Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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3 mai 2009

Les neuf preuses

Classé dans : Architecture, Photographie, Sculpture — Miklos @ 1:34


Salle des Preuses. Château de Pierrefonds

«Nous avons vu que la grand’salle du palais, à Paris, était décorée de nombreuses statues et de peintures. La grand’salle du château de Coucy était de même fort riche ; outre la grande cheminée qui était sculptée, sur les parois de cette salle on voyait les statues colossales des neufs preux ; des verrières coloriées garnissaient les fenêtres. À Pierrefonds, la grand’salle haute était de même décorée par des verrières de couleur. La porte qui donnait dans le vestibule» était toute brillante de sculptures et surmontée d’une claire-voie. La voûte était lambrissée en berceau et percée de grandes lucarnes du côté de la cour. La cheminée qui terminait l’extrémité opposée à l’entrée supportait, sur son manteau, les statues des neuf preuses.

M. Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonnée de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, tome VIII, 1866.

«…parmi les exemples positifs, il faut mentionner les « Neuf Preux ». Ces derniers constituent une concrétisation de la translatio militiae sous la forme d’un catalogue de neuf chevaliers modèle, dont trois appartiennent à l’Antiquité (Hector, Alexandre, César), trois au monde juif (Josué, David, Judas Maccabée) et trois au monde chrétien (Arthur, Charlemagne, Godefroy de Bouillon). Ce catalogue apparaît pour la première fois dans les Vœux du paon (1312) de Jacques de Longuyon, où il prend la forme de cent vers intercalés dans le texte, puis le Livre de Ieësce (1373) de Jean le Fèvre y ajoute les « Neuf Preuses ». (…) Il s’agit de cinq Amazones (Sinope, Hippolyté, Mélanippe, Lampado, Penthésilée), trois reinnes de l’Antiquité (Tomyris, Teuta et Sémiramis) ainsi que de Deïpylé» provenant de la guerre des Sept contre Thèbes, qui, toutefois, peuvent être remplacées par d’autres groupes à partir du XVe siècle – surtout hors de la France (Schroeder, Der Topos der Nine Worthies in Literatur und bildender Kunst, p. 168-203).

Joachim Leeker, « Formes médiévales de la vénération de l’Antiquité », in Pierre Nobel (éd.), La transmission des savoirs au Moyen Âge et à la Renaissance, 2005.


Salle des Preuses. Château de Pierrefonds

Lire ensemble

Classé dans : Littérature, Photographie, Sculpture — Miklos @ 0:13


Cul-de-lampe. Château de Pierrefonds

«J’ai passé une bonne partie de la journée chez Micyllus, du bourg de Thriase, qui étudie la médecine, et nous venons de lire ensemble le livre admirable du sage d’Abdère, qui traite de la nature du corps humain, des organes et des passions. — Et qu’est-ce que vous y avez appris, mon enfant, me dit-elle ? J’ai appris, Diotime, lui dis-je, quelles sont les sources de nos vertus, de nos vices, de nos défauts et de nos passions ; qu’il faut les chercher par l’anatomie , et qu’on les trouve dans le siège, la rareté, la surabondance, la couleur et l’âcreté de la bile : dans la constitution du foie : dans la lenteur ou la vélocité du mouvement du sang : dans son épaisseur ou sa fluidité : dans la complication, »la grossièreté, la finesse on l’élasticité de nos nerfs : dans leur correspondance mutuelle ; et, en vérité, si je pense à tout ce qu’il dit sur la colère, la luxure, la tristesse, la gaîté, il me semble que le chemin qu’il prend dans ses recherches, indique un homme d’un très-grand esprit.

François Hemsterhuis, « Lettre sur l’homme et ses rapports », in Œuvres philosophiques, 1846.

«Car il ne s’agit pas, entendons-nous bien, de dévorer chacun dans son coin un livre ou une revue ; il s’agit de lire ensemble, de jouir ensemble, »de débattre ensemble les questions soulevées par le livre, de couronner enfin une journée de travail par une réunion intime dont rien ne peut rendre le charme et la douceur. Comparez cela aux soirées passées ou dans un monde indifférent, ou avec des amis douteux !

Agénor de Gasparin, La famille, 1867.

2 mai 2009

« On parle si peu avec ceux qu’on aime. Après, il est trop tard, si vite. »

Classé dans : Théâtre — Miklos @ 22:15

France 2 diffuse ce soir en direct la pièce de théâtre L’éloignement de Loleh Bellon (information que la chaîne omet curieusement de signaler dans la fiche qu’elle consacre à cette émission), avec Pierre Arditi, dans le rôle de l’auteur de théâtre égotiste et hystérique, et Carole Bouquet dans celui de sa femme, qui supporte ses affres et le soutient pendant les deux années qu’il passe à écrire sa pièce. Elle sera un succès.

Mais le prix à payer en est l’éloignement que l’épouse vivra : d’avec sa fille, d’avec ses parents – et là il est trop tard, son père vient d’avoir un accident vasculaire qui le laisse en état de légume avec lequel elle ne pourra sans doute plus communiquer – mais aussi d’avec son mari, tout occupé qu’il était à sa création, à n’écouter que ce qui l’encourageait, le rassurait, le complimentait. C’est ce qu’elle arrive finalement à lui faire entendre – là aussi il est peut-être trop tard – avant de partir au chevet de son père : « On parle si peu avec ceux qu’on aime. Après, il est trop tard, si vite. »

Métaphore de l’incommunicabilité et de l’aveuglément dans le couple, sur l’éloignement graduel de l’un sans même que l’autre s’en aperçoive – trop occupé qu’il est par sa propre personne, par sa monomanie, celle de se réaliser –, cette pièce douce-amère qui commence comme une comédie de boulevard se termine en points de suspension : reviendra-t-elle ? La lassitude qu’elle ressent affecte-t-elle son amour pour lui jusqu’au point de non-retour ?

On a particulièrement apprécié le jeu de Carole Bouquet dans la première partie et celui de Pierre Arditi dans la seconde.

Deuches à Chantilly

Classé dans : Lieux, Photographie — Miklos @ 20:42

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Circulez, il n’y a rien à voir aux Pays-Bas

Classé dans : Actualité — Miklos @ 8:20

« Le ministère de la Vérité – Miniver, en nov­langue – frappait par sa diffé­rence avec les objets envi­ronnants. C’était une gigan­tesque cons­truc­tion pyra­midale d’un blanc éclatant. Elle éta­geait ses terrasses jusqu’à trois cents mètres de hauteur. De son poste d’obser­vation, Winston pouvait encore déchif­frer sur la façade l’ins­crip­tion artis­tique des trois slogans du Parti : La guerre c’est la paix. La liberté c’est l’escla­vage. L’ignorance c’est la force. » — George Orwell, 1984.

… ou c’est du moins la version que donne le 1er mai Xinhua, l’agence chinoise d’infor­mations, des événements du 30 avril dernier :

AMSTERDAM, 1er mai (Xinhua) – Les célébrations de la Journée de la Reine ont eu lieu à Amsterdam, capitale de la Hollande, le 30 avril 2009.

La Journée de la reine (du roi) est la fête nationale des Pays-Bas. Elle se célèbre à l’occasion de l’anniversaire du monarque règnant.

La reine Béatrix, née un 31 janvier a choisi de déplacer cette fête au 30 avril, en hommage à sa mère la reine Juliana.

Pour preuve, cette nouvelle est assortie de photos de joyeux bataves faisant la fête, images hautes en couleurs (surtout orange, du fait de l’origine de la maison royale) et dont le rouge sang et la carrosserie de la voiture écrasée sont évidemment absentes.

Comme quoi, les monarchies ont du bon, comme le reconnaît taci­tement l’organe chinois.


Le copyright sur la page datant de 2004, on se demande si les photos illustrant le joyeux événement de ces derniers jours ne proviennent pas aussi de ce lointain passé.

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