Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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2 mars 2005

Dürer: Melencolia

Classé dans : Peinture, dessin — Miklos @ 8:55
Dürer: Melancholia

24 février 2005

Les nouvelles couleurs du sexe-appeal spectral

Classé dans : Peinture, dessin — Miklos @ 0:07
Millet

Le poids des fantômes.

Depuis quelques temps, et à mesure que les années passent, la notion de fantôme devient suave, s’alourdit et s’arrondit de ce poids persuasif, de cette stéréotypie potelée et de ce contour analytique et nutritif qui est propre aux sacs de pommes de terre vus à contre-jour, lesquels, comme chacun sait, sont précisément ceux que François Millet, peintre involontaire des fantômes les plus importants, eut la complaisance insistance de nous transmettre, en les figeant dans ses toiles immortelles, réalisées magistralement, avec toute la bassesse émotionnelle dont un peintre peut être capable et avec tout ce louche, concret et unique, grâce auquel nous avons tous, depuis quelque temps, le luxe de nous horrifier.

Les raisons de l’alarmante augmentation de poids, de l’alourdissement compact, de l’affaissement réaliste et extra-mou des fantômes actuels ne sont que les conséquences découlant de la notion toute première et originaire de la matérialisation même de l’idée de fantôme. (…)

Salvador Dali(1904-1989)

Dali
 

10 novembre 2004

Paradis perdus

Classé dans : Littérature, Peinture, dessin, Société — Miklos @ 7:41


Fra Carnevale ou Luciano Laurana: La città ideale, 1490-1505.
Huile sur bois, 80,3 x 219,8 cm.

« Avec la Renaissance se développe une ample réflexion sur la cité idéale, qui fait de la ville, en tant que telle, un objet de l’art. Inauguré par le traité d’Alberti De re aedificatoria, écrit entre 1444 et 1472 et publié en 1485, ce courant s’intéresse avant tout à l’architecture civile, considérant la cité, à la fois ville et société, comme une totalité organique dans laquelle les proportions doivent régner sur les parties, afin qu’elles aient l’apparence d’un corps entier et parfait et non celle de membres disjoints et ina­chevés. »Utopie, la quête de la société idéale en Occident.

Le temps n’est plus aux utopies, manifestation d’un espoir en un monde meilleur en ce bas monde, soit dans une ville parfaite, soit dans une nature idéalisée par Rousseau alors et les Verts d’hier, dans un modèle de société idéale que tous les totalitarismes ont prôné, chacun à sa façon, sans pour autant contribuer au bonheur de tous. Elles ont été remplacées par certaine fiction décrivant des mondes meilleurs mais ailleurs, décadents (La Machine à explorer le temps de H.G. Wells), voire une société totalitaire et hyper-surveillée (1984 de George Orwell ou Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley), ou alors carrément des scénarios catastrophe (tels ceux — remarquables — de J.G. Ballard). Aux peurs millénaristes et eschatologistes se substituent des projections réelles sur le réchauffement de la planète.

L’idéal de la beauté, depuis les Grecs jusqu’aux temps modernes, a été remplacé par les corps fragmentés des cubistes, puis par ceux torturés d’un Francis Bacon, enfin par ceux remodelés de façon permanente par une chirurgie esthétique dans un délire de perfection.

Enfin, le lieu (social) de la cité et le corps (physique) du citoyen s’effacent dans l’utopie de l’être tout-communiquant, branché en permanence sur son téléphone portable et sur l’internet, pris dans la toile de plus en plus paralysante de l’internet mais incapable de socialiser dans la cité avec ses voisins, ses collègues…

10/11/2004

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