Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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17 juin 2013

Sic transit gloria librorum, ou, Le Monde, lui, aurait besoin d’un bon éditeur relecteur

Classé dans : Actualité, Littérature, Médias — Miklos @ 22:44

11 juin 2013

De la courbure du temps, de chaises longues et de Google Books

Classé dans : Langue, Littérature, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 17:12


Quelques résultats de la recherche du terme « chaise longue » dans Google Books.
Cliquer pour agrandir.

On était curieux de savoir quand le terme « chaise longue » avait commencé à être utilisé en français. Quoi de mieux comme outil pour ce faire que Google Books, qui permet d’effectuer des recherches ciblées dans le temps dans des millions d’ouvrages numérisés depuis belle lurette ?

Et voici ce que l’oracle – comment qualifier autrement l’auteur de ces résultats – nous répond. Ce terme se trouve dans :

1. un livre publié en 1658 consacré à Madame la marquise de Pompadour, née en 1721 ;

2. un roman de Paul Bourget publié 241 ans avant la naissance de l’auteur ;

3. un autre roman, de Ponson du Terrail, publié seulement 143 ans avant sa naissance ;

4. enfin, un ouvrage de 1717 consacré à un aspect primordial de la vie de Napoléon, lui-même né en 1769.

Rocambolesque.

Comme outil scientifique, il pourrait y avoir plus fiable. En fait, statistiquement, on peut constater l’apparition, dans ce fonds, du terme dans un nombre croissant de réponses datées à partir de 1741, réponses qui ne semblent pas toutes anachroniques, sans qu’il ait été possible de les vérifier une à une. Toutefois, il est difficile de savoir si ce fonds est suffisamment représentatif pour en conclure que l’expression date réellement de cette année-là, peu ou prou.

C’est finalement dans le Trésor de la langue française informatisé, à l’article chaise, que l’on apprend que le terme est apparu dans les Mémoires de Saint-Simon en 1710. Petite erreur de date : c’est dans le t. 7, ch. III de ces mémoires, rédigé en 1709, que Saint-Simon écrit, à propos des accès de ce qu’on appellerait aujourd’hui crises para­noïaques de Louis Charles Edme de La Châtre : « Un de ses premiers accès lui arriva chez M. le prince de Conti, qui avait la goutte, à Paris, et qui était auprès de son feu sur une chaise longue, mais assez reculée de la cheminée, et sans pouvoir mettre les pieds à terre. »

Et dire que Google Books n’existait pas quand ce réel Trésor a été rédigé (la publication du volume Cageot-Constat dans lequel se trouve cet article date de 1977, quelque 17 ans avant la naissance du Web)…

10 juin 2013

De guillerets guillemets

Classé dans : Actualité, Langue, Médias — Miklos @ 8:04


Concours : utiliser l’expression « pas merci » dans une phrase positive.

Des chiffres et des lettres, ou, Chez Europe 1 on n’est pas sur France 2

Classé dans : Actualité, Médias, Santé — Miklos @ 7:31


Europe 1 semble fâché autant avec les uns qu’avec les autres.

D’ailleurs, il semblerait que, selon une autre source, cet infortuné octagénaire octogénaire nonagénaire de 92 ans ait en fait eu 91 ans :

9 juin 2013

L’indolente

Classé dans : Littérature, Peinture, dessin — Miklos @ 23:40


Jeune femme à la coiffure de perles.
Pastel 44 × 53,5 cm. École française du XVIIIe siècle.
Cliquer pour agrandir.

«Zaïre ne saurait se coucher lorsqu’elle est levée, lorsqu’elle est au lit elle voudrait y passer sa vie. Elle en sort à regret pour se jeter sur une chaise longue qu’elle envisage avec douleur qu’il faudra qu’elle quitte pour se mettre à sa toilette. Elle balance, elle diffère, elle s’afflige lorsqu’il faut commencer ce grand ouvrage. Les bras lui tombent, elle n’a pas la force d’exister ; enfin l’opération s’achève : elle va de son miroir à table. C’est une fatigue pour elle de porter à sa bouche les mets qu’elle aime le mieux ; elle est excédée lorsque le dîner est fini. Autre corvée, il faudra bien qu’elle s’habille. Ses jambes, ses mains lui refusent presque le service, quoiqu’elle jouisse d’une santé parfaite. Elle sort à la longue pour aller faire des visites, en murmurant contre l’usage établi d’aller dans des maisons où l’on n’a nulle affaire que de monter et de descendre des degrés. Elle rentre après ses courses. Nouveau travail, il faut se déshabiller. Son amant arrive, elle l’aime autant qu’elle peut aimer : mais la présence même de ce qu’elle a de plus cher ne saurait la tirer de son inaction. Lorsque la nécessité les sépare, elle n’a pas la force de lui dire adieu ; elle y supplée pat un signe de tête que sa douleur voluptueuse ne fait qu’avec effort. Zaïre se couche et gémit ; elle pense qu’il faudra qu’elle se lève le lendemain. Son âme indolente prend dans toutes ses actions un repos si calme et si languissant, qu’elle n’a pas la force de quitter une situation, même pour entrer dans une autre plus heureuse. »

Séran de la Tour (ca. 1700-ca. 1770), Amusement de la raison. Paris, 1747.

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