 1990, et m’en sers depuis périodiquement.

Ce qui me chiffonne, tout de même, dans cet article de Libé c’est de lire :

« Je travaillais pour Hewlett-Packard à cette époque et j’ai regroupé cette base de données sur un fichier que j’échangeais avec des contacts. Cela se faisait par mail. J’en profite pour dire que j’ai été un des premiers à posséder une adresse électronique », ajoute-t-il, un sourire jusqu’aux prémolaires. Nous sommes en 1993 (…)

Faisons un calcul rapide : les adresses électroniques (de mail, c’est ce qui est précisé) existent depuis les années 1960, et se sont normalisées surtout en 1978 avec l’arrivée du réseau uucp (intégré plus tard dans l’Internet). Pour ma part, j’ai eu ma première adresse de mail en 1979 (aux États Unis) et on retrouve d’ailleurs encore certains de mes messages dans les archives des forums Usenet (récupérées, je ne sais comment, par Google et disponible dans ses « groups »). Je précise que je ne revendique pas d’avoir été l’un des premiers à en posséder.

Col Needham précise qu’il utilisait le mail lorsqu’il travaillait chez Hewlett-Packard ; né en 1967, il ne doit tout de même pas avoir commencé à y travailler avant – disons – 1985 (on ne peut que deviner : il ne mentionne pas son passage chez HP dans son profil professionnel), date à laquelle il devait déjà y avoir des centaines de milliers – voire beaucoup plus – d’utilisateurs de mail. Et qui plus est en 1993. De toute façon, il n’aurait pu être l’« un des premiers à posséder une adresse électronique », donc dans les années 1960 ou 1970 : il ne devait avoir que des dents de lait (et encore !) et pas les pré­molaires qu’il a arborées en faisant cette déclaration (qu’on lui souhaite malgré tout d’être vraies, au regard de l’expression américaine as false as his teeth).

5 octobre 2011

L’homme qui a inventé l’internet

Classé dans : Histoire, Sciences, techniques — Miklos @ 1:12

« … quant à moy j’aimerois mieux estre icy le premier, que le second à Rome ». — Plutarque, Vie de Jules César, trad. Amyot.

“And we believe that we are entering a technological age in which we will be able to interact with the richness of living information—not merely in the passive way that we have become accustomed to using books and libraries, but as active participants in an ongoing process, bringing something to it through our interaction with it, and not simply receiving something from it by our connection to it.” — J.C.R. Licklider et Robert W. Taylor, “The Computer as a Communication Device”, in Science and Technology, 1968.

Il se raconte. Il était précoce, revendique-t-il : en 1983, à 17 ans déjà, il avait découvert l’informatique, il jouait sur des Apple II. Pas satisfait avec qu’il y trouve, il se met à développer, en autodidacte, des jeux [principalement, semblerait-t-il, des portages et des améliorations d’applicatifs existants…] et, plus tard, un « logiciel d’étude biblique », destiné à mettre en regard la source (en hébreu) avec l’une parmi certaines de ses traductions [à l’interface de navigation très malcommode, et, dans une de ses déclinaisons, à la ponctuation et vocalisation trop approximatives de la source ; voyez par exemple The Unbound Bible, autant pour sa simplicité d’utilisation et son ergonomie que pour le bien plus grand choix de versions].

Voulant toujours aller de l’avant, il maîtrise langage informatique après langage : si en une heure il n’en comprend pas le principe, c’est que l’effort n’en vaut pas la chandelle et il passe au suivant. Il mange à tous les râteliers : Apple, NeXT, Microsoft (dont il précise qu’il détenait des stocks options, mais la bulle crevant…). En 1987, il invente un logiciel de présentation sur Apple qui préfigure PowerPoint. [En 1987, HyperCard, un système bien plus prometteur et porteur – il a été utilisé jusqu’en 2004 – est développé sur Apple ; il pouvait non seulement être utilisé pour des présentations, mais préfigurait, lui, l’hypertexte du Web].

En 1991, il prédit l’arrivée de l’internet [L’internet en tant que tel a été mis en œuvre dans le début des années 1980 et était arrivé en France vers 1989 ; auparavant, d’autres réseaux informatiques reliaient des ordinateurs entre eux ; en France, le réseau uucp – connecté à d’autres pays –, était fonctionnel depuis le début des années 1980.] et ce qu’on pourra y faire, par exemple partager le savoir en combinant des textes et des images prises ici et là sur le réseau [ce qui avait été « prédit » en 1945 dans un essai visionnaire, As We May Think, par Vannevar Bush, et, une génération plus tard, en 1968 – l’ordinateur était déjà là mais grand, lourd et essentiellement isolé – par Licklider dans The Computer as a Communication Device, texte que l’on trouvera ici avec un autre de ses textes fondateurs, et dont l’extrait en exergue indique bien le côté prémonitoire.]

Puis avec l’invention du Web et du langage HTML sous-jacent, au CERN, basé sur des développements Apple [HTML est en fait dérivé de SGML, un langage à balises à portée très générale, lui-même dérivé de GML, inventé dans les années 1960 chez IBM ; c’est lui qui donnera naissance aussi à XML à la fin des années 1990.], il appréhende leur portée et s’approprie de nombreuses technologies (langages, environnements).

Et ainsi, modestement, presque gêné, il détaille tout ce qu’il a découvert, inventé et développé, ce qu’il a maîtrisé et ce qu’il a méprisé, tous les postes qu’il a occupés, dans une litanie longue comme un jour sans pain à laquelle l’organisateur a du mal à mettre un terme (pour une petite pause).

Cette conférence, qui se tenait dans un cadre universitaire, avait pour sujet annoncé l’actualité des nouveaux langages et outils de développement Web. Or à la fin de ces 90 minutes – qui devaient être suivies d’une autre période de même longueur qu’on n’a pas eu le courage ou la patience de subir – nihil novi sub sole : rien d’actuel, rien de neuf, rien de Web dans tout qu’il a raconté à son auditoire composé de jeunes étudiants qui n’avaient sans doute pas le recul historique et critique (contrairement à deux ou trois autres auditeurs avertis dont nous faisions partie, qui avaient commencé leurs carrières respectives en informatique avant la naissance de l’homme-qui-a-inventé-l’internet) pour apprécier l’intérêt et l’exactitude de l’exposé.

On se gardera de critiquer la démarche de l’autodidacte (il se revendique comme tel) et ses acquis sans doute bien réels, mais on se permettra de signaler tout de même qu’un apprentissage – de quelque matière que ce soit, d’ailleurs – ne devrait pas uniquement concerner des compétences techniques pour l’utilisation d’un outil, mais aussi son histoire et sa mise en perspective, ce qui évite parfois de réinventer la roue. Mais c’est si agréable, d’être le premier…

30 septembre 2011

Le capuchon rouge de Google

Classé dans : Sciences, techniques — Miklos @ 22:46

— Tu n’as pas peur de te faire manger par les grosses bêtes ?

— Je n’ai peur de rien du tout, grâce à mon petit capuchon rouge !

Elle porte en effet un petit capuchon rouge. Moi, je lui réponds :

— Ce n’est pas ton capuchon qui t’empêchera de te faire dévorer si tu rencontres un ogre !

— Si bien ! qu’elle me fait, car c’est un capuchon magique ! Avec lui, je peux me transformer en n’importe quelle bête !

— Non, c’est pas vrai ! je lui dis.

— Tu ne veux pas me croire ? Eh bien regarde : que je sois lapin !

Crac ! elle devient lapin !

Pierre Gripari, « Le roman de Perrault », in Le musée des apocryphes. Nouvelles. L’Âge d’homme, 1990.

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