Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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23 août 2009

De l’utilité de voies ferrées souterraines

Classé dans : Photographie, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 19:47

Londres a l’insigne honneur d’être la première ville à avoir mis en service un métro en 1863. Paris n’eut droit à ce mode de transport urbain métro en 1900. Pourtant, dès 1856, Louis Le Hir, « docteur en droit, avocat », avait publié un ouvrage intitulé Réseau des voies ferrées sous Paris. Transports généraux dans Paris par un réseau de voies ferrées souterraines desservant les principaux quartiers et les mettant en communication avec les gares des Chemins de fer et par un service complémentaire de voitures à cheval. À part le cheval (on y reviendra peut-être un jour, qui sait), ne dirait-on pas une description contemporaine du réseau RATP-RER ?

Voici comment Le Hir résume son projet très détaillé – comprenant prix et devis –, qui avait fait l’objet d’une étude détaillée par « quelques hommes de cœur » et de métier (à l’instar de Mondot de Lagorce, ancien ingénieur en chef des ponts et chaussées), convaincus par l’utilité et par la faisabilité de ce projet :

En résumé, les auteurs du projet de réseau de voies ferrées sous Paris, sans demande de subvention, ni de secours, ni de privilège quelconque, sollicitent la permission d’exécuter, à leurs frais, risques et périls, un réseau de plus de 25 kilomètres de développement de voies ferrées, que MM. les ingénieurs du service municipal ont reconnu et ont déclaré ne pouvoir nuire ni aux établissements existants, ni à leurs services, ni à leurs projets ;

Qui ne portera nulle part la plus légère perturbation dans les industries actuelles ;

Qui ne compromettra pas plus la solidité des maisons que ne le ferait la construction du plus simple égout ;

Qui reliera entre elles et avec les ports de la rivière et du canal, ainsi qu’avec les Halles centrales et les principaux centres d’activité commerciale, toutes les gares des grandes lignes de chemins de fer aboutissant à la capitale ;

Qui, tout en désencombrant les voies publiques actuelles de ce qui les dégrade le plus et nuit le plus à leur agrément, le jour et la nuit, donnera les moyens de transporter avec célérité, à des prix excessivement modiques, les hommes et les choses.

Après un usufruit de 90 ans, la Compagnie abandonnerait à la ville la propriété de ses galeries, de ses 47 gares et stations et de leurs dépendances, cet ensemble formant un monument dont la valeur matérielle est estimée aujourd’hui à 40 millions.

En réalité, le projet est de la plus grande simplicité : au point de vue de l’art actuel des constructions, son exécution est exempte à la fois de tous dangers, de toutes difficultés matérielles, et ne réclame, de la part d’un ingénieur expérimenté, que des soins et de la prudence.

Sa réalisation donnera le moyen de faire des économies de tous les jours; et sera appréciée à toute sa valeur par les ouvriers, par les commerçants et par tous ceux qui auront à faire faire dans Paris des transports ou des commissions, ou qui recevront ou expédieront des articles de roulage.

Une idée ingénieuse et particulièrement novatrice qui n’a pas été exploitée jusqu’ici, celle du transport « des hommes et des choses » : ce service devait aussi servir au fret dans Paris (et aussi, de nuit, au transport hors de Paris « de ses vidanges, de ses immondices et de ses boues »… ). Peut-être que la RATP… ?

Les six lignes qu’il propose correspondent peu ou prou à certaines de celles qu’on connaît aujourd’hui (ou du moins à un tronçon), y compris à la ligne 14 (qui était sa ligne 4) :

lre ligne : les boulevarts (de la Madeleine à la Bastille), avec embranchement sur l’entrepôt des Marais.

2e ligne : du chemin de fer de Rouen aux Halles, par la rue de Londres, la rue de la Chaussée-d’Antin, le boulevart des Italiens et la rue Montmartre.

3e ligne : du bassin de la Villette aux Halles, par la rue La-fayette et les boulevarts de Strasbourg et de Sébastopol, avec embranchement sur les gares des chemins de fer de Strasbourg et du Nord.

4e ligne : de Bercy à la place de la Concorde et à la Madeleine, par les rues de Lyon , Saint-Antoine et de Rivoli (passage sous le canal Saint-Martin). Cette ligne sera mise facilement en communication avec les ports de la Seine.

5e ligne : des Halles à la barrière d’Enfer (chemin de fer de Sceaux), en suivant le boulevart de Sébastopol dans son prolongement (passage sous la Seine).

6e ligne : du chemin de fer d’Orléans au chemin de fer de l’Ouest. Cette ligne passe sous le boulevart de l’Hôpital, le Jardin des Plantes; elle suit la rue de Jussieu, la rue des Ecoles, la rue de Vaugirard et la rue de Rennes.

avec vingt-deux gares et vingt-cinq stations. Le tarif maximum était aussi fixé, pendant quatre-vingt-dix-neuf ans, à 10 centimes pour les voyageurs de 1re classe, à 5 centimes pour ceux de 2e classe ; à 4 francs par tonne de camionnage (contre 4 ou 5 francs par les modes de transports en surface à l’époque)… Ce qui serait fort apprécié par ceux qui sont « poussés par la cherté des loyers aux extrémités de Paris et hors Paris », selon l’auteur du rapport. Et par nos contemporains.

Alla breve. V.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 11:15

[36] Pour une étude locale des musiques locales. Richard Wolf, professeur de musique à Harvard, est un grand amateur – et interprète – de musiques carnatique et tamil. Il vient d’éditer un ouvrage savant sur les musiques du sud-est asiatique, qui privilégie une analyse locale plutôt que globale, en contradiction avec les principales tendances ethnomusicologiques. (Source)

[37] Une brève histoire de la musique classique en Indonésie. À l’occasion des débuts internationaux du Twilite Orchestra indonésien, un article brosse l’histoire de l’émergence des ensembles classiques dans ce pays depuis le 18e s. et durant les colonisations néerlandaise et britannique, puis l’occupation japonaise et enfin l’indépendance.

[37] Des nouvelles de Hariprasad Chaurasia. Ce grand interprète de la flûte bansuri indienne et de son répertoire classique, que l’on a pu entendre récemment au Théâtre de la Ville à Paris (on en a parlé ici), est le directeur artistique du Conservatoire de musique à Rotterdam, organisme novateur s’il en est, on en a parlé ailleurs (page 11). Son père, lutteur connu en Inde, voulait que son fils lui succède. Heureusement qu’il a désobéi. (Source)

[38] La musique classique indienne tente de résister à Bollywood. La disparition des cultures traditionnelles – celles, par exemple, qui foisonnaient autour des palais des maharadjahs en Inde – et la fascination de l’occident mettent à mal les traditions artistiques classiques du pays : instrumentale (tabla), danse (ghoomar), chant… et les structures sociales qui les soutenaient. Les interprètes tentent, tant bien que mal, de résister, de se produire et de transmettre. (Source)

[39] La danse de l’évolution. Le compositeur Julian Anderson vient d’achever The Comedy of Change, un ballet qui sera donné en première mondiale par le Concertgebouw d’Amsterdam en septembre, avec la Rambert Dance Company. C’est une commande à l’occasion du 200e anniversaire de la naissance de Charles Darwin et du 150e de la publication de De l’origine des espèces. Le compositeur explique comment il utilise un concept d’évolution dans sa nouvelle œuvre.

[40] Un nouvel enregistrement des sonates de violon de Jean-Marie Leclair. Quelque peu oublié de nos jours (mais très estimé de son temps, comme le montre un hommage publié au Mercure de France en 1764, année de sa mort), il revient sur scène avec un disque de Naxos, qui, décidemment, ratisse large (ce n’est pas une critique). (Source)

[41] La musique classique arrive sur DS. Il ne s’agit pas de la DS 19, mais de la « console » DS (pour Double Screen) de Nintendo. Une société espagnole, au nom qui fait penser, au vu du contexte, aux célèbres variations d’Elgar plutôt qu’au système de chiffrage allemand durant la Deuxième guerre mondiale, annonce la publication d’un nouveau jeu qui « regroupera les grandes figures de la musique classique (…) qui enseigneront les bases des instruments », avec plus de trente « chansons » de leurs œuvres. (Source)

[42] Dis-moi quelle musique tu as sur ton iPod, je te dirai qui tu es. Des chercheurs de la vénérable université de Cambridge sous la direction de Jason Rentfrow ont étudié plus de 250.000 mélomanes et déterminé que les amateurs de jazz sont créatifs, ceux de rock rebelles, ceux de musique classique intellectuels, et ceux de pop sociables. Un court métrage sur ce sujet. (Source)

20 août 2009

Alla breve. III.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 16:35

[18] L’opéra pour tous, gratuitement. Non, il ne s’agit pas d’une révolution à l’Opéra Bastille et d’un retour à cette utopie d’une salle d’opéra populaire, mais de la 8e édition du festival Opéra des rues, les 4, 5 et 6 septembre prochains, dans les 12e et 13e arrondissements de Paris, avec, entre autres, La Servante maîtresse de Pergolèse, Cosi fan tutte de Mozart… Courez-y (avec ou sans oranges…) ! (Source)

[19] Un opéra très social. Le Royal Opera House de Londres a invité les internautes à composer le livret d’un opéra par l’entremise du réseau social Twitter : les messages qu’on peut y composer sont, à l’instar de SMS, d’une longueur de 140 signes au maximum. On se demande comment se répartiront les droits d’auteur…

[20] Un opéra très populaire. La pièce de théâtre L’Opéra du Gueux, adapté par Jean-Marie Sillard du Beggar’s Opera de John Gay de 1728 (et source de L’Opéra de Quat’ sous de Kurt Weill et Bertolt Brecht), est créé ces jours-ci par 35 comédiens et 25 techniciens, tous amateurs et habitants du village de Queaux (en Poitou-Charentes), soit 10% de la population. (Source)

[21] Intégrale des madrigaux de Gesualdo sur CD. Le Quintet Kassiopeia vient de une intégrale des madrigaux de Gesualdo et Globe réédite donc tous les volumes enregistrés depuis 2004. ResMusica, sous la plume de Hubert Stoecklin, en propose une recension qui vous mettra l’eau à la bouche.

[22] Un fonds musical rare à l’Inguimbertine. C’est le nom de la bibliothèque municipale de Carpentras, qui compte, parmi ses collections, un don d’un mélomane, Bonaventure Laurens (1801-1890), comprenant sa collection d’instruments, les lettres qu’il échangea avec Mendelssohn, Berlioz et Schumann, ainsi que plus de 1400 partitions de grande valeur, dont un choral autographe de Jean-Sébastien Bach. (Source)

[23] Placido Domingo et l’opéra contemporain. Le grand ténor, pragmatique, est d’avis « qu’un nouvel opéra ne doit pas être trop long », et qu’on puisse l’« associer avec d’autres pièces courtes telles que Cavalliera rusticana » afin « d’apprivoiser le public et d’éviter qu’il ne s’en aille avant la fin ». Entretien.

[24] Rolando Villazon recommence à chanter. Le ténor franco-mexicain a annoncé fin juillet qu’il retravaillait sa voix après avoir été opéré avec succès d’un kyste aux cordes vocales. (Source)

[25] Un téléfilm sur Wagner avec Alagna et Dombasle. Le tournage de ce film de Jean-Louis Guillermou, « à la fois opéra, fable et récit d’une prise d’otages dans un supermarché de la région parisienne » (Arielle fera la caissière ?) commence à Cannes fin août. Stéphane Bern y jouera Louis II de Bavière, enfin un rôle à la mesure de ses admirations. (Source)

[26] Dominique Meyer à Vienne. Directeur actuel du Théâtre des Champs-Élysées, il prendra la tête de l’Opéra de Vienne en 2010. Ce n’est pas le premier français à la direction d’un opéra (étranger) de renom : on pense à Stéphane Lissner reconduit à la Scala de Milan jusqu’en 2013, ou à Jean-Marie Blanchard qui vient de terminer son mandat au Grand Théâtre de Genève. (Source)

[27] Dennis Kozhukhin lauréat du 4e concours international de piano Vendome. Ce jeune pianiste russe de 23 ans, élève de Natalia Fish puis de Dimitri Bashkirov et de Claude Martinez-Menheronde, a interprété le concerto pour piano n° 2 de Brahms, avec l’orchestre Gulbenkian sous la direction de George Pehlivanian. Le second prix a été décerné à son compatriote Dmitri Levkovich. La première édition de ce concours s’était tenue en 2000 à l’Unesco à Paris, sous le patronage de Catherine Tasca. (Source)

[28] Pianotripez ! Guillemette et Christophe sont des musiciens ambulants. Leur instrument ? Un piano. 6.500 km en 9 mois dans toute l’Europe ! Ils en parlent dans leur blog, et d’ailleurs, ils ne sont pas les seuls. Et vous, chers lecteurs ? Yes, you can! (Source)

19 août 2009

Alla breve. II.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 21:11

[8] Happy birthday, Mr Purcell! Le 10 septembre 2009 marque les 350 ans de la naissance du premier grand compositeur anglais, Henry Purcell, génie baroque fauché trop tôt (à 36 ans) en 1695. Son œuvre est l’une des plus diverses et des plus raffinées. (Source)

[9] 150e anniversaire de la naissance de Puccini. La Morgan Library & Museum de New York organise à cette occasion une exposition (du 15 septembre au 10 janvier prochains), qui comprend une quarantaine d’objets : rares esquisses d’opéras et autres manuscrits, lettres, premières éditions de livrets, affiches… (Source)

[10] Anniversaire de George Enesco. Le compositeur roumain George Enesco est né le 19 août 1881. Entré à l’âge de six ans au conservatoire de Vienne, il est à treize ans l’élève de Fauré. Sa musique, pure et originale, mérite d’être redécouverte en France. (Source)

[11] Discordes au sein de l’orchestre de la concorde. Créé par le pianiste et chef d’orchestre Daniel Barenboim et par le professeur de littérature comparée Edward Said, le West-Eastern Divan Orchestra réunit de jeunes musiciens israéliens et arabes dans une entreprise commune : faire de la musique. Mais il leur est parfois difficile de faire abstraction de la politique qui les divise encore et toujours. (Source)

[12] Une voix qui monte. Le jeune (24 ans) chanteur (et compositeur) canadien Isaiah Bell est le lauréat du concours organisé par le Festival national de musique au Canada dans la catégorie voix soliste. (Source)

[13] Visions sonores. C’est le titre d’une exposition multimédia à l’Université de Guelph (Canada) présentant l’œuvre de d’hommes et de femmes compositeurs travaillant au Québec et ayant choisi soit d’incorporer à leurs œuvres notation et improvisation, soit de remettre en ­question les bases même de cette dichotomie. Le site web de l’exposition comprend des entretiens et des informations sur les œuvres sous forme de texte et d’images. (Source)

[14] Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Une lectrice avait emprunté en 1939 dans une bibliothèque la partition de Rose Marie, opérette de Rudolf Friml et de Herbert Stothart (livret : Otto Harbach et Oscar Hammerstein II) ayant pour thème la conquête de l’Ouest, et l’avait gardée pour des raisons sentimentales. Âgée maintenant de 83 ans, elle l’a finalement rendue, et est soulagée de n’avoir pas eu à payer l’amende. (Source)

[15] Claudio Abbado, une vie consacrée à la musique. Un long article du Guardian brosse la vie du grand chef, le tournant qu’elle a pris en 2000 pour raisons de santé, ses interprétations successives des œuvres de Mahler et de Beethoven – et ce qu’il en pense –, l’orchestre symphonique idéal qu’il a créé à Lucerne… Un article passionnant.

[16] Hildegard Behrens. La soprano wagnérienne allemande, une des plus grandes de sa génération, est décédée à Tokyo à l’âge de 72 ans, apparemment d’un anévrisme. Elle avait fait ses débuts à Fribourg dans le rôle de la comtesse des Noces de Figaro en 1971. Parmi ses rôles : Elettra (Idomeneo de Mozart), Isolde (Tristan et Isolde de Wagner), Salomé, Électre et Tosca (opéras éponymes de Strauss et de Puccini), Marie (Wozzeck de Berg). (Source)

[17] Amos Oz écrit le livret d’un opéra. Le grand écrivain israélien est à l’œuvre : il écrit le livret pour un opéra de Fabio Vacchi, inspiré de son roman Seule la mer. C’est une commande du Teatro Petruzzelli de Bari, où l’œuvre sera créée en 2011. (Source)

11 août 2009

“Wikipedia is heading for a bust?” So what else is new?

Classé dans : Sciences, techniques, Société — Miklos @ 0:21

Jim Giles reported last week in the New Scientist on a “new study” by Ed Chi and colleagues1 at the Palo Alto Research Center (PARC) in California that not only “the website’s explosive growth is tailing off” suggesting that the website peaked in 2006, but also that its regular community tends to “shut out new users” and “resist to new content”.

But is it really that new? Over two years ago (March 23, 2007), Geoffrey Burling had already asked Is Wikipedia approaching a barrier? He wrote then that two years earlier, he had “speculated that the growth of Wikipedia’s articles would plateau”. Later that yet (in June), Andrew Lih asked almost the same question, Wikipedia Plateau?, noting then what Chi suggests now, that “Sometime in September/October of 2006, the growth rate of Wikipedia dropped dra­ma­tically. It crossed over from over­perform to under­perform in that time. And it’s been mired in that slump ever since.”

As to the attitude of the Wikipedia “community”, it has been at times compared to a kindergarten playground, a clique or even a religion or a cult, with laws, endo­genous and external wars and excommunications (see Ed Chi’s 2007 interesting presentation about Conflict and Coordination in Wikipedia). In 2005, Nick Carr, whose blog articles have been dissecting very intelligently and lucidly the social phenomena related to the Internet, reminded us of the New Age characteristics of the Web 2.0 in general and of Wikipedia in particular. He wrote of “its superficiality, its emphasis on opinion over reporting, its echolalia, its tendency to reinforce rather than challenge ideological extremism and segregation.” The problem is, he said, “When we view the Web in religious terms, when we imbue it with our personal yearning for transcendence, we can no longer see it objectively. (…) Might, on balance, the practical effect of Web 2.0 on society and culture be bad, not good?” (this is, incidentally, the title and the topic of Philippe Breton’s 2000 book, Le culte de l’Internet – une menace pour le lien social ?). More recently, Carr expounded the negative effects of the Web (and of Google, this time, in particular) on cognition in an article published in The Atlantic.

As to the behavior of the Wikipedia regular community as noted by the PARC researchers: the Personality Characteristics of Wikipedia Members have been a subject of research in 2007 by Yair Amichai-Hamburger and colleagues. In this study, they concluded, among other things, that “Variance analysis revealed significant differences between Wikipedia members and non-Wikipedia members in agree­ableness, openness, and conscien­tiousness, which were lower for the Wikipedia members.” In other words, Wikipedia members are less open than the average Internet users. So if we add to this the increasingly complex rules governing the Wikipedia and the cliquish behavior of its members, it is clear why they tend to “shut out new users”. Additionally, the increased technical complexity of the writing and cross-reference process is an ever-higher barrier for potential contributors who are not Wikipedia specialists but may be specialists in their domain (see e.g. this author’s discussion of a seminar about Wikipedia which took place in January 2008).

It may well be that the utopian, childhood, age of the Web (which is a characteristic of every new communication technology from the radio on, as Philippe Breton has shown in several interesting papers and books as early as 1995) is coming to an end and turning into adulthood, as if it were. One of the signs is what appears to be an emerging trend of restricting the amount of free contents provided by news media.


1 As the New Scientist does not cite a source, it is not clear where they got this information. Ed Chi’s bibliography lists a 2009 paper to be presented at the WikiSym 2009 conference next October, The Singularity is Not Near: Slowing Growth of Wikipedia? in which he is listed as the third co-author. If this is the source, the article should have attributed it to the first one, Bongwon Suh, rather than to “Ed Chi and colleagues.”

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