Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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4 novembre 2010

À l’occasion de la visite de Hu Jintao

Classé dans : Actualité, Photographie, Politique — Miklos @ 20:13

Reporters sans frontières (RSF) a organisé aujourd’hui un rassemblement à Paris pour exiger de Nicolas Sarkozy qu’il aborde les questions des droits de l’homme avec le président chinois Hu Jintao, en visite en France.

Près du centre Pompidou, des militants tibétains et ouïghours ont pris part à un lâcher de colombes avec plusieurs personnalités du monde artistique et médiatique français.

Les manifestants portaient des t-shirts blancs à l’effigie du dissident chinois Liu Xiaobo, qui a reçu le prix Nobel de la paix cette année. (Source : Reuters)

De son côté, la France a accueilli avec un « protocole exceptionnel » le président chinois. Sur la question des droits, elle abordera avec l’Empire du milieu ceux de propriété intellectuelle.

3 novembre 2010

Le retour de la femme-chat

Classé dans : Littérature, Peinture, dessin, Photographie — Miklos @ 3:19

Ceux d’entre nous qui ont lu, enfants, avec frissons et délectation les Contes et légendes du Japon, se souviendront sans doute de l’histoire cruelle (et sensuelle, mais le savions-nous à cet âge ?) du chat-vampire de Nabeshima.

Ce chat avait égorgé la très agaçante et divine O-Toyo, favorite d’un prince de Hizen et chef de la famille de Nabeshima, puis avait pris la forme de sa victime pour se glisser la nuit aux côtés de son amant pour boire son sang.

Nous en avions déjà vu un avatar à Paris il y a bientôt un an, ce qui démontre bien la validité de l’adage selon lequel le chat possède neuf vies : bien que le samouraï l’ait décapité pour sauver son shogun, l’animal revient toujours sous son élégante forme féminine.

La revoici, la femme-chat, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre. La nuit tombant, elle sort discrètement d’un sac à ordures dans lequel elle se dissimule pendant la journée. Elle se glisse comme une ombre le long d’un mur à la recherche de son prochain prince charmant (il reste quelques charmants aristocrates dans ce pays malgré la révolution). Elle porte dans la gueule ses trophées, une carte sur laquelle elle marque un cœur après chaque nuit où elle a pu en arracher celui d’une nouvelle proie. À gauche, on aperçoit la trace sanglante de ses parcours nocturnes sur un plan de Paris. À droite, la porte de la chambre forte dans laquelle elle stocke des réserves pour le cas où elle ferait chou blanc.

Est-ce le chat-sœur du précédent ? On le sait, mais verrouillez vos portes et fermez les espagnolettes, jeunes hommes !

2 novembre 2010

L’amour vache

Classé dans : Musique — Miklos @ 21:26

« Femme de tête et femme du reste, ce qui est une grande perfection, Olga Chamarande a su faire une fortune avec la chose que le bon Dieu ne lui a pas donnée pour mesurer de l’avoine. Elle a l’esprit fin et l’amour vache. » – Pierre Hamp, La peine des hommes : le cantique des cantiques. NRF, Paris, 1922.

On n’a pas besoin d’être adepte des pratiques du divin marquis pour prendre un plaisir non dissimulé à certaines manifestations – purement musicales – de l’amour vache. À ce propos, on peut se demander d’où vient l’expression ; la mention la plus ancienne qu’on ait numériquement trouvée remonte à 1922, dans un texte de l’étonnant Pierre Hamp.

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre vache. L’interprétation la plus amusante, la plus gouailleuse, la plus coquine, la plus savoureuse qu’on en connaisse est celle qu’en donne Magali Noël dans le « premier rock sado-maso de l’histoire de la chanson française », comme l’écrit Georges Unglik dans son édition des chansons de BorisVian (Christian Bourgois, 1984).

Ah, Magali Noël ! Si archétypiquement française comme tous ces étrangers arrivés en France sans en être reconduits vers leur « pays d’origine », d’Offenbach à Ionesco, et qui se sont approprié avec amour sa culture pour en faire un objet idéal. Elle était née à Izmir, comme Dario Moreno d’ailleurs (dont elle parle avec beaucoup de sympathie), qui n’hésitait pas de passer de l’air du Brésilien d’Offenbach au célèbre tube Si tu vas à Rio. Du moment que ça swinguait, ça allait. Quant à Magali Noël, si elle a interprété nombre de chansons de Vian, sa carrière est loin de s’y être limitée. Mais celle-ci… :

Si personne n’ignore le Dernier tango à Paris, on connaît moins le Masochism Tango. Il est vrai que Marlon Brando et Maria Schneider sont plus connus que Tom Lehrer, mais nos fidèles lecteurs ont déjà entendu parler de cet Américain inclassifiable, d’une part professeur de mathé­matiques à Harvard, d’autre part chansonnier dans un pays où il n’y pas de chansonniers. Si Magali Noël demande à son amoureux de lui faire mal, c’est maintenant l’inverse : Tom Lehrer supplie sa chérie de lui faire toutes sortes de (douces ?) tortures, avec force de jeux de mots très amusants. Pour ceux qui voudraient lire les paroles, nous les avions fournies ici. Pour épargner les âmes sensibles parmi les amateurs de (bonne) musique, nous n’en fournirons pas la traduction.

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