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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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9 novembre 2020

Apéro virtuel II.8 – lundi 9 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Lieux — Miklos @ 23:59

Hommes potelés. Cliquer pour agrandir.

Françoise (C.) ouvre la séance en racontant les péripéties de son voyage en Inde, en 1990, en tant que membre du chœur de l’Orchestre de Paris dirigé par Arthur Oldham, pour chanter à Calcutta et à Delhi : manque de chambres à l’hôtel le premier soir, départ le lendemain matin pour l’aéroport à 5 h au lieu de 9 h ; manque de places dans l’avion et donc attente de nombreuses heures pour l’avion suivant ; après le concert à Calcutta plus rien à manger à la réception en leur honneur à l’ambassade de France… Puis ils ont fait une collecte pour Mère Teresa et sont allé donner un concert a cappella très émouvant dans son couvent, dont les sœurs n’avaient évidemment pas pu venir assister au concert public. Au moment de décoller de Calcutta pour retourner à Delhi, ils aperçoivent, depuis l’avion, un gros charriot sur le tarmac chargé… des instruments de musique de leurs musiciens, qui auraient dû se trouver dans la soute. La fin du voyage, concert y compris, s’est bien passée. Bien d’autres voyages mémorables lui reviennent à l’esprit, tel celui à Carnegie Hall sous la direction de Daniel Barenboim et chantant La Damnation de Faust… Dans les pays où ils se rendaient, ils devaient chanter l’hymne national dans la langue locale et par cœur : elle nous entonne donc une partie de celui chanté en Inde avec les paroles idoines (on n’a pu vérifier) ou en Israël (Michel confirme !), Sylvie n’en connaissant que l’air sans les paroles. Ce qui rappelle à Michel cette histoire de l’élève de l’école primaire, qui, l’institutrice lui demandant de réciter la table de multiplication de 2, se met à chantonner la la laaaaaa, la, la ; la la laaaaaa, la. en disant qu’il ne se souvient que de l’air, pas des paroles.

Sylvie prend le relais et nous parle d’un autre voyage musical, celui où elle était allé chanter Le Messie de Händel au Royal Albert Hall à Londres dans le cadre des concerts Messiah From Scratch qui s’y donnent annuellement1 depuis 1974 par le Really Big Chorus, où l’on peut chanter (toujours la même œuvre) sans audition préliminaire. Cette fois-là, il y avait quelque 3500 chanteurs répartis (évidemment) dans la salle pour un public de 800 personnes, le chef étant sur une estrade sur la scène, qui se trouve au centre de la salle ovale, elle-même en gradins tout autour. Elle y a chanté avec les ténors. Ce qui a frappé Sylvie c’est l’acoustique très particulière du lieu (connu pour sa trop grande réverbération, qu’on tente de corriger avec des barres en verre suspendues au plafond !) : à certains moments, elle entendait des voix incroyablement pures, à d’autres un brouhaha de voix mêlées de façon indistincte. À l’entr’acte, elle a pu parler avec ses voisins – l’un de Cornouailles, l’autre au nord de Birmingham. Elle y a croisé d’autres Français, aussi. Sylvie devait aussi y participer l’année dernière, mais du fait des grèves ici elle n’a pu s’y rendre. Celui prévu pour cette année, le 15 novembre, a été annulé du fait de la pandémie. Jean-Philippe évoque alors le fameux concert du nouvel an à Vienne, où, là aussi, on joue quasiment toujours les mêmes œuvres, puis des concerts similaires dans d’autres villes européennes.

Jean-Philippe rebondit sur le voyage en Inde de Françoise C. et parle des trois voyages qu’il y a faits (dans le sud ; du côté de Mumbai et le Gujarat ; dans le nord), en été (du fait de ses congés), lors de la fête nationale indienne, le 15 août. À chaque fois, c’était extraordinaire. Dans le sud, il s’est trouvé, avec le groupe dans lequel il voyageait, dans un collège ; dans la cour, on les a fait monter sur l’estrade près du proviseur qui a annoncé la présence de visiteurs français, alors que des jeunes en uniforme d’élèves faisaient des mouvements gymniques et leur ont chanté la Marseillaise après leur hymne national. Lors de son second voyage, c’est le maire de la ville où ils se trouvaient qui est venu à l’hôtel où ils séjournaient, avec un convoi de militaires ; dans la cour, ils ont envoyé les couleurs. Ailleurs dans la région, dans un autre collège, une centaine d’étudiants s’étaient mis aux fenêtres et ont chanté l’hymne indien, qui a ainsi entouré Jean-Philippe et son groupe. Lors du troisième voyage, au Rajastan, ils sont allés dans une école primaire, ils se sont répartis dans les classes, et ont répondu aux questions des enfants. Trois événements majeurs, c’est clair que pour ces jeunes il y avait la conscience de la nation indienne et le respect de ses institutions, ce qui devait exister ici du temps de la Troisième République mais s’est perdu depuis?. Est-ce que cela reviendra après ce qui est arrivé à Samuel Paty. Jean-Philippe termine sa présentation en nous montrant un livre qu’il n’a pas encore lu, Pérégrination1, de Fernão Mendes Pinto (~1511-1583) : l’auteur avait fait de nombreux voyages rocambolesques d’exploration et d’aventures, d’où ce livre de plus de 800 pages dont une moitié se passe en Inde, où il avait rencontré (entre autres) l’évangéliste François-Xavier.

Michel, dont l’arrière-plan représente un homme potelé (en fait, deux, pour mieux les voir), commence par montrer un très original produit de street art, celui du Gang des Potelets… qu’il avait découvert un jour de 2014 en passant rue des Blancs-Manteaux : 4 potelets décorés par le propriétaire d’un des magasins devant lequel se trouvent deux de ces potelets et qu’il a pu voir à l’œuvre. Ensuite, question voyage : Michel n’est encore jamais arrivé en Inde malgré son désir de voir le pays depuis son adolescence, mais il a tout de même fait un voyage dans les parages (enfin, vu d’ici) : au Vietnam (et un bout du Cambodge). Il montre donc quelques vues de l’extraordinaire baie d’Along, extraordinaires par ses couleurs, une symphonie de gris parfois éclaboussée par la couleur du vêtement d’un pécheur, extraordinaire par ses paysages de roche qu’on dirait en deux dimensions et découpées de façon malhabile et rangées comme un décor de théâtre, extraordinaire par ses animaux…

Françoise (P.) conclut brièvement l’apéro en disant garder, comme Françoise (C.) un souvenir extraordinaire de l’Inde, où elle s’est retrouvée face-à-face avec un éléphant dans la rue… et dont le grand souvenir est la visite du mouroir de Mère Teresa, et la collecte faite entre chanteurs et musiciens mentionnée – Françoise (C.) – lui a permis de construire trois salles d’hôpital.

En se séparant, Michel propose de rajouter aux thèmes précédents celui de cuisine, de gastronomie, d’un plat ou d’une recette remarquable (inspiré qu’il l’était par un bout de reportage sur le gâteau du marquis de Béchamel). Et comme toujours, libre à chacun de parler d’autre chose !

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1. Voici ce qu’André Clavel en disait dans L’Événement du jeudi : « La France a La Chanson de Roland, l’Italie a La Divine Comédie, l’Espagne a Don Quichotte. Et le Portugal ? Il a Pérégrination. En l’an 1537, un jeune moussaillon nommé Fernão Mendes Pinto s’embarque sur une caravelle portugaise. Il reviendra dans son pays vingt et un ans plus tard et racontera ses époustouflantes aventures dans cette Pérégrination, livre-culte qui nous entraîne aux confins du monde connu. Bravant typhons et épidémies, tour à tour géographe, naufragé, marchand, trafiquant, mercenaire, pirate, espion et diplomate, “treize fois captif, seize fois vendu”, le divin Pinto ressemble à un Marco Polo qui aurait lu Montesquieu et Jules Verne, décrivant d’une plume d’émeraude son odyssée rocambolesque. Le chef-d’œuvre de la littérature de voyage ? Il s’appelle Pérégrination ! »

8 novembre 2020

Apéro virtuel II.7 – dimanche 8 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Lieux — Miklos @ 23:59

Cliquer pour agrandir.

Françoise (P.) se joint à l’apéro, mais en langue des signes… on finit finalement par s’entendre respectivement via le téléphone de Michel.

Sylvie ouvre la séance avec un extrait de Paris. 10 balades sur les pas des compositeurs de Laurence Winthrop, qui fait donc le lien avec deux thématiques déjà évoquées – la musique et les balades dans Paris, tout en précisant qu’elle l’a souvent feuilleté mais jamais fait aucune des promenades qui y sont proposées… Elle nous fait parcourir celle évoquant Rossini et Offenbach, débutant aux Grands Boulevards, passant devant le Théâtre des Variétés, au travers du passage des Panoramas (que Michel avait précédemment évoqué), et s’achevant à l’Opéra-Comique, tout en évoquant leur histoire à l’époque. Les lieux ont, pour certains bien changé depuis ce temps révolu, et ces parcours s’apparentent à des pèlerinages…

Michel propose une déambulation différente dans Paris, non pas celle de son patrimoine visible, mais de son street art, éphémère de nature, fait clandestinement par principe mais de nos jours parfois accompli sur commande des mairies, comme le mentionne Sylvie pour le 20e arrondissement, et Michel pour le 4e (place Stravinski), le 13e (photos n° 32 et suivantes ici) et ailleurs. Après avoir montré deux références au grand écrivain Pierre Guyotat – son célèbre roman Tombeau pour cinq cent mille soldats et Rabia est un amour ?, phrase tirée de ses carnets – il montre brièvement trois séries de photos consacrées au street art qu’il a vu dans ses balades : des fresques de Mesnager vues sur la Petite Ceinture (il en a fait ailleurs aussi et se retrouve maintenant parfois dans des expositions…), une série consacrée aux animaux et finalement un pot-pourri, et qui comprend deux affichettes (n° 3 et 4) signées Paëlla et qu’il a découvert il y a déjà fort longtemps (il signait alors Paëlla Chimicos), aux contenus souvent reflétant un regard critique sur la société.

Françoise (P.) évoque une maîtresse en CM2, Madame Castex (qui ressemblait beaucoup au Castex que l’on connaît actuellement, dit-elle – et vérification faite, il s’avère qu’il est fils d’une institutrice, Nicole Castex, décédée en janvier) : c’est elle qui lui a donné le goût de la littérature et l’envie d’écrire, bien qu’à ce moment-là son orthographe était chancelante : au lieu de la critiquer, elle l’encourageait pour les bonnes idées qu’elle avait, ce qui lui a donné confiance et énergie pour apprendre à améliorer son écriture. Puis elle ajoute que sa propre cousine est devenue professeure de latin-grec parce qu’elle a eu comme professeure Jacqueline de Romilly. Par contre, son professeur d’histoire-géo en 4e ou 3e, était détestable : comme elle était bavarde, il lui ordonnait dès le début du cours de copier des pages du livre, et de ce fait elle ne pouvait suivre le cours. Michel raconte alors qu’en 8e, étant lui-même très bavard, l’instituteur M. Cabirol l’avait placé entre deux élèves chargés de le gifler s’il se mettait à parler… L’ayant dit à sa maman, elle est allé voir l’individu à la sortie des classes pour le sommer d’arrêter, et a raconté ultérieurement qu’elle l’aurait giflé devant les autres parents s’il avait récidivé.

Pour finir, Jean-Philippe nous parle d’un autre livre consacré à des balades dans Paris : Un Paris révolutionnaire – émeutes, subversions, colères aux Éditions Libertaires, par de nombreux contributeurs sous la coordination de Claire Auzias. C’est bien un guide de promenades sur quelques 150 lieux parisiens avec comme thématique les révoltes et révolutions (comme le précise le sous-titre) depuis François Villon jusqu’à peu avant les Gilets Jaunes. Structuré par arrondissements (ceux en usage actuellement), il est très richement illustré de dessins de gravures et d’affiches (mais pas de photos) et lieux, événements et personnages célèbres qui y ont été associés, français comme étrangers (par exemple : Karl Marx, Victor Serge, Walter Benjamin…, ce dernier auteur du célèbre Paris capitale du XIXe siècle, où il parle des fameux passages, dont Michel avait montré quelques vues avant-hier) et y suggère quelques balades. La plupart de ces endroits ne portent pas de plaque rappelant leur signification d’alors. Seul manque regrettable : un index des noms référencés dans le livre. Deux ouvrages de base ont servi de référence aux auteurs de celui-ci : le Dictionnaire historique des rues de Paris de Jacques Hillairet et le fameux Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social.

En se séparant, Michel propose de rajouter aux thèmes précédents celui du voyage. Et libre à chacun de parler d’autre chose !

7 novembre 2020

Apéro virtuel II.6 – samedi 7 novembre 2020

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts — Miklos @ 23:59

Le choléra en France. Paris : mesures de désinfection prises à la gare de Lyon,
à l’égard des voyageurs arrivant de Toulon et de Marseille.
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Amusante coïncidence, l’apéro d’hier étant passé par la Gare du Nord, Michel commence par une brève visite de la gare de Lyon, avec, en arrière-plan, une gravure de 1884 illustrant les mesures de désinfection qui y avaient été prises à l’égard des voyageurs arrivant de Toulon et de Marseille (ce que ne fait pas la SNCF de nos jours…), suivie d’un album en ligne de photos qu’il y avait prises – et notamment du Train Bleu – en 2014, lors des Journées du patrimoine, avec pour finir une photo du repas que François lui y avait offert pour son anniversaire en 2019.

Après une discussion de « la situation » et de la complexité des décisions que doivent prendre les uns et les autres, Françoise (C.) fait visiter l’église Santa Maria presso San Satiro (cf. ses photos) qui a la particularité de n’avoir quasiment pas de chœur (du fait d’une rue qui passe derrière l’église et qu’il fallait préserver), remplacé par une peinture en trompe-l’œil derrière l’autel qui donne l’illusion de profondeur.

Ensuite, Jean-Philippe parle de Civilizations de Laurent Binet1, qui, malgré l’orthographe plutôt anglaise de son titre, est bien écrit en français, livre dont il a déjà lu trois des quatre parties. Il s’agit d’une uchronie, selon laquelle ce seraient les Vikings qui seraient arrivés, bien avant Colomb, aux Amériques; que Colomb et les siens y disparaissent, et que c’est Atahualpa l’Inca qui débarque avec son entourage, au Portugal… L’auteur veut-il, demande Jean-Philippe, faire ressentir aux Occidentaux leur responsabilité d’avoir assujetti, colonisé, perverti, et doivent donc rendre ce qu’ils y ont pris (pour leurs musées, par exemple) ? Une longue discussion s’ensuit, dans laquelle Michel questionne (sans avoir une opinion tranchée) les recherches scientifiques (archéologiques, médicales, culturelles, etc.) qui ne respectent évidemment pas les valeurs des cultures passées ou présentes (par exemple avec l’exhumation de morts, leur transport ailleurs, et tout ce qui en découle). Questionnement sur le savoir, ses valeurs, son utilité (et pour qui)…

Sur ce, on termine l’apéro pour aller voir si les États-Unis continuent ou non à se Trumper.

Et pour demain : comme précédemment, nombre de sujets ont été proposés – un instituteur (ou institutrice) qui a changé votre vie, une expérience en tant qu’enseignant(e), une œuvre musicale qui vous a marqué, une visite de là où l’on se trouve actuellement (ou de tout autre endroit), et, bien entendu, chacun est libre de choisir un autre sujet. Il faut penser à avoir beaucoup à dire, parce qu’on n’aura pas l’occasion de remplir les vides en parlant encore une fois de la bataille Trump-Biden…

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1 Après l’apéro, en effectuant quelques recherches, j’ai trouvé cette intéressante critique du roman de Binet.

6 novembre 2020

Apéro virtuel II.5 – vendredi 6 novembre 2020

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts, Lieux — Miklos @ 23:59

De la galerie Vivienne à Paris à la centrale thermique du Havre via la plage de Trouville.
Cliquer pour agrandir.

Après avoir levé ensemble (bon difficile à synchroniser parfaitement sur Zoom) le coude, Michel ouvre la séance par une brève pré­sen­tation de quelques galeries et passages couverts de Paris qui s’est terminée sur une vue de la plage de Trouville et, au loin, Le Havre (cf. photos ici, prises lors des différentes visites de Paris et de ses musées, monuments et autres lieux intéressants qu’il avait fait faire à des couchsurfeurs qu’il avait hébergés et nourris, le tout gracieu­sement).

Après, c’est le tour de Sylvie : ayant parcouru le très beau site dont François avait envoyé l’adresse et qu’il avait fait suivre, elle parle (et montre des photos) d’un des monuments qui y sont mentionnés, Saint-Germain-de-Charonne, l’une des plus anciennes églises de Paris, et de ses environs, rues et autres lieux intéressants (religieux ou non). Puis, pour faire le lien avec un thème d’un précédent apéro, l’enseignement, elle raconte son expérience entre autres à la FCPE (fédération des conseils de parents d’élèves). Jean-Philippe rappelle que cette église était devenue quelque peu mythique au cinéma, parce qu’on la voit entre autres dans Les Tontons flingueurs.

Françoise (C.) aurait voulu par exemple faire visiter les Navigli, quartier pittoresque en bordure de Milan (ville dans laquelle elle se trouve actuellement) où l’on trouve encore quelques restes des canaux artificiels construits au cours des siècles passés, mais ne sachant comment montrer les photos qu’elle en a fait, elle n’a pu préparer leur présentation pour l’apéro. Michel lui dit alors qu’il l’aidera pour ses prochaines présentations.

Enfin, Jean-Philippe présente un de ses livres, Paris déplacé. Du XVIIIe siècle à nos jours (architecture, fontaines, statues, décors) de Ruth et Gilles Fiori, qui relate plus de 200 « déplacements » du patri­moine parisien, dans Paris ou ailleurs en France, voire à l’étranger ; ainsi, l’édifice original de la Gare du Nord se trouve… à Lille.

On termine l’apéro sans pouvoir éviter d’évoquer la paire Trump-Biden.

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