Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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15 juin 2009

Timeline de compositeurs contemporains

Classé dans : Histoire, Musique, Sciences, techniques — Miklos @ 11:21

Si la fenêtre est vide, essayer de cliquer sur List (une liste de noms devrait s’afficher), puis sur Timeline. Si cela ne marche pas, essayer View in Dipity (le service Dipity est très instable, surtout dans son affichage dans IE8)
• Cliquer sur un compositeur pour voir les détails d’étal civil ; cliquer sur son nom, dans la fenêtre qui s’affiche, pour accéder à sa biographie en ligne.
• Pour se déplacer, utiliser la souris ou les flèches du clavier.
• Pour zoomer, cliquer sur un « + » pour voir plus en détails, ou utiliser la réglette de gauche pour changer l’échelle – du jour au siècle.
• Pour voir un carroussel, cliquer sur « flipbook ».
• Pour voir la répartition géographique des lieux de naissance et de décès, cliquer sur « map ».
• La visualisation plein-écran est possible, ainsi que l’import de cette visualisation dans votre navigateur ; cliquer sur « view in Dipity ».

4 juin 2009

Sic transit

Classé dans : Livre, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 2:32

« Qui bene amat, bene castigat. » — Proverbe latin

« Ceux qui méritent le plus d’être loués supportent le mieux d’être critiqués. » — Alexander Pope

Je viens d’apprendre – indirectement, c’est symptomatique – la fermeture de la liste de diffusion Biblio-FR. Cette liste avait été créée en 1993 par Hervé Le Crosnier à l’intention de « bibliothécaires et documentalistes francophones, et toute personne intéressée par la diffusion électronique de l’information documentaire ».

J’avais découvert cette liste peu après sa création (ses archives contiennent un message que j’y avais envoyé en janvier 1994), et il m’arrivait d’y faire part d’informations qui me semblaient intéressantes pour ses membres. Mais son utilité pour moi s’est surtout révélée lorsque j’ai été chargé, en 1995, du projet de constitution d’une médiathèque ; elle devait réunir les fonds d’une bibliothèque existante, équipée d’un petit progiciel basé sur des formats propriétaires, avec un fonds, qu’il me fallait constituer, d’archives physiques et numériques.

Si je m’étais rapidement fait une opinion sur les usages et les interfaces – une bibliothèque hybride, physique et numérique, utilisant les technologies émergentes du Web pour interface – je n’étais ni bibliothécaire ni documentaliste ni archiviste ; il me fallait donc trouver comment me renseigner (en quelques semaines !) pour me faire mon opinion sur les options, les standards, les solutions, les tendances, du moins en ce qui concernait la bibliothéconomie, métier que, jusque là, je n’avais vu que de l’extérieur, même si, par curiosité et, entre autres, par fréquentation de Biblio-FR et la réalisation d’autres projets, j’en connaissais certains aspects.

Biblio-FR fut l’une de mes trois sources d’information primaires et primordiales, du fait de la présence de professionnels disposés à partager avec générosité leur expérience et à répondre avec compétence, patience et indulgence aux questions de l’outsider que j’étais. Je retrouve dans ses archives un écho à mon message à la liste à ce sujet (cité dans une des réponses en juillet 1995 ; le message d’origine est absent des archives, ainsi que la réponse qu’Hervé Le Crosnier y avait apporté et que j’aurais aimé relire) :

Bonjour,
 
Pour un projet en cours, je recherche un logiciel de bibliothèque qui :
- permette la gestion du catalogue de la bibliothèque (saisie, interrogation) ;
- gère la circulation (emprunts) ;
- permette d’accéder au « matériau » lui-même s’il est accessible sur informatique (livre, image ou son numérisé) ;
- de préférence, tourne sous Unix ;
- de préférence, possède une interface Z39.50.
 
Où dois-je commencer à regarder ? Recommendations ?
 
Merci d’avance

C’était alors une petite « communauté virtuelle » – la réussite de la constitution d’une telle communauté n’est pas à attribuer à l’outil, mais principalement à son créateur et animateur – et les réponses utiles ne tardèrent pas à arriver1 : Biblio-FR m’a rendu là un service inestimable, qui manifeste l’esprit d’entraide et de collaboration amicale au-delà des contraintes institutionnelles et matérielles que j’ai trouvé dans la communauté réelle sur laquelle la liste s’adosse.

Une fois le projet abouti (en 1996), je n’ai pas quitté ce forum. Le contenu des messages m’intéressait souvent, et leur volume était gérable même s’il était en croissance constante : 43 messages (regroupés, comprenant chacun un ou plusieurs messages « source », mais en nombre raisonnable) en septembre 1994, 60 messages à la même période un an plus tard, pour en arriver à plus de 300 messages mensuels ces derniers temps (l’un d’eux contenant lui-même 43 messages…), diffusés avec des retards croissants. L’intérêt des contenus n’a pas crû avec le volume. J’ai exprimé ailleurs ma frustration à l’égard de cette saturation, qui m’a menée à me désabonner de la liste, et à la consulter de plus en plus rarement.

Biblio-FR, ouverte à tous, a été victime non pas uniquement de son succès, mais du phénomène général lié à la banalisation des technologies de la communication et à leur adoption par un nombre croissant d’utilisateurs pour des usages personnels et plus uniquement professionnel, notamment du fait de l’émergence du Web qui a permis de mettre en œuvre des modes d’accès bien plus conviviaux et abordables pour des « non initiés », de la baisse des coûts du matériel informatique et de la connectivité à l’internet, de la croissance des débits, puis, actuellement, de la convergence informatique – téléphonie.

Cette banalisation s’accompagne évidemment d’une croissance des messages et des informations auxquels l’utilisateur de ces technologies est directement exposé, volontairement ou non, autant de la part de contacts personnels ou professionnels que des spams. Nos boîtes aux lettres se remplissent à une vitesse bien plus grande qu’auparavant, et, de ce fait, il est plus difficile d’accorder son attention à chaque message (et il arrive à chacun de ne pas en remarquer de significatifs). Les téléphones portables sonnent à tout bout de champ – même en plein concert – quand bien même il est possible de les éteindre et de consulter ultérieurement leur messagerie vocale ou la liste des SMS reçus.

Non seulement le malheureux utilisateur est potentiellement en ligne directe de tout autre utilisateur (de l’internet, de la téléphonie…), mais comme il est beaucoup plus facile et presque gratuit d’envoyer un message ou d’appeler un correspondant, on le fait sans discrimination, là où, auparavant, on réfléchissait sur la méthode la plus adaptée à communiquer – lettre, télégramme, téléphone… – en fonction de l’importance du message, de son coût et de son temps de transmission. Le fonctionnement par impulsion et par envie, dans l’immédiat, sont les caractéristiques d’une société de consommation et d’innovation technologique qui s’emballe (jusqu’à ce que les ressources, qu’elle suppose, dans sa logique de fonctionnement basée sur la « création destructrice », infinies, s’épuisent finalement).

Biblio-FR se retrouve englouti dans ce tsunami qui a rendu ce médium difficilement utilisable, c’est-à-dire lisible. De débats, il s’est transformé en un immense dazibao, un mur d’un Jacques Villeglé, où les affiches se recouvrent les unes les autres avec une telle rapidité que leur contenu n’en est plus perceptible, que la masse noie l’essence. Le plus ciblé côtoie le plus banal, l’information la plus objective alterne avec l’opinion parfois virulente, et la couverture des sujets est si vaste du fait de l’évolution des métiers qu’il est probable que chaque lecteur n’est intéressé que par une partie infime des messages – pour certains d’une grande richesse –, le reste étant, pour lui, du bruit. Et ce bruit devient assourdissant.

La modération – bénévole – aurait peut-être pu en laisser passer moins pour tenter de préserver un volume raisonnable et donner à la liste une orientation plus ciblée (par exemple, débats plutôt qu’annonces), mais c’était de toute façon mission impossible : elle a dû faire face à un nombre croissant de messages à traiter et a elle-même saturé. L’outil – liste de diffusion modérée – n’est plus adapté à ses usages actuels.

Face à cette surcharge informationnelle, de nouveaux outils émergent. Il s’agit, pour faire bref, de plateformes plus spécialisées à certains types de communication combinant commentaires, annotations et débats (par exemple : blogs) et de constitution collaborative de contenus (par exemple : wikis) et fournissant des méthodes pour leur organisation sémantique (thématisation, indexation, taggage… préétablis, libres, automatisés…) et temporelle (discerner une information à valeur temporelle courte – news – ou longue – document de référence, par exemple), des principes variés de recherche de l’information et de « navigation » mais aussi de dispositifs permettant le choix et l’organisation personnels de sources d’informations par les usagers : fils RSS, interfaces à la netvibes… Mais l’outil ne (se) suffit pas : il lui faut aussi le médiateur, et c’est un équilibre complexe entre les deux qui en conditionne le succès.

La disparition de Biblio-FR pourrait encourager le développement de services utilisant une ou plusieurs de ces technologies. Si on y gagnera dans le ciblage, on y perdra une caractéristique essentielle de Biblio-FR : elle était la référence première pour tout ce qui touchait de près ou de loin les bibliothèques (physiques puis numériques), elle était l’usuel qu’on consultait en cas de besoin. Cette fragmentation est-elle inévitable ? Elle s’est aussi produite dans d’autres domaines – d’où la nécessité croissante de passer par des moteurs de recherche généralistes, puis, plus récemment, par des moteurs spécialisés (ou portails). Le portail sera-t-il l’avatar de Biblio-FR ?

Le futur est la chose qu’il est le plus difficile de prévoir ou de prédire ; je ne peux que parler avec certitude du passé, et en particulier de celui que j’ai connu : Biblio-FR m’a été extrêmement utile, et je suis donc très reconnaissant que cette liste ait existé. Elle m’a aussi poussé à réfléchir, suscité des réflexions et la nécessité de leur formulation, et pour cela aussi, j’en suis reconnaissant. Je devine aussi l’immense travail, sans doute rarement gratifiant, que ses organisateurs, Hervé Le Crosnier, puis Sara Aubry, ont fourni bénévolement pour faire fonctionner cette liste qui devenait de plus en plus pesante, je leur en suis d’autant plus reconnaissant.


1 Maintenant, un tel message sur la liste aurait suscité des réactions virulentes et son auteur assimilé à « ceux qui jettent une bouteille à la mer faute d’une formation professionnelle idoine » – pour reprendre une expression de Bertrand Calenge dans un récent billet critiquant l’évolution de la liste – contribuant ainsi à son bruit et à son inutilité. Autres temps, autres mœurs.

1 mai 2009

Le pont canal de Briare

Classé dans : Lieux, Photographie, Sciences, techniques — Miklos @ 20:25

«Le travail de M. l’Ingénieur en chef, sur les moyens d’assurer en tout temps la communication entre le canal de Briare situé sur la rive droite de la Loire, et le canal latéral à ce fleuve situé sur la rive gauche , comprend deux projets :

Par le premier la Loire serait franchie sur un pont- aquéduc ;

Par le second les bateaux la traverseraient en lit de rivière.

Toutes les questions communes aux deux hypothèses, toutes celles qui sont particulières à l’un ou à l’autre mode de traversée, se trouvent discutées à fond dans le mémoire de M. l’Ingénieur en chef, et résolues de manière à fournir les documens nécessaires pour qu’on puisse prendre une décision avec pleine et entière connaissance de cause.

Quel est le point de la Loire le plus convenable pour la traversée ?»

Quel est le système à adopter pour cette traversée ?

Ce sont là les deux questions fondamentales posées par M. l’Ingénieur en chef. Elles seront aussi l’objet du présent rapport.

« N° XLVII. Canal latéral à la Loire. Traversée de la Loire à Briare », in Annales des Ponts et chaussées, tome III, 1832.

27 avril 2009

Comment éviter une rupture de couple

Classé dans : Sciences, techniques — Miklos @ 7:40

La solution classique : mettez une très forte résistance à la source pour faire croire au régulateur que la température est trop forte et couper la puissance de chauffe. C’est ce qui se pratique en pyrométrie.

Cette panne est d’autant plus difficile à détecter lorsque qu’il n’y a aucun signe avant-coureur – par exemple, sans montée de température, mais plutôt un refroidissement graduel vers le zéro absolu (qui, comme on sait, change la nature des matériaux), ou quand l’un des deux éléments cesse de fonctionner en paire sans pour autant montrer quelque signe de disfonctionnement (fuite, torsion, bruit…).

Ce genre de problème est souvent impossible à réparer, les déformations subies par l’un ou l’autre des éléments les empêchant de se remboîter de façon adéquate. Les colles, atèles ou autres palliatifs s’avèrent inefficaces sur la durée.

Il est donc primordial de vérifier au préalable la compatibilité des matériaux et de mettre en place, dès leur jointure, un dispositif destiné à éviter leur séparation et que l’on veillera à bien entretenir. Si, malgré tout, l’une des pièces viendrait à faillir, il est préférable de le détecter le plus rapidement possible et de prendre les mesures qui s’imposent.

26 avril 2009

« L’individualisme de masse, narcissisme pathétique de cette fin de siècle » (Dominique Lecourt)

Classé dans : Photographie, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 11:44

«L’individualisme de masse nourrit par réaction les formes les plus aliénantes du communautarisme qui, sur divers autres modes, anéantissent les capacités de l’être humain comme être individuel. (…) L’individualisme de masse qui verrouille les individus sur un « eux-mêmes » de confection est en lui-même violence. Il est grand temps que nous en finissions avec le narcissisme pathétique qui s’est imposé dans le monde occidental depuis quelques décennies pour s’accommoder de la tyrannie du marché. Il faudra bien un jour rouvrir la voie d’une pensée politique inventive qui se donnera pour tâche de prendre la solidarité pour base afin de maîtriser toujours davantage par un effort commun les nécessités naturelles, ainsi que les impératifs de la vie sociale, lesquels ne se résument pas à la bonne gestion. La communication universelle électronique de Londres à Tokyo, de Paris à Honolulu, et le cosmopolitisme d’aéroport des cadres branchés ne constituent nullement une telle ouverture : l’illusion de la toute-puissance et de l’omniscience n’a jamais rompu aucun isolement, il porte plutôt à la folie. » Et il y a une certaine manière transcontinentale de rester chez soi et entre soi qui est un déni de la passion pour l’humanité que désignait le beau nom de cosmopolitisme.

Dominique Lecourt, « Après le sursaut, le réveil », Marianne, 20 mai 2002.

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