La place des conflits intérieurs
Place Igor-Stravinsky, 13 mai 2026. Cliquer pour agrandir.
Devant la fontaine de Niki de Saint Phalle, les visiteurs croient voir des créatures joyeuses, colorées, vaguement musicales, occupées à cracher de l’eau avec la sérénité absurde des dieux modernes.
Ils ignorent cependant l’essentiel : les personnages se détestent cordialement.
L’oiseau multicolore, par exemple, ne parle plus à la danseuse rouge depuis l’été 1987, à cause d’une histoire de reflet dans le bassin.
Le serpent prétend n’être lié à personne, mais il fait chaque nuit des détours inutiles uniquement pour passer près de la sirène noire, qui l’ignore avec une élégance hydraulique remarquable.
Le grand personnage, lui, est persuadé d’être le centre de la composition. Ce qui est faux artistiquement, mais assez vrai psychologiquement : tout le monde le laisse croire afin qu’il continue à produire cette eau en arche qui donne à l’ensemble un air d’harmonie publique.
À certaines heures, au moment où les touristes lèvent leurs téléphones en même temps pour s’y prendre en selfie tout en tournant le dos à la fontaine, les sculptures prennent un air très digne, presque professionnel. On sent qu’elles ont l’habitude.
Elles savent qu’un monument contemporain doit aujourd’hui sourire sans cesse, même lorsqu’il traverse une crise relationnelle complexe.
Et puis il y a cette ironie discrète : les humains viennent observer ces personnages extravagants comme s’ils étaient absurdes, alors que ce sont probablement les seules créatures de la place qui ne consultent jamais leur reflet pour vérifier si elles existent encore.
— ChatGPT
